Table des matières

 

 

Editorial :                                                                                          

-         Lamentations autour d’un mur-------------------------------------------------- 1

-         Sur le sol de cette Terre sainte------------------------------------------------- 3

 

Evénements du trimestre :    

-         La femme et l’acquisition de ses droits--------------------------------------- 5

-         O Fatema----------------------------------------------------------------------------- 9

-         Un modèle parfait------------------------------------------------------------------ 10

-         Un bref aperçu de la vie de Zaynab-------------------------------------------- 11

-         Poème : Zaynab--------------------------------------------------------------------- 13

 

La vie des Prophètes :

-         L’attitude du Prophète vis à vis des gens du livre------------------------- 14

 

Droits et devoirs :

-         Le droit du savant------------------------------------------------------------------ 16

 

Santé :

-         L’ail et l’oignon--------------------------------------------------------------------- 19

 

Regard de femme :

-         L’Islam, révélation de ma foi originelle-------------------------------------- 22

 

Réflexion :

-         La mort, inéluctable réalité------------------------------------------------------ 26

 

Combat de l’âme :

-         La version des trois filtres------------------------------------------------------- 29

 

Divers :

-         Sports--------------------------------------------------------------------------------- 31

 

Le coin des enfants :

- Les manières aux toilettes---------------------------------------------------------- 34


 

Lamentations autour d’un mur 

 

 



L

’idée de construire une barrière qui séparerait la Cisjordanie d’Israël, afin de mieux contrôler l’entrée des palestiniens sur le territoire israélien n’est pas nouvelle.

 

Déjà, en 1978 sous le gouvernement de Menahem Begin, Premier ministre de l’époque, un projet de colonisation massive de la Cisjordanie avait été étudié sous la direction du « ministre des colonies » et qui n’était autre qu’un certain… Ariel sharon. Pour diverses raisons, cela n’aboutit pas.

 

En mars 1996 : L’état hébreu décide d’établir des points de passage le long de la « ligne de séparation », une bande de terre qui s’étend de part et d’autre de la ligne verte (frontière israélo-cisjordanienne). Les passages devaient constituer les seuls points d’entrée des palestiniens en Israël ; les autres routes d’accès étant barrées. On affecta alors des unités spéciales de police des frontières, au contrôle de cette ligne. Mais les moyens mis en œuvre ne donnèrent pas les résultats escomptés.

Il faut attendre la célèbre provocation de Sharon, foulant la terre sacrée de l’esplanade d’El-aksa, en septembre 2000, et qui allait déclencher la seconde Intifada, pour que deux mois plus tard, le Premier ministre israélien Ehoud Barak approuve un plan de construction d’une barrière destinée d’après lui « à empêcher le passage de véhicules motorisés », et qui partirait du Nord-Est de la Cisjordanie jusqu’à son extrême sud.

Après les élections israéliennes, et l’arrivée au pouvoir de Sharon, celui-ci mit en place un comité de pilotage chargé de définir un ensemble de mesures permettant d’empêcher le passage de véhicules et de piétons en des endroits déterminés, en fonction de la menace estimée.

Mais c’est seulement en avril 2002 que la décision de réaliser ce fameux « mur de la honte » fut prise. Celui-ci devait au départ se construire à l’intérieur de la « ligne de séparation ». Sharon et son ministre de la sécurité ont approuvé le projet. Des contrats ont été signés avec plusieurs entreprises, et les travaux commencèrent aussitôt à grande vitesse.

Quelques temps après, plusieurs ministres du gouvernement hébreu émirent de sérieuses objections à propos du tracé initial. Une autre réunion eut lieu, et des modifications furent apportées. Au lieu de bâtir leur mur en suivant la ligne verte, c’est à dire la frontière reconnue internationalement depuis 1967, celui-ci va être construit sur la terre palestinienne.

Il se tortillera tel un serpent tout au long de son passage, en pénétrant par moment jusqu’à 20 km à l’intérieur de la Cisjordanie de façon à inclure les colonies juives; du côté … israélien.

Une fois achevé, ce mur sera quatre fois plus long que la ligne verte.

Selon un rapport de l’ONU rendu public le 30/09/2003 à Genève, et rédigé par le rapporteur spécial de l’organisation, Monsieur John Dugard :

-                       Environ 850km2 du territoire cisjordanien, à l’exception de Jérusalem-Est se retrouveront entre le mur et la ligne verte.

-                       Plus de 274  000 palestiniens vivant dans 122 villages et villes vont être pris en sandwich dans des zones complètement fermées entre ses deux frontières.

-                       400 000 autres personnes vivant à l’Est de la ligne de sécurité seront obligées de la traverser à certains points bien définis par l’armée occupante pour atteindre leurs terres et leurs fermes. A certains endroits, ce mur empêchera des élèves d’atteindre leurs écoles, des commerçants leurs boutiques, des malades leurs médecins etc…

-   Cela signifie que cette séparation portera atteinte à presque 680 000 personnes, soit 30% de la population de Cisjordanie.

-   Ce rapport indique aussi que les dégâts causés par les destructions de terres, les arrachages d’arbres, les démolitions de maisons pour ériger ce mur sont irréversibles et leurs propriétaires risquent de ne pas s’en remettre, même si la situation politique s’améliore.

-   On estime déjà, à plus de 80 000, le nombre d’arbres déracinés, ce qui a donné naissance à un véritable trafic d’oliviers, lesquels sont replantés dans des villas de nouveaux riches israéliens. En outre, selon une vieille loi ottomane, toujours en vigueur en Israël, les terres non-cultivées endéans une période de trois ans reviennent au … Sultan ou à son successeur.                                                                                    Devinez qui c’est ! L’état d’Israël bien sûr. Vous imaginez la suite, si on ne laisse pas ces pauvres paysans palestiniens franchir les barrages afin de cultiver leur terre ? …Sans commentaires. Cette barrière est en vérité un système très complexe, fait de murs, de clôtures électrifiées et d’enclaves barbelées. On cherche à diviser ce territoire en 14 localités, et ainsi, le fragiliser pour le rendre pratiquement ingouvernable.

-   En plus des aspects associés au mur, l’état hébreu est responsable de nombreuses conséquences écologiques. Les colonies israéliennes rejettent chaque  année    plus         de 224 000 tonnes de déchets en territoire palestinien, polluant les villages, les cours d’eau ainsi que les exploitations agricoles. L’eau potable est contaminée par des canalisations d’eaux usées, brisées mais non réparées.                                                                      Derrière des raisons dites sécuritaires, un état présenté par les grandes nations comme « le plus démocratique » de la région du Moyen-Orient, est en train de placer des milliers de personnes dans des ghettos, les forçant à vivre dans des conditions inhumaines, les privant des droits les plus élémentaires : droits à l’éducation ; à la santé ; et même à celui d’enterrer dignement leur morts.                                                                                Cette barrière n’amène avec elle aucun espoir de paix, au contraire, elle ne peut être qu’un constat d’échec et qui accroîtra le sentiment de haine et de vengeance. Ne dit-on pas ? :  « Qui sème le vent récolte la tempête » !

 

Conclusion :

 

Ce nouveau mur de la honte suffira-t-il à arrêter la résistance palestinienne ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain par contre, c’est qu’on ne s’attaque pas à une barrière haute de 8m avec des pierres, ni avec des armes légères. La lutte armée palestinienne va certainement se réadapter par rapport à l’obstacle qui se dresse devant elle. Ce conflit qui empoisonne l’existence non pas de 2 peuples seulement, mais de la planète toute entière (vu les répercutions qu’il a sur le reste du monde) risque hélas de durer encore longtemps.

L’efficacité politique des murs, murailles et autres rideaux de fer qui se sont érigés au cours de l’histoire, a toujours été sujette à caution. Quand ces barrières qui ont coûté souvent très cher, ne se sont pas écroulées d’elles-mêmes, elles ont été contournées.

Une chose est sûre, elles n’ont jamais réglé les problèmes auxquels elles étaient supposées y remédier 


 

Sur le sol de cette Terre sainte…

 

 

Sur le sol de cette Terre sainte,

J’aimerais tant peindre

Une toile de mille couleurs

Débarrassée de haine et d’horreur,

Parsemée de roses et de fleurs…

Trois religions y seraient représentées :

Celle de Moïse, de Jésus et de Mohammed.

Et sur ce tapis étincelant,

Je ferais valser des enfants,

Par milliers, vêtus de soutanes ;

De kippas et de djellabas

Adorant tous Le Même Dieu Allah…

Et puis, je les ferais chanter,

En hébreux, en arabe et en français,

Des mélodies d’amour et de paix.

Ces chants d’espoir que le monde attendait…

Mais que ces âmes pures ne pouvaient

Extérioriser de leur tendre cœur

Tremblant de peur

Devant ce ciel d’où pleuvaient

Des balles et des bombes par centaines,

Devant cette terre sur laquelle gisaient

Des corps meurtris par la souffrance et la peine,

Devant ces hommes verts

Couverts de casques et d’armes,

Signes de haine, de douleurs et de drames…

Aujourd’hui, à mon grand regret,

Je vois encore sur ce tableau,

Le sang et la misère,

Les tanks et les bourreaux.

Violence, intolérance, rejet des différences,

N’y a-t-il point d’indulgence

En ce monde déchiré

Par la terreur et la perversité ?

 


 

Racisme, crimes, victimes

N’y a-t-il point d’allégresse

Pour tous ces martyrs qui, sans cesse,

Sont en proie à la tristesse ?

Frayeurs, tremblements, regards apeurés,

Leurs yeux ont vu l’inimitié.

Peuvent-ils encore espérer

Ouïr les odes d’un troubadour

Apaisant leur cœur si lourd ?

Et nos poètes, sont-ils condamnés

A écrire des élégies à la chénier ?

Et nous, sommes-nous

Destinés à épancher

Tant de larmes sur nos joues ?

Pourquoi tant de plaies à panser ?

Point de sentiments d’amitiés

Pour consoler les attristés ?

Pourquoi tant de droits bafoués ?

Point de courage et de solidarité

Pour combattre ces cruautés ?

Pourquoi tant d’aversion entre nos âmes ?

Ne sommes-nous point « frères » ?

Et notre père à tous

N’est-il pas Abraham ?

Ces hommes de guerre ont sali

Les mains de Notre Seigneur,

Ces cœurs de pierre ont flétri

Nos roses et nos fleurs

Et ont semé les graines du malheur.

Vieillards, femmes, enfants torturés.

Pendant tout ce temps,

Que faisiez-vous, hommes de paix ?

Ah ! Si je pouvais,

D’un simple coup de mon pinceau,

Effacer ce sang, ces bombes,

Ces larmes et ces caveaux.

Sur le sol de cette Terre sainte,

J’aimerais tant peindre

Une toile de mille couleurs

Débarrassée de haine et d’horreur,

Parsemée de roses et de fleurs…

                                                           Ben Aïssa Samira

 


La femme

et l’acquisition de ses droits

 


T

rès chères sœurs, permettez-moi tout d’abord de vous rendre hommage en ce jour de joie et de « Nativité ».

 

Il semblerait que certaines de nos sœurs soient encore surprises de l’attachement que nous vouons en la Sainte personne de Sa Majesté Fatema Az-Zahra, fille chérie et bénie du Prophète, Messager de Dieu.

Elles prétendent que Az-Zahra fait, en quelque sorte, de l’ombre aux autres femmes musulmanes de l’Histoire, les épouses du Prophète en l’occurrence.

Evoquer Fatema-Zahra, c’est honorer toutes les femmes soucieuses d’appartenir au Coran et à l’Islam.

Se rappeler Az-Zahra, c’est faire briller l’Auréole de la Vertu sur toutes les croyantes et combattantes de l’Islam.

Se rappeler Az-Zahra, c’est éveiller notre dignité, notre haut rang, notre statut et c’est rejeter tous les clinquants de la société contemporaine.

Mais avant tout, fêter la fille du Prophète, l’héroïne d’Al-Kawthar, l’épouse de Ali, l’Emir des croyants, la mère des Hassanaïn et de Zaynab, c’est accomplir un acte de dévotion comme en témoigne ce hadith, faisant l’unanimité auprès des savants émanant de toute école confondue :

Le Prophète a dit : « Fatema est une partie de moi, fruit du cœur et de l’esprit, quiconque la met en colère, m’aura certes mis en colère et quiconque aura mis le Messager de Dieu en colère aura certes mis Allah, Tout Puissant, en colère. »

 

La conception miraculeuse de Fatema qui fait d’elle une « Houri humaine », sa naissance unique sa vie exemplaire dévoilent chaque jour davantage l’extraordinaire position de cette illustre Figure de l’Islam, Fatema-Zahra, Maîtresse des femmes des deux mondes : l’Ici-bas et l’Au-delà.

 

A présent, à l’occasion de cette Auguste commémoration, où il a été décrété d’ériger ce jour, « journée de la femme et de la mère », permettez-moi de m’appesantir sur ce qui est devenu un véritable « fait de société » au sein des nations, essentiellement européennes :

la femme musulmane et son combat pour le maintien de ses droits à l’intérieur de la « Cité », dite cité de droit, de liberté, d’égalité.

 

Le droit, serait-il aujourd’hui limité au soulèvement contre Dieu et Ses lois et ferait tort à tout insurrection aux vices et à l’injustice sous toutes ses formes ?

La liberté, serait-elle celle qui doit faire de nous des libertines et non des femmes libres et vertueuses ?

L’égalité, serait-elle celle du « pareillement », celle de l’oubli de soi, celle de l’absence ?

 

Malheureusement, elles sont nombreuses à tomber dans le piège de cette cité fallacieuse, fruit d’une histoire qui a façonné la femme à son image :

 

En ce qui concerne les droits de la femme dans les sociétés rebelles au pouvoir divin, où les Lois de Dieu sont bafouées, il y demeure une controverse sérieuse éludée :

-                      Les droits naturels et humains de la femme et de l’homme sont-ils semblables, identiques, ou au contraire sont-ils différents ?

 

En d’autres termes, les droits accordés par la nature aux êtres humains sont-ils monosexuels ou bisexuels : le genre féminin ou masculin affecte-t-il, d’une manière ou d’une autre, les droits et obligations humains ?

Certes, nous femmes musulmanes, dotées de raison et de conscience, restons attentives à cette question qui nous semble primordiale, et vous demandons, Mesdames les féministes, d’y répondre.

 

Madame Bretécher, Madame Badinter, Madame Halimi, Madame Schemla et les autres, vous vous présentez comme les pionnières de la grande « aventure de l’émancipation de la femme », vous nous assurez que nous, femmes musulmanes, sommes, et je vous cite, « les opprimées au nom d’Allah, Pureté à Lui, infériorisées par notre hijab, privées de la liberté la plus élémentaire… »

 

Très bien, maintenant que vous avez ouvert le dialogue, nous femmes musulmanes de Belgique, de France et d’ailleurs, sommes attentives à ce que vous nous suggérez ; quel est votre programme, quelles sont vos croyances, quel est votre combat ?

Qu’avez-vous à nous offrir de plus que le Coran ?

Voilà nos interrogations, mais de grâce, cessez de nous commenter le texte coranique, mettez fin à votre enseignement de l’Islam et de ses préceptes,  et dites-nous plutôt ce que vous nous proposez à travers votre lutte et vos combats pour le renouveau de la femme « libre ».

 

Dans le monde occidental un mouvement des droits de l’homme émergea au 17ème siècle, accompagnant l’essor des mouvements philosophiques et scientifiques. Les écrivains et les penseurs du 17ème et 18ème firent des efforts louables pour mettre en circulation leurs idées sur les droits inaliénables de l’homme, je peux vous citer Jean-Jacques Rousseau, Voltaire et Montesquieu, ceux-ci appartenaient à une catégorie d’écrivains et d’intellectuels qui, on peut le dire, ont rendu des services à l’humanité au même titre que les grands inventeurs et découvreurs.

Leur idée fondamentale consistait à dire que l’homme a une série de droits et de libertés NATURELS et INNES qui sont absolument inaliénables et intransférables et auxquels on ne peut renoncer.

Tous les hommes, qu’ils soient gouvernants ou gouvernés, noirs ou blancs, riches ou pauvres, sont humains donc égaux.

Le résultat de ce mouvement social et intellectuel se manifesta d’abord en Angleterre, ensuite aux Etats-Unis et enfin en France.

Des révolutions éclatèrent, des systèmes furent changés et des chartes signées.

Peu à peu le mouvement pénètra dans d’autres pays.

Au 19ème siècle, de nouvelles idées économiques, sociales et politiques émergèrent dans le domaine des droits de l’homme. C’est l’ère de la révolution industrielle.

Jusqu'à la fin du 19ème siècle, toutes les discussions engagées et toutes les mesures prises gravitaient autour des droits des employés sur les employeurs.

Ce n’est qu’au 20ème siècle , que la question des droits de la femme fut soulevée, et, pour la première fois, en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies proclama l’égalité des droits entre l’homme et la femme.

 

Donc, en résumé, tous les mouvements sociaux qui surgirent depuis le 17ème siècle, en Occident, tournaient autour de la liberté et de l’égalité, et, étant donné que le mouvement des droits de la femme était le dernier de la série, et que l’histoire, c-à-d. le contexte du sort de la femme en Europe, sur le plan de l’égalité et de la liberté était pleine d’amertume (climat de dualité : l’homme oppresseur, la femme opprimée) la Déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies ne parla que de liberté et d’EGALITE !

 

Ce qui fut donc omis dans cette affaire, c’est la question fondamentale soulevée en début d’exposé à savoir :

« Les droits et devoirs NATURELS et HUMAINS de la femme et de l’homme sont-ils identiques ou différents ? »

Jusqu’à présent on constate que l’attention (volontaire ou involontaire) a été portée seulement sur les principes généraux de la liberté et de l’égalité, et le seul point pris en considération fut celui des droits humains naturels et inaliénables, point à partir duquel on a argué puisque la femme est un être humain, elle a droit à tous les droits dont jouit l’homme.

 

Pourquoi n’a-t-on pas accordé l’attention due à la question citée plus haut et qui me semble être la clef de tous les maux et conflits.

Est-ce parce qu’il aurait été établi, à la lumière de la connaissance empirique et scientifique moderne, que la différence entre la femme et l’homme serait simplement organique, et qu’elle n’affecterait pas leurs êtres fondamentaux physiques et spirituels, ni leurs droits et obligations ?

 

En fait, c’est tout à fait le contraire. En effet, il a été établi, sous l’œil vigilant et intransigeant de la recherche scientifique et des découvertes biologiques et psychologiques, qu’il existe certes des distinctions, SIGNIFICATIVES, entre les deux sexes.

Il est donc surprenant que, malgré cette vérité, la question des différences ait été ignorée.

Peut-être l’ignorance de cette question vitale est-elle due au développement rapide du mouvement de libération de la femme. C’est pourquoi on peut affirmer que s’il (le mouvement) a certes pu réparer certaines injustices dont la femme faisait l’objet, il a causé d’autres injustices, à elle et à la société humaine.

Il ne fait pas de doute que la femme, en tant qu’être humain, est née libre, comme tout autre être humain, et qu’elle a, de ce fait des droits égaux.

Mais la femme est un être humain avec certains traits particuliers, tout comme l’homme est un être humain avec certaines particularités. Leurs traits de caractère sont différents, et leur mentalité divergent.

Cette différence n’est le résultat d’aucun facteur géographique, historique ou social, mais réside dans leur création même. La nature les a faits différents à dessein, et toute mesure prise à l’encontre du dessein de la nature aboutirait à des désastres.

 

De même que nous nous sommes inspirés de la nature pour proclamer la liberté et l’égalité pour les êtres humains, de même nous devons nous inspirer de cette même nature pour décider si les droits de l’homme et de la femme sont d’un seul et même groupe ou s’ils sont, au contraire, de deux groupes différents !

Oui, il est fort utile à l’homme de savoir si la différence entre les deux genres est une nuance d’ordre superficiel et corporel, ou si, comme le précise Alexis Carrel ( chirurgien français, auteur de l’ouvrage « l’homme cet inconnu ») : « Chacune des cellules de l’être humain porte un signe sexuel. »

La logique de la nature innée n’est-elle pas que l’homme et la femme portent chacun un message particulier ?

 

Le mouvement féministe, de libération des femmes, a utilisé le concept d’égalité, intentionnellement ou involontairement, au sens de similarité, et la quantité a ainsi éclipsé la qualité.

On a mis l’accent sur le fait que la femme est un être humain, mais on a oublié qu’elle est également une FEMME.

En fait, cette négligence n’est pas due seulement à un effet de hâte ou de hasard, mais à d’autres facteurs aussi, ayant trait au désir d’exploiter la femme au nom de la liberté et de l’égalité.

Voilà le piège…

L’un de ces facteurs était l’avidité des industriels qui voulaient faire sortir la femme de sa maison pour aller à l’usine, afin d’exploiter sa potentialité économique. Aussi ont-ils plaidé pour les droits de la femme, pour son indépendance économique, et pour l’égalité de sa liberté et de ses droits avec ceux de l’homme.

Dans le chapitre IX de son livre : « Les Plaisirs de la Philosophie », Will Durant, sociologue, après avoir cité certaines théories humiliantes pour la femme, élaborées par Aristote, Nietzsche, Schopenhauer et après avoir rappelé que pendant la Révolution française, bien qu’on ait évoqué un peu la liberté du genre féminin, il n’y eut pratiquement pas de changement dans la condition des femmes ; Will Durant écrit que jusqu’à la fin du XIXème siècle, aucune loi n’obligeait l’homme à respecter la femme !

Puis traitant des causes du changement de la condition féminine au XXème siècle et de la libération de la femme et des répercussions de la révolution industrielle, voici ce qu’il écrit   :

« Les ouvrières touchaient un salaire inférieur à celui des hommes et les patrons les préféraient aux hommes en raison de la fréquence de la révolte de ceux-ci. Il y a un siècle, il était difficile pour les hommes de trouver un emploi en Angleterre, alors que les annonces incitaient ceux-ci à envoyer leurs femmes et leurs enfants aux usines. Le premier pas franchi dans la voie de la libération de nos grand-mères fut la loi de 1882, en vertu de laquelle les femmes de Grande Bretagne jouissaient désormais d’un privilège sans précédent, à savoir le droit de garder pour elles-mêmes l’argent qu’elles gagnaient. Cette loi éthique chrétienne a été déposée par les patrons à la Chambre des Communes dans le but d’attirer les femmes d’Angleterre vers les usines.

Et depuis cette date-là, jusqu’à nos jours, le désir irrésistible du gain a conduit les femmes à se libérer des corvées de la maison pour être asservies dans le magasin ou à l’usine… »

 

Avec le développement de la machine et la croissance continuelle de la production, il est devenu nécessaire pour les capitalistes d’employer tous les moyens audio-visuels, intellectuels, émotionnels, artistiques et SEXUELS, afin de transformer l’homme en un consommateur sans volonté et de lui imposer le surplus de leur production.

 

Cette fois encore les capitalistes avaient besoin de se servir de la femme pour atteindre leur but.

-Comment ? En utilisant sa beauté, son charme, son pouvoir de séduction sur les consommateur potentiels. Ainsi, ils arrivèrent à persuader la femme de vendre son honneur et sa dignité pour ne devenir finalement qu’un simple « objet de consommation ».

 

Mais alors, la femme est-elle confrontée à un dilemme permanent ?

Accepter son nouveau statut de femme « libre » mais exploitée ou accepter son ancien statut de femme « diminuée » et humiliée ?

Lui est-il possible de se défaire de ces malheurs d’hier et d’aujourd’hui ?

 

Ce qui est surprenant, c’est le fait que chaque fois qu’on évoque les différences naturelles et innées entre l’homme et la femme, certains, et ils sont nombreux, présument que ces différences seraient le signe de l’imperfection de la femme et de la perfection de l’homme, ce qui les conduit à croire que les hommes jouissent de certains privilèges dont seraient privées les femmes.

Ces gens affirment qu’étant donné que la nature a été injuste envers le genre féminin, nous ne devrions pas ajouter l’insulte au tort qui lui a été occasionné, et qu’il est donc plus humain d’ignorer sa qualité de femme en la rendant l’égale de l’homme.

 

En conclusion, il serait impérieux de préciser, et ce pour le bonheur et de la femme et de l’homme, c-à-d. pour le bonheur de la société humaine, que chacun des deux genres puissent déambuler librement dans leur espace distinctif. La liberté et l’égalité ne peuvent être utiles que si chacun des deux sexes suit son cours naturel.

 

J’informe ces dames du mouvement féministe, que c’est le Saint Coran qui, il y a maintenant quatorze siècles, a ravivé les droits de la femme, c’est Lui qui a franchi, à l’époque de Sa Révélation, un grand pas vers l’amélioration de la condition féminine et la restauration de ses droits humains.

Le Saint Livre a fait renaître les droits de la femme sans négliger la qualité spécifique de la femme ou de l’homme. C’est pourquoi il existe une parfaite harmonie entre les Commandements de la nature et ceux du Livre Divin. La Nature et le Coran, l’Un créé, l’Autre compilé, se conforment pleinement l’Un avec l’Autre.

Voilà Mesdames les féministes, Nous nous permettons, Nous femmes Musulmanes, de vous prier de cesser cet « harcèlement » dont nous faisons l’objet, de mettre fin à ce déferlement de doléances et de plaintes à notre encontre, car il est de toute évidence que ces agissements sont injustifiés, voire déplacés, et admettez qu’aujourd’hui nous ne trouvons cela plus seulement drôle mais carrément pathétique.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie : Le droit des femmes (Motahari)

 

 

 


 

                 O Fatema            

 

 

 

 

            O Sommet de l’humanité, de la soumission à Dieu.

 

            O Héroïne de l’arène des valeurs, de l’originalité,

 

            O Héroïne de la responsabilité, de la Sainteté.