L'HOMME DE NOTRE EPOQUE 23
Des animaux goulus 24
En quête d'une philosophie de la vie et de ses buts 25
Ils veulent savoir: 26
L'IMÂN 29
Le rôle de l'imân dans la vie d'un enfant 31
Assujettissement par le doute 32
Le doute constructif 33
Le rôle de l'imân encore 34
L'imân constructif 35
Une liberté débridée n'est pas compatible avec la croyance à une idéologie 35
La vision du monde 38
UNE CONNAISSANCE PROFONDE ET BIEN DÉFINIE 38
1. La poursuite de bas désirs 39
2. Les coutumes des ancêtres 39
3. Une soumission aveugle aux grands et aux puissants 39
Le rôle fondamental et étendu du coeur 41
La considération 42
La connaissance et la science 43
Un autre faux raisonnement 44
Le réalisme 46
Une pensée correcte 48
L'homme de l'Islam 48
L'homme: l'Etre qui se fait lui-même et qui choisit 49
Le grand dépôt 50
L'émancipation humaine 51
Un lien avec l'Éternité 52
LA SOURCE DE LA CRÉATION 53
1. Le monde est une réalité 53
2. Le monde est bien organisé 53
3. Le "devenir" et sa cause 54
4. La cause du développement et des changements systématiques 55
5. Ce n'est pas un accident 55
6. La cause du "devenir" est-elle une contradiction? 56
La contradiction ou l'attraction et la cohésion? 58
LE MONDE EST UNE RÉALITÉ DÉPENDANTE 61
Les Signes d'Allah 61
1. Le Phénomène et Son Producteur 62
La doctrine de la causalité 62
Le monde des phénomènes 63
2. L'harmonie des choses existantes 64
3. L'adéquation de deux choses non coexistantes 65
4. La marche vers une perfection illimitée 67
5. Les Signes éloquents 67
Les signes spéciaux 69
Toute chose dans chaque étape est Son Signe 70
Un monde en changement perpétuel a-t-il une finalité? 73
1. L'absence du but: 73
2. L'évolution naturelle de l'intérieur de la matière: 75
3. Le mouvement vers une perfection absolue: 76
LE MONOTHÉISME DU CORAN 77
La réfutation du polythéisme 78
Les causes et les agents: 79
Les miracles 80
Les superstitions ne doivent pas être confondues avec les causes 82
La supplication 83
L'UNICITÉ CONCERNANT LE CULTE 85
L'Unicité concernant la soumission et l'obéissance 86
La soumission aux Commandements d'Allah 87
DIEU: L'UNIQUE ET L'INCOMPARABLE 89
L'Unicité intrinsèque 89
L'appréciation d'une opinion excessive 91
LES NOMS ET LES ATTRIBUTS D'ALLAH 93
Allah est Indépendant 94
Allah est Omniscient 95
Allah est Tout-Puissant 96
La Volonté et la Volition d'Allah 96
Allah est Bienfaisant et Clément 99
Allah est Juste 99
LE RÔLE DE LA COSMOLOGIE DIVINE DANS LA VIE HUMAINE 100
Deux stades d'une vie étendue 102
Conclusion 103
Les effets spirituels et pratiques de la croyance religieuse 103
LES GUIDES DE L'HUMANITÉ 104
Les traits distinctifs des prophètes 105
1. Les Miracles 105
2. L'Infaillibilité 106
La différence entre un prophète un génie 108
3. La direction dynamique 109
4. Une ferveur incomparable et une fermeté à toute épreuve dans la lutte contre le polythéisme, l'ignorance et la corruption 109
5. Le bien-être général 110
6. Une vie personnelle normale 110
Le rôle de la Révélation dans la vie humaine 111
La relation entre la connaissance, la raison et la Révélation 112
L'ISLAM DÉFEND LA JUSTICE 113
La justice de volonté ou une justice voulue 115
La doctrine de la justice 117
La Justice et l'Au-delà 120
L'Au-delà 122
L'effet de la croyance en l'Au-delà sur l'équilibre de la vie 125
L'HOMME ET L'EVOLUTION 126
La fabrication de cellule vivante 127
La vie, un phénomène divin 129
L'HOMME ET L'EVOLUTION 130
Une présomption scientifique et non un principe incontestable 133
Conclusion 135
L'émergence de l'homme 136
Des organismes exceptionnels 138
L'HOMME 140
L'apparition du nouvel humanisme 141
L'homme du point de vue coranique 142
L'ÉTENDUE DU CHOIX ET DE LA VOLONTÉ DE L'HOMME 144
1. La nature innée de l'homme et sa disposition 145
2. La modification des propensions 146
3. Le rôle de l'environnement naturel et géographique 148
4. Le rôle des facteurs historiques sociaux et économiques 148
5. Le rôle des règles et des réglementations dans le domaine du choix 149
6. La Révélation divine 150
7. Ce sont les propres actes d'un homme qui font sa destinée 151
8. Le but des efforts de l'homme 152
La prospérité et le salut 152
9. Les idéaux et les valeurs 154
10. La recherche d'Allah et de la Vérité 155
L'HOMME DU POINT DE VUE EXISTENTIALISTE 155
L'HOMME DU POINT DE VUE DE L'ISLAM 159
1. L'essence de l'homme 159
2. La liberté humaine et le destin divin 160
3. Le domaine du choix et le rôle de la guidance 160
4. L'homme a un but 161
5. L'homme est responsable 161
6. La vigilance et l'ardeur 162
7. L'homme n'est pas sans refuge 162
8. Indépendance , crainte et espoir 162
L'HOMME DU POINT DE VU MATÉRIALISME DIALECTIQUE 163
L'approche de l'Islam de ces questions 166
LA CONCEPTION ISLAMIQUE DE L'HISTOIRE 169
Le Coran fait attention au cours normal de l'histoire 169
Le violent déchaînement des désirs et des émotions 172
La question de la contradiction 174
La nécessité de l'augmentation de la force positive de la contradiction et de la résistance à la corruption 175
LE GRAND RÔLE DES PROPHÈTES DANS LA FORMATION DE L'HISTOIRE 177
Le Prophète Ibrâhîm (P) 178
Le Prophète Moussâ (P) 178
Le Prophète 'Issâ (P) 181
La révélation fut la force motrice des mouvements prophétiques 182
La Révélation 183
Quelques effets de la Révélation 183
LE MOUVEMENT ISLAMIQUE: UNE MANIFES-TATION DES LOIS DE L'HISTOIRE 185
La domination de l'injustice ne saurait durer long-temps 185
Le réveil des gens 187
Les pionniers: les compagnons élus 188
Le rôle de l'émigration 189
La guidance des masses 191
L'élément du "Jihâd" 193
L'universalité du mouvement 194
LA DIRECTION 194
Trois principes de l'efficacité des mouvements historiques 195
Les êtres humains comme agents de la rétribution divine 196
Le respect de la culture et des valeurs humaines d'autrui 197
La corruption de la direction 198
La résistance interne 200
Les envahisseurs influencés 200
Un triple effort 202
Le triomphe final de la vérité 203
LA VICTOIRE FINALE 204
L'AVÈNEMENT D'AL-MAHDI 207
Au seuil de l'apparition 207
Le Dirigeant révolutionnaire et ses partisans 208
Subir les difficultés pour réaliser le succès 209
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Conçu et compilé par une constellation d'ouléma et de savants dont les plus notoires étaient le Dr. Behechti et le Dr. Bahonar, ce livre a été tiré à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires en persan et en ourdou. La version anglaise a été tirée, pour la seule première édition, à vingt mille exemplaires, en 1982. Ces chiffres en disent long sur le succès et l'intérêt de cet ouvrage.
"Philosophie de l'Islam", malgré son titre évocateur et bien qu'abordant souvent des sujets philosophiques, n'est pas un livre de philosophie, mais de connaissance. Il aurait d'ailleurs pu s'intituler plus pertinemment "la connaissance de l'Islam".
En effet, le Monothéisme du Coran, l'ablution, le Califat et l'Imamat, l'usure, la nourriture, les grandes lignes de l'économie islamique, le mariage, la propreté, les sources du Droit canon etc... tels sont quelques titres et sous-titres tirés au hasard et dans un ordre dispersé, de la table des matières de "Philosophie de l'Islam". Cependant, ce livre n'est pas un guide pratique de l'Islam, ni un simple exposé de ses différentes croyances, prescriptions et pratiques. Car alors, il n'aurait pas mérité un tel succès, ni suscité tant d'intérêt, étant donné que des milliers d'autres livres avaient été déjà publiés sur ces sujets.
Le véritable intérêt de "Philosophie de l'Islam" réside dans la tentative de ses auteurs de présenter les divers préceptes islamiques à travers une vision d'ensemble, afin d'en dégager l'esprit et la signification profonde, et d'en démontrer la cohésion, la complémentarité et la pertinence.
Ce souci de faire connaître les différents enseignements islamiques dans une vision d'ensemble, et de faire percevoir l'esprit de ces enseignements, semble d'autant plus justifié, qu'à un moment où l'Islam suscite beaucoup d'intérêt, provoque beaucoup d'incessantes polémiques et fait l'objet de tant de controverses, il souffre d'une double incompréhension ou méconnaissance: d'une part, une incompréhension du fait de certains de ses adeptes qui ont tendance à se contenter d'observer la lettre des prescriptions islamiques sans se soucier de refléter dans leur pratiques l'esprit de ces prescriptions, et d'autre part, une incompréhension de la part d'un grand nombre de non-musulmans qui s'ingénient à critiquer tel ou tel préceptes de l'Islam, qu'ils ne voient que de l'extérieur, sans se donner la peine de les replacer dans leur contexte général pour comprendre leur réelle raison et leur véritable signification.
D'un autre côté, "Philosophie de l'Islam" tend à montrer, à travers les différents sujets qu'il aborde, qu'il n'y a rien d'anachronique ni de paradoxal dans le mouvement de retour à l'Islam, qui se dessine de plus en plus clairement, en cette époque d'immense progrès et réalisations technologiques, puisque l'ensemble et la diversité des prescriptions de l'Islam répondent en réalité à l'ensemble et à la diversité des besoins réels et naturels de l'homme et correspondent à des vérités éternelles et immuables, d'où leur éternelle actualité.
L'adaptation anglaise de "Philosophie de l'Islam', dont la présente version française est la copie conforme et la traduction plus ou moins fidèle, a été conçue avant-tout comme une introduction à la compréhension de l'Islam. Elle est plus concise que la version originale, mais aussi plus compréhensible pour des lecteurs non familiarisés avec la terminologie et les concepts islamiques, ou qui ne seraient pas issus de cultures islamiques. Cependant, le souci de concision fait apparaître, du moins nous semble-t-il, quelques défauts. Certains sujets peuvent sembler trop schématiques, mériteraient davantage de développement et nécessiteraient de nombreuses annotations. Ces défauts, auxquels nous nous efforcerons de palier dans une prochaine édition, sont toutefois compensés par un style simple et clair, et un langage compréhensible et facile qui exclut, autant que faire se peut, les formules rébarbatives et les termes trop techniques, même lorsque les sujets abordés sont souvent assez complexes et difficiles d'accès.
Le Dr. Muhammad Hussayni Behechti est né à Ispahan, le 24 octobre 1928. II est issu d'une famille religieuse.
Le Dr. Behechd a commencé ses études à l'âge de quatre ans et il n'a pas tardé à apprendre à lire et à écrire, ainsi qu'à réciter le Saint Coran. Après avoir terminé ses études primaires, et entrepris des études secondaires, il a décidé d'abandonner les études laïques, en 1942, pour s'inscrire un peu plus tard à l'Ecole Théologique "Sadr" d'Ispahan afin d'y étudier la littérature arabe, la logique, etc...
En 1946, il est arrivé à Qom pour y poursuivre ses études. Là, il a suivi les cours des savants (uléma) éminents de l'époque. En 1947, il a décidé de reprendre ses études laïques. Aussi a-t-il quitté Qom pour Téhéran en vue de préparer une licence qu'il a obtenue de l'Université de Téhéran en 1952. II est retourné ensuite à Qom pour entreprendre des études philosophiques. C'est pendant cette période qu'il a suivi les cours du 'Allâmah Tabâtabâ'i sur "Asfâr" de Mullah Sadra et "Shifa" d'Ibn Sinâ (Avicenne).
En même temps, il engageait des discussions chaleureuses et enthousiastes avec l'Ayatollah Mutahhary, l'Ayatollah Montadhary, et d'autres; et ces rencontres ont duré cinq ans.
En 1950-51, il a participé au mouvement de nationalisation du pétrole sous la direction de l'Ayatollah Kâchâni et du Dr. Musaddiq. Après le coup d'Etat de 1953, lui et ses associés ont toutefois réalisé que leur programme était insuffisant. Aussi ont-ils décidé de fonder un mouvement culturel purement islamique ayant pur but l'éducation de la jeunesse.
En 1954, ils ont fondé l'Ecole Supérieure "Din-o-Dânich" à Qom, avec l'aide de quelques amis. Le Dr. Behechd fut directement responsable de son administration de 1954 à 1963. II obtint son Doctorat en 1959 à l'Université de Téhéran.
En 1962, le mouvement islamique, sous la direction de l'Imam Khomeiny, a marqué un tournant dans la lutte révolutionnaire en Iran, et le Dr. Behechti y a pris une part active. L'Imam a désigné un conseil politico-religieux de quatre membres, dont le Dr. Behechti, pour superviser l'action des divers groupes de la résistance.
En 1964, le Dr. Behechti est allé à Hambourg (Allemagne de l'Ouest) à la demande de l'Ayatollah Milâni et d'autres, en tant que conseiller à la direction du masjid qui y avait été fondé par 'Ayatollah Burujardi. Il resta hors d'Iran durant six ans, pendant lesquels il accomplit le Hajj et se rendit en Syrie, au Liban, en Turquie, et en Irak où il a rencontré l'Imam Khomeiny. II est retourné en Iran en 1970.
Après la victoire de la Révolution Islamique, le Dr. Behechti fut nommé Président de la Cour Suprême de justice en Iran et Président du Parti de la République Islamique.
Le soir du 28 juin 1981, alors que le Dr. Behechti parlait dans une réunion du Parti de la République Islamique, au siège de ce part, en présence de quelques 90 personnel, une bombe cachée dans une poubelle placée près de l'estrade explosa. Le bâtiment fut détruit sur le coup et 72 personnel, dont le Dr. Behechti, tombèrent en martyrs. Ainsi prit fin la carrière brillante de l'un des serviteurs les plus dévoués de l'Islam.
Le Dr. Jawâd Bâhonar est né, quant à lui, dans la ville de Kerman en 1933. Très tôt, il a suivi des cours de Coran dans une école coranique et fait des études de sciences religieuses à l'Ecole de Masumiah à Kerman. Simultanément il poursuivait ses études laïques, qui lui ont permis d'obtenir le diplôme de l'Ecole Supérieure en 1953.
Après quoi, le Dr. Bâhonar est parti pour Qom en vue de poursuivre ses études en sciences religieuses au Centre Théologique de Oom. Plus tard, il obtiendra une licence en littérature et une maîtrise en sciences de l'éducation à l'Université de Téhéran.
Le Dr. Bâhonar a commencé ses activités littéraires par une collaboration à divers magazines, tel "Maktab-i-Tachayyu'". II prêchait sans relâche l'Islam à travers ses conférences et ses livres.
Au début de 1962, le Dr. Bâhonar a pris part au mouvement islamique, déjà très actif, sous la direction de l'Imam Khomeiny. II a été mis en prison en 1963 à la suite d'une série de conférences qu'il avait faites.
Le Dr. Bâhonar a participé avec ses camarades de lutte à la création du Parti de la République Islamique, fondé sur l'idéologie de l'Islam, et suivant la ligne de l'Imam Khomeiny. En 1978, l'Imam lui a ordonné d'organiser des manifestations avec le concours du Dr. Behechd et d'autres. La même année, il a été désigné pour servir dans le Conseil de la Révolution Islamique.
Après la victoire de la République Islamique, le Dr. Bâhonar a occupé plusieurs fonctions. II a été Ministre de l'Education dans le cabinet de Mohammad Ali Rajâ'i, et après l'explosion tragique du Quartier Général du Parti de la République Islamique et le martyre du Dr. Behechd, il a été nommé président de ce parti.
Le Dr. Bâhonar a été nommé Premier Ministre le 5 Août 1981, mains il n'a pas exercé longtemps ses fonctions à ce poste, puisqu'il tombera en martyr le 30 Août, avec le Président Rajâ'i et d'autres, à la suite de l'explosion d'une bombe.
Si l'on considère les commodités et les divers moyens techniques dont il dispose, l'homme de notre époque a atteint un stade avancé. Les innombrables découvertes et inventions lui ont fourni nombre de possibilités, qui lui auraient paru antérieurement totalement inouïes.
Les appareils automatiques et les équipements de ce genre sont possibles pour l'homme contemporain, alors qu'ils avaient été jusqu'ici inconcevables. Il lui suffit aujourd'hui d'appuyer sur un bouton pour obtenir ce qu'il désire. L'eau, l'air, la chaleur, le froid, la nourriture et les vêtements lui sont facilement disponibles.
Les ondes radio transmettent, en un clin d'oeil, non seulement sa voix, mais aussi son image, aux plus lointains coins du monde.
Les avions lui ont assujetti l'immensité de l'espace. Il vole facilement et rapidement d'un bout du monde à l'autre, encore plus facilement, plus confortablement, et plus longuement que le légendaire tapis volant.
Les astronautes lui ont ouvert la voie des planètes, et un voyage vers la Lune et vers d'autres planètes paraît parfois aussi simple qu'un voyage entre deux villes voisines.
Les nouvelles découvertes scientifiques et industrielles connaissent une telle expansion à notre époque qu'il est difficile de les dénombrer. On peut dire que la nature tend aujourd'hui à révéler à l'homme de notre siècle, dans le plus bref délai possible, tous les innombrables secrets qu'elle garde dans son sein depuis des milliers d'années.
En raison de sa connaissance des secrets de la nature et de ses merveilleuses découvertes concernant le contrôle et l'exploitation des forces naturelles, l'homme de notre époque est parvenu au zénith du bien-être matériel et il a transformé toute la terre, à son profit, en un lieu magnifique et bien fourni, lui permettant de mener la vie heureuse et tranquille dont il a toujours rêvé.
C'était là une face de la médaille, mais celle-ci en a une autre. La civilisation matérielle d'aujourd'hui a résolu beaucoup de problèmes de la vie, et a doté l'homme d'une force éblouissante en vue de contrôler la nature. Mais, en même temps, elle a tellement fait l'éloge et vanté le mérite de l'idée d'acquérir toujours plus, qu'elle a rendu l'homme contemporain comme un animal avide, préoccupé jour et nuit de l'augmentation de la production et de la consommation, et ne pensant à rien d'autre. Le matérialisme, et l'intérêt excessif pour les affaires économiques, ont transformé l'homme en machine. Il est toujours occupé à gagner sa vie ou à trouver le moyen de mener une vie plus luxueuse. Cet état d'esprit est tellement répandu que la vie de la plupart des hommes de notre époque est presque dépouillée de tout autre contenu valable.
Il y eut une époque où l'homme attachait plus d'importance à sa liberté, et sacrifiait même sa vie pour elle. Maintenant, il est devenu l'esclave de la production et de la consommation, et il a sacrifié l'amour de la liberté sur l'autel de cette divinité matérielle.
Avec le progrès de la civilisation matérielle, les besoins de consommation de l'homme, et les moyens de les satisfaire, sont devenus tellement complexes que beaucoup de gens sacrifient leur bien-être physique et moral pour atteindre ce but.
Dans la société matérielle d'aujourd'hui toutes les hautes valeurs humaines ont été laissées de côté, et on peut dire que même les valeurs morales sont regardées sous un angle matériel. Dans la majeure partie du monde, la vraie infrastructure de l'éducation et de la formation est orientée vers le gain matériel et économique. Le véritable but de l'élaboration d'un programme d'éducation et de formation est souvent de préparer des hommes capables de réaliser le meilleur revenu économique pour les autres, et parfois pour eux-mêmes. La devise de tout un chacun, de l'homme de la rue à l'élite, est devenue: "Réalisez un gain économique et tirez les plaisirs matériels qui s'ensuivent". Les spécialistes des domaines élevés, intellectuels et techniques, les politiciens, les écrivains et les artistes, ne font pas exception à cette règle. Même, beaucoup de ceux qui sont dévoués à des causes hautement spirituelles ont été affectés par des attractions matérielles et économiques. Le travail missionnaire est le plus souvent accompli contre une rémunération financière et matérielle. Cette situation est le résultat naturel et inévitable de la profession de diverges philosophies qui prévalent à notre époque.
Jour et nuit, on répète inlassablement à l'homme qu'il n'est rien qu'un animal économique, et que la fortune et la prospérité économique constituent le seul critère d'une bonne richesse, et le seul signe de progrès d'une nation, d'une classe ou d'un groupe. On essaie constamment de faire croire aux gens que l'argent a un pouvoir miraculeux et qu'il peut résoudre tous les problèmes. On parle souvent de grosses sommes d'argent qu'on aurait obtenues par hasard, ou volées directement ou indirectement à ses semblables, et qu'on a dépensées pour assouvir les instincts les plus bestiaux. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les hommes, ou plutôt les demi-hommes de notre époque, se soient transformés en animaux goulus, disposés à acquérir l'argent de n'importe quelle source s'offrant à eux, et à le dépenser pour obtenir le plus grand plaisir possible. Ils sont devenus les esclaves de la production et de la consommation. Leur vie est totalement dépouillée de hautes valeurs dignes de la vie d'un être humain, et tend à la vulgarité et à la dégradation.
En quête d'une philosophie de la vie et de ses buts
Il est satisfaisant de constater que de nouvelles voix d'indignation se sont élevées ça et là, dans ce monde épris de production et de consommation. Elles permettent d'espérer que peut-être le temps est venu pour délivrer l'homme de notre époque des chaînes de ce moyen économique. Heureusement que ces voix appartiennent à la jeunesse plutôt qu'aux gens d'âge moyen ou plus âgés.
En effet, depuis quelque temps, la jeunesse a montré une réaction pratique, et a dit à haute voix qu'elle trouve sa vie insensée et vulgaire dans le magnifique palais qu'on lui a fourni.
Si les gens sont en général heureux dans ce palais?
Si le bateau de leur vie, rempli de toutes sortes d'éléments de confort et d'équipements de voyage les conduit vers un rivage de paix et de félicité?
Si, oui ou non, cette civilisation splendide attache une quelconque importance à l'homme lui-même?
Si tous les gadgets inventés pour faciliter la vie servent vraiment l'homme, ou s'ils se sont eux-mêmes approprié toutes ses facultés physiques et mentales?
Si cette civilisation splendide qui a tellement réduit les distances entre les différentes villes, et les divers continents et planètes, en les transformant, a aussi rapproché les uns des autres les coeurs de ses pensionnaires, ou si au contraire, malgré la réduction des distances, leurs coeurs se sont éloignés encore plus, ou pis, s'ils ne possèdent plus de coeur du tout, étant donné que l'homme d'aujourd'hui a seulement un cerveau et des mains, voués exclusivement au service de l'estomac, à la satisfaction des désirs, à la recherche de richesses, de position et d'autres ambitions similaires?
Il est vrai que de telles voix produisent des échos seulement dans les régions où les gens mènent une vie économique prospère et ne sont pas préoccupés par le souci de satisfaire les besoins de première nécessité: le pain et le beurre.
Il est vrai aussi qu'il y a encore dans la majeure partie du monde, de grandes masses qui se débattent dans la pauvreté et qui mènent elles-mêmes, leurs familles, les personnels à leur charge, leurs voisins, une vie qui se situe à peine au-dessus du niveau de subsistance. Leur seul espoir actuel est une révolution sanglante qui mettrait fin à leurs privations matérielles et économiques.
Mais une prévoyance juste nécessite que les efforts de ces hommes défavorisés soient orientés de telle sorte qu'ils n'aient pas à envisager une solution aussi extrême.
En tous cas, il est certain que les gens font plus ou moins preuve de faiblesse et qu'il est difficile d'ignorer l'attrait de la prospérité économique. Tous les deux grands camps - socialiste et capitaliste - du monde moderne voient clairement que:
Bien que durant des siècles, l'homme ait fait des efforts pour s'assurer le meilleur moyen possible de mener une meilleure vie, à présent, les hommes, dans les deux grands camps, l'Est et l'Ouest, sont sacrifiés impitoyablement dans les grands temples industriels, aux pieds de la divinité de l'industrie. A part des slogans creux, il ne reste rien de la dignité humaine, de la liberté humaine et d'un vrai libre choix, dans aucun des deux camps. Tous les deux systèmes ont privé l'homme de sa dignité sous prétexte de l'exigence de la course rapide des rouages de l'industrie et de l'économie modernes et complexes.
En tout cas, l'homme moderne ne veut plus apprendre par l'industrie et la technologie comment mener sa vie.
Il veut absolument savoir quel est le but de sa vie.
Contrairement à ce que croient les pessimistes, les voix qui s'élèvent aujourd'hui pour protester et contester, peuvent être le signe avant-coureur d'une heureuse et propice prise de conscience. Elles peuvent donner lieu au réveil de l'homme et à une renaissance de la société humaine. Elles peuvent pousser l'homme à ne plus accepter un développement mécanique de l'évolution humaine et à redécouvrir le but réel de sa vie avec une vue plus profonde. Elles peuvent le diriger vers la félicité humaine. Qu'a dit le Coran à cet égard? Le Coran déclare comme principe que toute la pompe ou la parade de la vie est insignifiante, si elle est dénuée de foi et de spiritualité, et si elle n'est pas compatible avec le but qui sied à l'être humain. Un homme épris d'une telle vie est un perdant et tous ses efforts sont vains.
«Sachez que la vie de ce monde n'est que jeu, divertissement, vaine parure, cause de vanité entre vous, et une rivalité dans l'abondance des richesses et des enfants. Elle est semblable à une ondée: la végétation qu'elle suscite plaît aux cultivateurs, puis elle se fane, et tu la vois jaunir, et elle devient ensuite sèche et cassante». (Sourate al-Hadîd, 57: 20)
Ailleurs Allah est décrit comme étant la Lumière des Cieux et de la Terre, la Vérité et l'Esprit dirigeant le monde entier.
Et puis le Coran évoque les hommes méritants et dignes, que le commerce et les efforts en vue de gagner leur vie ne distraient pas de l'évocation d'Allah, ni ne détournent du but fondamental de leur vie. Ce faisant, ils s'assurent de meilleurs résultats. Leurs efforts sont toujours fructueux et conduisent à la vertu et à l'excellence.
Le Coran décrit comme suit le sort de ceux qui n'ont pas de but dans la vie et qui sont oublieux d'Allah:
«Quant aux incrédules, leurs actions sont semblables à un mirage dans un désert. Celui qui est assoiffé croit voir l'eau; mais quand il arrive, il ne trouve rien qu'Allah qui lui paie pleinement son compte. Allah est prompt dans ses comptes. Ou bien, elles sont comparables à des ténèbres sur une mer profonde: une vague la recouvre, sur laquelle monte une autre vague; des nuages sont au-dessus. Ce sont des ténèbres amoncelées les unes sur les autres. Si quelqu'un étend sa main, il peut à peine la voir. Celui à qui Allah ne donne pas de lumière, ne peut jamais avoir de lumière». (Sourate al-Nour, 24: 39-40)
Considérons bien ces versets; ils nous suggèrent une vérité devenue encore plus évidente avec le plus grand progrès scientifique et industriel, et l'expansion des dimensions de la vie humaine.
La vie purement matérielle n'est rien de mieux qu'un mirage. Les efforts d'un homme avide et cupide ne portent pas de fruit, car ils sont sans direction ni sens. Partout, il n'y a que ténèbres. Les gens y sont embarrassés et plongés dans la vulgarité. La question demeure toujours: "Quel est le sens de la vie et quel est son but?"
Selon le Coran, la vraie cause de toute confusion et vulgarité est que la vie humaine a été privée de l'élément de l' "Imân", et que l'homme concentre ses efforts sur le progrès matériel. Il est engagé dans une ère de production en vue de la consommation, et de consommation en vue de la production. De telles gens peuvent réussir au plus haut degré en ce qui concerne la réalisation de leurs buts matériels, mais à part cela, ils échouent dans tout ce qui est digne de l'être humain.
Le Coran dit:
«Ceux qui veulent la vie de ce monde et ses parures seront rétribués selon leurs actions accomplies ici-bas. Ils ne seront pas lésés ici-bas. Mais dans l'au-delà, ils n'auront rien d'autre que l'Enfer. Toutes les bonnes actions qu'ils auront accomplies en ce monde n'auront aucune valeur et tout ce qu'ils auront fait, sera nul et vain». (Sourate Houd, 11: 15-16).
Imân" est un mot arabe introduit dans beaucoup de pays musulmans où il est devenu couramment connu. Tous ceux dont la langue maternelle est le Persan, le Turc, le Swahili ou l'Ourdu sont plus ou moins familiarisés avec ce mot. Bien qu'en anglais ou dans les autres langues européennes en général, des mots comme foi, croyance et confiance soient employés aussi dans le même sens, aucun d'eux n'est tout à fait synonyme de Imân, lequel est utilisé couramment et compris généralement. Pour clarifier le sens de ce mot, nous recourrons aux quelques exemple suivants:
Lorsque nous avons une totale confiance en l'intégrité d'une personne et que nous pouvons compter sur elle sans hésitation, nous disons que nous avons imân en elle. De la même façon lorsque nous croyons totalement à la véracité d'une affirmation, nous disons que nous avons imân en elle. Si nous avons une foi bien fondée en un système intellectuel ou en une "idéologie" et si nous nous y sentons si attachés que nous en faisons spontanément, et dans une parfaite tranquillité d'esprit, la base de nos occupations et de notre vie, et que nous fondons le programme de nos activités dans la vie sur cette idéologie, nous disons alors que nous avons imân en elle.
Ces exemples montrent que imân signifie une foi ferme et une confiance totale en un sujet, en une idée, en une doctrine, etc...
Les antonymes d'imân sont: doute, réticence, indécision. Le doute peut être vis-à-vis d'une personne, d'un point ou d'une doctrine. Il peut être à cinquante pour cent de chaque. Il est possible aussi qu'il soit accompagné d'un pessimisme ou d'un optimisme de course durée. En tout état de cause, son résultat naturel est la méfiance. Même lorsque le doute est accompagné d'optimisme, il n'est pas possible de s'attacher et de croire à une personne ou à une idéologie, surtout au cas où il est nécessaire, en vertu de cet attachement, de faire face à un danger réel ou potentiel et de se montrer persévérant.
Maintenant; voyons minutieusement la vie d'un homme afin de découvrir quel est le rôle de l'imân dans la vie moderne, en laissant de côté les époques antérieures.
Mais par où devrions-nous commencer notre recherche? Devrions-nous le faire à partir des scènes émouvantes de la lutte héroïque des peuples défavorisés, mais loyaux, qui combattent pour acquérir leurs droits humains, ou à partir d'un lieu relativement tranquille, par exemple, à partir de l'atmosphère chaleureuse de la vie de famille ou de l'école? A notre avis, il vaut mieux étudier la question à travers plusieurs stades afin que nous poissions atteindre le fond du sujet.
Le rôle de l'imân dans la vie d'un enfant
L'imân est le premier facteur psychologique dans la vie d'un enfant, même à notre époque de progrès technologique et de maîtrise de l'espace. L'imân est l'axe autour duquel tourne le plus la vie de l'enfant. Il a imân (foi) en ceux qui sont associés à lui - c'est-à-dire en ses parents, ses frères, ses soeurs, ses instituteurs, etc... et dans les choses qu'il fait en les imitant ou en suivant leurs instructions, et il a imân en ses propres efforts et en son propre discernement concernant les choses qu'il fait de son propre chef. Les enfants ont en effet confiance en leurs parents, leurs frères, leurs soeurs et leurs instituteurs. Ils ont foi en la justesse de ce que leurs aînés leur apprennent et en ce qu'ils font d'une façon indépendante et de leur propre initiative.
Si cette confiance vitale venait à disparaître pendant quelques jours chez les enfants d'une famille - même dans l'un des pays les plus avancés technologiquement et industriellement - et qu'elle vienne à être remplacée par le doute et la suspicion, vous remarqueriez combien ces pauvres enfants seraient perdus. Aucune aide scientifique ou technique ne pourrait faire revenir leur zèle et leur confiance en eux-mêmes, à moins que, et jusqu'à ce que, l'imân soit restauré.
Le développement sain et équilibré d'un enfant, ainsi que son bonheur futur, dépendent largement de l'imân de ses parents, de ses instituteurs et de tous ceux qui sont responsables le son éducation. Seules les personnel qui ont un imân dans leur tâche vitale peuvent s'acquitter bien de cette tâche. Il n'y a pas de doute qu'une mère qui élève et éduque son enfant avec dévouement et le sens des responsabilités, et un père ou un instituteur qui assument leurs responsabilités de bon coeur, ont tous un rôle à jouer pour assurer une vie heureuse aux personnel sous leur garde.
Une atmosphère familiale qui manque de dévouement, de confiance mutuelle entre parents et enfants et de respect réciproque des droits respectifs des uns et des autres, est l'un des facteurs les plus importants de la misère des enfants. Dans une telle atmosphère familiale noire et insipide l'enfant n'éprouve ni paix de l'esprit ni confiance. Il perd graduellement la foi en toutes choses et même en lui-même, et il se prive des facteurs les plus précieux du progrès et de l'évolution, en l'occurrence, l'imân en lui-même et dans l'environnement de sa vie.
En principe, l'imân d'un enfant est en grande partie un reflet de l'amour et de la confiance que ses parents lui montrent et qu'il leur rend. De la même façon, l'imân d'un instituteur a un effet profond et constructif sur ses élèves, spécialement pendant les premières années de leur éducation.
Il ne fait pas de doute qu'une partie de vos meilleurs souvenirs doit concerner les jours où vous jouissiez de l'orientation d'un instituteur sincère et dévoué dans votre école.
A l'approche de l'adolescence, l'imân de l'enfance est envahi par l'incrédulité et le manque d'enthousiasme. Même pendant l'enfance on rencontre parfois des événements qui ébranlent notre confiance en une personne ou en une chose. Toutefois, durant cette phase de la vie de l'individu, un autre imân occupe la place laissée vide par le premier imân (c'est-a-dire un imân allant dans une direction opposée a celle du premier), sans que l'enfant soit confronté a un doute prolongé. Mais pendant cette phase il ne souffre d'aucun sentiment d'incertitude et développe normalement en lui-même une confiance dans la direction opposée. C'est pour cette raison qu'un enfant change vite d'opinion et on remarque que des points de vue différents se succèdent rapidement chez lui. Par exemple, a un moment il ne semble pas en bons termes avec son camarade de jeu, a un autre moment il en redevient l'ami. Souvent pendant une même partie de jeu, cette scène se répète plusieurs fois.
Progressivement cette période prend fin et cède la place a l'adolescence, pendant laquelle ont lieu de nombreux développements physiques et mentaux.
L'un de ces changements est le fait que l'individu perd la foi en la justesse de beaucoup d'idées auxquelles il croyait auparavant, pendant son enfance. Il devient sujet a l'incrédulité et au manque d'enthousiasme, dont la portée varie d'une personne à l'autre. Certaines personnel percent foi presque en toutes choses et deviennent sceptiques.
L'incrédulité de l'adolescent peut être un facteur très efficace dans le développement de l'homme, a condition qu'elle soit accompagnée d'une sorte de ferveur et de confiance dans l'investigation et la recherche.
Seule cette sorte d'incrédulité peut être appelée "doute constructif". Bien que le fait de douter conduise a la destruction de tout ce à quoi nous croyions auparavant et que la reconstruction soit liée à la recherche et à l'investigation que nous entreprenons après cette destruction, nous considérons le doute comme une contribution à la reconstruction et l'appelons "doute constructif", étant donné que nous n'entreprenons des recherches et des investigations que lorsque les croyances instables de l'enfance auront été détruites.
Normalement, l'incrédulité de l'adolescent le pousse à s'informer et à faire des recherches. On peut dire que dans cette phase il désire se défaire de ce qu'il a appris pendant la période de la pré-adolescence et, dans ce domaine, comme dans bien d'autres, il veut être indépendant et montrer qu'il n'est plus un enfant. Ce doute est donc accompagné d'une sorte d'imân (imân en lui-même, imân en sa volonté de s'appuyer sur ses propres forces de voir ce qu'il peut comprendre lui-même). Avec l'incrédulité de l'adolescence nous nous trouvons face à face avec un monde nouveau, un monde infini de choses inconnues. En ce moment-là un désir de savoir surgit et nous nous lançons dans des recherches et nous nous livrons à des investigations avec un grand espoir, et normalement avec imân, en ceci que nous pouvons désormais acquérir des informations plus pures et plus sûres sur ces choses inconnues en comptant sur notre propre capacité de reconnaissance; d'investigation et de recherche.
Si l'incrédulité de l'adolescence n'est pas suivie d'un désir positif de découvrir et d'une ardeur dans la recherche d'informations elle ne peut pas être qualifiée de constructive. Dans ce cas elle ébranlera notre confiance en toutes choses et ne nous apportera qu'un manque d'enthousiasme ennuyeux. Donc l'imân a un rôle positif dans la découverte durant la merveilleuse période de l'adolescence.
Le progrès scientifique et industriel est normalement le résultat d'efforts soutenus de ceux qui effectuent des recherches incessantes et qui, pour faire une découverte, procèdent à des centaines d'essais et d'épreuves. Parfois, pour s'assurer de la fiabilité d'une nouvelle idée scientifique ou industrielle qui leur vient à l'esprit, ils répètent la même expérience plusieurs fois. Vous avez pu observer quelques scientifiques autour de vous, et voir avec quelque application et quel zèle ils suivent leur travail, et quel éclat d'imân dans leur travail et leurs recherches scientifiques brille sur leurs visages. Il est possible que vous ayez eu vous-même l'expérience du plaisir de ces délices, exultation et imân.
Nous parlons du rôle de cet imân qui est constructif et qui conduit effectivement à l'action, et non de celui qui fait vivre d'espoir pendant une période de détresse sans donner une direction définie à la vie.
Bien que cette dernière sorte d'imân ait quelque valeur dans la vie humaine, ses mauvais effets ne peuvent pas être négligés. Laissons pour une autre occasion la question du pour et du contre de cette sorte d'imân, et notons seulement que le Coran ne considère pas cet imân comme suffisant pour la prospérité de l'humanité même en ce qui concerne la foi en Allah. Dix des versets coraniques disent expressément que le salut humain dépend de l'imân accompagné d'une action appropriée et proportionnée au but.
Les versets 82 et 277 de la sourate al-Baqarah peuvent être cités à cet égard. Dans la Sourate Yûnis, verses 22, la Sourate Al-'Ankabout, verses 65 et la Sourate Luqmân, verses 32, le Coran condamne sévèrement ceux qui ne prêtent pas beaucoup d'attention à Allah dans leur vie ordinaire et s'accommodent de toutes sortes de perversions, mais qui Le sollicitent dès qu'ils se trouvent dans des moments de détresse et de misère. Le Coran décrit en divers endroits les actions comme étant les pierres de touche de l'imân. Faisant allusion à ceux qui vantent leur foi, mais qui aux moments critiques évitent tout sacrifice, il dit: «Les hommes pensent-ils qu'on les laissera dire: "Nous croyons!" Sans les éprouver?» (Sourate al-'Ankabout, 29: 2)
Une liberté débridée n'est pas compatible avec la croyance à une idéologie
L'imân constructif et positif crée naturellement certaines obligations et restrictions. Dans la société humaine, chaque idéologie a ses propres règles auxquelles doivent souscrire ceux qui croient en elle. Même les nihilistes, qui n'acceptent aucun système, doivent observer certaines normes et règles. Les groupes qui forment des cercles fermés par refus du mode de vie conventionnel ne permettent pas à une personne conforme aux modèles normaux de se joindre à eux, car ils pensent que cela va à l'encontre de leur système. Si même un système de "non-système" appelle certains devoirs, comment petit-on s'attendre à ce qu'une idéologie constructive puisse ne pas impliquer des obligations morales et légales? Le secteur à l'esprit libéral de notre société doit savoir que fuir ses responsabilités ne s'accorde ni avec le réalisme ni avec la vraie mentalité libérale.
L'imân de l'enfance, malgré sa pureté et sa sérénité, est incomplet, parce qu'il ne procède pas d'une conscience accompagnée d'analyse. Il est, le plus souvent, une réponse involontaire à l'environnement dont il est une sorte d'écho. C'est pourquoi il ne peut pas fixer sa base en face des doutes de l'adolescence, et comme nous l'avons dit précédemment, il est ébranlé par l'assaut de la puberté.
Le fait est que pendant cette période de l'enfance, on ne peut s'attendre à rien de plus qu'un tel imân simple et superficiel. Mais pendant l'adolescence et la période qui la suit, nous pouvons avoir un imân conscient, un imân qui résulte de calcul, d'étude et d'analyse profonde. La somme de succès dans l'obtention d'un imân conscient, varie d'un individu à l'autre. Pour beaucoup de gens, le doute de l'adolescence est très simple et d'un effet limité. Il affecte un peu la plupart des questions auxquelles ils ont cru depuis leur enfance.
L'imân de telles gens, même pendant leur âge mûr, est plus ou moins la suite de ce qu'ils ont connu pendant leur enfance. Il devient seulement plus profond avec le temps. En tout état de cause, il ne peut pas être appelé "imân conscient". De telles gens, on les trouve couramment même parmi les classes qui ont reçu une haute éducation. Beaucoup de savants éminents, bien que brillants dans leurs domaines propres, ont suivi, sans un examen critique digne de leur position d'hommes instruits, la même doctrine ou la même tendance politique ou sociale que leur avait offerte leur environnement. L'Islam n'approuve guère une telle attitude. La plus haute source de l'autorité islamique, en l'occurrence le Coran, nous exhorte sans cesse à la délibération et à l'analyse logique. Il désapprouve l'attitude de ceux qui suivent aveuglément un système: «Ils disent: "Nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie, et nous sommes guidés d'après leurs traces." Ainsi, nous n'avons envoyé avant toi (O. Muhammad!) aucun avertisseur à une cité sans que ceux qui y vivaient dans l'aisance ne disent: "Nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie et nous marchons sur leurs traces"». (Sourate al-Zukhruf, 43: 22-23)
Le Coran dit aussi: «Lorsqu'on leur dit: "Venez à ce qu'Allah a révélé au Messager", ils répondent: "L'exemple que nous trouvons chez nos pères nous suffit". Et si leurs pères ne savaient rien? Et s'ils n'étaient pas bien dirigés?» (Sourate al-Mâ'idah, 5: 104)
Concernant la question de l'adoption d'une doctrine, le Coran insiste sur le fait que l'imân doit être fondé sur le savoir et sur une étude satisfaisante. S'il n'est pas fondé sur la connaissance, il est sans valeur, et on doit continuer de chercher la vérité.
Après avoir invoqué certains arguments logiques contre l'idolâtrie, le Coran dit: «La plupart des incrédules se contentent de conjectures en matière d'idolâtrie. Or la conjecture ne saurait prévaloir contre la Vérité. Allah sait parfaitement ce que vous faîtes». (Sourate Yûnis, 10: 36)
Du point de vue coranique, il est du devoir de l'homme qu'indépendamment des idées que lui ont inculquées ses parents ou qu'il a reçues de son environnement pendant son enfance, il exerce ses facultés de connaître et d'apprendre pour regarder attentivement lui-même et le monde qui l'entoure, et il doit continuer à contempler tranquillement jusqu'à ce qu'il parvienne à une conclusion bien déterminée qui poisse former la base de sa croyance et de sa conduite personnelle et sociale dans la vie.
L'adoption d'un tel but et d'une telle direction de vie par quelqu'un a un lien direct avec sa vision du monde et du rôle que l'homme y joue. Comme cette vision est la seule sanction et infrastructure de toute idéologie, on doit être attentif en la choisissant et éviter d'être trop confiant ou superficiel à cet égard.
Le Coran souligne qu'on ne doit poursuivre que le but dont on a une connaissance bien précise et claire: «Ne poursuis pas ce dont tu n'as aucune connaissance. II sera sûrement demandé compte de tout: de l'ouïe, de la vue et du coeur». (Sourate Banî Isrâ'il, 17: 36)
Une telle connaissance s'acquiert par la conviction et une preuve évidente:
«Avez-vous quelque autorité pour parler ainsi? Dites-vous sur Allah ce que vous ne savez pas?» (Sourate Yûnis, 10: 68)
«Tel est leur souhait chimérique! Dis: "Apportez votre preuve décisive, si vous êtes véridiques». (Sourate al-Baqarah, 2: 111)
«La supposition et la conjecture ne vous conduisent pas à cette connaissance: la plupart d'entre eux se contentent de conjectures. La conjecture ne saurait prévaloir contre la Vérité. Allah sait parfaitement ce que vous faîtes». (Sourate Yûnis, 10: 36)
Du point de vue du Coran, la conjecture n'a aucune valeur. Dans beaucoup de versets, elle est décrite comme un non-sens et une action aveugle (cf. Sourate al-An'âm, 6: 148, et Sourate Ale 'Imrân, 3: 154)
Le Coran mentionne plusieurs facteurs qui tendent à susciter la conjecture et à la mettre à la place d'une connaissance juste et précise.
Les bas désirs, tel la concupiscence, la cupidité et l'intérêt personnel, constituent un obstacle à la justesse de jugement et empêchement de trouver la vérité:
«Qui donc est plus égaré que celui qui se laisse guider par ses passions, sans la guidance d'Allah?» (Sourate al-Qaçaç, 28: 50)
«Ils disent: "Nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie, et nous nous sommes guidés d'après leurs traces. C'était toujours ainsi". Nous n'avons envoyé avant toi aucun avertissement à une cité sans que ceux qui y vivaient dans l'aisance ne disent: "Nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie et nous marchons sur leurs traces".» (Sourate al-Zukhruf, 43: 22-23)
3. Une soumission aveugle aux grands et aux puissants
«Ils diront: "Notre Seigneur! Nous avons obéi à nos chefs, à nos grands et ils nous ont écartés de la voie droite». (Sourate al-Ahzâb, 33: 67)
Le complexe d'infériorité subjugue tellement l'homme et accable sa pensée au point qu'il cesse de penser lui-même et qu'il suit aveuglément les pensées, les modes et les habitudes des grandes puissances ou même des pays avancés. Un tel homme voit avec les yeux des autres, entend avec les oreilles des autres et pensent avec le cerveau des autres.
Le Coran a mentionné quelques organes à travers lesquels on peut obtenir une connaissance digne de confiance. Ce sont:
- les oreilles pour entendre
- les yeux pour voir
- le coeur pour comprendre.
«Allah vous a fait sortir du ventre de vos mères dans un état dont vous ne savez rien. IL vous a donné des oreilles, des yeux et des coeurs. Peut-être serez-vous reconnaissants». (Sourate al-Nihal, 16: 78)
Il n y a un autre verses qui dit:
«Puis IL l'a formé harmonieusement et IL a insufflé en lui de son Esprit. IL a créé pour vous des oreilles, des yeux et des coeurs. Vous êtes bien peu reconnaissants!» (Sourate al-Sajdah, 32: 9)
L'une des sources principales de notre connaissance est l'ouïe, à travers laquelle nous parvenons à connaître l'expérience, les investigations et les idées des autres. Nous avons connaissance de beaucoup d'événements par les autres personnes et d'autres sources dignes de foi.
Une autre source principale de notre connaissance est la vue et l'observation.
La troisième source en est la perception intérieure et la compréhension. La connaissance qui s'obtient à travers la vue, l'ouïe et l'observation interne demeure superficielle et de peu de valeur jusqu'à ce qu'elle soit plus étudiée, évaluée et analysée. Cette matière première doit être traitée dans la région du coeur afin qu'elle devienne digne de confiance, valable et propre à être acceptée et suivie.
Selon le Coran, la maturité de l'homme dépend de l'usage correct de ces facultés. Si celles-ci ne sont pas utilisées d'une façon appropriée, l'homme s'abaisse au niveau des animaux.
«Ils ont des coeurs, avec lesquels ils ne comprennent rien; ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas; ils ont des oreilles avec lesquelles ils n'entendent pas. Ils sont semblables aux bestiaux, ou plus égarés encore. Ils sont insouciants». (Sourate al-A'râf, 7: 179)
Le rôle fondamental et étendu du coeur
Le Coran a décrit de plusieurs façons le rôle du coeur. Penser, réfléchir et comprendre sont quelques-unes de ses fonctions.
Penser signifie: fixer la date connue dans le but d'analyse, de composition, de comparaison et d'évaluation. On obtient comme résultat de ces processus des règles générales et des principes qu'on applique par la suite à des cas particuliers.
Réfléchir signifie: aller à l'intérieur des aspects cachés du phénomène apparent afin de trouver le chemin menant à la vraie vérité. Ce que nous pouvons découvrir par nos sens est seulement le reflet de ce qui est l'apparence présente des choses. Nos sens ne peuvent ni découvrir directement la vérité intérieure ni déceler la fin ultime d'un événement.
Par nos sens, nous pouvons connaître seulement ce qui est perceptible et observable; nos sens n'ont pas une capacité suffisante pour avoir accès à la vérité intérieure. Seules peuvent le faire, la pensée profonde, la réflexion et l'analyse mentale.
De là, la connaissance scientifique ne doit pas être fondée sur la crédulité, la divination, la conjecture, le jugement superficiel et la course vue. Elle doit être accompagnée d'une analyse mentale juste et d'une pensée profonde afin que le résultat soit clair, convaincant, digne de confiance et propre à être suivi.
Le Coran nous incite dans différents endroits à la considération, qui signifie: regarder les choses attentivement et avec curiosité et les observer soigneusement avec une pensée profonde. Considérez attentivement les versets suivants:
«Dis; "Considérez ce qui est dans les Cieux et ce qui est sur la Terre"». (Sourate Yûnis, 10: 101)
«Dis: "Parcourez la Terre et considérez comment IL donne un commencement à la création"». (Sourate Al-'Ankabout, 29: 20)
«Considérez quelle a été la fin des corrupteurs». (Sourate al-A'râf, 7: 86)
«Ne considèrent-ils pas comment les animaux ont été créés, comment le Ciel a été élevé, comment les montagnes ont été placées, comment la terre a été aplanie?» (Sourate al-Ghâchiyah, 88: 17-20)
Nous remarquons dans tous ces cas que la considération doit être si attentive, si exacte et si efficace qu'elle peut fournir une réponse à toute question et résoudre toute difficulté qu'on peut rencontrer. Elle doit être accompagnée d'une pensée profonde et d'une étude soigneuse.
Cette considération, réflexion ou contemplation est applicable à toutes les réalités du monde et n'est pas confinée à une sphère particulière. Le Coran recommande la considération dans divers domaines. Il dit par exemple: «Dans la création des Cieux et de la Terre, dans la succession de la nuit et du jour, il y a vraiment des Signes pour ceux qui sont doués d'intelligence, pour ceux qui pensent à Allah, debout, assis ou inclinés, et qui considèrent la création des cieux et de la terre. (Ils disent): "Notre Seigneur! TU n'as pas créé tout ceci en vain! Gloire à Toi! Préserve-nous du châtiment du Feu."» (Sourate Ale 'Imrân, 3: 190-191)
Il y a dans le Coran des centaines de versets similaires qui appellent l'homme à une étude fructueuse et à une investigation sur ce vaste monde. Concernant l'histoire, le Coran dit: «Raconte-leur les récits afin qu'ils puissent y réfléchir peut-être». (Sourate Al-A'râf, 7: 176)
Il y a d'autres versets qui considèrent les péripéties de l'histoire des anciennes nations, et les causes de leur progrès et de leur décadence comme une leçon à saisir:
«Nous leur montrerons bientôt Nos signes, dans l'univers et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'ils voient clairement qu'IL (Allah) est réellement». (Sourate Fuççilat, 41: 53)
Concernant la connaissance transmise par la révélation, le Coran dit:
«Ne vont-ils pas méditer le Coran? Ou bien les coeurs de certains d'entre eux sont-ils verrouillés?» (Sourate Mohammad, 47: 24)
Dans l'usage moderne, le mot "connaissance" est limité au sens de connaissance scientifique. En réalité ce mot comporte deux sens.
"Connaissance" signifie d'une part toute forme d'apprentissage et d'information, de l'autre, elle signifie science, au sens exclusif de connaissance fondée sur l'expérience et l'induction. Avec la limitation du mot "connaissance" à la connaissance scientifique, un raisonnement fallacieux est apparu, selon lequel:
a) Toute information non fondée sur la connaissance est de peu de valeur, et de là, elle n'est pas convaincante.
b) La connaissance signifie "connaissance expérimentale", et de là, toute connaissance non obtenue par l'expérience est sans valeur et ne mérite pas d'être suivie.
Vous pouvez constater que dans la première phrase le mot "connaissance" est utilisé dans son sens le plus général et le plus large, et que par conséquent, elle donne une signification sur laquelle il ne peut pas y avoir de doute. Il est vrai que toute information non fondée sur la connaissance a peu de valeur. Mais dans la seconde phrase, le mot "connaissance" est employé dans un sens limité. Il en résulte qu'il y a des gens qui disent que seule la connaissance expérimentale est digne de confiance et valable. Ils vont si loin dans cette logique que pour croire à leur propre expérience, ils veulent trouver l'âme humaine à travers une opération chirurgicale et parvenir à Allah au cours d'un voyage spatial.
Nous avons remarqué comment le mot "connaissance" a été indûment limité à un sens étroit. Cette erreur a donné lieu à un autre raisonnement fallacieux.
Il est dit qu'étant donné que seule la connaissance expérimentale est digne de confiance, et que la vérité ne peut être prouvée que par l'observation et l'expérience, il en résulte que, rien qui ne pourrait être soumis à l'observation et au calcul mathématique n'a d'existence réelle. De cet énoncé, on a déduit qu'une réalité est seulement ce qui peut être établi au moyen de l'expérience, et que les choses non matérielles qui ne peuvent pas être testées dans un laboratoire n'ont pas manifestement de réalité, et qu'elles ne sont que des idées ou des notions conçues par l'esprit. Sur cette base, on a inféré en outre que le réalisme est une philosophie qui considère la matière seule comme une réalité, alors que l'idéalisme est cette approche du monde qui croit également au monde non matériel. Et comme la nature de la logique exige de nous de préférer le réalisme à l'idéalisme, l'approche matérialiste du monde est préférable à l'approche divine... Quel élan d'une claire pensée imaginative! Si nous pensons attentivement à l'argumentation ci-dessus, nous pouvons remarquer facilement combien elle est peu scientifique! En fait, elle n'est rien qu'un raisonnement fallacieux. Si nous considérons le réalisme et l'idéalisme respectivement au sens de pensée réaliste et pensée imaginative, il n'y a pas de doute que la première a la priorité sur la seconde. Mais nous devons voir quelle est la portée de la réalité, et ce qui peut être appelé réaliste.
La réalité objective est ce qui existe effectivement. Elle peut être matérielle ou non matérielle. Il n'est pas essentiel qu'une chose qui existe soit nécessairement matérielle. De la même façon, il n'est pas essentiel que toute chose basée sur la connaissance soit observable en laboratoire.
De là, le réalisme divin est la croyance à des réalités matérielles ou non matérielles, et non pas une croyance à des notions purement conceptuelles et à des idées imaginaires. Ceux qui croient à l'approche divine du monde affirment qu'ils ont atteint la Vérité Absolue à travers la perspicacité et la connaissance. Ils l'ont trouvée et ne l'ont pas tout simplement conçue.
C'est une vérité indiscutable qui a été malheureusement mal présentée et incorrectement interprétée.
L'Islam a sa propre vision du monde, qu'on doit comprendre correctement, car sans la connaître il n'est pas possible de comprendre les enseignements islamiques concernant beaucoup d'autres domaines de la doctrine et de la pratique.
Du point de vue islamique, le monde est une somme de réalités très variées, mais corrélatives, qui ont une existence et continuent de naître par la Volonté d'Allah, l'Unique, l'Omnipotent et l'Omniscient. Le monde est constamment changeant et en mouvement. Il est un mouvement fondé sur la Bonté et la Bénédiction, et dirigé vers une perfection progressive, c'est-à-dire que chaque être parvient au degré de perfectionnement qui lui convient. Par Sa Miséricorde infinie, Allah a voulu que dans la marche évolutive du monde, chaque chose fût pré-planifiée et fondée sur une série de lois promulguées par Lui. Le Coran a désigné ces lois par le terme: "Pratique divine".
Du point de vue de l'Islam, l'homme est un phénomène en devenir et un être créatif qui détermine lui-même son avenir. C'est pour cela qu'il est doté de deux dons:
1.- La faculté d'acquérir une connaissance vaste et sans cesse croissante sur lui-même et sur l'univers;
2. - La volition.
La vision islamique du monde peut-être résumée comme suit:
- Le réalisme
- Une pensée correcte
- Le monothéisme
- La préparation de l'avenir par un effort conscient
- L'acquisition de la connaissance par la réflexion et l'expérience
- La perception de la connaissance à travers la Révélation
- L'acquisition du plus possible de connaissance par un système stable d'action et de réaction incluant des réactions immédiates, à long terme et même permanentes.
La vision islamique consiste en la connaissance, la liberté et la responsabilité. C'est une vision d'espoir, d'optimisme et de possession du but.
Pour expliquer davantage ces points, nous nous proposons d'en traiter longuement.
Comme nous l'avons souligné, selon le point de vue de l'Islam l'univers est une somme de réalités très variées, mais corrélatives qui sont constamment en changement et en mouvement. Il est venu à l'existence par la Volonté d'Allah. L'Islam exige de l'homme qu'il garde présent à l'esprit ce fait lorsqu'il fait connaissance avec lui-même et avec le monde. Il doit reconnaître toute chose telle qu'elle est réellement et dans toutes ses dimensions et ses relations.
Il n'y a pas d'exception au principe de réalisme au stade de la reconnaissance. Mais l'homme peut-il être réaliste au stade de l'action? Au stade de l'action, le réalisme a deux aspects qui doivent être distingués l'un de l'autre.
Parfois, on dit que l'homme doit toujours être réaliste et pratique. Par pratique nous entendons qu'on doit se soumettre aux réalités présentes et ne jamais essayer de leur résister.
L'Islam n'approuve pas cette sorte de réalisme et le considère comme incompatible avec la position de l'homme, sa mission et la force créative dont il est doté. L'homme de l'Islam n'a pas le droit de se soumettre facilement à son environnement physique et moral sous prétexte qu'une personne sensible ne doit pas se brouiller avec les réalités.
Un autre aspect du réalisme est que l'homme doit prendre en compte les limites de ses facultés intellectuelles et pratiques lorsqu'il fait des efforts pour se réformer et réformer son environnement. Il doit découvrir le meilleur moyen de mobiliser ses potentialités et de contourner ou de surmonter les difficultés qui se dressent devant lui. Ce faisant, il doit toujours être réaliste et ne doit jamais surestimer ses potentialités. Cette sorte de réalisme au stade de l'action est approuvé par l'Islam, et fait partie, en réalité, du réalisme au stade de la reconnaissance. L'Islam a signalé à l'homme qu'il peut changer seulement une partie des réalités du monde, et non pas toutes. La capacité de changer la réalité diffère d'une personne à l'autre et d'un stade à l'autre de la vie de l'individu et de la société.
L'Islam insiste beaucoup sur le fait que l'homme doit faire attention au rôle fondamental d'une pensée et d'une connaissance correctes dans sa vie, et qu'il doit réaliser que son salut dépend d'elles. Le Coran dit à cet égard:
«Annonce la bonne nouvelle à Mes serviteurs qui écoutent le conseil (et y réfléchissent attentivement) et qui suivent le meilleur de ce qu'il contient. Voilà ceux qu'Allah dirige! Ils sont doués d'intelligence!» (Sourate al-Zumar, 39: 17-18)
Dans beaucoup d'autres versets, le Coran s'adresse à plusieurs reprises aux "hommes doués d'intelligence", "gens qui pensent", "gens qui comprennent", et aux "gens qui se rappellent" et il demande aux gens sages, sensibles et réfléchis de penser correctement et de ne pas tomber dans les pièges semés sur le chemin de l'intellect.
L'Islam exige de l'homme qu'il mette en action ses facultés intellectuelles et créatives toujours en développement, qu'il opère les changements nécessaires dans son environnement naturel et social, et qu'il crée de nouvelles choses utiles afin d'être mieux armé pour s'assurer, et assurer aux autres êtres humains, une vie meilleure et plus décente, et qu'il ne se soumette pas tout de suite aux réalités existantes. De là, l'homme doit, selon l'optique de l'Islam, se préoccuper davantage de son but que des réalités existantes.
La partie la plus intéressante de la vision islamique du monde concerne l'homme et le point de vue coranique sur cet être éminent. En effet, selon le point de vue du Coran, l'homme n'est pas un être naturel, c'est-à-dire qu'à la différence des autres créatures, il n'a pas à suivre un cours ou une carrière, fixe et inaltérable.
L'homme: l'Etre qui se fait lui-même et qui choisit
Le Coran considère l'homme comme un être responsable de lui-même. Il a à cet égard un rôle divin. Il est en partie être matériel et en partie être divin. Selon les termes du Coran, l'homme a été créé d'argile, mais un esprit divin lui a été insufflé. Dans ses diverses capacités d'être, bien et mal sont mêlés. Il est doté de la faculté d'exercer sa volonté et de choisir sa voie.
Le Coran dit:
«Nous avons créé l'homme, pour l'éprouver, d'une goutte de sperme et de mélanges. Nous lui avons donné l'ouïe et la vue. Nous lui avons montré le droit chemin. Après quoi, il lui appartient d'être reconnaissant ou ingrat». (Sourate al-Dahr, 76: 2-3)
L'homme a plus de capacité intellectuelle que toute autre créature! Sur le plan de l'acquisition du savoir, il dépasse de loin même les anges. Au début de sa genèse il a appris des choses que les anges ne connaissaient pas.
Le Coran dit à cet égard:
«IL apprit à Adam le nom de tous les êtres; pais IL les présenta aux anges et dit: "Faites-Moi connaître leurs noms, si vous êtes véridiques." Ils répondirent: "Gloire à Toi! Nous ne savons rien en dehors de ce que Tu nous a enseigné; Tu es, en vérité, Celui qui sait tout, le Sage." Puis IL dit: "O Adam! Fais-leur connaître leurs noms", et lorsqu'Adam leur eut dit leurs noms, Allah dit: "Ne vous ai-JE pas dit que JE connais le mystère des Cieux et de la Terre?"» (Sourate al-Baqarah, 2: 31-33)
L'homme a le grand avantage de posséder un vaste domaine dans lequel il peut s'assurer un pouvoir en acquérant la connaissance. Il a la capacité pratique d'exécuter ses désirs. Il est également capable de choisir sa voie et sa direction. Donc le Créateur du monde l'a fait supérieur à Ses autres créatures. «Nous avons ennobli les fils d'Adam. Nous leur avons accordé d'excellentes choses et Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup de ceux que nous avons créés». (Sourate al-Asrâ', 17: 70)
Le 72ème verses de la Sourate al-Ahzâb décrit les pouvoirs dont l'être humain a été doté, comme étant un grand et appréciable dépôt que seule l'homme mérite. C'est lui seul qui a pu l'accepter, car malgré leur grandeur, les cieux, la terre et les montagnes ont décliné une telle responsabilité.
En effet, le Coran dit:
«Nous avions proposé le dépôt de la foi aux Cieux, à la Terre et aux montagnes. Ceux-ci ont refusé de s'en charger, ils en ont été effrayés. Seul, l'homme l'a assumé». (Sourate al-Ahzâb, 33: 72)
La personnalité humaine
La personnalité de l'homme dépend de sa façon de préserver ce "Grand Dépôt" divin, c'est-à-dire, de sa capacité de choisir sa voie de conduite. Son bien-être dépend de l'utilisation de ce pouvoir de la façon la plus avantageuse. La société humaine reste humaine seulement tant que chaque individu y est libre de penser pour lui-même et de se choisir le mode de vie qu'il estime le meilleur. Si l'homme pense comme les autres veulent qu'il pense, et qu'il fait ce que les autres veulent qu'il fasse, il n'est plus une personne. Il devient un simple objet qui manque de volonté humaine et de personnalité indépendante. Si ses actions sont planifiées par d'autres, il ne peut plus ni planifier ni choisir lui-même.
La plus grande et la plus pénible dégradation dont l'homme de ce siècle ait souffert et qui résulte de la vie mécanique moderne est le fait d'avoir été privé de son humanité et réduit à n'être qu'un simple rouage d'un énorme système mécanique compliqué. Dans beaucoup de cas, la valeur économique de son travail est très inférieure à celle de la machine qu'il côtoie. C'est la philosophie matérialiste qui, plus que toute autre chose, a préparé la voie à une telle situation humiliante. Mais finalement, le dépôt qu'il détient a remué l'homme de ce siècle, qui essaie maintenant de détacher de son cou le joug de l'esclavage des machines. Dans le présent état de mi-sommeil mi-éveil, il est à l'affût d'un système intellectuel et social susceptible de l'aider de recouvrer sa dignité humaine.
Du point de vue islamique, le seul moyen pour l'homme de se sortir de sa mauvaise passe est de se débarrasser de son égoïsme et d'adorer Allah. Un homme qui pense seulement à ses désirs matériels, et dont les efforts ne visent qu'à l'obtention d'une meilleure nourriture, de meilleures vêtements et de meilleures facilités de jouir sexuellement, ou qui cherche jour et nuit le faste et le lucre, ne peut guère être un homme libre. II peut facilement être séduit puis dominé par ceux qui peuvent mettre à sa disposition les moyens de jouissance. Mais si l'homme est attaché à Allah et cherche le plaisir d'être proche de Lui plus que toute autre chose, il peut alors garder le contrôle de ses passions et satisfaire avec modération ses désirs sans en devenir l'esclave. Un tel homme peut renoncer à ses désirs, s'il le faut, pour obtenir la satisfaction d'Allah, qui est plus précieuse que toute autre chose. Allah le récompensera pour son sacrifice, d'une façon meilleure et plus pure dans le monde éternel. Le Coran dit:
«On a enjolivé aux gens l'amour des choses désirables tels que femmes, enfants, lourds amoncellements d'or et d'argent, chevaux de race, bétail, terres cultivées. Tout ceci est une jouissance éphémère de la vie de ce monde; mais c'est auprès d'Allah que se trouve la meilleure demeure. Dis: "Vous annoncerai-je une chose meilleure pour vous que tout cela?" Ceux qui craignent leur Seigneur trouveront pour toujours, auprès de Lui, des Jardins où coulent des ruisseaux, des épouses pures, et la satisfaction d'Allah. Allah voit parfaitement Ses serviteurs. Ceux qui disent: "Oui, nous avons cru! Pardonne-nous nos péchés, préserve-nous du châtiment du Feu." Ceux qui sont patients, qui disent la vérité, qui sont dévoués dans leurs prières, qui dépensent leurs biens pour la cause d'Allah et qui implorent le pardon pendant les heures de veille». (Sourate Ale 'Imrân, 3: 14-17)
Un homme religieux s'intéresse naturellement à tous les bienfaits, de ce monde et de l'autre monde. Mais pour lui, faire plaisir à Allah est au-dessus de toute autre chose. Le Coran dit: «Allah a promis aux croyants et aux croyantes des Jardins où coulent les ruisseaux. Ils y demeureront immortels. IL leur a promis d'excellentes demeures situées dans les Jardins d'Eden. La satisfaction d'Allah est préférable: voilà la réalisation suprême». (Sourate al-Baqarah, 9: 72)
En réalité un homme altruiste et dévot aime Allah plus que toute autre chose: «Certains hommes associent à Allah des objets d'adoration. Ils les aiment comme on aime Allah; mais les croyants sont les plus zélés dans l'amour d'Allah». (Sourate al-Baqarah, 2: 165)
Le meilleur signe de l'amour d'Allah est que pour obtenir Son plaisir. Un homme doit être toujours prêt à sacrifier sa vie, sa femme, ses enfants, son foyer, sa maison, sa fortune et ses biens, car aucun de ces bienfaits ne pourrait remplacer Allah dans son coeur.
Un tel homme ne se voit jamais esseulé, perplexe et sans dignité. Il se sent attaché par un lien infini à l'éternité, à la majesté et à la perfection. Il se sent un être qui ne peut jamais être annihilé et dont la mort même est le commencement d'une nouvelle ère de la vie.
Pour faire une étude sur les sources de la création et la cause première du développement de l'univers, il est nécessaire de prendre soigneusement en considération les points suivants.
Le monde est une réalité qu'on peut sentir, observer et percevoir. Il n'est ni quelque chose d'imaginaire ni une vue de l'esprit de personne. C'est une réalité absolue et incontestable, indépendamment de ce que nous en pensons et indépendamment du fait que ses phénomènes soient connus ou non de l'homme et que leur existence réponde ou non à un usage quelconque.
Du point de vue de la connaissance expérimentale aussi, l'existence de l'univers est incontestable, car ses phénomènes sont soumis à l'investigation scientifique et à la recherche. Si sa réalité avait été douteuse, tous les efforts et les recherches scientifiques auraient été inutiles et vains.
L'homme a réalisé, par l'observation, l'expérimentation et le calcul, que le monde est bien organisé. Il y a des relations définies entre ses éléments et ses phénomènes, et il est gouverné par des lois rigoureuses. Normalement, l'objet de toute recherche scientifique est la découverte de ces mêmes lois et de leurs relations. L'existence de cette organisation scientifique est d'autant plus déterminée qu'aucun événement naturel n'est considéré comme fortuit et sans relation avec d'autres phénomènes.
Si on trouve que la cause d'un phénomène est inconnue, on procède à de nouvelles investigations pendant des années et ce jusqu'à ce qu'on découvre cette cause. D'autre part, si une loi est découverte, sa généralité et sa solidité sont considérées comme si sûres que sur sa base on établit de grands outillages industriels et on fabrique des milliers d'instruments et d'appareils.
Ainsi, le monde et toutes ses dimensions ont des relations systématiques à tous les niveaux, corrélations si précises et si complexes qu'elles sont à l'évidence bien calculées. Le progrès de la science a révélé l'existence de lois définies régissant les phénomènes naturels. «Le Soleil et la Lune se meuvent d'après un calcul. Les plantes et les arbres se soumettent à Son Commandement. IL a élevé le Ciel et IL a établi la balance». (Sourate al-Rahmân, 55: 5-7)
Nous constatons un changement et un développement continuels dans tous les phénomènes naturels. Ce changement est plus évident et plus frappant chez les êtres vivants. Un arbre grandit. Il porte des fleurs qui s'ouvrent progressivement, puis elles se fanent. Les fleurs mûrissent lentement pour devenir fruits et graines.
Les cellules du germe humain se développent lentement et se transforment en un embryon. Celui-ci se développe continuellement et sans cesse jusqu'à ce qu'il soit libéré. Puis le nouveau-né continue à grandir jusqu'à ce qu'il vieillisse et devienne une personne âgée.
Le "devenir" peut être défini comme le fait de se continuer et exister graduellement. A chaque stade un être est différent de ce qu'il a été et de ce qu'il sera. Mais en tout cas, il y a un lien entre "ces êtres" (les différents stades d'un même être) qui constituent somme toute un seul "être se continuant".
Mais il reste à savoir ce qui cause ce "devenir". Quelle est la source de ce "faire", "mélanger" et "trouver"? Pourquoi ce développement fondé sur un calcul précis et systématique se produit-il ?
4. La cause du développement et des changements systématiques
L'harmonie et la composition méthodique qu'on trouve dans des millions de phénomènes naturels exigent un facteur approprié. Pour son développement, une plante a besoin, selon certaines proportions, d'un mélange de sol, d'eau, d'énergie solaire et de composants de l'air, afin de pouvoir fleurir et s'épanouir. Quel est donc le pouvoir qui arrange ce travail d'ensemble, cette attraction mutuelle et cette influence mutuelle? Pourquoi des éléments divers en quantité précise et dans des conditions spécifiques viennent ensemble pour produire l'effet recherché?
Si vous prenez une poignée de caractères d'imprimerie, que vous les mettez dans une boule et que vous les mélangez bien pour les jeter ensuite sur une surface propre, quelle est la probabilité pour que ces caractères se disposent de manière à constituer ensemble tout un poème d'un célèbre poète? Naturellement une telle probabilité est pratiquement nulle.
Ou bien encore, placez une machine à écrire devant un enfant de deux ans et laissez-la appuyer sur les touches avec ses petite doigts. Après qu'il aura joué pendant une demi-heure avec le clavier, vérifiez s'il a tapé un extrait d'un traité philosophique d'Avicenne en arabe. Qu'une telle proposition est extravagante! Est-ce là une conception rationnelle que d'envisager même une telle possibilité?
Il a été dit que la probabilité de la combinaison accidentelle de la matière première et des conditions qui précèdent la venue à l'existence d'une cellule vivante est égale à 10-16.
Selon un scientifique, la probabilité de l'existence accidentelle de la chaîne matérielle nécessaire à la venue à l'existence d'une simple particule de protoplasme est égale à 10-48.
Donc, il est évident que tous ces changements et le développement du "devenir" sont gouvernés par des lois scientifiques précises et bien calculées et résultent de la combinaison d'éléments divers et de conditions précises. La science a rendu un grand service en découvrant que rien n'est accidentel ni fortuit.
6. La cause du "devenir" est-elle une contradiction?
Selon la théorie du matérialisme dialectique, toute chose matérielle porte en elle le germe de sa mort ou un germe de contradiction interne qui conduit à sa destruction. En tout cas, du coeur même de la mort naît une nouvelle vie.
En d'autres mots, dès qu'une idée, un incident ou toute thèse vient à l'existence, elle suscite une opposition à elle-même de l'intérieur d'elle-même. Cette opposition est appelée anti-thèse. Plus tard, à la suite d'une lutte entre les deux (la thèse et l'anti-thèse) une synthèse ayant une forme plus développée, naît d'elle.
Ainsi, la cause fondamentale du développement de toute chose réside en elle-même et non pas en dehors. Cette cause est la nature contradictoire de toute chose et de tout phénomène, et c'est elle qui produit tout mouvement et toutes les contradictions. Dans les règnes végétal et animal, tous les développements naturels sont produits essentiellement par des contradictions internes. La même cause s'applique à tous les autres développements du monde.
Ainsi, chaque chose sort d'une matière, et le facteur causant son développement réside en elle-même. Toute chose est accompagnée de contradiction et de conflit qui tendent toujours à l'évolution.
Maintenant, voyons si la matière peut réellement avoir tout ce pouvoir? A quel point cette théorie est-elle scientifique et jusqu'à quel point est-elle corroborée par des expériences très approfondies? Ce principe est-il réellement universel? Chaque changement et chaque développement tendent-ils réellement à l'évolution, ou bien y a-t-il des cas dans lesquels ce principe n'est pas applicable? La contradiction est-elle toujours le facteur principal qui explique ce mouvement, ou bien les forces d'attraction et de cohésion jouent-elles aussi un rôle dans beaucoup de cas?
Nous allons répondre à ces questions au cours de nos prochaines explications.
Lorsque la science moderne discute de différents systèmes organiques et inorganiques composés de groupes qui comportent des éléments matériels homogènes, elle les place dans dix classes ou niveaux ascendants et les divise en systèmes ouverts et fermés. Elle constate que:
Seuls les systèmes ouverts peuvent, dans certaines circonstances spécifiques, maintenir leur capacité d'auto-préservation, de propagation et d'évolution. Un système ouvert est un groupe de choses qui comportent un chaînon de conversion en d'autres choses. Par exemple, il assimile la nourriture et l'énergie et évacue ce qui est superflu ou nuisible.
Mais les systèmes fermés à petite capacité de conversion et de propagation ne peuvent rien faire à part eux-mêmes. Il est important de noter que les systèmes fermés ne produisent normalement aucun changement automatique, et même s'ils ont une vie et un mouvement, le changement qui se produit en eux est accompagné de leur décadence et ils percent leur énergie effective et leur efficacité.
Accessoirement, seuls les systèmes comprenant des éléments vivants et ayant une finalité peuvent avoir un changement évolutif tendant à accroître leur disposition à la formation et leur efficacité tendant à leur expansion.
Aucune matière simple ou composée, ni aucun système fermé, ne peuvent se former sans aide extérieure. D'une façon similaire, aucune collection de diverges sorts de matière, ni aucun groupe de systèmes, n'ont le pouvoir de créer et de diriger une automaticité méthodique bien ordonnée et un arrangement ou un système évolutif. Pour cette raison, toute sorte de matière exige individuellement et collectivement quelque contact ou aide extérieurs.
Comme il est évident maintenant qu'un tel arrangement ne peut émerger automatiquement de l'intérieur de la matière, nous devons chercher un facteur extérieur pour expliquer son existence, et comme nous savons que l'arrangement existent est bien calculé et méthodique, ce facteur-là doit avoir une conscience et une volonté de le créer.
La contradiction ou l'attraction et la cohésion?
Il est vrai que dans beaucoup de cas de changements sociaux, la série dialectique de thèse, anti-thèse et synthèse est clairement observable, et qu'un ordre nouveau émerge conséquemment à la contradiction. En d'autres termes, dans de tels cas, le changement et l'évolution du système social sont dus à la contradiction. Nous traiterons de ce sujet d'une façon plus poussée lorsque nous aborderons la philosophie de l'histoire. En tout cas, cette relation entre la société et la contradiction n'est pas applicable à tous les autres cas dans le cosmos et elle n'est ni universelle ni constante dans le cas de la société.
Si nous considérons attentivement les phénomènes du monde et les étudions scientifiquement au lieu de nous adonner à des fantaisies poétiques, nous trouverons qu'il y a de nombreux cas où prévalent une tendance toute autre, et une loi totalement différente. Considérons par exemple les cas suivants:
Les phénomènes physiques et mécaniques, tels que l'échauffement et l'expansion des corps, la fonte, l'évaporation, le passage du courant électrique, la communication des sons, le mouvement des corps, le changement réactif des formes, etc... tous sont dus à l'action de certains types d'énergie et ne sont pas le résultat de l'établissement de la chaîne dialectique.
Dans le cas des actions et réactions chimiques, nous trouvons souvent que deux éléments ou plus s'unissent par l'action de l'énergie, mais qu'aucun d'eux ne surgit de l'autre.
Dans certains autres cas ce qui se produit c'est l'éclatement qui est le contraire de la synthèse. Accessoirement quelques corps en action et réaction tendent à se combiner et n'ont pas de contradiction. Dans le domaine de la vie, nous trouvons, bien sûr, trois stades consécutifs: la naissance, la maturité et la mort, mais là aussi nous trouvons une différence fondamentale. Tout d'abord, la reproduction ou la naissance (antithèse) à partir (de l'intérieur) de la thèse n'est pas possible sans l'intervention d'une autre thèse (le mâle). En d'autres termes, la création d'une chaîne monophasée intérieure n'est pas possible. Deuxièmement, la combinaison de deux thèses se produit à travers l'attraction et l'affection et non pas à la suite de la contradiction et de la lutte. Troisièmement, entre mère et enfant, ou thèse et antithèse, il existe une relation d'octroi de vie et de sacrifice au lieu d'opposition et de destruction.
Lorsque nous approfondissons la matière qui forme le cosmos, nous trouvons une grande bousculade et un remue-ménage d'électrons et de noyaux mais nous ne trouvons pas de trace du mouvement à trois phases de thèse, antithèse et synthèse. Par contre nous trouvons des atomes ou des particules tournant les uns autour des autres. Seulement, lorsqu'ils sont bombardés par d'autres atomes de l'extérieur, ils éclatent parfois et se convertissent en nouveaux atomes.
Par conséquent, la règle de la lutte entre la thèse et l'antithèse et leur synthèse subséquente n'est pas universelle ni applicable à tous les cas. La face dynamique du monde est en fait façonnée aussi bien par l'impact mutuel des éléments ou des molécules que par d'autres facteurs en communication réciproque. Leur impact est à l'origine d'événements tels que la mise en mouvement des choses, leur combinaison, leur éclatement, leur échange et même leur désintégration, dans de circonstances exceptionnelles.
Au lieu de la loi générale de la naissance, de la lutte et de la combinaison, il y a une chose plus générale qui est la venue ensemble, la combinaison et la naissance.
Notre monde est celui de l'union, où les choses viennent ensemble, soit pour se combiner, soit pour se dissoudre. Il n'est pas celui d'entités donnant naissance à des contradictions.
En tout cas, l'idée n'est pas que nous devrions croire en Allah tout simplement parce que la loi dialectique n'est ni universelle ni à cent pour cent scientifique, ni que s'il n'y a pas d'objection scientifique qui puisse être émise à l'encontre des principes dialectiques, ceux-ci devraient prendre la place de Dieu. Ce n'est point comme cela qu'on doit raisonner, car:
Primo, nous savons que Hegel, le fondateur et l'inspirateur de la philosophie dialectique au siècle dernier, était un homme qui croyait lui-même en Dieu et qu'il est arrivé, par ses propres théories, à la conclusion que le monde n'a ni volonté absolue ni conscience.
Secundo, même si les principes dialectiques étaient présumés corrects et à l'abri de toute objection scientifique, cela signifierait seulement que nous aurions tout juste découvert une autre loi du développement et de l'évolution de la nature et de la société. La découverte des lois naturelles ne signifie pas que nous n'ayons plus besoin de législateur et de dessinateur de la nature. La force qui aurait produit à travers le pouvoir de contradiction, des milliards de galaxies et d'autres phénomènes merveilleux à partir de la matière, serait en elle-même, un signe de l'existence d'une guidance instruite et d'une conscience sage, qui aurait mis dans la matière le pouvoir de créer un tel arrangement méthodique, et qui aurait été à l'origine d'un monde si bien calculé.
L'Islam considère ce monde avec toute sa grandeur, son étendue, ses merveilles, et toutes les corrélations entre ses divers phénomènes, comme une réalité homogène dépendante d'une autre réalité qui est indépendante, souveraine et suprême. Nous appelons cette réalité indépendante, Allah. Comme toutes autres réalités imperceptibles, IL est reconnu par Ses signes perceptibles. C'est à travers ces signes que nous obtenons sur Lui une connaissance appréciable et utile.
Le Coran, qui est la source fondamentale de la connaissance de la vision islamique du monde, mentionne à maintes reprises les signes d'Allah et demande aux hommes d'y penser, et de connaître à travers eux la source de l'existence qu'est Allah. Pour certaines gens, la considération de ces signes est une question simple et naturelle. Cette considération est à même de les convaincre totalement de l'existence d'Allah. Ils peuvent ainsi LE voir non pas avec leurs yeux, mais avec leur perspicacité intérieure. Mais pour d'autres hommes, ladite considération n'est pas simple, parce qu'ils sont accoutumés à d'interminables raisonnements et analyses au cours desquels ils se sentent parfois fatigués des arguments contraires et compliqués et ne parviennent pas à une conclusion définitive, alors que d'autres continuent calmement jusqu'à ce qu'ils parviennent à un résultat clair.
Pour aider et guider chacune de ces deux catégories de gens, nous proposons de mentionner quelques formes de reconnaissance d'Allah à travers Ses Signes.
1. Le Phénomène et Son Producteur
Supposons que vous fassiez une promenade à bicyclette. Les roues de celle-ci tournent rapidement et vous permettent de vous mouvoir. Est-ce que les roue se mettent automatiquement en mouvement? Bien sûr que non. C'est le mouvement de la roue dentée disposée dans la roue arrière de la bicyclette qui la pousse en avant. Mais est-ce que la roue dentée se met en mouvement toute seule? La réponse est là aussi négative. C'est la pression du mouvement de la chaîne qui met la roue dentée en mouvement. Ce mécanisme est lui-même mis en oeuvre par la pression de vos pieds sur les pédales. Les muscles de vos pieds reçoivent un signal du cerveau. Le signal est transmis par votre cerveau à cause de votre vif désir de faire une promenade. Ce désir peut être dû à une lassitude, un surmenage, ou à votre vivacité et votre soif de réjouissance. La lassitude ou la vivacité doivent avoir, comme tous les autres états psychologiques, une cause qu'on peut trouver avec un peu d'effort.
Cet exemple, comme bien d'autres dans la vie courante, montre que chaque fois que l'homme rencontre un phénomène, son esprit en cherche la cause, car il croit que chaque chose a une cause. En fait, la doctrine de la causalité est à la source de toutes les sortes d'enquêtes et de toutes les recherches scientifiques. L'adhésion de l'homme à cette doctrine s'est renforcée avec le progrès de la science et de l'industrie. Un physicien, un anthropologue ou un sociologue s'efforcent de découvrir la cause de chaque événement, uniquement parce qu'ils ne peuvent croire que quelque chose de physique ou de social puisse arriver spontanément et sans l'intervention d'une cause. Pour aboutir à la cause correcte, ils recourent à des centaines d'expériences et entreprennent des études et des analyses. Si toutes leurs études et expérimentations aboutissent à un résultat négatif, ils les poursuivent pourtant, mais sur la base d'une nouvelle théorie, et ils ne cessent pas leurs efforts jusqu'à la fin de leur vie, à moins qu'ils ne parviennent à des résultats positifs avant. S'ils meurent, d'autres scientifiques poursuivent leurs travaux inachevés dans l'espoir de trouver la ou les causes en question, mais ils ne se permettent jamais de croire ou de supposer qu'une chose puisse venir à l'existence sans cause.
A ce propos, on doit garder présent à i'esprit que nous ne nous efforçons pas de découvrir la cause d'une chose qui existe déjà comme une pure réalité. Nous nous efforçons de découvrir l'origine et la cause d'une chose seulement lorsque nous remarquons que c'est un phénomène, c'est-à-dire quelque chose qui n'a pas existé avant et qui existe maintenant.
Si nous réfléchissons sur ce point d'une façon adéquate nous découvrirons que dès que notre esprit examine une réalité, il ne se pose pas la question de savoir si celle-ci devrait avoir ou non une cause. Il la considère tout d'abord pour vérifier si elle est ou non un phénomène, c'est-à-dire si elle était existante ou inexistante auparavant. Au cas où il s'agit d'un phénomène, en ce monde là seulement, notre esprit décide qu'il doit y avoir une cause qui lui a donné naissance. Donc tout ce qui existe n'exige pas forcément une cause. Seul un phénomène en nécessite une.
Notre monde est plein de phénomènes, c'est-à-dire de choses qui n'existaient pas à un certain moment, mais qui existent maintenant, et de choses qui n'existent pas, et qui vont venir à l'existence. Chaque phénomène doit avoir son ou ses producteurs. Si ce producteur est un auto-existent, éternel, et non pas lui-même un phénomène, alors tout le problème est résolu et on n'a pas besoin de poser encore d'autres questions. Mais si le producteur est lui aussi un phénomène, il doit avoir alors naturellement un producteur qui lui est propre.
La recherche du producteur doit donc continuer jusqu'à ce que nous parvenions à une réalité qui ne soit pas elle-même un phénomène. Une telle réalité sera éternelle et indépendante de toute cause.
Notre monde étant un monde de phénomènes, il est un signe clair de l'existence d'un être omnipotent et omniscient qui l'a produit. Donc un homme réfléchi et curieux trouve par ce processus une preuve déterminante de l'existence d'Allah.
2. L'harmonie des choses existantes
Si nous regardons attentivement les choses existantes au tour de nous, nous remarquons leur harmonie, et leurs corrélations sujettes à un ordre si déterminé, qu'il attire l'attention de l'homme sur son premier vrai contact avec la nature. Le progrès des sciences physiques a rendu l'homme capable d'avoir une meilleure connaissance de ce système puissant, un système qui prévaut aussi bien dans les plus minuscules ingrédients que dans des éléments infiniment plus grands, aussi bien dans l'atome que dans les galaxies proches ou lointaines, dont certaines sont distantes de nous de 350 millions d'années-lumière(1).
Le plus merveilleux est le cas du système qui prévaut dans les organismes vivants, depuis les êtres unicellulaires jusqu'aux animaux les plus développés, l'homme notamment. Vous avez dû lire beaucoup sur ces choses, dans vos livres de science au cours de votre scolarité. Maintenant, réétudiez ces choses-là, non dans le but de répondre à la question de l'instituteur et d'obtenir de bonnes notes, ni même avec l'intention de les appliquer dans les laboratoires et les usines, mais en vue de faire connaissance vous-même au plus haut degré possible avec le système qui domine le monde. Lorsque vous vous serez rafraîchi la mémoire, réfléchissez alors à la question attentivement. Ce vaste système élaboré n'est-il pas un signe déterminant de l'existence d'un être omnipotent, son producteur?
De nombreux scientifiques, qui ont joué un rôle important dans la découverte des secrets de ce système, ont entendu leur voix intérieure leur dire que ces énormes produits mystérieux sont le signe d'un grand créateur, Allah, qui est plus grand que toute chose et qui est trop grand pour être décrit.
3. L'adéquation de deux choses non coexistantes
Dans ce monde, nous rencontrons de temps en temps des choses adaptées l'une de l'autre mais non coexistantes. Par exemple, nous constatons la satisfaction des besoins d'une chose par une autre chose qui était venue à l'existence préalablement, comme si cette dernière avait été gardée en vue des besoin de la première. Un exemple facilement compréhensible de cette situation est l'adéquation qu'on trouve entre les parents et l'enfant. Ainsi immédiatement après le début de la grossesse d'une femme, ou dans notre cas de toute femelle mammifère, ses glandes lactifères se préparent tranquillement, sous l'influence d'hormones particulières, à nourrir le nouveau-né. Au moment de la naissance, sa nourriture est normalement déjà disponible. Cette nourriture est parfaitement adaptée au système digestif et aux besoins alimentaires de l'enfant, et elle est stockée dans un réceptacle approprié - le sein de la mère - qui a été muni, un an avant la naissance, d'un mamelon à trous minuscules servant à faciliter l'allaitement.
Il est à noter que nous ne parlons pas là de l'influence réciproque de deux choses existantes. Ici nous nous intéressons seulement aux cas où la satisfaction des besoins d'une chose à venir un jour à l'existence a été assurée dans la structure d'une autre qui était venue à l'existence beaucoup plus tôt. Il n'y a pas de doute que c'est une sorte de prévision accompagnée d'un plan préalable, et par suite, elle constitue une preuve évidente du fait que toutes ces merveilles sont l'oeuvre d'une conscience puissante.
Vous ne pouvez pas imaginer, par exemple, que le sac que vous portez à la main ait pu venir à l'existence tout simplement à la suite d'une série d'actions et réactions inconscientes sans qu'aucun facteur conscient n'y soit impliqué. Montrez votre sac à main à un penseur matérialiste et dites-lui que bien que normalement un sac à main soit fait par un artisan ou un ouvrier à l'aide d'une machine, ce sac particulier a été fait exceptionnellement sous l'influence de facteurs purement naturels et sans l'intervention d'aucun travailleur conscient, et puis observez sa réaction. Si ce n'est pas en votre présence, ce sera sûrement en votre absence qu'il dire qu'un tel m'a raconté des bêtises.
Le penseur matérialiste n'acceptera pas qu'il y ait même une chance sur un milliard qu'un sac dont les parties sont coupées à des dimensions précises, puis cousues de façon à devenir le sac en question, ait pu venir à l'existence purement sous l'influence de facteurs naturels inconscients. En d'autres termes, il a la certitude de l'intervention active d'une conscience constructive dans la fabrication du sac. Il rejette totalement la théorie qui voudrait qu'un sac puisse être fait exceptionnellement à la suite tout simplement d'un concours de circonstances naturelles. Dans son esprit, une telle idée est non scientifique et ne mérite aucune prise en considération. Si nous considérons cette idée selon le critère de la science expérimentale, là encore nous arrivons à la même conclusion. L'expérience sur une longue période a prouvé que l'homme a plus de force créative que toute autre chose existante, et que la raison de ce trait distinctif tient uniquement à sa conscience développée, sa connaissance et son originalité et à aucun autre aspect de sa vie. De là, on peut conclure qu'il existe une relation fondamentale entre la conscience et la créativité. C'est pourquoi, la théorie qui affirme que ce système merveilleux de la création est la création d'une conscience puissante est plus plausible et plus en accord avec la science expérimentale que la théorie matérialiste selon laquelle la matière est l'origine de toutes ces merveilles.
4. La marche vers une perfection illimitée
Après des années d'observation, d'expérimentation et d'études soutenues, un grand nombre de chercheurs sont parvenus à la conclusion que l'univers sans la croyance en l'existence d'Allah est une proposition insensée. Ils disent qu'en approfondissant l'étude de l'univers ils ont mieux réalisé que le monde est constamment en mouvement dans une direction déterminée. En somme, on peut dire qu'il est en marche constante vers la perfection et ne s'arrête à aucun des stades de l'évolution. Il semble qu'il ait un but ou une destination, et que ce but n'est rien d'autre que la perfection illimitée.
Tel est le seul but proportionné au mouvement évolutif. On peut dire que la perfection illimitée est un puissant pôle magnétique qui attire toutes choses vers lui. Sans lui, il n'y aurait aucun mouvement.
Cette méthode de cognition d'Allah a une longue et intéressante histoire. Outre les travaux de philosophes et de mystiques, il existe des écrits intéressants de nombreux scientifiques, et spécialement d'astronomes, de physiciens, de biologistes, de psychologues et de sociologues sur ce sujet.
La meilleure source de connaissance des opinions, d'éminents savant sur ce sujet est constituée des livres généraux d'histoire de la philosophie et d'histoire de la science. Mais comme nous ne voulons être influencés par les idées d'aucune personne en particulier, nous évitons de citer leurs points de vue.
Nous connaissons de nombreux jeunes gens, aussi bien de l'est que de l'ouest, qui avaient fait de vastes études en sciences physiques, et qui ont réalisé à la lumière de ces études que sans la reconnaissance d'un Seigneur Omniscient et Tout-Puissant qui a créé l'univers et qui administre ses affaires, tout le système du monde apparaît comme insensé et absurde.
Tout phénomène exige un producteur. La chaîne de producteurs remonte jusqu'à ce que nous arrivions à un producteur indépendant et Tout-Puissant.
Tout l'univers est en mouvement et en marche vers l'avant. Ce mouvement doit avoir un but.
Il y a des signes clairs de l'Existence d'Allah. Ils nous informent sur Lui, mais non avec des mots. C'est la raison pour laquelle ce qu'ils expriment peut ne pas être intelligible pour beaucoup, et ne pas leur donner satisfaction. Nous conseillons à de telles personnel de chercher directement ces signes éloquents qui nous parlent dans notre propre langage. Ces signes éloquents sont les prophètes. Pour ceux qui sont convaincus de l'authenticité de leur prophétie après avoir étudié suffisamment ce sujet, les Prophètes deviennent automatiquement les signes naturels et éloquents de l'Existence d'Allah. Comme tout prophète proclame qu'il a des contacts avec Allah par la voie de la Révélation, et dit qu'il a été affecté par Lui à la Guidance des gens, nous devons, en premier lieu, examiner ce que ces prophètes revendiquent, revendication trop importante et extraordinaire pour être prise pour argent comptant.
Nombreux furent ceux qui se proclamèrent prophètes mais qui, dès qu'ils rencontrèrent des difficultés, avouèrent ouvertement qu'ils étaient de faux prétendants.
Donc, lorsque nous rencontrons une personne qui se prétend prophète, nous devons examiner soigneusement ses prétentions et ne les accepter que lorsqu'elles auront été totalement prouvées. En tout cas, une fois que nous reconnaissons la véracité de la proclamation d'une personne qui se prétend prophète, nous avons à reconnaître automatiquement l'existence d'Allah.
Le moyen le plus naturel d'examiner une telle proclamation est d'étudier la vie du prétendant et de voir quelle sorte d'homme il est. Dans quelle mesure il était digne de confiance pendant la période antérieure à sa proclamation. Est- il un imposteur qui veut s'imposer aux gens, ou un égoïste qui a choisi ce moyen convenable pour acquérir fortune et honneurs? Ou bien est-il un homme intègre dont la personnalité est au-dessus de tout soupçon? Il faut considérer aussi sa sensibilité et sa sagacité. Il ne doit pas s'agir d'un naïf qui peut être dupé par d'autres, ni un visionnaire qui peut être conduit par sa propre fantaisie à se croire prophète. Il doit être un homme doté non seulement du sens commun, mais aussi d'un grand pouvoir de diriger et d'une capacité naturelle à accomplir de grandes actions.
Normalement tout le monde peut connaître intimement une personne en l'intégrité et la pureté de laquelle il a pleinement confiance. Cette confiance se développe à la suite d'une étude intime de la vie et du caractère de cette personne pendant longtemps. Il se peut qu'il y ait des gens qui n'aient pas rencontré personnellement de telles personnel, mais qui soient convaincus de leur droiture et de leur honorabilité après une enquête complète.
La proclamation, par les prophètes de leur contact avec une source immatérielle et imperceptible par la voie de la Révélation, étant quelque chose d'extraordinaire, certaines gens, tout en admettant l'intégrité, la droiture, la sincérité et la sagacité de tels prétendants, demeurent sceptiques quant à leur prophétie.
Ces gens exigent quelques signes spéciaux pour avoir la preuve du contact du prophète avec la source immatérielle. Ils attendent du prophète qu'il fasse des choses qu'il n'est pas possible à un être humain de faire et qu'une raison naturelle et normale ne peut pas s'expliquer. En d'autres termes, ils désirent que le prophète produise un miracle. Un ou deux miracles leur donnent une satisfaction totale qu'on ne peut pas obtenir par d'autres moyens. En tout cas, il y a certaines gens qui considèrent les miracles comme une simple jonglerie et n'en sont guère satisfaits.
A la lumière de tous ces aspects de la question, nous insistons, une fois de plus, sur le fait que le meilleur moyen d'identifier un prophète, pour ceux qui peuvent le faire, est d'étudier sa personnalité, ses antécédents, ses buts et ses réalisations.
Une telle étude complète est la meilleure façon de s'assurer que le prétendant est un vrai prophète qui a la faveur de la Révélation divine, et non un simple génie qui prétend être un prophète, ou un illusionniste qui a fait cette proclamation uniquement pour se grandir, ou bien, une personne anormale souffrant d'hallucinations. En tout état de cause, tout ce que le prophète revendique est qu'il est un être humain comme les autres, qu'il mange et boit comme eux et qu'il mène une vie humaine normale. Mais il a éprouvé un grand changement en lui-même - une transition soudaine, ou selon la terminologie des prophètes eux-mêmes, ils ont été dotés d'un Don divin. Il sait bien que cette transition est venue d'Allah et que toute l'excellence extraordinaire qui se trouve en lui et dans ses enseignements est due à cette transition, ou Don divin.
Si vous étudiez soigneusement, d'après des sources authentiques, la biographie du Prophète de l'Islam, depuis sa naissance jusqu'à sa prophétie, et depuis cette époque-là jusqu'à sa mort, vous trouverez un exemple clair de cette transition qui est en elle-même un signe éloquent de l'Existence d'Allah.
Toute chose dans chaque étape est Son Signe
Certaines gens semblent être d'avis qu'Allah doit être recherché seulement dans le début de la création. Le point sur lequel ils fondent cette discussion de théologie naturelle est: Comment commença ce monde? D'où est originaire la matière première du cosmos? Comment la première cellule vivante vint-elle à l'existence? Comment le premier homme apparut-il? Ils concentrent leur attention sur ces questions comme si l'homme qui est né aujourd'hui ne pouvait pas conduire à la croyance en l'existence d'Allah, ou comme si les millions et millions d'organismes vivants qui apparaissent à chaque instant n'étaient pas un signe de Son existence, et enfin comme s'ils n'avaient d'autre alternative que d'aller à l'origine de la vie ou à la genèse du cosmos pour acquérir la connaissance d'Allah.
La méthode coranique de théologie naturelle est tout à fait à l'opposé de cette manière de raisonner. Le Coran considère tous les cas ordinaires de naissance, de mort, de croissance des plantes, de mouvement de l'air et des nuages, de lever du soleil et de rotation des étoiles, comme des signes vivants et manifestes de l'Existence, de la Puissance et de la Sagesse d'Allah.
Chaque arrangement qui existe dans la plus petite portion du protoplasme, ou dans la molécule d'un corps, ou le coeur d'un atome, conduit à la connaissance d'Allah.
C'est pourquoi, que le problème de la matière première du cosmos ou la genèse de la vie demeure irrésolu, ou qu'on ait trouvé le moyen matériel de le résoudre, cela ne change en rien le fait que la preuve de l'existence d'Allah et de Sa sublime sagesse est visible partout dans le monde et dans tous les changements qui s'y produisent.
Il y a des gens qui pensent que seulement les cas exceptionnels, ou les caprices de la nature, peuvent être cités comme la preuve de Son existence. Si des milliers de malades guérissent à la suite d'un traitement normal, ils ne pensent pas à Allah. Ils s'en souviennent seulement lorsqu'un cas difficile est guéri à la suite de prières et de bénédictions. Ils semblent croire que le traitement médical, les caractéristiques et les effets des herbes ou les compositions chimiques ne sont pas des signes d'Allah.
Si des inondations ou un tremblement de terre provoquent une catastrophe, ils parlent d'Allah, mais ils ne voient aucun signe de Lui dans les pluies normales, l'écoulement des fleuves, la croissance des plantes, le mouvement des galaxies et les milliers d'autres phénomènes normaux auxquels ils se sont accoutumés.
Il y a d'autres gens qui, tant qu'ils ne savaient pas pourquoi il pleut, quelle est la cause du tonnerre, de l'éclair et des tremblements de terre, et quelle est celle des maladies, croyaient qu'Allah était la cause de toutes ces choses.
Mais maintenant que la science a fait quelque progrès, a fourni une réponse à nombre de questions et expliqué beaucoup de relations, leur rempart se trouve démoli et leur façon de connaître Allah, caduque. Ils se trouvent donc à présent à la croisée de deux chemins: soit ils doivent s'opposer au progrès scientifique et renier les découvertes et les lois scientifiques, pour ne pas renoncer à leur croyance religieuse, soit ils doivent chercher un autre rempart et essayer de nouveau de prouver l'existence d'Allah en s'appuyant sur les questions qui sont encore à résoudre.
Cette façon erronée de penser est totalement contraire à la méthode du Coran. Dans certains cas elle a même opposé la science moderne à la religion et a donné l'impression que les croyances religieuses ne peuvent s'épanouir que dans les ténèbres de l'ignorance. A l'en croire, on pourrait présumer qu'en progressant encore plus, la science réduirait la religion même dans son propre domaine.
Au contraire, le Coran guide les gens vers Allah en les encourageant à apprendre, à penser, à faire des investigations, et à réfléchir, et il proclame expressément que les phénomènes naturels sont gouvernés par un système bien planifié. Le Coran dit que toute chose a sa propre loi et qu'il est dû devoir des gens d'étudier la nature et de découvrir les causes des différents événements. C'est comme cela qu'il inculque la croyance en Allah dans leurs curs. Le Coran déclare que la soumission à Allah est le résultat du savoir et non pas de l'ignorance.
Selon le mode de penser coranique, la tendance des gens à croire en Allah n'est pas due à leur ignorance, avec l'idée que la science pourrait gêner leur croyance; au contraire, la science facilite leur voyage vers Allah. La religion encourage l'investigation scientifique, et celle-ci à son tour conduit à la croyance religieuse.
Un monde en changement perpétuel a-t-il une finalité?
Nous avons dit que par sa nature le monde est en changement et en transformation, depuis l'atome jusqu'à la galaxie, et que toutes les choses sont en mouvement et dans le stade du "devenir". Etre statique et en repos est impossible.
La science a découvert, dans une certaine mesure, les causes de ce mouvement, mais elle n'a pas donné une réponse claire à la question de savoir pourquoi ce monde est si constamment en changement et en "devenir".
En quelle direction se meut ce monde? Quel est son but, et pour quoi faire?
Il faut comprendre que le point de vue de l'homme concernant le mouvement général du monde affecte directement sa vision du but de sa vie et la direction de ses efforts.
Concernant la réponse à la question ci-dessus, trois théories méritent d'être prises en considération:
1. L'absence du but: Selon cette théorie, le développement du monde n'a ni but ni finalité et ne peut être interprété d'une façon sensible. Toutes les choses sont entourées de mystère et d'absurdité.
Cette approche est applicable non seulement au mouvement général du monde, mais aussi à la naissance de l'homme, à ses actions et à ses efforts. D'après cette théorie, connue sous la dénomination de "nihilisme", la vie de l'homme est dénuée de sens.
De nos jours, l'idée selon laquelle le monde n'a pas de sens et de valeur devient la doctrine fondamentale de nombreuses écoles philosophiques et sociales.
En réalité, cette situation est plus ou moins la conséquence de la réaction aux conditions vécues de nos jours par l'humanité dans les sociétés.
L'homme de l'ère de la machine est devenu un otage des grands rouages industriels et il est fatigué des règles, des règlements et de la discipline que lui impose le respect de la machine et de la production mécanique. Il se voit captif entre les mains des exploiteurs, et semblable à un objet sans volonté ni personnalité. Toute procédure qu'on lui prescrit n'est en réalité qu'une étape vers son apprivoisement et son incitation à servir les intérêts des autres.
L'homme en a assez de toutes ces restrictions, de ces rituels non nécessaires et de ces règlements durs et secs. Il est déconcerté par les slogans dont le nourrissent les divers média publicitaires, et se voit coincé dans une variété de pièges. C'est pourquoi il rejette tout et déclare que toutes les valeurs ont perdu leur mérite et que toutes les choses sont futiles et sans fondement. Il veut écarter toute loi et tout principe qui lui sont imposés. Même les règles conventionnelles d'habillement, de nourriture, de choix d'une profession et d'un logement, et de visite aux gens deviennent insupportable pour lui, et il a envie de s'en débarrasser.
Le nihilisme ne peut pas être critiqué tant qu'il est une révolte contre les règles insensées qu'on impose au nom des nécessités et des principes. Mais au-delà de cette limite, la question est tout à fait différente.
Certaines gens considèrent le monde entier comme étant sans valeur, et la vie comme étant absurde. Ils ne voient aucun charme à la vie.
Ils ont une opinion défavorable de toutes choses. Ils s'enfoncent dans le découragement et vivent dans le désespoir. Le meilleur remède auquel ils pensent pour se sortir de cette situation, c'est vivre une vie de renonciation et parfois même, se suicider.
Ce mode de penser est la plus grande calamité pour l'humanité. Il équivaut à la perte, chez l'homme, du sentiment de sa propre utilité, et à la chute dans la dégradation.
En tout cas, pour certaines gens, même le nihilisme peut servir un but utile. Il peut devenir un tremplin pour rejoindre le Droit Chemin et trouver le but correct de la vie. En réalité, si le rejet des valeurs existantes mène à la découverte de valeurs authentiques, et si le reniement des règles qui ont réduit l'homme au néant est suivi d'efforts constructifs en vue de trouver la voie correcte de la vie, le rejet destructif peut aplanir la voie menant à l'obtention de résultats positifs.
Dans le cas de la vision islamique unicitaire du monde, nous traversons aussi deux étapes.
L'une est le rejet de toutes les fausses déités et la destruction de toutes les idoles, l'autre est la reconnaissance d'Allah.
2. L'évolution naturelle de l'intérieur de la matière: Selon cette théorie, le mouvement de l'univers aspire à l'évolution; évolution purement naturelle, bien sûr.
En d'autres termes, depuis son tout début le monde, de par sa nature même, évolue matériellement.
Cette explication de l'évolution se heurte à beaucoup de difficulté sous divers angles:
a) Du point de vue scientifique, le cosmos vieillit progressivement et perd son énergie. Cette situation ne peut changer, à moins que nous ne supposions que les atomes de la matière morte et éparpillée connaissent une nouvelle vie à la suite d'une grande explosion. Comme la possibilité d'une telle explosion est purement hypothétique, il n'est pas possible d'envisager ses conséquences.
b) Lors de notre discussion sur les systèmes ouverts et fermés, il est apparu que l'intervention d'un facteur extérieur était inévitable pour assurer l'évolution du monde entier, et qu'une telle intervention ne peut être purement matérielle si elle est faite par un facteur autre que la matière.
3. Le mouvement vers une perfection absolue: Selon cette théorie, le mouvement du monde tend à une évolution spirituelle et à un avancement vers Allah. L'homme commence son voyage évolutif depuis le domaine matériel pour l'achever auprès d'Allah. Le Coran dit:
«Nous n'avons pas créé les Cieux, la Terre et tout ce qui est entre les deux, par jeu. Nous les avons créés dans un but, bien que la plupart des gens l'ignorent. (Ils ne sont pas conscients de l'importance du monde, de sa rationalité et de son système)». (Sourate al-Dokhân, 44: 38-39)
«Tout ce qui est dans les Cieux et la Terre appartient à Allah, et toutes choses reviennent à Lui». (Sourate Ale 'Imrân, 3: 109)
«La souveraineté des Cieux, de la Terre et de tout ce qu'il y a entre eux appartient à Allah. Tout reviendra à Lui». (Sourate al-Mâ'idah, 5: 18)
«O l'homme! Tu te diriges laborieusement vers ton Seigneur et tu LE rencontreras». (Sourate al-Inchiqâq, 84: 6)
Ainsi le monde physique apparaît, sur cette base, de par sa nature, un monde en lui-même le germe d'une tendance évolutive. A partir de chose simples viennent à l'être des choses plus complexes et plus parfaites d'une manière spéciale, et elles rendent graduellement plus colorée la grande toile de la nature. Ce processus se poursuit et les choses vivantes viennent à l'existence.
Avec un peu plus de développement, l'homme apparaît sur la scène. Il est un être matériel, mais, il possède un esprit divin et, grâce au mouvement évolutif, il peut se doter des attributs divine.
Nous jetterons plus de lumière sur ce processus de développement et d'évolution lors de nos prochaines discussions.
Le monothéisme signifie la croyance en l'unicité d'Allah à tous les égards. IL est Un. IL est le Seul Créateur. IL est le Seul à diriger le monde. IL est le Seul à mériter le culte et l'adoration. IL est Unique sous beaucoup d'autres aspects.
Beaucoup de versets du Coran insistent sur l'Unicité d'Allah concernant la création, le commandement (la direction du monde) et le culte. Ils attirent tout d'abord l'attention de l'homme sur le fait qu'Allah est le Seul Créateur du monde. IL est le Seul à avoir une autorité souveraine sur lui. Ils tirent en suite la conclusion qu'IL est le Seul à mériter le culte.
Il apparaît d'après le Coran que beaucoup d'arabes païens croyaient ou étaient enclins à croire à l'Unicité d'Allah concernant la création et le commandement le Saint Coran dit:
«Si tu leur avais demandé: "Qui a créé les Cieux et la Terre et qui a assujetti le Soleil et la Lune?", ils auraient sûrement répondu: "C'est Allah." Pourquoi, alors, sont-ils aussi stupides?» (Sourate al-'Ankabout, 29: 61)
Le Coran cite comme preuve de l'Unicité du Créateur du monde, le système harmonieux de ce dernier, bien bâti et unique. Il veut que nous pensions à la cohérence et au caractère universel de ce système, pour être sûrs qu'il a été conçu et qu'il est dirigé par Un Etre Suprême. C'est de cette façon que nous arrivons à l'Unicité concernant la création et le commandement. Le Coran dit: «Votre Seigneur est Un. II n'y a de Dieu que Lui, le Clément, le Miséricordieux. Dans la création des Cieux et de la Terre, dans la succession de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue sur la mer portant ce qui est utile aux hommes, dans l'eau qu'Allah fait descendre du Ciel et qui rend la vie à la Terre après sa mort - cette terre où IL a disséminé toutes sortes d'animaux - dans les variations des vents, dans les nuages assujettis à une fonction entre le Ciel et la Terre, il y a vraiment des Signes pour un peuple qui comprend». (Sourate al-Baqarah, 2: 163-164)
Des dizaines d'autres versets coraniques attirent l'attention de l'homme de diverses façons sur les signes éloquents de l'Unicité du Créateur, implicite dans ce système.
Le Coran réfute la théorie de la pluralité de dieux de la façon suivante:
«Allah ne s'est pas donné de fies; il n'y a pas d'autre divinité à côté de Lui. Sinon chaque divinité s'attribuerait ce qu'elle aurait créé, et certaines d'entre elles seraient supérieures aux autres. Mais gloire à Allah. IL est très éloigné de ce qu'ils allèguent. IL connaît ce qui est caché et ce qui est apparent; IL est exalté au-dessus de ce qu'ils Lui associent». (Sourate al-Mu'minûn, 3: 91-92)
Si le monde avait plus d'un créateur, la relation subséquente de ces autres créateurs supposés devrait obligatoirement revêtir l'une des formes suivantes:
1. Chacun d'eux aurait une autorité souveraine sur une partie du monde, sur la partie qu'il aurait créée lui-même par exemple. Dans ce cas, les différentes parties du monde auraient des systèmes totalement différents et indépendants les uns des autres. Mais nous voyons bien que le monde entier a un système unique et cohérent.
2. L'un des créateurs, ou l'un des dieux régionaux, tiendrait une position supérieure à celle des autres, et de cette façon, il assurerait une sorte de coordination et d'harmonie générale.
Dans ce cas, celui qui exercerait l'autorité suprême, serait le vrai souverain du monde entier et tous les autres seraient ses simples subordonnés.
3. Chacun de ces dieux aurait une autorité sur le monde et serait libre d'agir d'une façon indépendante et de décréter des commandements à sa guise. Auquel cas, il y aurait un chaos total et une vraie confusion, et il ne resterait, aucune loi ni aucun ordre, comme nous le signale le Coran:
«Si des divinités autres qu'Allah existaient, le Ciel et la Terre seraient corrompus. Gloire à Allah, le Seigneur du Trône, très éloigné de ce qu'ils Lui imputent!» (Sourate al-Anbiyâ', 21:22)
Donc l'uniformité du système qui prévaut dans le monde entier contredit la théorie de la pluralité des dieux avec des autorités indépendantes, et sa cohérence démentit la théorie de la multiplicité des divinités avec une seule autorité.
L'hypothèse selon laquelle deux ou plusieurs dieux pourraient exercer une autorité sur l'ensemble du monde, tout en coopérant les uns avec les autres et en décrétant des commandements uniformes, est une idée fantaisiste. Leur pluralité implique automatiquement qu'ils doivent diverger, au moins, à une occasion.
Le Coran souligne l'Unicité d'Allah concernant la création et le commandement. II affirme que c'est Allah Seul qui a créé toutes choses et que c'est Lui Seul qui exerce l'autorité sur l'ensemble du monde. En même temps, il ne nie pas l'existence du système de causalité et son vrai rôle. Le Coran dit notamment: «Allah a fait descendre du Ciel une eau par laquelle IL fait vivre la Terre après sa mort. Il y a vraiment là un signe pour les gens qui font attention». (Sourate al-Nihal,