Philosophie de l'Islam
(Livre 2)
 
Behechti & Bâhonar
 
 
Édité et traduit par
Abbas Ahmad al-Bostani
 
 
Publication de la Cité du Svoir
ISBN 2-95-03192-5-4
 
 
Copyrights: Tous droits réservés exclusivement à
l'éditeur:
Abbas Ahmad al-Bostani
C.P. 712   Succ. (B)
Montréal, Qc., H3B 3K3
Canada
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Table des Matières (Livre 2)
 

L' AUTO-FORMATION 215

LA PROPRETÉ 216

Les agents purificateurs 220

L'ablution 222

Le bain rituel 223

Le "tayammum" 225

LA NOURRITURE 225

L'abattage des animaux 228

Le gaspillage de la nourriture 230
 

LA SANTÉ SPIRITUELLE 230

La croissance équilibrée 231

Le critère moral 232

Les vrais critères de la morale 236

a - La dignité de l'homme 236

b - La proximité d'Allah 238

LES TRAITS DE CARACTÈRE INCONVENANTS 239

1. L'hypocrisie 240

2. L'arrogance 243

3. La diffamation 245

4. Le mensonge 247

5. La médisance et la calomnie 248

a - Le témoignage 250

b - S'abstenir du mal 250

c - La plainte 250

d - La guidance et la consultation 250

e - La dénonciation du faux témoignage 251

f - Le classement 251

6. La jalousie 251

La lutte contre la jalousie 253

COMMENT PURIFIER L'ÂME DE CES POLLUTIONS 254

La piété 256

La consolidation de la force de la volonté 257

La relation entre le jeûne et la consolidation de la force de la volonté 258

Le retour au droit chemin - Le repentir 259
 

LE RÔLE CRÉATIF DES SENTIMENTS 263

Les sentiments authentiques et les sentiments artificiels 263

Les sentiments artificiels 265

Les sentiments authentiques 267

Les sentiments familiaux 270

Etre bon envers les proches 272

L'amour des voisins 273

La fraternité spirituelle 276

LA COMPAGNIE 278

Choisir ses amis et ses compagnons 280

La bonne humeur et la politesse 282

Respecter les règles de conduite sociale 283

L'accueil et l'adieu 284

L'humilité 285

La correspondance 287

RESPECT DES AîNÉS ET BONTÉ ENVERS LES CADETS 287

L'HOSPITALITÉ 288

SE FORMER EN VUE DU TRAVAIL SOCIAL 289

Nécessités préalables pour le travail collectif 290

1. Un même but et une même politique 290

2. Reconnaître ses propres limites et celles des autres 291

4. S'abstenir de l'égoïsme et de l'entêtement 292

5. Le respect de l'opinion majoritaire 293

LE GRAND JIHÂD 294

LA FAMILLE 304

Les diverges formes de la société 304

La Famille 305

La Tribu 305

Le Clan 305

La Nation 305

Autres regroupements sociaux 305

La société dogmatique et idéologique 305

LE MARIAGE 306

L'importance du mariage du point de vue islamique 307

L'objectif fondamental du mariage 307

Le choix d'un conjoint 308

Liberté dans le choix d'un mari ou d'une femme 308

Le consentement du père dans le mariage d'une fille 309

L'égalité ou la convenance générale dans l'alliance matrimoniale 311

Les critères du choix d'un époux 312

1. La Foi 312

2. La Moralité 314

3. La Capacité Financière 314

4. La Compatibilité 315

Comment choisir un conjoint convenable 315

Les personnel entre lesquelles le mariage est interdit 316

Les "mahrams" consanguine 317

Les "mahrams" de lait 318

Les "mahrams" par alliance 318

Contracter un mariage 319

L'indépendance financière de la femme 320

La légèreté de la dot 321

Les obligations du mari et de la femme 321

La responsabilité financière 322

L'entretien des enfants et la responsabilité de la garde 323

Les responsabilités morales et humaines des époux 326

LA RÉPUDIATION OU LA DISSOLU-TION DU MARIAGE 326

La répudiation dans la Loi islamique 327

Les conséquences de la répudiation 329

Dans quelles conditions une femme peut-elle être répudiée 329

Les conditions de la validité de la répudiation 330

Les sortes de répudiations irrévocables 330

La " 'Iddah" de répudiation 332

La période de 'Iddah 332

Les règles concernant la période de 'Iddah 332

Le droit de garde des enfants 332

LE MARIAGE À DURÉE DÉTERMINÉE 333

Le problème sexuel de la jeunesse 333

La solution du problème sexuel 333

Les formules du mariage à durée déterminée 335

Les règles du mariage à durée déterminée 336

Les différences fondamentales entre le mariage permanent et le mariage à durée déterminée 337

Le mariage à durée déterminée selon le point de vue des autres 338

LA POLYGAMIE 339

1 - Les nécessités préalables, naturelles et sociales de la polygamie 339

2- La polygamie avant l'Islam 340

La polygamie et ses conditions en Islam 342

LES USAGES FAMILIAUX 343

Quelques devoirs réciproques des parents et des enfants 344

LES GRANDES LIGNES DE L'ECONOMIE ISLAMIQUE 345

1. Les sciences économiques 345

2. L'importance des problèmes économiques 346

L'Economie Islamique 347

LA PROPRIÉTÉ 349

Les formes de la propriété 349

La propriété absolue 349

La propriété publique 350

La propriété privée 351

La richesse 351

La richesse est-elle critiquée dans le Coran? 352

Amasser les richesses est un motif de vanité 353

Les droits de la propriété 354

Le droit de la propriété en Islam 355
 

LES SOURCES NATURELLES DE LA RICHESSE 356

La terre 357

La possession de la terre 357

Les terres possédées par la société 357

Les terres possédées par l'Etat 359

Les terres possédées par des particuliers 359

Garder une terre arable sans la cultiver 361

L'eau 363

L'eau naturellement accessible 363

L'eau non accessible naturellement 364

Les minéraux 365
 

LE RÔLE ÉCONOMIQUE DU TRAVAIL HUMAIN 365

Le travail est la clé de l'utilisation des ressources naturelles 366

Pas de gain sans travail 367

La production, la distribution, les services, etc 368

La production 369

La distribution 369

Les services 369

Un faux travail, ou un moyen rusé d'exploitation 370

L'usure 372

La déviation de la monnaie de son rôle initial 372

Les précédents de l'usure dans l'Histoire 374

L'usure dans le Coran 374

Pourquoi l'usure a-t-elle été strictement interdite? 375

Les opérations bancaires 377

La solution du problème 381

Conclusion 384

LE TRANSFERT DE LA PROPRIÉTÉ 384

Les transactions 384

Les règles générales des transactions 386

Les différentes sortes de ventes 388

La nécessité de connaître les lois du négoce 389

La résiliation du contrat 390

L'héritage 391

La répartition de l'héritage 392

LA DISTRIBUTION DE LA RICHESSE 393

La dépense 395

La prohibition de la thésaurisation des richessesb 397

Les catégories de dépenses 398

LES RESPONSABILITÉS ÉCONOMIQUES DES GOUVERNEMENTS MUSULMANS 401

Le Trésor public 401

Un principe social et économique important 405

UN SYSTÈME SOCIAL JUSTE 407

La société 408

La société accidentelle 408

La société intentionnelle 408

Les caractéristiques de la "Société Accidentelle" 409

Les caractéristiques de la "Société Intentionnelle" 409

L'individu et la société 410

C'est l'individu qui est important 411

C'est la société qui est importante 411

C'est la combinaison de l'individu et de la société qui est importante 412
 

LE SYSTÈME SOCIAL 415

UN SYSTÈME SOCIAL JUSTE 416

La société 417

L'égalité des hommes 418

La justice légale 419

L'élimination de la discrimination injuste dans la conception islamique 419

La justice économique 420

La liberté de la pensée et l'acquisition de la connaissance 421

Le profit est le résultat du travail et d'une activité complète 422

La privation est le résultat de l'usurpation 422

La loi de la justice et le mécanisme juste de sa mise en vigueur 423

La compétence doit être le critère de l'acquisition des positions sociales 424

Le sens de la responsabilité 424

La fraternité islamique 424

La formation du caractère et la lutte contre la corruption 425

Les éléments essentiels à l'établissement d'un système social juste 425
 

LA LOI 426

Les sources de la loi 426

1. La loi despotique d'un individu 426

2. La loi despotique d'une classe 427

3. La loi nationale 427

4. La loi idéologique universelle 428

LA LOI ET SES SOURCES EN ISLAM 428

Un cours droit vers cette magnifique fin 429

Une connaissance correcte de l'Islam et la nécessité de garder présents à l'esprit les besoins de l'époque 430

L' "Ijtihâd" 432

La formulation d'une loi relative au système prévalant 432

La formulation d'une loi relative à des questions d'ordre individuel 433

Pourquoi devons-nous adopter la doctrine du "Taqlîd" 433

Les qualifications d'une autorité religieuse compétente 434

La formulation de nouvelles stipulations 436

LES SOURCES DU DROIT CANON 437

L'autorité du Coran 438

L'utilisation de la Sunnah 439

Le consensus d'opinion 440

La raison 440

Le rôle de la raison dans la détermination des principes religieux 441

Le rôle de la raison dans la découverte de l'inimitabilité du Coran 442

La philosophie des statuts légaux 442

Le lien entre l'ijtihâd et la finalité de l'Islam 444

LA GARANTIE DE L'EXÉCUTION DE LA LOI 445

Une pensée mûre 446

a- Concernant les boissons alcooliques et les jeux de hasard: 446

b- Concernant la justification de l'auto-défense et de la défense de sa foi: 447

Les sentiments humains et idéologiques 447

La foi en Allah et en Sa récompense aussi bien dans ce monde que dans l'autre monde 448

Le respect sincère de la loi 449

L'exhortation au bien et l'abstention du mal 449

L'exhortation au bien signifie: 451

L'interdiction du mal signifie: 452
 

LE GOUVERNEMENT 453

1. Nommé par Allah 453

2. Nommé par le Prophète 454

Hadith aI-Ghadîr 455

3. Elu par le peuple 457

Les principales qualifications d'un dirigeant pendant la période de l'occultation de l'Imam al-Mahdi 458
 

LE RÔLE DU "CHOURA" ET DE LA "BAY'AH" 460

1.Le rôle de la consultation 460

a) Les affaires administratives 461

b) L'élection du gouvernant 461

2. Le rôle de la prestation du serment d'allégeance 462

La perte de l'éligibilité en vue de gouverner 464
 

LE CALIFAT ET L'IMAMAT 464

Le Califat 464

La question de Califat a deux aspects: 465

L'Imamat 466
 

LES DOCTRINES DE LA JUSTICE ET DE L'IMAMAT 473

La doctrine de l'Imamat 474

Les conséquences malheureuses de la violation de cette doctrine 475

Retour à la principale discussion 477
 

L'ARBITRAGE 480

C'est un devoir social que d'aplanir les différends 481

Les différentes manières de résoudre les différends 482

1. La force personnelle 482

2. Vociférations, injures et diffamation 482

3. Laisser passer le temps 482

4. L'arbitrage 483

L'administration de la Justice en Islam 484

Qui est digne d'occuper la position d'arbitre? 485

Les lourdes responsabilités d'un juge 485

Adhésion à la Loi divine 486

La conduite à adopter envers les plaideurs 486

L'indépendance et l'immunité de la magistrature 487
 

LES RELATIONS DES MUSULMANS AVEC LES AUTRES 487

LE JIHAD 491

Les buts du Jihâd 491

L'agression est une mauvaise chose, quel que soit l'agresseur 492

Le Jihâd contre l'égoïsme 493

L'Islam est un système mondial 493

La vérité doit être expliquée avant d'avoir recours au combat 495

Des facilités spéciales sont offertes par l'Islam à cet égard 495
 

LA PAIX EN ISLAM 496

Une complète préparation pour faire face a l'ennemi 496

Les courses de chevaux et le tir à l'arc 497

Des immortels 498

Des combattants qui ne restent pas en arrière dans leur effort 499

Des combattants invincibles et infatigables 499
 
BIBLIOGRAPHIE

NOTES

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L' AUTO-FORMATION

L'homme de l'Islam est constructif. Il se construit et construit son environnement. Son succès dans la construction de son environnement dépend de son succès à se construire, et vice versa. En d'autres termes, son succès dans l'amélioration de l'environnement de sa vie prépare la voie de son auto-amélioration.

En égard à cette forte relation réciproque entre l'homme et l'environnement de sa vie, il doit accorder la plus grande attention à une amélioration totale de lui-même, sur une grande échelle et proportionnellement à l'ouverture de la vision islamique du monde et de l'homme.

L'Islam a, à cet égard, de vastes enseignements relatifs à tous les aspects de la vie humaine et couvrant tous les besoins humains, qu'ils soient matériels ou spirituals, individuels ou collectifs, culturels ou économiques, et ainsi de suite. La somme totale de ces enseignements constitue le programme de la formation islamique. Elle comprend des articles importants concernant la propreté, une alimentation saine, l'hygiène, la santé physique et mentale, etc...

LA PROPRETÉ

L'Islam a accordé une telle importance à la propreté qu'elle est considérée comme un objectif de la Foi. Recommandant la pureté et la propreté, le Coran dit:

«Allah ne veut pas vous incommoder; IL veut seulement vous purifier et parachever Sa grâce en vous, afin que vous soyez reconnaissants». (Sourate al-Mâ'idah, 5: 6)

«Allah aime ceux qui se repentent et qui se purifient». (Sourate al-Baqarah, 2: 222)

Le Saint Prophète a dit que la propreté fait partie de la Foi.

L'Islam exhorte, par plus d'un moyen, les gens à la propreté des ustensiles, des vêtements, du corps, des dents, de l'eau potable, de l'eau utilisée pour l'ablution et le bain rituel, des lieux de résidence, des rues, des lieux publics, de la nourriture et de tout ce qui est utilisé par l'homme. Un certain nombre de hadiths attribuent au diable tout ce qui est dégoûtant ou qui cause des maladies (c'est-à-dire les microbes), et le décrivent comme étant à l'origine de la pauvreté et de la misère. Nous reproduisons ci-après quelques-unes de ces paroles extraites du livre intitulé: "Wasâ'il al-Chî'ah".

Le Saint Prophète a dit:

«Chaque personne qui choisit un vêtement doit le garder propre».

«Si je ne craignais de les incommoder, j'ordonnerais aux Musulmans de brosser leurs dents avant chaque prière».

«Tenez propres et bien nettoyés l'intérieur et la façade de votre maison».

«Celui qui nettoie le masjid reçoit d'Allah la même récompense que celle qui est décernée à celui qui affranchit un esclave».

«Le registre des actes d'un homme qui s'abstient de cracher, de moucher son nez dans le masjid, sera remis dans sa main droite(1) le Jour du Jugement».

«Vous devez ou bien prendre grand soin de vos cheveux, ou bien les couper».

«Ne laisse pas pousser de longues moustaches, car le diable peut y trouver un refuge».

L'Imam Ali (P) a dit:

«C'était une habitude chez le Saint Prophète de rincer sa bouche, sa gorge et son nez avec de l'eau. Cela rend propres la bouche et le nez».

«Débarrasse ta maison des toiles d'araignée, car elles attirent la pauvreté».

«L'enlèvement des poils des aisselles fait partie de la propreté. Cette action fait disparaître la mauvaise odeur de cette partie du corps».

«Le nettoyage de la maison bannit la misère».

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Se brosser les dents est une tradition du Prophète».

«Le Saint Prophète avait l'habitude de couper les ongles de ses mains».

«Quelqu'un a dit à l'Imam al-Çâdiq (P) que des amis lui avaient dit qu'on doit couper ses moustaches et les ongles de ses mains le vendredi. L'Imam a rectifié: "Coupez les dès qu'ils deviennent longs". Le Saint Prophète a interdit de se couper les ongles avec les dents».

«Si cela est possible, l'eau du bain devrait être si propre que tu puisses la boire».

L'Imam al-Kâdhim (P) a dit:

«Prendre un bain tous les deux jours, rend l'homme en bonne santé et fort».

D'autres hadiths font état de l'interdiction d'uriner et d'aller à la selle au bord d'une rivière, en face d'une mosquée, dans les rues et sur les routes, dans les lieux de séjour des voyageurs, dans le cimetière, sous les arbres fruitiers, en position debout, en se mettant de face ou en tournant le dos à la Qiblah (la direction de la Ka'bah), sur un sol dur, dans les antres d'animaux, en public, devant une maison ou une voie publique, etc. La question de la propreté et de la pureté a été longuement discutée dans le livre: "L'ISLAM: Un Code de Vie Sociale", ISP, 1980, en anglais).

En somme, il y a des recommandations islamiques relatives à la santé, à l'hygiène et à l'alimentation, ainsi qu'à la propreté de l'air et de l'environnement. En voici quelques exemples.

- Lavez les fruits avant de les manger.

- Ne mangez pas la nourriture pendant qu'elle est encore trop chaude.

- Observez la régularité concernant la nourriture.

- N'avalez pas l'eau d'un seul trait. Buvez-la lentement.

- Prenez de petite morceaux de nourriture et mâchez-les bien.

- Lavez vos mains et votre bouche avant et après chaque repas.

- Ne mangez pas sans avoir d'appétit, et cessez de manger un peu avant que l'estomac ne soit plein.

- Couvrez toujours la nourriture et l'eau.

- Massez votre corps régulièrement.

- Parfumez-vous et enduisez vos cheveux d'huile.

- Peignez vos cheveux et ajustez-les.

- Lavez votre tête et votre visage après avoir coupé vos cheveux, et lavez vos mains après avoir coupé les ongles de mains.

- Ne consommez pas une nourriture ni une boisson nuisibles.

- Prenez un bain ou faites l'ablution, selon le cas, pour accomplir les prières, et observez toutes les règles les concernant.

- Faites vos prières avec un corps et des vêtements propres.

- Allez tôt au lit, et levez-vous tôt.

- Maintenez votre tête hors de la couverture pendant que vous dormez.

- Faites une promenade le matin.

- Choisissez un environnement ouvert sur un vaste espace pour y vivre.

Il existe des instructions religieuses spéciales concernant les choses légalement propres et les choses malpropres. Nous reproduisons ci-après quelques-unes de ces instructions, extraites du livre intitulé: "Articles of Islamic Acts".

Ci-après certaines choses qui sont malpropres:

L'urine et l'excrément de l'homme et de tous les animaux dont la viande est légalement non mangeable et dont le sang est jaillissant (ceux dont le sang jaillit lorsqu'on les tue ou qu'on coupe une de leurs artères); le sperme, le cadavre et le sang de l'homme et de tout animal au sang jaillissant, sans tenir compte du fait que sa viande soit légalement mangeable ou non (seul le cadavre de l'homme devient propre après avoir été lavé rituellement).

Le chien et le porc; leurs poils et tous les liquides qu'ils sécrètent, sont aussi malpropres.

Le vin et toutes les autres boissons alcooliques qui fermentent spontanément.

Si une chose propre est en contact avec une chose malpropre alors que l'une ou les deux choses sont mouillées, et que l'humidité de l'une s'infiltre dans l'autre, la chose propre devient malpropre. La nourriture malpropre ne peut pas devenir propre par réchauffement ou ébullition.

Il est interdit de manger ou de boire une chose malpropre. Il est également interdit d'en nourrir autrui, serait-il un enfant.

Il est interdit de rendre malpropre une feuille de papier sur laquelle figurent le nom d'Allah ou un verset coranique. Si elle devient malpropre, il faut la purifier immédiatement avec de l'eau. Il est interdit de rendre malpropre le plancher, le plafond, le toit et les murs d'un masjid. Si une partie quelconque d'un masjid devient malpropre, la saleté doit être enlevée sur-le-champ.

Les vêtements d'une personne accomplissant la prière doivent être:

(a) propres, (b) légaux, (c) ne contenant aucune partie de cadavre dans leur texture, (d) ne contenant aucune partie d'un animal légalement non mangeable, (e) non tissés de soie pure, (f) ne contenant pas de filaments d'or. (Les deux dernières conditions s'appliquent seulement aux hommes, lesquels ne doivent pas se parer avec des ornements en or).

Une personne ayant une blessure, un furoncle ou un ulcère suppurants peut faire sa prière avec son corps ou son vêtement tachés de sang, et ce jusqu'à ce que la blessure, le furoncle ou l'ulcère guérisse, car il est gênant dans de telles circonstances pour la plupart des gens de laver la blessure ou de changer le vêtement.

Les agents purificateurs

Si le corps ou les vêtements deviennent malpropres, ils peuvent recouvrer leur propreté de plusieurs façons. La meilleure façon est de les nettoyer avec l'eau.

«Allah fait descendre sur vous de l'eau du Ciel pour vous purifier...». (Sourate al-Anfâl, 8: 11)

Il y a là quelques points importants relatifs à la purification.

Un "Kor" d'eau, est approximativement égal à 384 litres. Une quantité d'eau d'un "Kor" et plus ne devient pas malpropre au contact de quelque chose d'impur, sauf si sa couleur, son odeur ou son goût change. De plus toute chose malpropre peut être rendue propre en la lavant avec cette eau.

Un ustensile ou tout autre objet malpropre doit être lavé trois fois avec de l'eau dont la quantité est inférieure à un "Kor" pour qu'il puisse devenir propre (l'eau doit couler d'un réservoir sur l'objet malpropre), mais il suffit de le laver une fois si l'eau est courante ou d'une quantité d'un "Kor" et plus. Bien entendu, il est nécessaire que ces lavages soient faits après avoir enlevé l'impureté originelle de l'objet. Mais si un chien lèche un ustensile, y mange ou boit, il faut tout d'abord le frotter avec de l'argile propre, et ensuite le laver avec de l'eau de "Kor", de l'eau courante ou de l'eau de moins de "Kor".

S'il pleut sur un objet malpropre qui ne contient aucune impureté originelle, il redevient propre.

Si, en piétinant un sol malpropre, la plante du pied ou la semelle de la chaussure devient malpropre, on peut la rendre propre en marchant sur un sol sec jusqu'à ce que la saleté soit totalement disparue, et on n'a pas besoin de la laver.

Si le sol, un bâtiment, une porte, une fenêtre ou tout autre objet immobile devient malpropre, il redevient propre après l'enlèvement de l'impureté et l'assèchement de l'endroit malpropre - s'il est humide - par les rayons directs du soleil.

Si une chose malpropre est transformée en une chose propre - par exemple si un morceau de bois se transforme en cendre après avoir été brûlé, ou si une boisson alcoolisée se transforme en vinaigre - elle devient automatiquement propre.

Si le corps d'un animal est souillé par une impureté originelle, tel que le sang, ou par quelque chose devenu malpropre, comme une eau malpropre, il redevient propre dès que la substance impure est enlevée, telles que la bouche, les orifices du nez. Elles redeviennent propres avec la disparition de l'impureté originelle.

L'ablution

Il est obligatoire de faire l'ablution (Wudhû') avant la prière. Ainsi, tout Musulman doit laver et nettoyer les parties extérieures de son corps plusieurs fois par jour, et maintenir propres son visage, ses mains, sa tête et ses pieds.

Ci-après une description brève du Wudhû': lorsqu'on fait le Wudhû', il est obligatoire de se laver successivement le visage, la main droite, la main gauche, et de passer la main successivement sur la partie frontale de la tête, le pied droit, le pied gauche.

Le visage doit être lavé de la ligne de naissance des cheveux au-dessus du front, jusqu'à la fin du mentor, dans le sens de la longueur, et au moins, une partie égale à la distance qui s'étend entre le majeur et le pouce, dans le sens de la largeur.

Après le visage, la main droite et la main gauche doivent être lavées du coude au bout des doigts. Ensuite, on doit essuyer la partie frontale de la tête avec la main encore mouillée par l'eau du Wudhû'. Il n'est pas nécessaire que l'humidité atteigne la peau de la tête. Il suffit de passer la main mouillée sur les cheveux de la partie frontale de la tête. Puis on doit passer la main mouillée par l'eau de Wudhû' sur les pieds, de la pointe des orteils jusqu'aux chevilles. Le Wudhû' accompli avec de l'eau obtenue illégalement, ou avec une eau dont on ne sait pas si le propriétaire accepte ou non qu'on l'utilise, est invalide et illégal.

Le bain rituel

Lorsqu'on se trouve, à la suite d'un acte sexuel ou d'une éjaculation, dans un état d'impureté légale, il est obligatoire de prendre un bain rituel avant d'accomplir la prière ou tout autre acte de dévotion exigeant une pureté légale. Dans un tel cas, tout le corps, y compris les parti couvertes de cheveux, doit être lavé complètement.

Avant de prendre le bain, on doit enlever toutes les sortes de saleté, ainsi que toute chose pouvant empêcher l'eau d'atteindre la peau. L'eau du bain doit être propre, et autant que possible limpide. En réalité un bain rituel parfait nettoie tout le corps. La procédure prescrite pour le ravage est la suivante .

Il y a deux sortes de ravage:

1. "Tartîbî" (Séquentiel)

2. "Irdmâci" (par immersion)

Dans le premier cas, on doit se laver la tête et le cou en formulant l'intention de prendre un bain rituel. Ensuite, on doit se laver la moitié droite du corps, et puis la moitié gauche. Pour s'assurer que les trois parties sont complètement lavées, on doit laver aussi avec chaque partie les autres parties du corps.

Dans le cas du bain par immersion, on doit plonger tout le corps dans l'eau. Si ce faisant, les pieds restent en contact sur le sol, on doit les laver.

Pendant ses règles, il n'est pas permis à une femme de faire la prière ou de jeûner. Pour ce qui concerne les prières, la femme n'a pas à effectuer, après la fin des règles, les prières qu'elle a manqué d'accomplir pendant cette période. Mais dans le cas du jeûne, elle doit l'observer ultérieurement.

A la fin de ses règles, une femme doit obligatoirement prendre un bain rituel avant de faire ses prières et d'accomplir d'autres actes d'adoration pour lesquels une purification préalable est nécessaire.

Les prescriptions qui s'appliquent à une femme pendant ses règles, s'appliquent également pendant les quelques jours qui suivent son accouchement.

Il est interdit à une personne en état d'impureté rituelle majeure, ainsi qu'à une femme en période de règles, de faire ce qui suit:

1. Toucher un texte coranique ou le nom d'Allah, celui des Prophètes et des Imams, avec n'importe quelle partie de leur corps.

2. Séjourner dans un Masjid ou le Mausolée des Prophètes ou des Imams, ou d'y entrer pour déposer quelque chose. En tout cas, il n'est pas interdit de traverser seulement un masjid qui ne soit ni le Masjid al-Harâm de la Mecque, ni le Masjid al-Nabi à Médine. D'une façon similaire, il est permis à quelqu'un de l'une des deux catégories désignées ci-dessus, d'entrer un masjid autre que les deux précitées, pour y prendre quelque chose.

3. Réciter une sourate coranique dont la récitation exige une "sajdah" (soit les sourates Nos. 32, 41, 53 et 94).

On doit accomplir le bain rituel si on touche un cadavre humain après son refroidissement et avant qu'il soit rituellement lavé. La même règle s'applique au cas où l'on touche n'importe quelle partie comportant un os, amputée du corps d'une personne vivante.

Pour garder intacte la dignité humaine et pour des considérations hygiéniques, l'Islam donne quelques instructions relatives au cadavre humain.

Il est du devoir de chaque Musulman d'observer les préceptes religieux suivants: laver, envelopper d'un linceul et inhumer tout Musulman mort, après avoir récité les prières prescrites pour le mort. Si un Musulman accomplit ce devoir, les autres Musulmans sont déchargés de cette responsabilité.

Un cadavre doit être lavé trois fois. Une première fois avec de l'eau mélangée au "Sidr" (lotus), puis avec de l'eau mélangée au camphre, et enfin avec de l'eau pure.

Le "tayammum"

Si aucune eau pure et légale n'est disponible, ou si le fait de se laver avec de l'eau peut être nuisible, ou si le temps dont on dispose est trop court pour accomplir à temps toute la prière ou une partie d'elle au cas où l'on devrait faire soit le Wudhû', soit le bain rituel, on peut alors remplacer ceux-ci par le tayammum.

Le tayammum doit être accompli sur une terre sableuse propre. Autant que possible, le sable devrait être destiné à cet effet. A défaut d'un tel sable, on peut utiliser un bloc de terre ou de pierre, dans le même ordre d'idée.

Pour accomplir le tayammum, on doit tout d'abord formuler l'intention de l'accomplir. Puis on doit frapper ses deux mains sur la terre et ensuite les passer sur son front depuis la ligne de naissance des cheveux jusqu'aux sourcils et la partie supérieure du nez. Puis, on doit passer la paume gauche sur la totalité du dos de la main droite, et la paume droite sur la totalité du dos de la main gauche. En ce qui concerne le tayammum se substituant au bain rituel, on doit frapper la terre avec ses mains deux fois. Une première fois pour les passer ensuite sur le front, et la seconde fois pour les passer respectivement sur le dos de la main droite et de la main gauche.

LA NOURRITURE

L'homme a besoin de nourriture pour la continuation de sa vie et la croissance de son corps. Pour cela, beaucoup de sortes de légumes, de fruits et d'autres variétés de produits agricoles et de viandes ont été mises à sa disposition.

«Nous vous avons établis sur la Terre et Nous vous y avons donné les moyens de vivre». (Sourate al-A'râf, 7: 10)

«IL vous a produits de cette Terre et IL vous y a établis». (Sourate Houd, 11: 61)

«C'est Lui qui a fait pour vous la Terre très soumise. Parcourez donc ses voies et mangez de ce qu'IL vous a accordé». (Sourate al-Molk, 67: 15)

Beaucoup de points importants concernent la question de la nourriture, tels le droit pour le commun des mortels d'utiliser les dons d'Allah, le rôle du travail humain dans la mise en valeur des matières premières, les différents aspects des besoins matériels de la vie humaine, comment s'assurer la fourniture des denrées essentielles et leur répartition équitable. En tout cas, ce qui nous intéresse ici, c'est seulement la question de savoir quelle nourriture est légale, et laquelle est illégale.

L'Islam n'a, d'aucune manière, interdit de manger une nourriture délicieuse, ni de boire des boissons agréables et bonnes pour la santé. En réalité, le Saint Coran a même encouragé l'utilisation des dons Divins.

«Dis (O Mohammad!): "Qui donc a déclaré illicites la parure qu'Allah a produite pour Ses serviteurs, et les excellentes nourritures qu'IL vous a accordées?" Dis: "Ceci sera, le Jour de la Résurrection, seulement pour ceux qui étaient croyants durant la vie de ce monde."» (Sourate al-A'râf, 7: 32)

C'est pourquoi, il ne faut pas penser qu'un homme pieu. et croyant doive s'abstenir de nourritures et de boissons somptueuses. Toutes les bonnes choses ont été créées pour l'homme, et partant de là, elles doivent être naturellement utilisées par le croyant.

«O, vous les messagers! Mangez d'excellentes nourritures et faites ce qui est bien!» (Sourate al-Mo'minoun, 23: 51)

Dans un autre passage, le Coran dit: «O vous qui croyez! Mangez de ces bonnes choses que Nous vous avons accordées, et remerciez Allah...» (Sourate al-Baqarah, 2: 172)

Le Coran blâme ceux qui se privent des bonnes choses sans raison valable, et qui s'interdisent les nourritures légales et les bienfaits.

«O vous qui croyez! Ne déclarez pas illicites les excellentes nourritures qu'Allah a rendues légales pour vous!» (Sourate al-Mâ'idah, 5: 87)

Le critère général de la légalité des nourritures et des boissons est leur bonne qualité, c'est-à-dire, celles qui sont délicieuses, propres et bonnes.

«Ils te demandent ce qui leur est permis: Dis: "Les bonnes choses vous sont permises."» (Sourate al-Mâ'idah, 5: 4)

Bien sûr, certaines choses ont été prohibées, mais c'était uniquement pour préserver les Musulmans de leurs mauvais effets, et non pas pour les priver de quoi que ce soit de bon. Seules les choses infectes ont été prohibées, infectes en ce sens qu'elles sont repoussantes, nuisibles et impures.

Résumant les enseignements du Prophète de l'Islam à ce propos, le Coran dit: «IL déclare licites pour eux les excellentes nourritures, et illicite ce qui est détestable». (Sourate al-A'râf, 7: 157)

L'Islam interdit de manger et de boire les choses suivantes: Toutes choses infectes, comme nous l'avons dit plus haut, tel que la charogne, le sang, etc... et toute nourriture ou boisson polluée par de telles choses.

Toutes les choses sales et repoussantes telles que la boue, l'argile, l'eau polluée et la nourriture infecte et pourrie.

Le chien, le pore et les bêtes de proie, tel que le lion, le loup, l'ours, le chacal, etc...

Les invertébrés, tels que le serpent, le scorpion, les guêpes et les vers.

Les oiseaux qui possèdent un bec recourbé et des serres, et qui sont considérés comme des oiseaux de proie, tel que l'aigle, etc...

Les poissons sans écailles.

Quelques autres animaux, tels que l'éléphant, le rat, le singe, la grenouille et la tortue.

Toutes les boissons alcooliques. En règle générale tous les stupéfiants et toutes les boissons enivrantes entrent dans cette catégorie.

L'expérience, et les recherches médicales, ont prouvé que les boissons alcooliques et les stupéfiants sont nuisibles à la santé et minent le bon état physique et mental. Du point de vue moral et social aussi, ils sont la source de nombreux maux. Un ivrogne perd le contrôle de ses sens et il est susceptible de se livrer à des actions insensées et d'avoir une conduite indigne. Une telle personne peut même commettre des crimes. Ces substances toxiques ont ruiné beaucoup de familles. Les gens s'y adonnent seulement pour chercher un peu de joie de vivre et une fausse satisfaction. Ces choses, non seulement, ne résolvent pas les ennui s de leur vie , mais elles le s compliquent encore plus. Au lieu de rendre leur vie heureuse, elles suscitent engouement et frustration.

L'abattage des animaux

Les animaux dont la viande est autorisée pour la consommation, tels que le mouton, la chèvre, le chameau, le cerf, la volaille domestique, etc... doivent être abattus de la manière prescrite. Autrement, s'ils meurent d'une mort naturelle ou s'ils sont tués par coup, par blessure ou par tout moyen autre que celui prescrit, leur chair n'est pas licite.

Nous reproduisons ici la méthode légale d'abattage, extraite de: "Articles of Islamic Acts", (ISP; 1982).

Pour être légal, l'acte d'abattre doit satisfaire aux cinq conditions suivantes:

1. La personne qui abat doit être un Musulman.

2. L'animal à abattre doit être mis face à la Qiblah lors de l'abattage.

3. Le boucher doit prononcer le nom d'Allah lorsqu'il abat l'animal.

4. Il doit couper la gorge de l'animal avec un instrument aigu fait de fer, de telle sorte que l'artère jugulaire, la veine jugulaire, l'oesophage et la trachée artère soient coupés.

5. L'animal doit bouger après avoir été abattu.

Dans le cas d'un chameau, la seule méthode d'abattage est le "Nahr", qui consiste à: enfoncer un couteau ou tout autre instrument tranchant dans la cavité se trouvant entre le cou et la poitrine. Les autres conditions sont les mêmes dans ce cas aussi.

Quant au poisson, la règle est comme suit:

Si le poisson à écailles est capturé vivant et qu'il meurt après avoir été porté hors de l'eau, il est légal. Mais s'il meurt dans l'eau, il est illégal. Le poisson n'ayant pas d'écailles est illégal même s'il est capturé vivant et qu'il meurt hors de l'eau.

La viande des animaux et des oiseaux sauvages légaux tués avec des armes de chasse est légalement comestible, pourvu que les cinq conditions suivantes soient observées:

1. L'arme doit être incisive ou aiguë, et elle ne doit pas être du genre filet, bâton, ou pierre.

2. Le chasseur doit être un Musulman.

3. Il doit normalement prononcer le nom d'Allah au moment d'utiliser son arme. En tout cas, s'il oublie de le prononcer, la légalité n'est pas invalidée.

4. L'arme doit être utilisée avec l'intention de tuer le gibier. S'il est tué accidentellement, sa chair n'est pas licite.

5. Lorsque le chasseur arrive au gibier, celui-ci doit être déjà mort. S'il est pris vivant et qu'il y a suffisamment de temps pour l'abattre, il doit être abattu de la manière prescrite mentionnée plus haut.

Un aliment, bon à manger ou à boire, est licite, seulement s'il n'est pas mal acquis, c'est-à-dire si, l'aliment lui-même ou l'argent au moyen duquel il a été acquis n'a pas été obtenu par un moyen injuste, malhonnête et frauduleux, tels que vol, corruption, usure, duperie, détournement de fonds, etc... Toute chose mal acquise, même si elle est convenable et licite en elle-même, est illégale, et la personne qui l'a en est responsable, puisque son utilisation constitue une usurpation des droits d'autrui. Le Coran dit: «O vous qui croyez! Ne mangez pas inutilement vos biens entre vous, mais plutôt, faites-en un objet de commerce par un consentement mutuel, et ne vous entre-tuez pas». (Sourate al-Nisâ', 4: 29)

La question de la propriété légale et illégale constitue un sujet important de l'économie en Islam. Mais étant donné que ce sujet n'entre pas dans le cadre de notre présent exposé, nous ne l'abordons pas ici.

Le gaspillage de la nourriture

Même les denrées alimentaires obtenues par un moyen légal ne doivent pas être gaspillées ou consommées en excès. Leur consommation excessive est non seulement contraire aux principes de la justice économique, mais elle est également nuisible à la santé des consommateurs eux-mêmes. Il est très injuste qu'une poignée de nantis consomme avec excès les denrées alimentaires alors que beaucoup d'autres êtres humains meurent de faim. Le Coran dit: «Mangez et buvez, mais sans gaspiller». (Sourate al-A'râf, 7: 31)

LA SANTÉ SPIRITUELLE

Pour maintenir sa santé physique et une croissance satisfaisante de son corps, l'homme a besoin, entre bien d'autres choses, d'une alimentation saine, de soins de santé si nécessaire, d'un climat sain et dépourvu de pollution et d'autres facteurs générateurs de maladies.

De la même façon, l'âme humaine a, elle aussi, besoin d'une nutrition saine et de soins de santé convenables pour un développement harmonieux. Autrement, elle dégénère et tend vers la corruption. Certes, la nourriture de l'âme est différente de celle du corps. D'une façon similaire, les maladies spirituelles sont aussi de caractère différent. La connaissance et la foi sont les nourritures de l'âme. Elles la nourrissent, la développent et la fortifient de la même manière qu'une nourriture bonne et saine nourrit le corps humain.

De la même façon, l'ignorance et la malhonnêteté sont les fléaux de l'âme et aboutissent à la déchéance morale.

C'est là le principal sujet des éthiques islamiques, qui signalent quelles sont les habitudes et les qualités nécessaires pour la solidité et la bonne santé de l'âme, et quelles sont les habitudes et les accoutumances qui la dépravent. Elles suggèrent aussi, à la fois les mesures préventives et les mesures curatives relatives à chaque maladie spirituelle.

La croissance équilibrée

Comme nous l'avons noté plus tôt, l'homme a deux aspects: l'un physique, l'autre spirituel. Sa croissance dans toutes les deux directions doit être équilibrée. S'il accorde attention seulement à son âme et oublie son corps, il deviendra faible et se sentira diminué. Il ne sera pas seulement privé de son bon état physique et de ses plaisirs matériels, mais aussi dépourvu du moyen de transport qu'il a normalement à sa disposition pour effectuer son voyage spiritual. Avec un corps faible, il a peu de chances de pouvoir s'envoler vers une haute spiritualité.

De la même façon, un homme qui passe toute sa vie à manger, à boire et à s'adonner à des parties de plaisir, est sans aucune latitude pour la manifestation de son humanité. Il ne peut pas se hisser au-dessus du niveau des quadrupèdes.

Il y a certains moyens et certaines voies susceptibles de conduire l'homme à atteindre le développement à la fois matériel et spiritual. On doit les chercher et les garder en vue, et élaborer un programme pour sa vie, afin que son développement ne cesse ni ne devienne déséquilibré. L'homme a besoin, pour son développement physique, d'une variété d'agents alimentaires et de vitamines, pris dans certaines limites. Si nous consommons de manière excessive une seule sorte de nourriture, cela est aussi nuisible à notre santé que si nous consommons insuffisamment n'importe quel agent alimentaire nécessaire.

Pour garder une bonne santé, il est nécessaire d'être actif et diligent. L'inactivité et la paresse affaiblissent le corps. En même temps, le repos est nécessaire aussi. Autant un dur travail incessant ruine la santé, autant la léthargie et un désoeuvrement prolongé rendent mou.

Il en va de même pour le développement spiritual. La compassion et la sympathie sont des qualités requises de l'homme. On doit être sensible aux difficultés des autres, toujours prêt à les aider. Mais la sympathie ne doit pas être si excessive qu'elle empêche quelqu'un de punir un traître ou de porter un coup à l'ennemi.

Regarder les choses sous tous les angles est l'un des traits caractéristiques les plus importants de l'Islam. Celui-ci appelle à tout ce qui aide au développement complet de l'homme et interdit tout ce qui nuit à un tel développement. Voilà pourquoi la morale islamique joue un rôle constructif et assure une santé spirituelle complète.

Le critère moral

Les principes moraux ont-ils un fondement réel et un critère fixe, ou bien sont-ils une simple couverture servant à cacher les objectifs personnels et de classe de quelques groupes et individus?

Est-ce que les classes des riches et des forts ont inventé et mis en valeur des concepts tels que: la patience, le contentement, le respect des droits des autres, la tolérance, etc... dans l'intention d'exploiter les masses et afin de pouvoir utiliser les classes défavorisées pour leurs intérêts, s'assurer leur soumission totale, et leur faire garder la bouche cousue au nom du respect des principes moraux?

Est-ce que les classes défavorisées ont inventé des concepts comme: amour, charité, justice, modestie, etc... dans le but d'avoir la faveur des classes dirigeantes?

Ou bien les principes moraux ont-ils un fondement réel et une ferme infrastructure?

Il n'y a pas de doute que certains enseignements moraux ont été et sont encore détournés par différentes voies. Ceux qui sont avides d'expansion n'hésitent pas, surtout s'ils détiennent pouvoir et influence, à recourir à tous les moyens pour parvenir à leurs fins. De même que la recherche scientifique, malgré son fondement ferme, est utilisée parfois pour soumettre à l'oppression, à la tyrannie et à la torture des classes laborieuses, de même les concepts moraux sont détournés des buts auxquels ils ont été destinés. Combien de fois la liberté n'a-t-elle pas été supprimée, et l'injustice instaurée, au nom de la justice et de l'égalité! Toute chose bonne et bénéfique peut faire l'objet d'un mauvais usage. En tout cas, il n'y a pas de doute que de quelque manière que le nom de la justice peut être détourné, celle-ci ne peut devenir la même chose que l'injustice. Elles resteront toujours deux choses différentes. D'une façon similaire, de quelque manière qu'elle soit dénaturée, la vraie liberté ne peut être équivalente à l'esclavage.

Ainsi, il n'est pas étonnant que les enseignements islamiques aient été exploités à des fins personnelles ou de classe, ou qu'ils aient été imposés aux classes défavorisées sous une forme dénaturée. Cela ne signifie pas qu'ils soient faux ou sans valeur. D'un autre côté, cette situation requiert une vigilance de la part de la société, afin qu'elle ne soit pas frustrée et que les valeurs ne soient pas détournées par les exploiteurs et utilisées dans le sens de leurs intérêts.

En fait, la morale est profondément enracinée dans la nature humaine. En dépit de ses propensions animales, l'homme veut, de par sa nature, posséder de telles qualités conformes à sa dignité humaine. Tous les représentants des principes moraux, tels que les prophètes et les philosophes, ont fait valoir ces principes pour sauvegarder les intérêts de toute l'humanité, et non au bénéfice d'une classe particulière et au détriment d'une autre classe.

Ceux qui soutiennent que les principes moraux sont seulement conventionnels, soulignent la différence d'opinion relative à ces principes, et soulèvent la question de savoir pourquoi si ces principes avaient une base solide, les opinions pourraient-elles différer à leur propos?

On peut dire à cet égard que la diversité d'opinions sur un point ne prouve pas que celui-ci n'a pas une base solide. Nous remarquons que la différence d'opinions existe pour la plupart des questions. Les vues diffèrent même sur des questions telle que le libre choix et les droits universels de l'homme. Les opinions divergentes existent sur la nature de la vie et la nature de l'existence. Dans tous ces cas il y a eu une différence d'opinions à travers les âges. Mais est-ce que cela signifie que dans tous ces cas il n'existe pas de véritable infrastructure? Même concernant les phénomènes physiques et les questions médicales qui sont perceptibles et expérimentales, de grandes différences ont existé à travers des milliers d'années, bien que les phénomènes physiques et les questions médicales soient vraiment gouvernés par des principes irréfutables et inaltérables.

En outre, la différence entre la morale et les règles de conduite ne doit pas être négligée. La morale a trait à la discipline et à la promotion d'une qualité des sentiments, des émotions et des tendances, alors que les règles de conduite sont des règles pratiques de comportement, qui sont soumises à nombre d'autres considérations et conventions, bien qu'elles se conforment, évidemment, parfois aux critères moraux. Par exemple, le respect de soi, la persévérance, le courage sont des qualités morales. Elles étaient de bonnes qualités il y a des milliers d'années et elles le restent encore. D'autre part, les règles conventionnelles de la table et de l'habillement sont le plus souvent locales et relatives. Elles ne sont pas directement liées aux systèmes moraux.

Ainsi, ni la mauvaise exploitation des enseignements moraux, ni la divergence d'opinion les concernant, ne peuvent être avancées comme arguments pour prouver que ces enseignements n'ont pas une base solide. Il en va de même pour la diversité des traditions et des règles de la vie sociale prévalant parmi différents peuples.

En tout cas, bien que les principes moraux soit universels et stables, ils sont plus ou moins flexibles.

Par exemple, la véracité est un principe moral incontestable de l'Islam. Mais au cas où dire la vérité met en danger la vie, la propriété ou la situation de quelqu'un, on peut omettre de la dire. En tout cas, l'existence de cas exceptionnels où on se trouve devant un dilemme moral, ne diminue pas la valeur d'un principe. En somme, la véracité est une excellente qualité morale et spirituelle. On ne doit pas normalement s'écarter de la règle de dire toujours la vérité, sauf au cas où l'observation de cette règle engendre un conflit avec un autre principe moral. Nous savons tous que la prière est un acte de dévotion obligatoire en toutes circonstances. Mais sa forme est cependant réduite et simplifiée dans le cas de voyage ou de maladie. Le jeûne est un autre acte de dévotion toujours obligatoire. Mais il y a des circonstances dans lesquelles il n'est plus obligatoire de l'observer.

Si une telle chose atteste la relativité de la morale, on peut dire que les enseignements islamiques aussi sont relatifs. En tout cas, cela ne signifie pas que la morale, n'a pas, en principe, une base ferme et qu'elle est purement conventionnelle.

La morale a été définie comme une bonne pensée, une bonne parole et une bonne action. Est-ce une définition adéquate?

Beaucoup d'actes sont moraux et souhaitables du point de vue de certaines écoles, mais ils sont immoraux pour d'autres. Par exemple une école recommande la soumission à la force et la considère comme un devoir moral. Elle professe que si on vous frappe sur la joue droite, vous devez tendre la joue gauche. Mais il y a une autre école qui dit que si quelqu'un vous fait du mal, vous devez riposter et lui rendre la pareille. Toutes les deux écoles considèrent la réaction qu'elles recommandent respectivement comme étant la bonne. Malgré toutes leurs divergences de vues, chaque école appelle l'attitude ou la qualité qu'elle propose comme "une bonne parole" ou une "bonne action". De là, si l'action morale est définie comme "une bonne action", cette définition ne sera pas une formule qui s'explique d'elle-même.

On dit parfois que c'est des qualités morales que dépend la perfection humaine.

L'homme peut-il accéder à la perfection par la fortune et le confort matériel? Peut-il acquérir la perfection par l'accession au pouvoir, l'acquisition de la connaissance, l'obtention d'une position sociale, la satisfaction des plaisirs personnels, ou par sa serviabilité sociale? Ou bien est-ce en ayant toutes ces choses qu'il acquiert la perfection? Ou bien encore, la perfection signifie-t-elle quelque chose d'autre?

C'est pourquoi la question la plus importante discutée par l'éthique est la détermination des critères et de la vraie infrastructure de la morale.

Les vrais critères de la morale

Du point de vue islamique, les vrais critères de la morale sont au nombre de deux: a - Le respect de la dignité de l'homme; b - La recherche de la proximité d'Allah.

a - La dignité de l'homme

Le Saint Prophète a dit qu'il avait été envoyé pour perfectionner l'honneur et la dignité de l'homme.

Selon un autre hadith, l'Imam al-Çâdiq (P) a dit: «Allah, le Tout-Puissant a conféré aux prophètes de nobles qualités. Quiconque est béni de ces qualités doit être reconnaissant envers Allah, et quiconque ne les possède pas doit prier afin d'en être doté».

Le narrateur de ce hadith dit qu'il a demandé à l'Imam quelles étaient ces qualités. L'Imam lui a répondu: «La piété, le contentement, la tolérance, la gratitude, la patience, la munificence, la bravoure, le respect de soi, la rectitude morale, la véracité et l'honnêteté».

Le respect de soi signifie que celui qui travaille pour son bien-être et pour l'accomplissement de ses désirs, doit considérer les actes susceptibles de l'humilier et d'abaisser sa position comme incompatibles avec sa dignité humaine, et les actes propres à développer sa personnalité spirituelle et à rehausser sa position, comme étant un motif de fierté.

Chacun sait, par exemple, qu'une personne envieuse et jalouse ne mortifie ni n'humilie qu'elle-même. Une personne jalouse ne peut supporter le progrès et la prospérité des autres. Elle se chagrine devant leurs réalisations. Sa seule réaction est de faire tout ce qu'elle peut pour porter préjudice aux autres et déranger leurs plans. Elle ne se sent contente que lorsque les autres aussi sont privés de leur bonne chance et qu'ils deviennent comme elle. Chacun sait que de tels sentiments sont une vraie petitesse. Une personne qui ne peut tolérer le succès des autres est un individu indigne et sans personnalité.

II en va de même pour la mesquinerie. Une personne mesquine est si férue de sa fortune qu'elle ne supporte pas de s'en séparer et de la dépenser même pour son propre bien-être ou pour celui de sa famille. Elle ne dépense l'argent dans aucun but de charité. Bien évidemment un tel homme est prisonnier de sa fortune. Il se voit dégradé à ses propres yeux.

Ainsi, nous constatons que les sentiments du respect de soi et de la conscience de soi sont de vrais sentiments humains. Nous nous sentons transportés de joie lorsque nous accomplissons des actes tels que la tolérance, la chasteté, la persévérance, etc. Il y a d'autres actes, comme le mensonge, l'hypocrisie, la flatterie, la jalousie et la mesquinerie. Quand nous commettons n'importe lequel de ces actes, nous nous sentons humiliés. C'est notre sentiment intime et il n'est l'objet d'aucun enseignement ni d'aucune coutume ou habitude prévalant dans notre société particulière. L'Islam a sévèrement dénoncé de telles mauvaises qualités et a strictement interdit de les cultiver.

Certaines qualités, telles que la tolérance et le sacrifice de soi, sont des motifs d'honneur et des signes de largeur d'esprit et de grandeur d'âme. Un homme prêt à faire des sacrifices exerce un tel contrôle sur lui-même, et il est caractérisé par une telle personnalité, qu'il oublie ses propres intérêts à l'avantage des autres et pour assurer des désirs objectifs.

L'humilité, au sens du respect des autres et de la reconnaissance de leurs mérites, et non au sens de l'effacement ni de la soumission à la force, est aussi une noble qualité et un motif de dignité humaine. Cette qualité est le propre de ceux qui pratiquent l'auto-contrôle, qui ne sont pas égocentriques, et qui respectent les autres et reconnaissent avec réalisme leurs côtés positifs.

Ces qualités, qui constituent la base d'un caractère sublime, font partie de la haute morale islamique. Nous avons d'innombrables spécimens de ces qualités, et il est possible que des questions éthiques puissent être considérées plus ou moins comme étant relatives à la dignité humaine. C'est pourquoi le grand Prophète de l'Islam, résumant sa mission éthique, l'a décrite comme un perfectionnement des nobles caractéristiques de l'humanité.

b - La proximité d'Allah

Seuls les acte s qui rapprochent le plus l'homme d'Allah sont des actes désirables. En d'autres termes, l'homme doit développer et posséder les excellentes qualités que nous avons décrites lorsque nous avons traité des attributs d'Allah, à savoir: IL est Connaisseur, Puissant et Compétent. Tout ce qu'IL fait est bien calculé. IL est Juste, Compatissant et Pardonneur. Chacun jouit de Ses bénédictions. IL aime le Bien et déteste le Mal, et ainsi de suite. L'homme est proche d'Allah proportionnellement à sa possession de ces qualités. Si celles-ci sont enracinées en lui et qu'elles deviennent sa seconde nature, on peut dire qu'il a acquis la morale islamique.

Le Saint Prophète a dit: «Formez-vous vous-mêmes selon les attributs d'Allah».

Ainsi, les deux critères de la morale islamique sont: le respect de la dignité humaine, et la proximité d'Allah.

L'homme de l'Islam, abstraction faite des avantages et des désavantages personnels qu'il tire d'un acte ou d'une habitude quelconque, désire toujours ardemment savoir si, oui ou non, cet acte particulier (ou cette qualité particulière) est en rapport avec sa dignité humaine, et si, oui ou non, il l'aide dans sa marche en avant. Il considère comme désirables seulement les actes et les qualités qui développent sa dignité humaine et le rapprochent d'Allah. D'une façon similaire, il considère comme indésirables (et s'en abstient) les actes et les qualités qui sont nuisibles à sa dignité humaine et qui affaiblissent sa relation avec Allah. Il sait que l'observance de ces deux critères incite automatiquement l'homme à travailler pour ses intérêts et pour l'humanité tout entière.

LES TRAITS DE CARACTÈRE INCONVENANTS

L'homme de l'Islam doit se purifier des traits de caractère qui sont préjudiciables à sa perfection et à sa dignité, afin de pouvoir développer des habitudes constructives et saines, atteindre la maturité nécessaire pour être un homme meilleur, et obtenir la proximité d'Allah.

Maintenant nous nous proposons de mentionner quelques traits de caractère indésirables, qui dégradent l'homme qui sont incompatibles avec sa dignité, et qui nuisent énormément à la société humaine.

1. L'hypocrisie

L'hypocrisie signifie duplicité. Une personne coupable d'hypocrisie dit ce qu'elle ne pense pas et feint d'être ce qu'elle n'est pas. L'hypocrisie dans le domaine de la foi constitue une grande menace pour la société islamique. Une personne prétendant être un membre de la nation musulmane alors qu'elle ne l'est pas vraiment, est exactement comme un espion qui se dit être le soutien d'une nation alors qu'il est en réalité son ennemi et qu'il s'acharne à la trahir.

Dans d'autres domaines aussi, l'hypocrisie cause des dommages à beaucoup de membres de la société. Par exemple, si un individu prétend être l'ami et le partisan d'un autre, celui-ci le croyant être son ami sincère, lui confie ses secrets, le consulte dans ses affaires, et pourrait même l'associer à son travail. Mais si cet homme n'est pas sincère, il divulgue ses secrets et le trahit, au lieu de lui faire du bien. Le Saint Prophète a dit: «Un hypocrite est comme un tronc de palmier recourbé qu'on ne peut placer nulle part lorsqu'on chaume un toit. Son propriétaire n'a d'autre choix que de le brûler, car il ne peut servir à rien d'autre».

Ceux qui prétendent être les champions de la cause du peuple et les protecteurs de la foi et de la société, mais qui ont toujours un intérêt personnel à servir et qui n'hésitent pas à abaisser les autres, se montrent plus dangereux s'ils ont une position et une influence, car les gens placent leur confiance en eux et leur confient leurs affaires, les prenant pour des amis sincères, mais ils finissent par avoir de la peine et se sentir accablés de malheur.

Le Coran a sévèrement critiqué les hypocrites. Il les a dénoncés en trente-cinq occasions. Le ton sur lequel le Coran les fustige est si dur qu'il les inclut parfois dans la catégorie des infidèles (Sourate al-Tawbah, versets 69 et 74), et qu'il leur promet ailleurs le plus bas étage de l'Enfer.

Du point de vue coranique, les hypocrites sont une menace pour la société, car ils répandent le mal et empêchent ce qui est désirable. Le Coran dit: «Les hommes hypocrites et les femmes hypocrites s'ordonnent mutuellement ce qui est blâmable; ils s'interdisent mutuellement ce qui est convenable et ils ferment leurs mains. Ils ont oublié Allah, et Allah les a donc oubliés. Oui, ce sont les hypocrites qui sont pervers». (Sourate al-Tawbah, 9: 67)

Ils font tout ce qu'ils peuvent pour arrêter la marche de la vérité: «Lorsqu'on leur dit: "Venez à ce que Allah a révélé; venez pour être jugés par ce qu'Allah a révélé et acceptez l'arbitrage du Messager", tu vois les hypocrites se détourner de toi en s'éloignant». (Sourate al-Nisâ', 4: 61)

Ils n'hésitent même pas à exercer la pression économique sur les croyants dans le but d'entamer leur moral et de les détourner du Droit Chemin: «Ce sont eux qui disent: "Ne dépensez rien pour ceux qui sont auprès du Prophète d'Allah, afin qu'ils se séparent de lui", alors que les trésors des Cieux et de la Terre appartiennent à Allah; mais les hypocrites ne comprennent pas». (Sourate al-Munâfiqoun, 63: 7)

Cependant, ils ont très peur que leur infamie ne soit mise à nu: «Les hypocrites redoutent que l'on fasse descendre sur eux une sourate leur montrant ce qui se trouve dans leurs coeurs. Dis: "Moquez-vous! Allah fera surgir ce que vous redoutez!"». (Sourate al-Tawbah, 9: 64)

Ils sont toujours effrayés et prennent toute voix qui vient vers eux pour quelque chose qui se fait contre eux: «Les hypocrites pensent que tout cri est dirigé contre eux. Ils sont des ennemis. Méfie-toi donc d'eux». (Sourate al-Munâfiqoun, 63: 4)

Pour tromper les autres et pour essayer de prouver leur propre innocence, ils n'hésitent pas à jurer: «Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: "Nous attestions que tu es le Prophète d'Allah!" Allah sait que tu es Son Prophète. Mais Allah atteste que les hypocrites sont menteurs». (Sourate al-Munâfiqoun, 63: 1)

Toutefois, dès qu'ils sont pris en flagrant délit, ils nient leurs méfaits et persistent encore à prétendre être les amis des Musulmans: «Que feraient-ils, si une calamité les atteignait pour prix de ce qu'ils ont commis de leurs propres mains? Ils reviendraient à toi, ils jureraient par Allah: "Nous ne voulions que le bien et la concorde!" (Sourate al-Nisâ', 4: 62)

Quand ils sont invités à coopérer, ils font des promesses solennelles, mais le moment venu, ils reviennent tout simplement sur leur parole et trahissent: «Certains d'entre eux ont fait un pacte avec Allah en disant: "S'IL nous accorde une faveur, nous ferons sûrement l'aumône et nous serons au nombre des justes." Mais lorsque leur a été accordée une faveur, ils en sont devenus avares et ils sont revenue sur leur promesse, en ignorant leur serment». (Sourate al-Tawbah, 9: 75-76)

L'hypocrisie est une source de trouble aussi bien pour l'hypocrite que pour les autres. Ces caractéristiques sont le signe de sa médiocrité, de la noirceur de son âme, de son éloignement d'Allah, et de son manque de personnalité. Une personnalité multiple signifie un manque de personnalité. Un hypocrite n'a pas de dignité humaine et il est très écarté d'Allah.

«Les hypocrites cherchent à tromper Allah, mais c'est Lui qui les trompe. Lorsqu'ils se lèvent pour la prière, ils se lèvent avec paresse. Ils font la prière seulement par ostentation. Ils se rappellent Allah, mais très peu. Ils balancent entre ceci et cela, mais ne suivent ni les uns ni les autres. Tu ne trouveras pas de chemin pour celui qu'Allah laisse dans l'égarement». (Sourate al-Nisâ', 4: 142-143)

A propos des hypocrites, I'Imam Ali (P) dit: «O gens! Je vous encourage à la piété et je vous mets en garde contre les hypocrites qui sont égarés et qui égarent les autres. Leur voie est fausse et trompeuse. A chaque moment ils portent une nouvelle couleur et changent d'apparence. Ils vous exploitent à leur propre avantage. Ils vous attaquent toujours par surprise. Leurs coeurs sont malades, bien que leur apparence extérieure soit enchanteresse. Leur approche est subreptice. Ils envient la fortune des autres et leur créent des troubles. Ils détruisent les espoirs, et c'est à cause d'eux que beaucoup de gens sont ruinés. Ils prétendent être les amis des autres et versent des larmes de crocodile sur leurs malheurs. Ils font l'éloge des autres dans l'espoir d'être complimentés en retour par eux. S'ils sollicitent quelque chose ils insistent pour l'avoir. S'ils cherchent querelle à quelqu'un, ils le calomnient. Ils prononcent un mauvais jugement, inventent des mensonges pour aller à l'encontre de toute vérité, et posent des pièges sur le chemin de tout investigateur. Ils ont désigné un bourreau pour chaque homme vivant. Pour atteindre leurs fins vicieuses, ils ont fait des clés pour ouvrir toute porte, et des lampes pour allumer une lumière dans toute nuit noire, afin de pouvoir désorganiser les plans des autres et gagner une popularité à leur propre bénéfice. Lorsqu'ils parlent, ils trompent. Lorsqu'ils expliquent, ils stupéfient. Ils tendent un piège aux gens pour les faire coopérer avec eux, et ensuite ils leur ferment toute porte de sortie».

2. L'arrogance

La fausse fierté et le comportement arrogant résultent soit du fait d'avoir une haute opinion de soi-même, soit du fait de souffrir d'un complexe d'infériorité. L'Imam al-Çâdiq (P) a dit: «L'arrogance, c'est rabaisser les autres et n'être pas juste». Il a dit, en une autre occasion, que l'arrogance et la désapprobation des autres sont le résultat du complexe d'infériorité. L'arrogance est un signe de manque de sens commun.

L'Imam al-Çâdiq (P) dit aussi:

«La sagesse pratique de quelqu'un décroît exactement proportionnellement à l'augmentation de son arrogance».

Celui qui peut apprécier avec réalité sa propre valeur et sa propre position est toujours juste envers les autres. Il admet volontiers leurs bons côtés et accepte la vérité. II n'est jamais arrogant. Celui qui arbore un air de supériorité souffre en réalité d'un complexe d'infériorité. Il sait qu'il a beaucoup de défauts et, à cause de cela se sent angoissé. Mais au lieu de faire un effort pour corriger ses défauts, il essaie de les dissimuler, et pur soulager son complexe, il prend de grands airs et se montre hautain. En réalité, toute cette grandeur n'appartient qu'à Allah. C'est Lui seul qui possède une perfection infinie. C'est Lui qui est Omnipotent, Omniscient, Suprême et le Souverain Absolu.

Donc, IL est le Seul à pouvoir se décrire comme Grand et à se montrer grand, car IL est vraiment Grand. Mais il ne convient pas aux autres, qui ont été créés et élevés par Lui, qui sont contrôlés par Lui et qui n'ont rien qui leur appartiennent en propre, de se considérer comme étant grands ou de se montrer grandioses. Ils peuvent, bien entendu, accéder à une réelle mais relative grandeur en acquérant la connaissance et une excellence spirituelle, en cultivant d'excellentes qualités morales et en cherchant la proximité d'Allah. Mais ils ne doivent pas prendre de grands airs, même s'ils ont toutes les versus.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«L'arrogance est une caractéristique du méchant. La grandeur est un vêtement qui sied uniquement à Allah. Allah avilit absolument quiconque rivalise de grandeur avec Lui».

Les orgueilleux sont le fléau de la société. Ils sont si égoïstes qu'ils croient que seulement ce qu'ils pensent est juste. Pratiquement, ils ne voient que leurs propres intérêts et ne respectent que leur propre personnage. Comme ils pensent que tous les mérites leur appartiennent exclusivement, ils n'attachent aucune importance aux droits et à la situation des autres. Ils s'attendent à ce que tous les autres se soumettent à eux et leur obéissent. Ils ne tolèrent que ceux qui s'agenouillent devant eux et qui acquiescent à tout ce qu'ils désirent. Des gens si arrogants deviennent progressivement despotiques. Ensuite, ils n'hésitent pas à commettre n'importe quel excès et se considèrent comme les maîtres de la vie, de la propriété et de l'honneur des autres. Cette situation est diamétralement opposée aux principes éducatifs et sociaux de l'Islam.

L'Islam croit à l'égalité de tous les hommes. Etant tous la création d'Allah l'Unique, ils ont des droits commune. Du point de vue islamique, l'usurpation des droits même des membres les plus faibles de la société n'est pas tolérable. Personne n'a le droit de se considérer comme supérieur aux autres et comme étant leur maître.

Un homme despotique et arrogant, non seulement fait du tort à lui-même et déprécie sa valeur et sa dignité humaine, mais aussi s'aliène les autres et les fait s'éloigner de lui. Non seulement il enfreint les droits des autres, mais aussi il déclare la guerre à Allah et Lui dispute Sa puissance et Sa grandeur.

«On leur (aux incrédules) dire: "Franchissez les portes de la Géhenne pour y demeurer immortels." Combien est détestable le séjour des arrogants!» (Sourate al-Zumar, 39: 72)

«Moussâ a dit: "Je cherche la protection de mon Seigneur et votre seigneur contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour du Jugement». (Sourate al-Mo'min, 40: 27)

«Allah met un sceau sur le coeur de tout tyran orgueilleux». (Sourate al-Mo'min, 40: 35)

3. La diffamation

La calomnie est le fait de rapporter malicieusement des paroles cites à propos d'une personne, souvent dans l'intention de créer un malentendu et l'hostilité entre deux vieux amis ou deux familles. C'est le plus haut degré de la mesquinerie que d'essayer d'allumer le feu de l'inimitié et de la rancune entre deux personnes, et de les inciter à être à couteaux tirés.

Le Coran nous encourage à ne pas écouter ces colporteurs de mal qui font courir la calomnie. Il dit à ce propos: «N'obéis pas à celui qui profère des serments et qui est vil, a diffamateur qui répand la calomnie...» (Sourate al-Qalam, 68: 10-11)

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«La plus grande sorcellerie est le cafardage qui éloigne les amis les uns des autres et sème l'inimitié entre eux. Il provoque l'effusion de sang et ruine les familles. Cette action débouche sur la divulgation des secrets et la mise à nu des gens. Le calomniateur est le pire homme de la Terre».

Plusieurs autres péchés vont de pair avec la calomnie, comme l'a souligné l'Imam al-Hassan al-Mujtabâ (P) qui a dit:

«Si une personne vient à toi et dit du mal contre quelqu'un, tu dois savoir qu'elle est en train de dire vraiment de mal de toi. Il convient que tu considères une telle personne comme ton ennemi et que tu ne lui fesses pas confiance, car mensonge, la médisance, la tricherie, la fourberie, la tromperie, la jalousie, l'hypocrisie, la duplicité et la manie de provoquer des dissensions vont de pair avec la calomnie».

L'Imam Ali (P) a dit:

«Le pire d'entre vous est celui qui calomnie et qui sème discorde entre les amis. Il trouve à redire même contre les innocents».

Un Musulman décent ne tolère jamais la calomnie. s'abstient même d'écouter un calomniateur et de croire à ses racontars.

Le Saint Prophète a dit:

«Un calomniateur n'entrera pas au Paradis».

4. Le mensonge

Le mensonge peut être considéré comme la racine de beaucoup de maux, tels que la calomnie, la duplicité, la fraude, la fourberie, le faux témoignage, le mauvais jugement, l'hypocrisie, etc...

Le saint Prophète a dit: «Il y a trois signes qui font connaître un hypocrite:

1. Lorsqu'il parle, il dit des mensonges;

2. Lorsqu'il promet, il revient sur sa parole;

3. Lorsqu'on lui confie un bien, il le détourne.

Le mensonge égare beaucoup de gens. Ceux qui font confiance à un menteur et le croient, s'égarent. Si la fausseté qu'il prononce appartient au domaine du dogme, il ébrèche la faculté de pensée des gens et mine leurs croyances fondamentales.

Un menteur perd la confiance des gens. Un menteur ne peut cacher toujours son mensonge. Un jour la vérité doit apparaître. C'est alors que le menteur voit son image ternie à tout jamais.

Un menteur se trahit lui-même tout en trahissant les autres. II est toujours en conflit avec sa conscience, car il dit le contraire de ce qu'il a dans le coeur. Il est en conflit avec les réalités du monde aussi, car il essaie de les déformer.

L'Imam Ali (P) a dit:

«Un Musulman doit s'abstenir de nouer des relations amicales et fraternelles avec un menteur, car celui-ci continue de dire des mensonges jusqu'à ce que les gens cessent de le croire même lorsqu'il dit la vérité».

Selon l'Imam al-Çâdiq (P), l'Imam Ali (P) a dit:

«Celui qui ment souvent ruine son prestige et sa crédibilité».

Il est évident qu'un menteur dit des mensonges soit par peur, soit par cupidité. Dans les deux cas, il s'agit d'une faiblesse répugnante pour la dignité. Le mensonge altère la pureté spirituelle et la chasteté de la conscience, et il est incompatible avec tous les critères de la morale islamique, mentionnés plus haut.

A l'opposé, la vérité et la franchise sont les signes de la personnalité de l'homme, de sa dignité, et de sa grandeur. Un homme qui est connu pour sa véracité, jouit de la confiance et du respect de tout le monde. Non seulement il a la conscience tranquille, mais il jouit en outre d'un prestige social. Allah et les gens à la fois, sont contents de lui. En fait, la véracité est un signe évident de la foi. Un menteur ne peut se considérer comme un vrai Musulman.

Le Prophète de l'Islam a dit:

«Personne ne peut avoir une vraie foi sans avoir un vrai coeur, et personne ne peut avoir un vrai coeur sans avoir une langue véridique».

L'Imam Ali (P) a dit:

«Personne ne peut sentir la foi sans s'abstenir de mentir sérieusement ou par plaisanterie».

5. La médisance et la calomnie

L'Imam al-Redhâ (P) a dit: «Si une personne parlant d'une autre personne en son absence, formule à son encontre une accusation qui est vraie et dont les gens ont connaissance, cela ne constitue pas une médisance. Toutefois, si l'accusation est vraie, mais ignorée des gens, elle équivaut à une médisance. Mais si elle est fausse, cela devient une calomnie».

La médisance est un péché et un acte déloyal, car d'une part, elle diffame et humilie une personne et, d'autre part, en faisant la publicité des mauvaises actions et des actes répréhensibles, elle permet de les populariser et d'atténuer progressivement leur indécence aux yeux des gens.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Quiconque parle le premier d'une mauvaise action d'un Musulman, qu'il en soit le témoin oculaire ou qu'il en ait entendu parler - sera au nombre de ceux dont Allah a dit: «Ceux qui répandent les scandales parmi mes croyants subiront un châtiment douloureux en ce monde et dans la vie future». (Sourate al-Nour, 24: 19)

Si on ne divulgue pas sans nécessité les péchés et les fautes de ceux qui en commettent, on permet à ces derniers d'avoir l'honneur sauf et on empêche les mauvaises actions de se répandre parmi le grand public. L'Islam a tellement dénoncé la médisance que le Coran la compare à l'action de manger la chair de son propre frère mort.

«Ne cites pas de mal les uns des autres. L'un d'entre vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? Non, vous en auriez horreur!» (Sourate al-Hujurât, 49: 12)

L'Islam insiste sur les profondes relations d'amitié et de fraternité entre les gens. Il veut qu'aucun sentiment maladif ne se développe parmi eux. Il ne veut pas que l'on puisse jouer avec l'honneur d'autrui. C'est pour cela qu'il dénonce si sévèrement la médisance.

La première chose qu'il convient de faire pour combattre la médisance, c'est de ne pas prêter l'oreille à ce que dit le médisant. Ce faisant, non seulement nous le décourageons, mais nous interceptons pratiquement son commérage. Un parleur est naturellement découragé si son interlocuteur montre de l'aversion pour ce qu'il dit. D'autre part les auditeurs crédules encouragent les médisants à raconter leurs récits dans un style plus pompeux, et même à aller plus loin pour fabriquer des histoires fausses et malicieuses. C'est pourquoi, l'Islam considère celui qui prête une oreille attentive à la médisance comme un complice du médisant.

Bien qu'en règle générale la médisance soit incompatible avec les principes moraux de l'Islam, il arrive parfois que pour des considérations sociales une mauvaise action soit divulguée.

Nous rapportons ci-après un peu plus d'explication donné à ce sujet par Cheik Bahâï.

Les savants Musulmans (les Uléma) considèrent la divulgation des fautes et des péchés d'autrui comme légale seulement dans les circonstances suivantes:

a - Le témoignage

Lorsqu'un tribunal islamique appelle un témoin dans une affaire criminelle, celui-ci doit relater devant celui-ci exactement ce qu'il sait à propos du crime. Il ne fait pas de doute que le témoin divulgue ici le péché ou la faute de l'accusé, contre son désir, mais la justice exige qu'il fasse une déclaration franche, selon sa conscience, et sans perdre de vue qu'Allah connaît tout ce qu'il dit.

b - S'abstenir du mal

Comme nous le savons, il est du devoir d'un Musulman d'empêcher les autres de commettre des crimes et des péchés. Cette action préventive est de plusieurs degrés, dont quelques uns sont plus sévères que d'autres. Si un délinquant s'apprête à commettre secrètement un crime, et qu'il refuse de renoncer à son projet à moins qu'il ne se sente en danger d'être dénoncé, il est nécessaire de divulguer sa mauvaise intention afin de l'empêcher d'exécuter son action nuisible.

c - La plainte

Si on subit un préjudice, on a le droit de se défendre et de porter plainte contre l'offenseur.

d - La guidance et la consultation

Si une personne désire se marier avec une autre, ou qu'elle veut s'associer avec elle dans une affaire, ou conclure toute autre sorte de contrat avec elle, elle doit naturellement faire une enquête sur l'autre. Dans de tels cas tous ceux qui sont consultés à ce propos doivent dire la vérité telle qu'ils la connaissent exactement. Mais ils doivent prendre soin d'éviter de dire du mal de quelqu'un sans nécessité, ou de parler de lui malicieusement, et donc de porter atteinte aux intérêts des parties concernées.

e - La dénonciation du faux témoignage

C'est la dénonciation du mensonge de quelqu'un qui a fait un faux témoignage, échafaudé un faux rapport ou exprimé une opinion ou un avis faux.

f - Le classement

Le classement des savants et des gens de profession libérale en vue d'informer le grand public et afin de permettre à chacun de trouver le médecin, l'artisan ou le savant convenable.

6. La jalousie

On rencontre normalement, dans chaque société, des individus qui acquièrent par de grands efforts ou par leur talent, une certaine distinction, telle qu'une connaissance extraordinaire, une compétence technique au-dessus de la moyenne, des enfants louables, un haut revenu légal, des réalisations éducatives, etc... La réaction des gens vis-à-vis de telles personnes est variable: les uns restent indifférents. D'autres se sentent heureux que quelqu'un soit prospère ou qu'il ait obtenu une distinction.

Toutefois certains autres commencent à se demander pourquoi eux-mêmes n'ont-ils pas des réalisations similaires, et ils s'efforcent de progresser et d'obtenir ce qu'ils n'ont pas, dans un esprit d'émulation constructive. Mais ils n'envient pas les autres.

Cependant, certaines personnel ne peuvent supporter le bien-être des autres. Ils désirent avoir pour eux tout ce qui est bon, à l'exclusion des autres. Le progrès des autres les met mal à l'aise; et au lieu de faire des efforts pour réaliser des progrès eux aussi, ils expriment leur malaise en disant du mal des autres et en essayant de leur nuire. Une telle réaction s'appelle jalousie, laquelle est un vice choquant et inadmissible, mais malheureusement très courant parmi les hommes, les femmes, les jeunes et les vieux. Même certains parmi ceux qui détiennent eux-mêmes une haute position se sentent choqués par le progrès des autres. Tant que la jalousie n'est pas accompagnée d'une action correspondante, elle ne nuit qu'au jaloux lui-même, lequel éprouve un malaise dans son coeur. Mais dès qu'elle se traduit en actions, elle prend la forme de mauvaise langue, médisance, calomnie, etc...

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Celui qui a les trots vices suivants est sans foi l'avidité, la jalousie et la timidité».

«La racine de la jalousie est l'aveuglement du coeur et la contestation de la Bénédiction divine. Ce sont là les deux ailes de l'infidélité».

«Une personne jalouse se voit accablée de malheurs et trouve dans un danger auquel on ne peut échapper».

L'Imam Ali (P) a dit:

«C'est une punition suffisante pour une personne jalouse de vous, le fait qu'elle soit affligée lorsque vous êtes heureux».

«Je n'ai jamais vu un oppresseur qui ressemble tant à un opprimé que le jaloux. Il est toujours triste, déprimé et malheureux».

L'Imam al-Naqî (P) a dit:

«Une personne jalouse fait plus de mal à elle-même qu'aux autres».

La jalousie est en fait le signe de nombreux défauts et maladies, à savoir:

a - Un jaloux est égoïste et veut que tout soit pour lui-même à l'exclusion des autres.

b - Il a un esprit étroit; autrement, il ne réagirait pas de cette façon aux progrès réalisés ou à la distinction obtenue par un autre.

c - Il a une courte vue. C'est pourquoi il ne peut pas penser que les autres aussi ont le droit d'avoir une position.

d - Il est agressif, car il est prêt à porter un coup à autrui et à mettre en danger sa position et la paix de l'esprit dans l'espoir de soulager, comme il le croît, son propre complexe.

La lutte contre la jalousie

Le meilleur moyen de lutter contre la jalousie est que le jaloux lui-même fasse des efforts en vue de réaliser un certain succès et obtenir une certaine distinction. Naturellement, un homme qui ne s'occupe que de lui-même a peu de temps pour envier les autres. Dans la plupart des cas sa largeur d'esprit et sa tendance à l'extraversion sont ranimées et il sort de sa coquille. Il commence ainsi à prendre les autres aussi en compte, et à sentir qu'il est étroitement lié aux autres êtres humains. Son sentiment d'affection et d'amour pour l'humanité est réveillé. Non seulement il ne se chagrine pas devant la prospérité des autres, mais il se voit désireux de faire des sacrifices pour eux.

Nous avons vu que la jalousie est une maladie spirituelle et un signe d'étroitesse d'esprit. Elle cause un malaise intérieur chez le jaloux et prive les autres de leur paix. C'est un fléau qu'il faut enrayer. Mais tout cela ne signifie pas que nous ne devions pas prendre des mesures contre ceux qui commettent toutes sortes d'agressions, qui privent les autres de leurs droits légitimes, ou qui occupent par des moyens détournés des posses qu'ils ne méritent pas. Ce n'est pas de la jalousie que de prendre des mesures en vue de restaurer les droits et de contenir l'injustice et la duperie. C'est une autre chose. L'injustice, la discrimination et l'agression, de quelque forme qu'elles puissent être, doivent être combattues et stoppées d'une façon efficace. L'indifférence et le silence dans de tels cas sont, en eux-mêmes, un péché moral.

Donc ce n'est pas de la jalousie que de critiquer une personne qui acquiert une richesse par des moyens injustes, de défaire quelqu'un d'une position qu'il ne mérite pas. Nous ne devons pas être indifférents à l'obtention du pouvoir et de l'honneur par des moyens illégaux, mais nous devons essayer de mettre un terme à l'injustice et nous assurer que l'homme méritant obtient son dû.

COMMENT PURIFIER L'ÂME DE CES POLLUTIONS

Les principes de l'éducation islamique visent à purifier l'homme et à débarrasser son âme de toute pollution. Bien entendu il n'est pas facile d'enrayer un mauvais trait de caractère, surtout lorsqu'il est bien enraciné et qu'il est devenu une habitude. En tout cas, ce mystérieux être qu'est l'homme abonde en capacités. Même changer une habitude n'est pas impossible pour lui. Cela n'est pas seulement possible, mais aussi praticable. Tout ce qu'il faut pour ce faire, c'est de mettre en valeur toutes les potentialités de l'homme, et de rendre favorables les conditions du milieu.

Tout d'abord l'homme doit compter sur ses propres moyens intérieurs. Pour réussir à se réformer, l'homme doit tenir compte de deux facteurs importants: l'un est une attitude correcte qui donne une nouvelle tournure à ses désirs, l'autre est une forte volonté. Cette dernière, doublée d'un grand enthousiasme, est nécessaire pour prendre et rendre effective une décision ferme en vue d'opérer des changements. Si une forte volonté est accompagnée d'une attitude correcte, le processus de réforme se met en marche, comme nous le suggère le Coran: «Allah ne modifie rien en un peuple avant que celui-ci ne change ce qui est en lui». (Sourate al-Ra'd, 13: 11)

C'est pourquoi, l'Islam soutient que la conscience personnelle de l'homme et sa forte volonté joueront un rôle important dans son auto-réforme.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Vous êtes votre propre médecin. Vous connaissez votre maladie et son remède. Il reste à savoir dans quelle mesure vous êtes préparés à saisir l'occasion pour prendre soin de vous-mêmes». Il a dit aussi: «Allah ne permet pas que soit consigné dans l'Enfer celui qui pratique l'auto-contrôle dans tous les états où il se trouve: enthousiasme, passion, plaisir ou colère».

Un homme qui se contrôle, qui pense toujours juste, qui prend des décisions correctes, qui ne succombe pas aux émotions agitées, aux passions transitoires, aux vieilles habitudes, peut se préserver de tous troubles et se mettre à l'abri du feu de l'Enfer.

L'Islam ne dit pas que nous devons seulement suggérer aux autres de faire le bien. Il ne dit pas non plus que nous devons les y forcer. Il nous demande seulement de faire quelque chose pour réveiller la conscience de l'homme et pour enrayer son ignorance et son étroitesse d'esprit, afin de le rendre capable de penser juste et de prendre une décision indépendante.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit: «L'ennemie (diable) monte sur le cou de celui qui n'est ni favorisé par un auto-prêche, ni par une compagnie qui le guide».

Donc la liberté et l'honneur de l'homme dépendent de L'auto-critique, de l'existence d'un conseiller interne.

Le Coran apprécie tellement cette faculté intérieure d'auto-critique , nécessaire à l'auto-formation, qu'il jure par elle. Il dit, en effet: «Non!... Je jure par le Jour de la Résurrection! Non! Je jure par l'âme qui se blâme!» (Sourate al-Qiyâmah, 75: 1-2)

D'autres versets du Coran concernant l'auto-formation montrent que ce Livre Divin considère l'auto-critique comme la pierre angulaire de l'auto-formation.

L'Islam veut que les sentiments et la condition de l'homme soient sous le contrôle et au service de ce dernier.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Transforme ton coeur en un ami vertueux et un fils soumis, et transforme ton savoir en un père à qui on obéit de coeur. Considère la pollution de ton âme comme ton ennemi que tu dois combattre».

La piété

Un tel homme est pieux. Il est attentif. Il observe les restrictions qui lui sont imposées, par amour d'Allah et de la vérité. Il jouit d'une totale liberté, mais il est subordonné à Allah, et c'est cette subordination qui le protège de l'asservissement aux autres. Avant de faire quoi que ce soit, il se demande tout d'abord si son action plaira ou déplaira à Allah.

Il peut s'accommoder du déplaisir de tout autre qu'Allah, mais déplaire à Allah lui est insupportable. Il s'abstient de tout ce qui peut déplaire à Allah. Cette abstinence, et cet abandon aux restrictions nécessaires, constituent la piété.

Une personne pieuse ne peut être contrainte par aucune menace de commettre un péché, et ni l'argent, ni le pouvoir, ni la convoitise ne peuvent l'allécher. Le rôle de la piété est si important que le Coran la considère comme le seul critère de la valeur de l'homme:

«Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah est le plus pieux d'entre vous». (Sourate al-Hujurât, 49: 13)

La noblesse d'un homme dépend de sa pureté et de son auto-contrôle. Celui qui est le plus pieux est le plus noble.

Il existe beaucoup d'autres versets et de hadiths sur le sujet de la piété. Nous citons ci-après la traduction d'une partie du célèbre sermon prononcé par l'Imam Ali (P), sur la piété, à la demande de l'un de ses compagnons nommé Hammun:

«Les gens pieux sont vertueux. Ils disent la vérité. Ils s'habillent d'une façon modeste. Ils parlent sans prétention. Ils écoutent attentivement toute information éclairante et utile. Ils sont optimistes aussi bien dans l'adversité que dans la prospérité. Allah s'est manifesté si profondément dans leur coeur qu'ils n'attachent d'importance à rien d'autre.

»Un homme pieux est d'une foi inébranlable. Sa foi est solide et accompagnée de conviction. Il languit pour la connaissance. Il est indépendant, mais modéré. Il est tout soumis lorsqu'il prie. Il reste digne même lorsqu'il est pauvre. Il fait montre de patience dans la difficulté. Il cherche toujours des moyens de subsistance légaux. Il est plein d'enthousiasme pour le Droit Chemin. Il se garde bien d'être avare. Il n'a pas de désirs répréhensibles. Il contrôle sa colère. Tout le monde attend de lui qu'il soit bon envers eux, et personne ne peut penser qu'il lui veuille du mal. Il ne parle pas méchamment. Il parle doucement. Il ne fait rien de répréhensible. Tout ce qu'il fait est souhaitable. Il est calme et tranquille, même en cas de perturbations. S'il est dans l'aisance , il est reconnaissant. Il ne commet pas un péché par amour pour un ami. Il n'offense pas les autres en les insultant ou en les diffamant. Il ne fait pas tort à son voisin. Il souffre les difficultés, mais les autres n'ont rien à craindre de lui. Il s'efforce d'obtenir le salut dans l'Au-delà, mais il ne nuit à personne. S'il approche de quelqu'un, c'est parce que ce dernier a de l'affection et de la bonté. Il ne s'écarte de personne par vanité, ni ne se lie d'amitié avec personne pour le duper». (Nahj al-Balâghah, extrait du Sermon 191)

La consolidation de la force de la volonté

Nous pouvons conclure, d'après les discussions qui ont précédé que, dans sa marche évolutive, l'homme doit avant tout tirer parti de sa force intérieure, et cela dépend la plupart du temps de deux choses: primo, sa force de volonté, secundo, sa propre conscience et sa largeur d'esprit.

Pour consolider sa volonté, il doit entreprendre les pratiques nécessaires et recourir à des exercices adéquats. L'un des rôles importants et appréciables de toute école dogmatique est de transformer les hommes en des individus responsables en leur inculquant la bonne habitude de maintenir les principes et les règles d'une vie correcte, qui sert de support à leur force de volonté, afin qu'ils ne succombent pas à l'égoïsme, aux passions, et à la tendance à l'abandon. L'ordre que l'Islam donne, de prier cinq fois par jour, de prendre soin de la propreté du corps et des vêtements, de s'assurer que le lieu de la prière n'est pas détourné, de se diriger vers la qiblah en priant, d'observer le programme spécial de jeûne tout au long du mois de Ramadhân, vise à conférer à l'homme le sens de la responsabilité et le pourvoir d'une base solide pour la régularité de sa vie.

La relation entre le jeûne et la consolidation de la force de la volonté

Nous avons déjà appris qu'il est obligatoire pour tous les Musulmans, hommes et femmes adultes et sains d'esprit, et à condition qu'ils ne soient ni en voyage, ni malades, vieillards ou infirmes, de jeûner pendant le mois du Ramadhân , c'est-à-dire de s'abstenir de manger, de boire, d'avoir des relations sexuelles, de plonger la tête dans l'eau, d'avaler de la poussière épaisse et de tous les autres actes invalidant le jeûne.

Cette résistance aux passions, aux désirs éveillés et réveillés et aux forces intérieures en sommeil, et cette endurance de la faim et de la soif, constituent pour l'homme un exercice d'auto-contrôle et le rendent capable de tenir bon et de ne pas succomber facilement aux bas désirs, tels que le déchaînement du désir sexuel, de la colère et de l'égoïsme.

L'homme est toujours sujet à être débordé par un nombre de désirs susceptibles de l'égarer, tels que le désir d'acquérir une fortune par un moyen illégal, le désir d'avoir des contacts physiques illicites, la lascivité, les différentes tentations, etc...

Il y a beaucoup de désirs, de passions et de tentations qui sont prêts à s'enflammer et à asséner un coup à la dignité et à la position de l'homme. Il est, en tout cas, possible qu'il puisse augmenter sa force de résistance et d'auto-contrôle, résister à tout mal, ne pas succomber à toute tentation et ne pas répondre à tout appel. Au moment de l'éruption d'un désir illégal, il doit exercer l'auto-censure et faire appel à son sens commun, penser à l'avenir et ne pas perdre de vue le résultat final, afin de ne pas se sacrifier à une passion éphémère.

Pour développer progressivement cette force de résistance, on doit avoir l'occasion de lutter contre ses désirs et ses plaisirs personnels. Le jeûne fournit une telle occasion. Il apporte l'aide nécessaire au développement de cette résistance. Le Coran décrit le rôle créatif du jeûne dans les termes suivants: «O vous qui croyez! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux générations qui vous ont précédés, afin que vous pratiquiez la piété (et restiez fermes face aux péchés et aux erreurs)». (Sourate al-Baqarah, 2: 183)

Le retour au droit chemin - Le repentir

Un pécheur est contaminé par son péché. Il est au bord de l'abîme. Mais il peut toujours commencer à lutter contre ses mauvaises habitudes. C'est lui qui s'est enfoncé si profondément dans l'action pécheresse, et c'est à lui de prendre maintenant la décision de se réformer.

L'homme a la potentialité de retourner au Chemin Droit de la pureté. Allah lui a laissé ouverte la voie du retour. IL ne ferme jamais Sa Porte à un pécheur. Cette invitation d'Allah, le Compatissant, reste toujours ouverte:

«Dis: "O serviteurs d'Allah! Vous qui avez commis des excès contre vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Allah pardonne tous les péchés (que vous avez commis par inconscience et dont vous vous repentez sincèrement à présent). Oui, Allah est le Pardonneur, le Miséricordieux."» (Sourate al-Zumar, 39: 53)

Cet appel au repentir et la possibilité d'être pardonné est très encourageant et doit inciter chacun à se réformer le plus tôt possible et à retourner au Droit Chemin. Il ne doit nullement pousser à la léthargie.

En effet, certaines gens ont l'absurde impression que, la voie du repentir étant toujours ouverte, on peut continuer à commettre des péchés aussi longtemps qu'on le désire et jusqu'au jour où on décide finalement de saisir une occasion de se repentir. Si cela se passait vraiment ainsi, la promesse de garantir le pardon équivaudrait à encourager les hommes à plonger en permanence dans le péché. Mais la vérité est tout autre. Plus on s'habitue au péché, plus faible devient la volonté de prendre une décision. L'âme devient morne, avec cette conséquence que le désir de retourner au Droit Chemin se meurt complètement.

En outre, comment petit-on savoir que l'occasion du retour continuera d'exister? Etant donné que l'heure de la mort d'aucune personne n'est connue, qui peut savoir combien il vivre encore et quelles seront les circonstances de son avenir?

Le vrai repentir signifie que la personne qui l'épouse doit avoir honte de ce qu'elle a fait, et être encline à se réformer.

On doit prendre le plus tôt possible les mesures pratiques pour se soigner, exactement comme le fait un malade empoisonné ou atteint d'une maladie. Si un tel malade, au lieu de suivre un traitement complet de l'empoisonnement, ou de prendre immédiatement des piqûres antibactériennes, laisse tomber son traitement, pensant qu'une quelconque sorte de remède existe après tout, sa maladie pourrait devenir chronique et finalement incurable.

Le Saint Prophète a dit: «Chaque maladie a un remède, celui des péchés est le repentir».

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Dès qu'un croyant commet un péché, Allah lui garantit un délai de sept heures. S'il demande pardon et se repent pendant ce délai, son péché n'est pas enregistré contre lui. Mais si ce délai est passé sans qu'il se repente, son péché est marqué contre lui».

Lorsqu'on avait demandé au Saint Prophète qui sont les gens bons, il a répondu: «Ceux qui se sentent heureux lorsqu'ils font quelque chose de bien. S'ils commettent un péché, ils demandent pardon et se repentant. Si quelqu'un leur rend un service, ils lui en sont reconnaissants. S'ils sont affligés par une détresse, ils l'endurent avec patience. S'ils sont contrariés par quelqu'un, ils ne tardent pas à lui pardonner».

Si un homme se repent vraiment d'un péché, cela signifie que sa foi est vivante et qu'il distingue encore le bien du mal. S'il se sent bien devant une bonne action, et mal à l'aise devant une mauvaise action, il est évident qu'il peut être encore réformé.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Celui qui est content de ses bonnes actions et qui regrette ses erreurs est un croyant».

Ce sentiment est un stimulant qui amène l'homme vers le Droit Chemin et l'empêche de se jeter dans les interdits.

L'Imam Ali (P) a dit:

«Se repentir d'un péché, oblige celui qui l'a commis à l'abandonner».

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Si un homme commet un péché, et qu'il regrette sincèrement de l'avoir commis, Allah lui pardonne avant qu'il demande pardon. Si Allah accorde une faveur à quelqu'un et que celui-ci sent qu'Allah a été Bon envers lui, Allah lui pardonne avant qu'il n'exprime sa gratitude».

Le sentiment inconscient de regret s'appelle parfois "honte" (hayâ') et est considéré par l'Islam comme une grande vertu.

L'Imam al-Sajjâd (P) a dit:

«Il y a quatre qualités qui donnent à l'homme une foi parfaite et le purifient de tout péché, s'il les possède. Ce sont: le respect des engagements, la véracité, le fait d'avoir honte de commettre un acte répréhensible aux yeux d'Allah et des gens, le fait de se conduire bien et d'être poli avec sa famille».

Selon les Traditions islamiques, Allah a dit dans les Psaumes de Dâoud:

«O Dâoud! Ecoute ce que Je dis, car Je te dis la Vérité: Quiconque vient à Moi avec le sentiment de regret des péchés qu'il a commis et ayant la qualité d'avoir honte (de ce qui est répréhensible), Je lui pardonne. En ce qui concerne ceux qui persistent dans leurs péchés, Je les oublie».

Cela montre que la charge retenue contre ceux qui s'abstiennent de commettre leurs péchés publiquement est plus légère, car ils se sentent honteux de leurs mauvaises actions et n'encouragent pas les autres à suivre leur mauvais exemple.

En tout cas, le repentir doit être réel et on doit être déterminé de s'abstenir de tout péché à l'avenir.

L'Imam al-Bâqir (P) a dit:

«Celui qui se repent de son péché est comme celui qui n'a jamais commis de péché. Et celui qui demande pardon sans cesser de pécher est comme quelqu'un qui se ridiculise soi-même».

Ayant été interrogé sur l'interprétation du verses coranique: «O vous qui croyez! Repentez-vous devant Allah avec un repentir sincère.» (Sourate al-Tahrîm, 66: 8), l'Imam al-Çâdiq (P) a dit: «Le repentir sincère signifie qu'on doit regretter son péché et qu'on ne doit plus jamais le commettre de nouveau».

LE RÔLE CRÉATIF DES SENTIMENTS

Des facteurs extérieurs stimulent parfois des sensations mentales telles que l'espoir, la peur, l'amour, la haine, etc... Ces sensations s'appellent "sentiments".

Les sentiments jouent un rôle très important dans la vie humaine. Ils lui donnent fraîcheur, couleur, variété, et l'empêchent de verser dans la monotonie. Ils confèrent un puissant stimulant aux activités créatives et parfois ils stimulent la volonté de l'homme à l'action de telle manière qu'aucun autre facteur ne peut lui résister. Les pulsions sentimentales sont marquées de véhémence et d'un esprit ardent de décision, et elles encouragent l'homme à faire des sacrifices et à supporter les difficultés avec zèle et comme s'il les savourait. Notre vie abonde d'exemples intéressants et séduisants de ces sentiments. Une vrai mère possédant des sentiments généreux reste volontiers éveillée la nuit pour prendre soin de son nouveau-né. Un fils qui a le sens du devoir éprouve un grand plaisir à servir ses parents et n'épargne aucun effort dans ce sens. Une femme dévouée et un mari attentif veut toujours disposés à faire de leur mieux pour assurer chacun le confort et le bien-être de l'autre. Si quelque chose met en danger leur vie familiale, ils luttent héroïquement pour écarter la menace. Un Musulman vaillant sacrifie même sa vie pour défendre la terre de l'Islam et il n'a peur de rien. Dans tous ces cas, le stimulant est une sensation sentimentale puissante qui l'emporte souvent sur les calculs raisonnés, et qui pousse l'homme à ne pas permettre à la raison de toucher à son action sacrificatoire.

Les sentiments authentiques et les sentiments artificiels

Les sentiments de l'homme sont à cent pour cent naturels dans tous les cas où ils sont relatifs à ses désirs personnels. Lorsqu'un homme se sent triste à la suite d'un incident affligeant, impliquant une perte personnelle, ou lorsqu'il se sent heureux d'avoir obtenu un succès, ses sentiments de tristesse, de joie, d'amour sont tout à fait naturels.

Mais comment se sent-il dans les cas où son enfant, son père, sa mère, sa femme, son frère ou sa soeur subissent une perte ou un accident? Dans de tels cas aussi, l'homme se sent normalement triste. Mais l'intensité de son sentiment et la raison de cette intensité ne sont pas les mêmes chez tous les individus et dans toutes les sociétés.

Chez certains individus ce sentiment de tristesse émane d'une sorte de véritable attachement qu'on trouve entre soi-même et ses enfants, ses parents, son épouse, ses frères, ses soeurs et ses amis. Cet attachement est si réel et si fondamental qu'on a l'impression d'éprouver soi-même la perte ou l'accident subis par son fils. Auquel cas nous avons affaire là aussi à un vrai sentiment. Lorsqu'on se trouve dans un tel état, on dépasse son "Moi". La personnalité s'élargit pour embrasser son enfant, son père, sa mère, sa femme, son frère, sa soeur, ses proches et ses amis. C'est pourquoi, cette sorte de sensation sentimentale est en réalité une sorte de croissance et d'expansion de la personnalité d'un homme. Mais dans le cas de certains individus, la situation est différente. Leur relation avec leur père, leur mère, leur enfant, leur femme, leur frère, leur soeur, leurs proches et leurs amis est fondée sur leur intérêt personnel. Une personne dont l'amour est de cette catégorie aime son père parce qu'il lui donne de l'argent et couvre ses dépenses. Elle aime sa mère parce qu'elle la soigne lorsqu'elle se trouve en mauvaise santé. Elle aime son enfant parce qu'il lui tient compagnie ou parce qu'elle espère qu'en cas de besoin, il l'aidera. Cette personne aime sa femme (ou son mari) parce qu'elle (ou il) satisfait ses besoins domestiques, économiques ou sociaux. Dans tous ces cas, l'amour qu'on montre à autrui n'est pas réel. Il n'est pas comparable à l'amour beau, ardent et pur que les parents éprouvent normalement pour leurs enfants. Une personne qui a seulement un amour artificiel ne se sent pas mal à l'aise si son père, sa mère ou son épouse sont affligés. Elle les aime seulement tant qu'ils lui sont utiles. Le jour où ils ne sont plus d'aucune utilité pour elle, elle les traite pire que s'ils étaient des étrangers. Les années s'écoulent sans qu'elle s'enquière de ses parents, proches ou amis. Ce n'est rien d'autre que la morale, sans âme et mécanique, du matérialisme.

Les sentiments artificiels

La morale mécanico-matérielle ne croît pas à l'amour d'autrui comme à un principe fondamental. Elle le considère seulement comme un moyen de rendre prospère la vie personnelle d'un individu et d'organiser ses relations avec les autres sur la base du maximum d'intérêt personnel à en tirer. Selon elle, nous devons, bien-entendu, nous comporter envers les autres d'une façon polie, observer les coutumes et les manières qu'ils aiment, leur serrer la main chaleureusement, respecter les règles conventionnelles de la conduite personnelle et être toujours respectueux et souriants. Mais pour quelle raison? Non parce que nous les aimerions vraiment, ni parce que nous aurions un plaisir à les avoir comme amis, mais parce que nous voulons nous assurer une meilleure situation sociale et utiliser leur amitié et leur coopération pour atteindre nos propres fins. Cette sorte de morale est une forme d'exploitation. Elle peut être comparée aux services sociaux fournis au travailleur dans les complexes industriels, lesquels services ne sont pas rendus par un réel respect de ses droits, son humanité ou sa famille, mais pour tirer de lui un maximum de travail profitable. Voyez le directeur d'une unité industrielle. Il se comporte poliment avec les travailleurs de son usine et il les fréquente avec chaleur. Il leur accorde une augmentation de salaire, leur rend visite lorsqu'ils tombent malades, et les aide de différentes façons. Mais il ne fait rien de tout cela par amour d'Allah ou de l'humanité. Ni parce qu'il croit à la justice et à l'égalité. Il veut seulement être aimé de ses travailleurs afin de pouvoir en tirer le maximum de travail.

En pareils cas l'attention accordée aux autres n'a pas pour cause le fait qu'ils sont des êtres humains semblables à nous, mais le fait qu'ils "servent mon but". Ainsi, il y a un autre exemple de la manifestation de l'égoïsme et de l'égoïsme. C'est à cause de mon "Moi" que j'aime être considéré comme un directeur efficace et que je veux qu'on augmente ma paie et qu'on élève mon rang. Ou si je dirige une entreprise que j'ai fondée moi-même, je veux obtenir un plus grand profit, et c'est pour cela que j'attache de l'importance aux bonnes relations entre mes employés et moi.

Dans ces circonstances, la réaction des travailleurs sera d'une nature similaire. Lorsqu'ils rencontrent le directeur, ils lui montrent un respect artificiel accompagné d'un amour encore plus artificiel. Mais au fond de leur coeur, ils n'éprouvent aucun respect pou r ce soit-disant efficace directeur. Ils affichent à son égard une courtoisie artificielle, et pour chaque marque de courtoisie, ils attendant, en retour, une bonne récompense.

Cette sorte d'infrastructure des relations sociales est totalement inacceptable, car dans ce cas tout tourne autour de l'égoïsme et de l'intérêt personnel. Si un jour vient où un homme intéressé trouve que son intérêt n'est pas servi par l'amour des autres, il n'hésitera pas à être indifférent, voire cruel à leur égard, si son but est mieux servi ainsi. Dans de telles circonstances, l'oppression et la sévérité deviendront les principes de sa vie.

De nos jours, il y a des nations qui sont connues pour leurs hautes valeurs éthiques et leurs bonnes relations humaines à l'intérieur de leurs territoires. Mais nous remarquons que chaque fois que les intérêts de ces nations prétendument morales nécessitent l'utilisation des ressources naturelles des autres, ou la mainmise sur les marchés étrangers pour écouler leurs produits industriels, elles n'hésitent pas à exercer toutes sortes de pressions sur d'autres nations, à déclencher des guerres sanglantes, à causer des dévastations, à perpétrer des massacres, et à commettre des crimes haineux. La raison en est que la base de leurs sentiments et les vrais motifs de leur amitié, ou de leur hostilité, ne sont que l'égoïsme et l'intérêt personnel. Nous constatons que ces mêmes nations, après avoir fait une guerre barbare, retournent leur veste, arborent un visage sympathique et se mettent à réparer les pertes causées par la guerre. Elles envoient aide et équipes de reconstruction. Mais en réalité toute leur aide et tous les services qu'elles rendent constituent une part complémentaire de leur guerre. Même les denrées alimentaires qu elles envoient aux peuples affamés d'autres pays n'ont pas pour motif des sentiments purement humanitaires. Cette aide consiste en réalité, par exemple au ravitaillement en combustible d'un générateur d'usine afin que celle-ci continue à tourner et à produire la quantité maximum de biens au bénéfice de son propriétaire.

Les sentiments authentiques

Du point de vue islamique, les sentiments artificiels tels qu'ils sont expliqués plus haut ne peuvent être ni humains, ni islamiques.

Un homme vint un jour voir le Saint Prophète et le pria de lui indiquer le mode de vie qui devrait lui ouvrir la porte du Paradis. Le Saint Prophète dit: «Conduis-toi envers les autres comme tu aimerais qu'ils se conduisent envers toi. Ne souhaite pas aux autres ce que tu n'aimes pas pour toi-même».

Ainsi, selon les enseignements islamiques, on ne doit pas se considérer comme étant à la tête de tous les autres et l'axe de toutes choses. On doit reconnaître aux autres le même statuts qu'on reconnaît à soi-même. Tel est l'enseignement islamique fondé sur la philosophie islamique de l'égalité, selon laquelle tous les hommes sont égaux.

Le Saint Prophète dit:

«La plus haute vertu est d'être juste dans ton jugement, même s'il va à l'encontre de ton intérêt. Regarde ton frère de foi comme un égal et rappelle-toi Allah dans toutes les circonstances».

Telle est la qualité qui constitue le critère de la foi et un motif d'honneur pour l'homme et la société humaine.

Le Saint Prophète dit aussi:

«Rappelle-toi qu'Allah rehausse l'honneur seulement de celui qui observe la justice dans tous les cas lorsqu'un litige l'oppose à d'autres. Un vrai croyant est celui qui observe l'égalité entre lui-même et les gens nécessiteux au sujet de son argent, et qui est un modèle dans son comportement avec les autres».

De même qu'il veut que les autres le respectent lui disent la vérité, l'aident, soient sincères avec lui, respectent ses droits et soient polis avec lui, de même il doit se conduire de la même façon. Lui aussi doit les respecter, être véridique, sincère, et poli avec eux, les aider, et respecter leurs droits, car en réalité, il n'y a pas de différence entre lui et les autres.

Et de même qu'il n'aime pas que les autres abusent de lui, disent du mal de lui, le dénigrent, l'empêchent de réaliser des progrès ou qu'ils soient arrogant avec lui, il doit lui aussi s'abstenir de se comporter mal avec eux. Il doit s'interdire tout acte de transgression et réaliser que les autres aussi sont des êtres humains comme lui. Il doit partager leurs joies et leurs chagrins.

Lorsqu'on avait demandé à l'Imam al-Bâqir (P) d'expliquer le verses coranique: «Usez envers les hommes de paroles de bonté» (Sourate al-Baqarah, 2: 83), il a dit: «Dites aux gens ce que vous aimez le plus qu'ils vous disent».

Selon les enseignements islamiques, l'éthique est tout ce qui fait rapprocher l'homme d'Allah et tout ce qui Lui fait plaisir. Considérons un peu ce hadith: Lorsqu'on avait demandé au Prophète: «Qui est celui qu'Allah aime le plus?», il a répondu: «Celui qui est le plus utile aux autres hommes».

Ainsi, être utile aux hommes et rendre service à la société, tel est le critère de la proximité d'Allah.

Il y a un autre hadith du Prophète qui doit être considéré comme un principe des enseignements islamiques sur les relations sociales:

«Tous les êtres humains sont la famille d'Allah. Allah aime le plus celui qui rend service à Sa famille».

Si nous réfléchissons à ces expressions islamiques, nous découvrons qu'en principe les sentiments sociaux doivent s'étendre de soi-même à la société. Etant donné que tous les êtres humains ont été créés par Un Allah, et qu'ils sont tous Ses serviteurs, ils sont tous égaux. Ils doivent se servir mutuellement, et chacun doit regarder les autres comme il se regarde lui-même. Vu le fait que le fondement de l'Islam est la croyance en l'Unicité d'Allah. Allah doit être considéré comme la principale Source de toutes les activités de l'homme et de toutes ses craintes et espérances. Rendre service à l'humanité, c'est le meilleur moyen de Lui faire plaisir. Le point fondamental de tous les enseignements islamiques est l'adoration d'Allah et le service rendu à l'humanité. L'Islam aspire à former des hommes capables de considérer la serviabilité comme le fondement de la vérité et de la pureté.

Il n'y a pas de doute que l'on peut rendre service aux autres et être poli avec eux pour un motif purement philanthropique. Mais dans ce cas, si les services ne sont pas appréciés, on se sent découragé et l'enthousiasme disparaît. D'autre part, si on rend service aux autres pour l'amour d'Allah, notre attention continue à se concentrer sur la recherche de la satisfaction d'Allah. C'est pourquoi l'homme de l'Islam aime vraiment rendre service aux autres. Il est disposé à faire tout ce qu'il peut faire sans se soucier si les autres apprécient ou non ce qu'il fait. Il préfère souvent rendre service discrètement afin de ne pas être atteint par des velléités d'hypocrisie, ou d'ostentation, et que la personne à qui on rend service ne puisse se sentir humiliée. L'homme de l'Islam rend un service sincère par amour de l'humanité et par dévotion envers Allah. Il fait des sacrifices pour la société et consacre son temps et ses autres potentialités au service des déshérités. Il éprouve un plaisir en faisant des sacrifices, car il le fait pour l'amour d'Allah qui connaît ses intentions et ses bonnes actions secrètes et manifestes.

Ainsi, l'homme de l'Islam est un amoureux de l'humanité. Son amour a une base précieuse qui confère un accent pur et sérieux à sa philanthropie, et engendre un solide lien, de grande qualité, entre lui et les autres.

Les sentiments familiaux

Outre l'amour de l'humanité, qui est un sentiment général de vaste domaine, tout homme a, de par sa nature, un sentiment spécial pour ses parents, ses enfants, ses frères et soeurs et, à un degré moindre, pour ses proches parents. Ce sentiment, qui est un sentiment naturel, constitue un lien plus fort dans une sphère plus étroite. Un exemple caractéristique de ce sentiment est l'amour de la mère pour son enfant.

L'Islam attache une grande importance à cette force constructive et il a toujours essayé de la guider vers la direction droite.

L'un des compagnons de l'Imam al-Çâdiq (P) demanda à ce dernier quels étaient les actes les plus vertueux. L'Imam dit: «C'est accomplir les prières à temps, être bon envers les parents, et combattre sur le chemin d'Allah».

Un autre des compagnons de cet Imam raconte: «Un jour, j'avais dit à l'Imam que mon fils Ismaël se conduisait bien envers moi. L'Imam m'a répondu: "Je l'aimais déjà bien. Mais maintenant je l'aime encore plus", et l'Imam d'ajouter: "Un jour la soeur de lait du Saint Prophète vint voir ce dernier. Le Saint Prophète en eut un grand plaisir. Il déroula un tapis et lui demanda de s'asseoir. Il continua à lui parler chaleureusement jusqu'à ce qu'elle se fut levée pour dire au revoir. Un peu plus tard, son frère vint, mais le Prophète ne fit pas montre envers lui du même respect ni de la même affection. Les compagnons du Prophète lui demandèrent alors pourquoi il n'avait pas reçu cet homme aussi chaleureusement que sa soeur. Le Prophète répondit qu'étant donné que la soeur avait été plus respectueuse de ses parents, elle avait mérité plus de respect et d'égards"».

Selon un autre hadith, lorsqu'on demanda à l'Imam al-Çâdiq (P) la signification du mot "bonté" dans le verses coranique: «Faites montre de bonté envers vos parents», l'Imam a dit: «La bonté signifie que vous devez vous adresser à eux avec courtoisie et que vous ne devez pas les acculer à vous demander ce dont ils ont besoin, alors qu'ils doivent se sentir toujours indépendants. En d'autres termes, dès que vous sentez qu'ils ont besoin de quelque chose, offrez-le leur. Ne savez-vous pas qu'Allah dit: «Vous n'atteindrez pas à la piété tant que vous ne donnerez pas en aumône ce que vous aimez». (Sourate Ale 'Imrân, 3: 92)

L'Imam al-Çâdiq a dit, en outre:

«Allah a dit: "Incline vers eux, avec bonté, l'aile de la tendresse" (Sourate Banî Isrâ'îl, 17: 24). Cela signifie que vous ne devez pas leur montrer un visage renfrogné, et que d'autre part vous devez les regarder avec bonté et sympathie. Vous ne devez pas élever la voix plus haut que la leur. Votre main ne doit pas être au-dessus de leur main (en leur donnant quelque chose ou en recevant quelque chose). Lorsque vous les accompagnez, vous ne devez pas marcher devant eux».

Nous remettons la discussion élaborée des droits et des obligations réciproques des parents et des enfants à plus tard. En tout cas, on peut dire brièvement que la responsabilité des enfants couvre aussi bien les questions financières et légales que leur façon de se conduire envers les parents et de leur témoigner de l'amour et du respect. Et surtout lorsque les parents sont vieux ou infirmes, les enfants ont une grande responsabilité. Même après leur mort, les parents ne doivent pas être oublis et les liens avec eux ne doivent pas être coupés.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit: «Qu'est-ce qui vous empêche d'être bons envers vos parents, qu'ils soient vivants ou morts? Chacun de vous doit faire des prières, donner l'aumône, accomplir le pèlerinage et observer le jeûne rituel pour ses parents. Aussi bien eux que vous en recevrez la récompense d'Allah. En outre, Allah vous accordera, à vous, une récompense supplémentaire pour avoir été bons envers vos parents ».

Etre bon envers les proches

Le Commandeur des croyants, l'Imam Ali (P) a dit:

«Maintenez vos relations avec vos proches, au moins par les salutations. Car le Coran dit: "Faites attention à votre devoir envers Allah! Car vous êtes responsables devant Allah et devant vos proches. Allah vous observe toujours." (Sourate al-Nisâ', 4: 1)»

Le Coran dit aussi:

«(Ainsi sont) ceux qui maintiennent les liens qu'Allah a ordonné de maintenir, ceux qui redoutent leur Seigneur et qui craignent d'avoir un mauvais compte». (Sourate al-Ra'd; 13: 21)

Être bon envers les proches parents produit un effet favorable sur sa propre vie.

L'Imam al-Bâqir (P) a dit:

«Le maintien de bonnes relations avec les parents améliore la moralité, rend généreux, purifie l'âme, augmente les moyens d'existence et accroît la longévité».

Il est évident que les bonnes relations avec les parents ont deux aspects: premièrement, l'amour et l'affection morale, et deuxièmement l'aide financière et d'autres formes de soutien et d'assistance. Ces deux aspects s'opposent à l'égoïsme, et produisent par conséquent un effet constructif. Ces sacrifices (qui valent à une campagne contre l'égoïsme individuel, engendrent un résultat constructif, et assurent la pureté de l'âme.

Lorsqu'un homme montre de l'affection envers les autres, ceux-ci la lui rendent, et lui rendront service un jour. Ce soutien lui permettra d'obtenir des facilités pour prospérer et progresser. Donc l'augmentation des moyens de subsistance et la prolongation de la vie se trouvent ainsi assurées.

En outre, la prolongation de la vie, résultat du fait d'être bon envers les parents par le sang, peut être un de ces effets spirituals dont Allah a investi les bonnes actions.

Même si nous laissons de côté lesdits effets dans ce monde, il n'y a aucun doute quant à la récompense à en tirer dans l'autre monde.

L'Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Le maintien de bonnes relations avec les proches parents, et le fait d'être bon envers eux, rendent facile l'examen des comptes dans l'autre monde et empêchent de commettre des péchés. C'est pourquoi nous avons intérêt à garder de bonnes relations avec nos proches parents et à leur faire du bien, au moins en les saluant chaleureusement et en répondant chaleureusement à leurs salutations».

A l'opposé, rompre les relations avec les proches parents est aussi mauvais que résilier le pacte avec Allah et répandre la corruption sur la terre. Une telle action entraîne de très mauvaises conséquences. Le Coran dit: «Ceux qui violent le pacte d'Allah après l'avoir ratifié, ceux qui coupent les liens qu'Allah a ordonné d'établir, ceux qui sèment la corruption sur la Terre, ce sont eux les perdants». (Sourate al-Baqarah, 2: 27)

L'amour des voisins

Ceux qui vivent en voisinage ont beaucoup de droits les uns sur les autres. Certes, il ne fait pas de doute qu'il n'existe entre eux aucun lien naturel ou familial, mais le fait de vivre les uns à côté des autres, de se rencontrer souvent, e