La tawabah
(le repentir ) et les conditions de son acceptation
Allah (T) est le Tout-pardonneur, Sa Miséricorde est immense, et Il
apprécie que le serviteur pécheur se repente
sincèrement. Mais s’il
y a des péchés qui pourraient être amnistiés par la
simple expression du regret par le pécheur, il y en a d’autres qui
requièrent réparation, sans laquelle le repentir n’est pas
accepté. Or, beaucoup de croyants, ignorant cette condition de
l’acceptation du repentir, la découvriront à
l’approche de la mort et/ou quand il sera trop tard pour réparer.
Les péchés susceptibles
d'être effacés à la suite du repentir accepté sont
de différentes sortes :
1-Un péché qui ne soit passible que d'une peine applicable
dans l'Au-delà, tel que le port de la soie et des bagues en or par les
hommes, par exemple. Il suffit ici de regretter ce péché et de
décider sincèrement de ne plus le commettre, pour que le repentir
soit accepté et le châtiment dont le pécheur est passible dans l'Au-delà soit annulée.
2-Les péchés qui sont passibles d'une autre peine :
ils sont de différentes catégories :
Il y a parmi les péchés, A-
celui qui relève du Droit d'Allah, et B- celui qui
relève du droit des gens. En ce qui concerne le premier, le
péché de la violation d'un droit d'Allah, il peu être 1-
soit un droit financier, comme dans le cas où on a commis un
péché dont le rachat consiste à affranchir un ou des
esclaves: auquel cas, le pécheur est tenu de payer obligatoirement le
rachat, s'il en a les moyens, et sa peine ne sera pas amnistiée par le
simple regret du péché commis, 2- soit un droit non
financier, tel que la Prière ou le jeûne non accomplis à
temps, auquel cas, il suffit de les accomplir à titre tardif, 3-soit
un acte répréhensible passible d'un châtiment corporel
prescrit par Allah, tel que la consommation de l'alcool, auquel cas, le
pécheur a le choix entre : a- la non-divulgation
de ce péché à personne, et la repentance
décidée devant Allah (entre le pécheur et Allah), b- ou
la confession devant une autorité religieuse compétente, ce qui
requiert l'application de la peine prescrite; mais il est
préférable d'opter pour le premier choix : se taire sur son
péché et s'en repentir sincèrement devant Allah.
Quant au péché relevant du
droit des gens, il est de différentes catégories : A-
S'il s'agit d'un droit financier, le pécheur doit rembourser son ayant
droit ou ses héritiers, B- et s'il s'agit d'un droit non financier, plusieurs
cas de figure se présentent : a- si le péché
consiste à avoir induit délibérément quelqu'un en
erreur, il suffit, dans ce cas de réorienter la victime correctement, b- si
le péché est d'une catégorie passible d'une peine
(corporelle), tel que l'injure, l'insulte, et que la victime l'entend
(directement ou indirectement), le pécheur doit s'apprêter
à subir la peine prescrite, mais si la victime n'est pas au courant de
la médisance (insulte, injure etc.) dont il a été l'objet,
le pécheur doit l'en informer (pour que sa repentance soit
acceptée), bien que les ulémas divergent sur ce dernier point :
la plupart d'entre eux croient que le fait d'informer la victime d'une insulte
dont il a fait l'objet pourrait l’affliger et l'humilier, et que par
conséquent, il n'est pas nécessaire que le pécheur informe
sa victime de l'insulte (injure, médisance) qu'il lui a faite".(1)
Moralité : Pour
que le repentir soit accepté et valable, lorsqu'il s'agit d'avoir
causé un préjudice ou dégât matériel,
corporel ou moral à quelqu'un, il faut
absolument réparer ledit dégât ou préjudice, ou que
la victime accepte volontiers de pardonner au fautif le préjudice qu'il
lui a fait subir. Tant que ce dégât n'est pas réparé
ou que la victime, n'a pas pardonné, le repentir restera en principe
sans effet et ne sera pas accepté. Or, beaucoup de gens
conçoivent mal la notion de Miséricorde d'Allah, laquelle est,
certes, infinie, mais cela ne doit pas faire oublier la Justice d'Allah,
Laquelle est impeccable et n'accepte pas que le fautif jouisse de l'impunité,
pendant que ses victimes subissent ses méfaits. De là, les peines
prescrites par Allah, lesquelles doivent être d'abord appliquées,
avant que le pécheur puisse espérer obtenir le Pardon d'Allah et
être couvert par Son immense Miséricorde. En effet, est-il
concevable que l'on usurpe les biens de quelqu'un ou que l'on détruise
la vie de quelqu'un et d'aller passer impunément des jours
agréables et tranquilles, tout en espérant obtenir le Pardon
d'Allah et être couvert par Sa Miséricorde, en se contentant de
dire : « Je m’excuse, je regrette sincèrement ce
que j’ai fait », sans assumer les conséquences de ses
méfaits ?!
1. " 'Ayn al-Hayât", pp.189-190.