LES
VERITES DE
TOME I
PAR CHERIF MOHAMMED ALI AIDARA
Edité revu et corrigé par :
La Cité du Savoir
Abbas
Publication de la Cité du
Savoir
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Table
des Matières
C – LA SUNNA DU
PROPHÈTE (P) :
D – LES
FONDEMENTS DE L’ISLAM :
E – LES LIMITES
GEOGRAPHIQUES ET LE PEUPLE DE L’ARABIE :
Origines
et antécédents des ancêtres du Prophète (P) :
I - LES
FONDEMENTS DU POUVOIR ET DE SA PASSATION DANS L’ISLAM:
I – 1 KHILAFAT DE L’HOMME SUR TERRE ET
TEMOIGNAGE DIVIN:
I-1-2-4
LES MARJA (sources de référence)
I-1-2-5
LES DIFFERENCES ENTRE LES TEMOINS
I-2 LES DETENTEURS DU POUVOIR EN ISLAM :
I-2-1
ULIL-AMR (DETENTEURS DU POUVOIR)
II - LA
DESCENDANCE PURIFIEE DU PROPHETE DE L’ISLAM (P) :
II-3 FATIMA ET
LES DOUZE IMAMS AHLUL BAYT (P):
II-3-2
QUI ETAIT L’IMAM ‘ALI (P)
II-3-3
QUI ETAIT AL HASSAN (P) ?
II-3-4
QUI ETAIT AL HUSSEIN (P) ?
II-3-5
QUI ÉTAIT ZEIN EL ABEDINE (P) :
II-3-6
QUI ETAIT MUHAMMAD AL BÂQIR (P) :
II-3-7
QUI ETAIT JA’FAR ÇADIQ (P) :
II-3-8
QUI ETAIT MOUSSA AL-KÂZIM (P) :
II-3-9
QUI ETAIT ALI RIDHA (P) :
II-3-10 QUI ETAIT MUHAMMAD TAQI JAWAD (P) :
II-3-11
QUI ETAIT ALI NAQI AL-HÂDI (P) :
II-3-12
QUI ETAIT AL-HASSAN AL-‘ASKARI (P) :
II-3-13
QUI EST AL MAHDI (P) :
II- LE KHILAFAT
DE L’IMAM ALI (P):
1-L’établissement
de l’Imam ‘Alî (P) à Kûfa :
2-Les
objectifs de Mu’âwiyah en Syrie :
3-Le
recours aux moyens pacifiques par ‘Alî (P) en vue de raisonner Mu’âwiyah :
6-La
supercherie pour éviter la capitulation :
8-Le
bilan de la bataille de Cifayin :
9-La
décision des juges ou la perfidie de Amr Ibn al-Âç :
10-La
position de ‘Alî (P) concernant les décisions des juges :
La bataille de
Nahrawan contre les khawârij :
Les ennuis de
l’Imam Alî après Cifayin et Nahrawân :
L’échec
de l’expédition contre Mu’âwiyah :
Les
défections de certains proches :
La conspiration
d’un trio de khawârij :
L’origine
de l’appellation de Nadjaf :
III – LE REGNE
DES UMAYYADES :
Les
difficultés puis la mort de Al-Hassan (p) :
La
« succession » d’ Al-Hassan (P) :
Les
défauts héréditaires de Mu’âwiyah :
La
dynastie des Umayyades après Mu’âwiyah et Yazid :
V – LA
PÉNÉTRATION DE L’ISLAM EN AFRIQUE (en dehors de l’Egypte) :
Les
premières percées de l’Islam en Afrique sous le règne des Umeyyades :
L’entrée
en Afrique des descendants du Prophète (p) :
I – Le 'ISMAH
(INFAILLIBILITE) DU PROPHETE (P) :
III - LES DEUX
MUT’A : MARIAGE TEMPORAIRE ET PÈLERINAGE DOUBLE
REGROUPEMENT
DE DEUX PRIERES :
1 –
La récitation du mot Astakhfirûllah
vient du verset suivant :
2 –
La profession de foi La illaha illallah
est encore une révélation de Dieu :
3 –
La salatu alan-nabî est une
recommandation divine :
IX :
COMPORTEMENTS ET TRAITS CULTURELS :
La
prédestination et le libre-arbitre :
Droits
et devoirs du musulman vis-à-vis de son environnement humain et naturel :
X : COUPER
LA MAIN DU VOLEUR :
XI :
CONSEQUENCES ET ENJEUX ACTUELS :
Objectif
de qualité et non de quantité :
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Chérif Mohammed Aly Aidara, né au Sud du Sénégal est comme son nom
l’indique est un descendant du Prophète de l’islam (P). Il a été élevé dans la
pure tradition soufie par son père, Cherif Al Hassan Aidara, un grand cheikh de
l’ordre soufi de
Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux
L’Islam est l’unique religion que Dieu a bien voulu agréer pour nous.
Nous glorifions le Tout-Puissant pour une telle largesse à l’endroit de ses
humbles créatures que nous sommes :
« Aujourd'hui, J'ai
parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et
J'agrée l'Islam comme religion pour vous. » (Al-Mâida,
5 : 3)
« Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera
point agréé, et il sera, dans l'au-delà parmi les perdants. »--(âle 'Imrân, 3 : 85)
Cela n’exclut pas cependant la tolérance vis à vis des adeptes d’autres
religions, notamment nos frères des religions révélées, les gens du Livre, dont
les textes ont été abrogés par le Coran. Cette tolérance et le devoir de
protection qui en résulte sur les plans physique, social et cultuel, reviennent
comme un leitmotiv plusieurs fois dans le Livre de Dieu :
« Et ne discutez que de la
meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont
injustes. Et dites : "Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers
nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même,
et c'est à Lui que nous nous soumettons". » (Al-Ankabout,
29 : 46)
Cette religion est une, indivisible et immuable. Elle a l’avantage sur
bien d’autres religions d’avoir une référence à la fois matérielle, donc
relative, et absolue. Nous voulons parler du Saint Coran.
Son aspect matériel réside évidemment dans sa présentation sous forme
de livre, d’écritures. Ces écrits sont restés inchangés depuis qu’ils ont été
révélés par Dieu au Sceau des Prophètes (P)[1].
Le caractère absolu du Saint Coran réside quant à lui dans ce qu’Il est
Aucune erreur scientifique n’a été décelée dans le Saint Coran, encore
moins une contradiction quelconque. L’illettré[3]
qu’était le Prophète Muhammad (P) ne pouvait en être l’auteur. D’ailleurs, la
splendeur littéraire et la perfection numérique de ses vers et de sa structure
enlevaient aux tenants de cette thèse tout mérite d’être ne serait-ce
qu’écoutés. Il en est de même de ceux qui ont voulu attribuer la paternité du
Livre à quelques prêtre, pasteur, rabbin ou autre savant chez qui le Prophète
(P) aurait séjourné.
Jusqu’au jour d’aujourd’hui pas un seul homme n’a su être en mesure de
produire une œuvre à la hauteur du Saint Coran ne serait-ce que sur le plan
littéraire. Ce ne sont donc pas des inspirateurs qui auraient pu influencer ou
dicter un illettré (!) afin qu’il arrive à produire une telle œuvre.
L’Auteur authentique du Livre leur a même lancé un défi qui ne sera à jamais
relevé :
« Dis: "Même si les
hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce
Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s' ils se soutenaient
les uns les autres" ».(Al-Isrâ ou Le voyage
nocturne ; 17 : 88)
D’ailleurs Dieu a voulu donner suffisamment de preuves pour que Sa
Parole ne soit pas mise en doute. On a parlé des découvertes scientifiques qu’on
y trouvait, de la splendeur littéraire (et linguistique) et de la perfection
numérique. Mais également le Coran fait allusion à d’innombrables prophéties
dont quelques unes sont déjà réalisées conformément à ce qui avait été prédit.
Il est aussi important de noter que le Tout-Puissant n’a tenu à ce que
Son Livre ne soit pas altéré ou changé. Il l’a codé et l’a protégé de toutes
modifications jusqu’à la fin des temps. Une protection matérielle (les codages
numérique et littéraire) et immatérielle (l’Histoire le montre à travers
l’immuabilité du Coran malgré la perversion des hommes). Il l’affirme en ces
termes :
« En vérité c'est Nous qui
t’avons révélé le Rappel édifiant et Nous veillons à son intégrité. » (Al-Hijr,
15 : 9)
Le Coran, Œuvre de Dieu et livre, est donc absolu et relatif. Cette
dualité de la nature de notre référence ultime devait, doit et devra constituer
pour
L’hypothèse fondamentale sur laquelle nous fondons notre appel pressant
à travers ce livre à l’unité et à l’union de
Dès lors, qu’est-ce qui peut
expliquer, (mais non justifier), la mésentente, les différences dans les
pratiques et même dans les concepts constatées chez les musulmans depuis la
disparition de l’Envoyé de Dieu Muhammad (P) jusqu’à nos jours ?
A notre humble avis, rien d’autre que la faiblesse de l’homme. Cette
faiblesse dont Dieu parle dans Son Livre :
« Dieu veut [ainsi] vous faciliter [les choses], car Il sait que
l’homme est faible par nature. » (Les
femmes, 4 : 28)
Le Livre étant unique et identique chez tous, les divergences ne
peuvent provenir que de son interprétation. Les motivations de cette
interprétation sont de divers ordres.
L’attrait irrésistible du pouvoir et de ses avantages, la tentation des
biens et des plaisirs terrestres et/ou l’erreur sincère mais coupable,
constituent les tares de tous ceux qui ont mené – et de ceux qui continuent de
mener –
Il faut dire, à la décharge des exégèses qui ont commis des erreurs
d’interprétation sincères mais coupables, que les versets du Coran comportent
souvent un sens direct et un sens indirect,
similaire en cela à la différence entre la lettre et l’esprit.
Par ailleurs, Dieu nous dit qu’il en est même des versets dont Lui seul
connaît le sens :
« C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s'y
trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets
qui peuvent prêter à d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au
cœur une inclination vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à
équivoque cherchant la dissension en essayant de leur trouver une
interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Allah et
ceux qui sont bien enracinés dans la science qui disent : "Nous y
croyons : tout est de la part de notre Seigneur !" Mais, seuls
les doués d'intelligence s'en rappellent. » (Ale
'Imrân, 3 : 7)
Toutefois, comme dans le droit positif où l’on admet que « nul
n’est censé ignorer la loi », il est du devoir absolu du musulman de
connaître le Coran. Le père doit l’apprendre à son enfant et l’adulte doit,
s’il ne le connaît pas, s’évertuer à s’en imprégner. A chaque niveau de
conscience qu’il atteint dans le cours de son évolution, le musulman doit faire
une relecture du Coran. Une meilleure compréhension de
Aussi, si le musulman n’a pas la claire signification d’un verset ou la
description satisfaisante d’une pratique ou d’un culte, il est de son devoir de
chercher par lui-même la solution à son problème en se référant au Coran, aux
hadiths du Prophète (P), à des maîtres, à des livres, ou au moyen de la
réflexion logique mais surtout sincère et honnête, en un mot l’ijtihâd.
Cette indispensable quête de la
vérité et d’une meilleure compréhension du Coran le mènera assurément un jour à
la source intarissable de l’enseignement originel du Prophète de l’Islam (P),
détenue par la sainte famille du Prophète (P). Cette descendance à propos de
laquelle le Prophète (p) nous avait appelé à nous accrocher en plus du Livre si
nous ne voulons pas nous égarer.
Tout musulman sincère doit poser sa petite pierre à la dimension de ses
moyens physiques, psychiques et intellectuels, dans l’édifice de la
reconstruction de l’unité de
En réalité, nous ne dirons ici rien qui n’ait été déjà dit ou pensé.
Seulement certains de ces faits ou pensées sont restés longtemps méconnus par
une bonne frange de
Le choix des textes et faits rapportés dans ce livre a été guidé par un
triple souci :
Ø
Donner au lecteur une vue d’ensemble de l’Islam et de ses différents
développements
Ø
Ouvrir au lecteur la voie vers la recherche personnelle et approfondie
sur le sujet général ou les différents thèmes qui y sont traités.
Ø
Mettre en exergue les principaux points que les livres d’histoire
traditionnels ont négligés volontairement ou involontairement.
Ces vérités sur la succession du Prophète (P) sont nécessaires pour la
compréhension et le dépassement des divergences insensées qui divisent
aujourd’hui les musulmans et qui n’ont plus aucune raison d’être dés lors qu’on
peut retourner à l’essentiel c’est-à-dire Dieu en se basant sur Son Saint Coran
et les enseignements du Prophète (P) conservés intacts par sa sainte
descendance.
C’est là tout le sens de ce verset que nous vous invitons à
méditer :
« Les gens formaient (à
l'origine) une seule communauté (avant la descente de la législation divine).
Puis, (après leurs divergences,) Allah envoya des prophètes comme annonciateurs
et avertisseurs; et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité,
pour régler parmi les gens leurs divergences. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui
il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur
furent venues, par esprit de rivalité ! Puis Allah, de par Sa Grâce, guida
ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Allah
guide qui Il veut vers le chemin droit. » (Al
Baqara, 2 : 213)
Il importe de fixer le cadre global dans lequel se déroulent les
événements dont il est question dans ce livre. C’est là le but de ce premier
chapitre où il sera essentiellement question de décrire brièvement l’Islam, le
Coran et
Plusieurs ouvrages auraient été certainement nécessaires pour parler en
profondeur de l’Islam. Mais nous aimerions simplement rappeler à travers deux
versets du Coran, un hadith du Prophète (p) et une citation de l’Imam Ali (P),
quelques éléments clés qui permettent de cerner globalement ce qu’est l’Islam.
Un grand nombre de versets du Livre nous entretiennent sur qu’est
l’Islam. Ces versets sont souvent liés au comportement que doit avoir le
musulman. Nous vous en citons deux :
« Et luttez pour Allah avec
tout l'effort qu'Il mérite. C'est Lui qui vous a élus; et Il ne vous a imposé
aucune gêne dans la religion celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà
nommés "Musulmans" avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le
Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre
les gens. Accomplissez donc
« Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres.
Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent
Le hadith le plus célèbre se rapportant à l’apparition des anges lors
de la bataille de Badr mais également à la définition globale de l’Islam, est
celui qu’a cité ‘Umar, d’après Bukharî :
Nous étions, dit-il, assis à côté du
Prophète lorsqu’un homme habillé de blanc, aux cheveux tout noirs, arriva. Rien
n’indiquait qu’il venait d’un voyage et personne ne le connaissait. Il se fraya
un chemin parmi les assistants et vint s’agenouiller devant l’Envoyé de Dieu
comme l’un de nous fait dans sa prière. Les Compagnons se regardèrent et dirent :
« Nous ne reconnaissons pas l’homme ! »
S’adressant au Prophète l’inconnu lui
dit :
-Envoyé de Dieu, qu’est-ce que la foi ?
-C’est, dit le Prophète, croire en Dieu, en
Ses anges, en la comparution devant Lui, en Ses prophètes et en la
résurrection.
-Qu’est-ce que l’Islam, dit l’homme ?
-C’est, répondit le Prophète, adorer Dieu
sans rien Lui associer, faire ses prières, donner
-Parle-moi de la perfection, dit l’homme.
-C’est, dit le Prophète, adorer Dieu comme si
tu l’as en face de toi, car si tu ne Le vois pas, Lui, Il te voit.
-Quant sonnera l’Heure Ultime, finit par dire
l’homme ?
-Celui que tu interroges, n’est pas mieux
renseigné, dit le Prophète, mais je peux t’indiquer les signes
précurseurs : lorsque la femme esclave engendre son maître, quand les
bergers frustrés, gardiens de chameaux rivalisent de constructions. Il y a cinq
secrets que Dieu seul détient, à savoir : (le Prophète récita ensuite ce
verset)
« La connaissance de
l’Heure du Jugement relève de Dieu, c’est Lui qui fait descendre la pluie et
sait ce que portent les flancs de toutes femelles. Nul être ne sait ce que sera
demain son acquis en bien ou en mal. Nulle âme ne connaît le lieu de son
trépas. Dieu seul est Omniscient et bien informé. » (Loqman,
31 : 34)
Sur ce, l’homme sortit.
-Faites-le revenir, dit le Prophète.
-Ils sortirent à sa suite, mais l’homme
s’était volatilisé.
-C’est Jibrîl, dit le Prophète. Il est venu
vous enseigner votre religion.
Nous finirons ces citations par celles que nous avons tirées de Nahjoul
Balâgha, « la voie de l’éloquence », le merveilleux recueil de
discours de l’Imam ‘Alî (P) :
« L’Islam est une lampe à partir de laquelle de nombreuses lampes
sont allumées. C’est un phare illuminant le chemin d’Allah. C’est un ensemble
de principes et de croyances qui satisfont tout chercheur de
« Croyez-moi ! je ne
connais pas de bénédiction aussi grande que le Paradis, cependant ceux qui la
recherchent sont si paresseux et si insouciants à son égard ; ni de
punition aussi terrible que l’enfer éternel, cependant ceux qui désirent y
échapper ne semblent pas tellement le craindre. »
Le Coran est
La date de la première révélation fut, selon plusieurs historiens[4],
le lundi 27 du mois lunaire Rajab de l’an
Il avait l’habitude de passer le mois de Rajab dans la solitude de la
grotte de la montagne de Hirâ, priant, jeûnant et méditant quand soudain une
voix l’appela par son nom. Sans que personne n’apparût, la voix retentit à
nouveau suivie d’une lumière éblouissante. Ensuite il vit une forme humaine
portant un rouleau de soie, s’avancer tranquillement vers lui. L’ange Jibrîl
(P), comme il le confirmera avant de partir, lui demanda de lire ce qui était
écrit sur le rouleau qu’il venait de tendre devant lui.
« Que devrais-je lire ? », demanda le Prophète (P).
L’ange Jibrîl (P), se rapprocha et lui transmit la lumière céleste qui
illumina l’esprit et les yeux du Prophète (p). Puis il lui répondit :
« Lis au Nom de ton
Seigneur Qui a créé. Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton
Seigneur est le Très-Généreux, Qui a instruit au moyen du calame. Il a appris à
l’homme ce qu’il ne savait pas. » (Al-‘Alaq,
96 :1 à 6)
L’ange Jibrîl (P) termina sa récitation, puis avant de partir il
annonça à Muhammad (P) :
« Ô Muhammad ! En vérité tu es le Prophète de Dieu et je suis
Son ange Jibrîl ! »
Muhammad (P) venait de recevoir de manière solennelle l’ordre de
promulguer l’Unicité de Dieu.
De retour à la maison, le Prophète (p) demanda à sa femme Khadija (RA) de
le couvrir. Après s’être exécutée, la sage épouse s’enquit tendrement de ce qui
motivait cette demande inhabituelle de son mari.
Quand Muhammad (P) finit de lui raconter tout ce qui lui était arrivé,
Khadija (RA) salua avec une grande joie l’heureuse nouvelle qui la confortait
dans sa croyance en un Dieu unique.
Elle alla porter la nouvelle à son vieux cousin Waraqah Ibn Nawfal qui
croyait déjà que Muhammad (P) était un prophète. Il connaissait l’hébreu et
était versé dans la connaissance des Ecritures tant juives que chrétiennes. Les
prophéties qui y étaient faites sur le futur prophète lui étaient parfaitement
connues. Aussi vit-il en Muhammad (P) l’heureux Elu. Waraqah confirma ce qu’on
lui dit en affirmant que, de même qu’aux époques antérieures Dieu avait envoyé
Jîbril(P) pour faire des révélations aux grands prophètes, de même Jibrîl (P)
était envoyé à présent par Allah à Muhammad(P)[6].
La première année de
« En vérité c’est Nous qui avons fait descendre sur toi le Coran
graduellement. » (Al Insân, 76 : 23)
Certains versets abrogent et complètent ou remplacent d’autres versets.
C’est le cas en matière de testament, du nombre de femmes du Prophète (P), de
l’alcool[7],
etc.
Les révélations parvinrent au Prophète (P) dans diverses
conditions : pendant le sommeil, à cheval ou sur le dos de sa mule ou de
son chameau, parmi les gens. Souvent dans un état second où il transpirait
beaucoup, même par temps de froid, et semblait très éprouvé. Il ressortait
épuisé de cet état. L’ange Jibrîl (P) quant à lui apparaissait au Prophète (P)
soit sous une forme humaine, soit sous sa forme angélique. Dans ce dernier cas
il restait invisible pour les autres.
Toutes ces révélations furent mémorisées de façon automatique[8]
puis récitées par le Prophète (P) à ses Compagnons dans l’ordre que Dieu lui
disait de les donner, et qui n’était pas forcément leur ordre chronologique
d’arrivée.
La plupart des Compagnons les récitaient par cœur. De sorte que tous
les versets ainsi que l’ordre de leur agencement étaient très bien connus et
récités dans toute leur originalité et leur pureté. De plus, le Prophète (P),
de son vivant, ordonna aux scribes de mettre par écrit le Coran sur des
lambeaux de parchemin, des peaux d’animaux, des os et des pierres. C’est ainsi
que Dieu protégeait Son Livre, entre autres façons, contre les changements dont
Il parle dans le Coran.
C’est l’ensemble de ces révélations qui fut rassemblé du vivant
même du prophète (P). Certains Compagnons possédaient leur propre recueil et on
peut penser qu’il n’existait pas de différence entre ces multiples manuscrits
car les gens les récitaient de la même façon avec les mêmes particularités
linguistiques et phonétiques.
Le Coran est donc un ensemble de 114 chapitres ou sourates dont le
premier est la sourate Al-Fâtiha, la deuxième Al-Baqara et la
dernière An-Nâs. Chacune de ces sourates est constituée par un certain
nombre variable de versets allant de 3 (Sourate 103 : Al ‘Asr et
Sourate 110 : An-Nasr) à 286 (Sourate Al Baqara). Ces sourates,
toutes descendues à
Cette dernière répartition en hizb, çoumun et rubhu
trouve sa justification dans des raisons exclusivement pédagogiques. En effet
chaque hizb regroupe un certain nombre de thèmes, et est subdivisé en
deux çumuns et chaque çoumoun en deux quarts ou rubhu.
Les hizb se suivent dans l’ordre croissant des sourates sans
pour autant que leur début ou leur fin ne coïncident forcément avec ceux des
sourates.
Il est évident qu’une telle répartition facilite beaucoup la
mémorisation mais aussi la compréhension et l’exégèse du Coran.
La sunna est l’ensemble des traditions du Prophète de l’Islam (P). Ces
traditions nous sont parvenues de diverses sources, allant des contemporains du
Prophète (P) aux historiens musulmans. Certains de ces historiens ont vécu
plusieurs siècles après le Prophète (P). Cela est à la base de bien des
réserves que l’on est en droit d’avoir sur les témoignages qu’ils portent sur
le Prophète (P). Ce, d’autant plus qu’il y eut bien des motivations qui les
portaient à raconter les faits de façon partisane, au point de déformer
complètement l’histoire aux fins de justifier et d’embellir les actions de ceux
de leur bord et même à la solde de qui ils écrivaient.
Il est vrai qu’il est resté un noyau dur de hadiths considérés comme
véridiques parce que présents dans tous les recueils importants de hadiths
malgré la différence des interprétations qui en sont données. Mais pour trouver
une réponse juste et non partisane à propos de certaines questions, il est
souvent nécessaire de faire une étude comparée et raisonnée des différents
hadiths. C’est ce que nous nous évertuerons à faire tout au long de ce livre.
Parmi les auteurs de hadiths les plus côtés on peut citer :
Al Bukharî, Al-Tabâri, Muslim, Al Suyûti, Tabrâni, Hakim, Ibn Khaldun,
Abul Fidâh, Imam Ahmad Ibn Hanbal, Imam Châfi’i, Abu Hanifa, etc.
Mais surtout les héritiers du livre et de la sunna du prophète (P) chez
qui on ne trouve aucun écart d’interprétation :
L’Imam Ali (P), les onze Imams (P), et leurs compagnons, etc
D – LES FONDEMENTS DE L’ISLAM :
Les cinq piliers de l’Islam sont :
1. L’attestation de foi (Chahada) : il n’y a de Dieu
méritant l’adoration qu’Allah et Muhammad est Son Envoyé (P).
2. La prière (Salât).
3. L’aumône légale (Zakât).
4. Le jeûne du mois de Ramadhân.
5. Le pèlerinage à
Dans l’enseignement des Ahlul Bayt du Prophète de l’Islam (P), les bases
de l’Islam sont ses (cinq) principes fondamentaux (uçul al-Din) auxquels il est essentiel de croire. Ce sont :
1-
L’Unicité d’Allah (Tawhîd)
2-La justice[10]
d’Allah (Al-‘adl
al-Ilâhi)
3-La Mission prophètique (Nubûwah)
4-
La succession du Prophète (Imâmah)
5-
Le Jour du Jugement (Qiyâmah)
Ils distinguent ces Fondements de
1-La prière (Salât)
2- Le jeûne (Sawm)
3- L’aumône légale (Zakat)
4- Le Pèlerinage (Hajj)
5- L’aumône du cinquième (Khoms)
6- La lutte missionnaire (Djihâd)
7- L’injonction de faire
le bien (Amr bil ma’aruf)
8- L’interdiction du mal (nahyi ‘anil mounkar)
9- L’attachement au noble
Prophète et aux membres de sa Famille (tawwala)
10- La séparation d’avec les
ennemis du noble Prophète et des membres de sa Famille (tabarra).
Les dispositions relatives aux transactions commerciales, au mariage,
le code pénal et judiciaire constituent d’autres branches de l’Islam.[11]
E – LES LIMITES
GEOGRAPHIQUES ET LE PEUPLE DE L’ARABIE[12] :
L’Arabie est une péninsule située à l’ouest
de l’Asie. Elle est limitée au nord par l’Asie Mineure et
Elle comprenait donc à l’époque de
C’est dans cette dernière partie que se
trouvent notamment aujourd’hui le Hidjâz, le Yémen, le Hadramaout, Oman,
l’Arabie Centrale, l’Irak et le Bahreïn.
Les arabes modernes descendent de deux
souches : celle de Qahtân ou Jactân, qui remonte à Nuh (P) et dont les
descendants sont appelés le ‘Arab-al-‘Arîb, et celle de ‘Adnân, qui
remonte à Ismâ’îl (P), le fils d’Ibrahîm (P), et dont les descendants sont
appelés les ‘Arab Moustariba. Ces derniers s’établirent autour de
Les arabes croyaient originellement en un
Dieu mais l’avaient par la suite échangé contre de nombreuses divinités. De
sorte qu’à l’époque de la naissance du Prophète (P), chaque tribu avait son
propre dieu. Les idoles tantôt domestiques tantôt publiques étaient adorées,
craintes et des hommages déférents leur étaient rendus. Image de granit gris
(Al-Lat, idole de la tribu de Thaqif à Tâ’if) et de formes humaines (celles
d’Ibrahîm (P) et d’Ismâ’îl (P) à
Cette époque antérieure à l’avènement du
Prophète Muhammad (P) où le polythéisme, les guerres tribales, l’infanticide,
et toutes les perversions prédominaient dans toute l’Arabie, fut désignée par
ce dernier, l’Epoque de l’ignorance ou Asrul Jahilia.
Origines et antécédents des ancêtres du Prophète (P) :
Muhammad (P), le Prophète de l’Islam, est un descendant de Ismâ’îl
(P), le fils du grand Prophète Ibrahîm (P). La ligne suivante le relie
directement à Adnân qui est lui-même un descendant d’ Ismâ’îl (P) :
Muhammad (P) Ibn (fils de) ‘Abdullâh, Ibn
‘Abdul-Muttalib, Ibn Hâchim, Ibn ‘Abd-Manâf,
Ibn Quçay, Ibn Kelab, Ibn Morrah, Ibn Ka’b, Ibn Lu’ay, Ibn Ghâlib, Ibn Fihr (Quraych), Ibn Mâlik, Ibn Nazâr, Ibn Kinânah, Ibn Khazima, Ibn Modrika, Ibn Ilyâs, Ibn Modhar,
Ibn Nazâr, Ibn Ma’d, Ibn Adnân (P).
Les descendants de Fihr ou encore Quraych, le
petit-fils de Kinânah, formèrent une vingtaine de familles ou clans et se
faisaient appeler Quraychites ou plus simplement Quraych. Chaque famille ou
clan de la tribu des Quraych se distinguait des autres par le nom de son chef.
Ainsi les descendants de Hâchim (8ième descendant de Quraych) sont
les Banî Hâchim et ceux de Umâyyah (fils du frère jumeau de Hâchim donc 9ième
descendant de Quraych) les Bâni Umâyyah.
Nous citons particulièrement ces deux clans
parce qu’il y eut entre eux des antécédents qui vont constamment laisser leur
empreinte sur l’histoire des premiers temps de l’Islam. Le Prophète (P) puis sa
descendance feront face et souvent subiront la rivalité et la jalousie des
Umayyades sur les Hâchimites pendant des siècles.
Quelle est l’origine de cette jalousie ?
Quçay, grand-père de Hâchim et 6ième
descendant de Fihr (Quraych) fut Cheikh de
Plus tard, ses petits-fils qui étaient
Hâchim, Al-Muttalib, Nawfal et Abd Chams, tous fils de Abd Manâf, héritèrent de
ces fonctions. C’est ainsi que Hâchim hérita du droit de fournir la boisson et
la nourriture aux pèlerins.
Hâchim s’acquittait de cette tâche avec une
réussite qui forçait le respect et l’admiration. Très vite sa charité
légendaire et son hospitalité princière firent sa renommée à travers toute
l’Arabie. Ses succès commerciaux ajoutés à sa renommée suscitèrent la jalousie
de son frère jumeau, Abd Chams et du fils de ce dernier, Umâyyah. Les quatre
frères étaient divisés en deux groupes opposés voire rivaux : Hâchim et
Al-Muttalib d’un côté, Nawfal et Abd Chams de l’autre.
Malgré tous leurs efforts souvent
ostentatoires de ravir la vedette à Hâchim, Abd Chams et Umâyyah, qui étaient
certes riches, finirent par paraître ridicules aux yeux des Quraych. Umâyyah
devint à la longue si enragé qu’il défia en duel Hâchim. Ce dernier accepta de
le relever suite à la pression de la population et malgré sa position d’oncle
de Umâyyah et son rang social supérieur. Ce duel consistait à se soumettre à
une épreuve de supériorité, une vieille tradition fortement prisée par les
arabes à cette époque. Chacun des deux antagonistes devaient faire étalage de
ses prétentions devant un arbitre. Le perdant non seulement offrait au gagnant
cinquante chameaux mais aussi devait s’exiler pendant dix ans. Hâchim fut
déclaré vainqueur. Umâyyah lui remit son dû avant de s’exiler en Syrie. C’était
là l’origine de la rivalité entre les clans Hâchimite et Umayyade.
Il faut dire qu’un duel semblable opposera
encore plus tard deux membres des deux clans rivaux. Cette fois ce sera entre
Abdul-Muttalib[14],
l’héritier de Hâchim, et Harb, l’héritier de Umâyyah. Le clan Umayyade, à
travers Harb, perdit encore une fois le défi. L’humiliation et l’exil de Harb
qui s’en suivirent scellèrent définitivement la haine et le désir de vengeance
que les Umayyades nourrissaient à l’endroit des Hâchimites.
Hârith, le fils ainé de ‘Abdul-Muttalib est
mort avant son père. De même que ‘Abdullah (P), le père de Muhammad (P).
‘Abdullah (P) mourut à l’âge de vingt cinq ans à Médine au retour d’un voyage
d’affaires pour
C’est ainsi qu’à la mort de ‘Abdul-Muttalib,
le privilège exclusif de fournir l’eau et la nourriture aux pèlerins passa
alors entre les mains de Zubair qui était le plus âgé. Il n’y avait plus de
dirigeant Hâchimite suffisamment puissant et riche pour remplacer
Abdul-Muttalib. Le privilège passa alors de leurs mains à celles des Umayyades.
Après Zubair, ce fut brièvement le tour de Abu Talib (P) puis celui de
Al-‘Abbâs. Ce dernier n’en garda que la responsabilité du puits de ZamZam. A
l’arrivée de l’Islam, une cinquantaine d’années plus tard, le Prophète (P) l’y
confirmera en la transmettant à sa famille.
La ville de
La deuxième principale ville du Hidjâz était
Médine. Elle tient sa célébrité du fait d’avoir été le lieu de résidence du
Prophète (P) et aussi le lieu de son enterrement.
Nombreuses sont les preuves que Dieu nous
donne dans le Coran et que l’on peut observer[15] qui
permettent de classer
Ce devoir sacré du pèlerinage à
Ceci constitue une des nombreuses preuves de
la continuité de
Dieu nous appelle à accomplir ce devoir sacré
à travers les versets suivants, entre autres :
« La première Maison qui ait été édifiée
pour les gens, c'est bien celle de Bakka (
Là sont des signes
évidents, parmi lesquels l'endroit où Abraham s'est tenu debout; et quiconque y
entre est en sécurité. Et c'est un devoir envers Allah pour les gens qui ont
les moyens, d'aller faire le pèlerinage de
Le pèlerinage dont il s’agit ici, Hajj
al-Akbar (Pèlerinage Majeur), doit être accompli au mois de Thilhaj,
le dernier mois du calendrier lunaire de l’Hégire. Il est obligatoire pour
chaque musulman, sauf en cas d’excuse légale. Il s’accompagne d’un détour sur
le mont Arafât situé à une quinzaine de km environ de
Il existe cependant un autre pèlerinage
appelé Hajj al-Açghar (Pèlerinage Mineur) ou encore ‘Umrah.
Celui-là peut être accompli à tout moment de l’année, mais particulièrement au
7ième mois de l’année hégirienne (Rajab).
I - LES FONDEMENTS DU POUVOIR ET DE SA PASSATION
DANS L’ISLAM:
I – 1 KHILAFAT[16] DE L’HOMME SUR
TERRE ET TEMOIGNAGE DIVIN:
Dieu a dit:
K1. ... « [Rappelle] quand ton
Seigneur dit aux Anges : “Je vais placer sur la terre un
Khalife. ” “ Y placeras-tu quelqu’un qui y sèmera la corruption et y
répandra le sang alors que nous, nous glorifions Ta louange et proclamons Ta
sainteté ? ”.[Le Seigneur] répondit “Je sais très bien ce que vous ne
savez point. ”Et [le Seigneur] apprit à Adam tous les noms, puis Il fit
défiler devant les Anges [les êtres portant ces noms] et Il dit [aux Anges] :
“Avisez-moi des noms de ces êtres-ci, si vous êtes véridiques ! “Gloire
à Toi ! ” Répondirent-ils “Nous n’avons nulle science excepté ce que
Tu nous as appris. Toi Tu es l’Omniscient, le Sage. ”
“ Ô Adam ! ”Dit [le Seigneur], “avise-les des noms [de ces
êtres] ! ”Et quand [Adam] eut avisé [les Anges] des noms [de ces êtres, le
Seigneur] dit : “Ne vous avais-Je point dit que Je connais bien
l’Inconnaissable des cieux et de la terre et que Je connais bien ce que vous
extériorisez et ce que vous tenez secret ?”»(Baqara, 2 : 30)
K2. « C’est Lui qui a fait de vous les
Khalifes sur la terre. » (Fâtir ou Malâïka, 35 : 39)
K3. « Nous avons proposé de
confier le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ils ont refusé de s’en
charger et s’en sont effrayés, alors que l’Homme s’en est chargé, il fut
injuste et ignorant. » (Ahzâb, 33 : 72).
Ainsi donc, à travers ces versets et bien d’autres[17]
encore il nous est révélé que Dieu a honoré le groupe humain, représenté par
Adam (P), en le chargeant de veiller sur l’ordre de l’Univers tout entier, de
gérer les affaires de l’Homme et de guider l’Humanité sur
Dés lors, le Khilafat en Islam est le pouvoir que Dieu a donné à
la communauté humaine (Umma) de gouverner ou de diriger le monde et de
le promouvoir dans les domaines social, matériel et spirituel
Cette représentation ou Khilafat en tant que principe de
gouvernement de la communauté islamique, est cependant différent de celui des
régimes démocratiques occidentaux qui privilégient le consensus pour justifier
une décision fut-elle préjudiciable à l’intérêt de
Une petite parenthèse est d’ailleurs nécessaire à ce niveau car la
plupart des écrivains musulmans pensent que lorsqu’on est « affaiblis sur terre
» c’est-à-dire opprimés par des tyrans il n’y a pas d’autre alternative que
d’user de tous les moyens, sous-entendu même la force physique, pour s’en
sortir ou d’émigrer.
Citons d’abord les versets qu’ils interprètent à ce propos (Nissâ,
4 : 97 et 98):
« Oui, ceux qui sont injustes envers eux-mêmes, les anges les
achèvent en disant : où en étiez-vous ? - Nous étions affaiblis sur terre,
disent-ils. - Alors les anges: la terre de Dieu n’était-elle pas assez vaste
pour vous permettre d’émigrer ? - Voilà bien ceux dont le refuge est
Selon ces paroles divines, non seulement il existe des exceptions à la
règle mais en plus s’il faut émigrer vers d’autres cieux encore faudrait-il que
"ce que l’on y gagne vaille ce que l’on y perd" car il est difficile
voire impossible de nos jours de trouver un modèle irréprochable de
gouvernement islamique. De plus parmi les moyens dont on dispose figure en
bonne place, plus efficace que la force physique et avec des effets plus
durables et plus profonds, le combat intellectuel par les écrits, les
conférences, les débats d’idées, la formation des jeunes, en un mot l’éducation
des masses en matière islamique.
Ainsi pour fermer la parenthèse, deux vérités simples s’imposent à
notre entendement : on est plus utile à sa cause vivant que martyr et ... la
nature trouve toujours son chemin.
Adam ayant été le premier représentant de ce Khilafat, les Anges
se sont prosternés devant lui et toutes les forces de l’Univers visible et
invisible lui ont été soumises.
Ce “Dépôt ” (Amàna) si gigantesque et si effrayant même
pour les forces de la nature, fut confié à l’Homme malgré la liberté que lui a
accordé son Créateur de faire le bien ou le mal à travers le libre-arbitre : «Nous
l’avons dirigé sur le chemin droit, qu’il soit reconnaissant, ou qu’il soit
ingrat. » (Dahr ou Insân, 76 : 3) Et c’est certainement
cette inconstance dans le comportement humain qui suscita la réticence des
Anges à l’égard de ce Khilafat. Cependant Dieu, dans son Omniscience,
apprit à Adam (P) tous les noms montrant ainsi aux Anges qu’Il soumettait
l’Homme à une Loi autre que celle du déterminisme mécanique qui gère le
mouvement de l’Univers - des atomes aux astres.
Cette Loi complémentaire à celle du Khilafat, qui se charge
d’éduquer et de guider ce Khalife à
T1. « Nous dîmes : “Descendez
d’ici, vous tous ! Si jamais, ensuite, une guidée de Moi vous vient, alors,
quiconque suivra Ma guidée ... pour eux, nulle crainte, et point ne seront
attristés.” » (Baqara, 2 : 38).
T2. «Ainsi Nous avons fait de vous
[croyants !]Une communauté éloignée des extrêmes (wasatan), pour que vous soyez
témoins à l’encontre des Hommes et que l’Apôtre soit témoin à votre
encontre. » (Baqara, 2 : 2).
T3. « J’ai été témoin à leur
encontre, tant que je suis demeuré parmi eux .Quand Tu m’as eu rappelé
(Tawaffa) à Toi, c’est Toi qui as été le surveillant, à leur endroit car, de
toute chose, Tu es témoin. » (Ma’ida, 5 : 117)
T4. « Nous
avons, en vérité, révélé
Dieu connaît bien Sa créature :
« Et très certainement, Nous avons créé l’homme et Nous savons ce
que son âme lui suggère. » (Qâf, 50 : 16).
« Croyez-vous que Nous vous ayons créés sans but et que vers Nous
vous ne serez pas ramenés ? » (Mû-minûn, 23 : 115)
Cependant Il lui a confié le “Dépôt ” et lui a assigné de grands
buts - la construction de la société de
l’Unicité Divine, Tâwhid. Dés lors il fallait qu’Il lui donne les moyens
de remplir sa mission sans se perdre. Et c’est ainsi que parallèlement à
Le verset T4 ci-dessus nous donne
les trois catégories de témoins :
·
Les Prophètes.
·
Les Témoins divins, qui sont les Imams.
·
Les « Docteurs », qui sont les Ulémas.
Ces trois types de
Témoignage ont des fonctions communes mais des rôles respectifs différents. En
effet tout Témoin, référence intellectuelle et législative (savant et juge), a
essentiellement pour fonction de diriger la marche de la communauté, assurant
ainsi la conformité avec le Message divin dont il est gardien.
D’abord il est important de faire la distinction entre deux catégories
de Prophètes :
*
Les Prophètes Envoyés de Dieu (Rassûl)[19]
qui reçoivent le Message mais ont en plus le devoir de le transmettre et de
diriger cette communauté. Cinq d’entre eux apportent un nouveau Code de vie (Chari’a) et sont appelés Ulul-’Azm.
*
Les Prophètes porteurs du Message ou Nabi mais qui ne sont pas chargés de le transmettre.
Du premier des Prophètes, Adam (P), au dernier, Muhammad (P), 124000
Prophètes (P) auraient été missionnés. Les cinq ulul-Azm est :
*
Le Prophète Nuh (P)
*
Le Prophète Ibrahîm (P)
*
Le Prophète Moûssâ (P)
*
Le Prophète ‘Issa (P)
*
Le Prophète Muhammad (P)
Les Juifs sont les disciples de Moûssâ, les Chrétiens ceux
de ‘Issa et les Musulmans de Muhammad (P). Ainsi il fut révélé aux Prophètes :
·
Nuh : Sahifa
·
Ibrahîm : Sahifah
·
Moûssa : Tawrat
·
Dâwoud : Zabûr
·
‘Issa : Injîl
·
Muhammad (P) : Al Qur’ân,
Qui abroge et annule tous les autres Livres de même que l’Islam abroge toutes
les autres religions.
On pourrait alors se
demander à quoi pourraient "servir" les Nabi s’ils ne " dirigent" pas la communauté.
Tout d’abord il faut savoir que Dieu peut créer ce qu’Il veut sans avoir à S’en
expliquer. Ensuite il est certain que la présence d’un être pur contribue à
élever, au moins de façon passive, le niveau des consciences individuelles et
de la conscience collective, c’est-à-dire tout simplement à purifier son
environnement humain.
Dans ce qui suit il est essentiellement question des Rassûl quoique les Nabi puissent être concernés s’ils se retrouvent dans la position
de guides.
Le Prophète (P) est désigné par
Dieu pour être celui qui reçoit
En plusieurs endroits le Coran a défini le rôle du Prophète (P) :
«Dieu envoya les Prophètes comme Annonciateurs et Avertisseurs, et fit
descendre avec eux le Livre avec la vérité, pour juger entre les hommes, sur ce
sur quoi ils s’opposèrent. » (Baqara, 2 : 30)
« Nous avons fait descendre vers toi l’Écriture chargée de Vérité,
déclarant véridique ce qui, de l’Écriture, est antérieur à elle et en
proclamant l’authenticité. Arbitre donc entre tous ces gens au moyen de ce que
Dieu a fait descendre! Ne suis point leurs doctrines pernicieuses t’écartant de
« C’est Lui qui a suscité
parmi les illettrés un Envoyé issu d’eux, Qui leur récite Ses versets, Qui les
purifié, et Qui leur enseigne le Livre et la sagesse; bien qu’ils furent
auparavant dans un égarement manifeste. » (Al-Jumu’a, 62: 2).
«Et de même, Nous n’avons envoyé avant toi d’Avertisseur en une cité,
sans que ses gens aisés n’aient dit: “Oui, nous avons trouvé nos pères sur
un chemin et nous suivrons leurs traces. ” » (Zukhruf,
43 : 34 ).
« [...] leur ôtant le fardeau et
les carcans qui étaient sur eux. Ceux qui auront cru en lui, l’auront
soutenu, l’auront secouru, et auront suivi la lumière descendue avec lui, ceux
- là sont les gagnants. » (A’râf, 7 : 157 ).
La
responsabilité du Prophète (P) est donc très large: non seulement il doit être un
excellent gestionnaire des affaires de l’État mais en plus il doit orienter et
guider les hommes dans le chemin de Dieu. Il détient les pouvoirs temporels et
spirituels et les exerce à la perfection.
De ce rôle que le Prophète (P) assume découle d’ailleurs sa nécessaire
infaillibilité qui est exaltée dans bien des versets[20]
du Saint Coran; cette infaillibilité que veulent malheureusement ôter au
Prophète de l’Islam (P) certains de nos coreligionnaires victimes d’enjeux et
d’intérêts qui, souvent, les dépassent. Nous y reviendrons plus loin, In
Challah.
I-1-2-3 LES IMAMS
La construction de
Cependant Dieu a prévu la préservation de Son Message puisqu’Il dit à
propos du Prophète de l’Islam (P) et des autres Prophètes:
« Mohammed n’est qu’un Messager; des Messagers ont vécu avant lui.
Retourneriez-vous sur vos pas, s’il mourait ou s’il était tué? Celui qui
retourne sur ses pas ne nuit en rien à Dieu. » (Ali-’Imrân, 3 : 144).
Ainsi donc Dieu a désigné comme successeurs de Ses envoyés des hommes
tout aussi exceptionnels que les Prophètes (P). Il est clair, en effet, que
seul un homme doté au moins des mêmes qualités que celles du prophète (P¨) peut
lui succéder dans l’exercice des deux pouvoirs temporel et spirituel afin
d’assurer la pérennité de l’Islam. Ces successeurs désignés par Dieu Lui-même
sont les Imams (P).
Si certains dirigeants de l’Islam, après la mort du Prophète (P), ont
échoué, et ont eux-mêmes reconnu leur échec, c’est parce qu’ils ont pris le
pouvoir, sans réunir les deux dimensions nécessaires, qui sont indissociables.
Leur ignorance des prescriptions (ahkâm dîniyya) a été à l’origine de
graves déviations.
L’Imam (p) étant le dépositaire du Message, il détient et exerce des
pouvoirs de puissance divine sans toutefois apporter un nouveau Message ou une
nouvelle Religion. Citons à ce propos le Coran :
« Nous en fîmes, parmi eux,
des Imams qui guident[21] par Notre Commandement, car ils ont
enduré, et ont la certitude éprouvée de Nos Signes. » (As-Sajda, 32 : 24)
« Nous en fîmes des Imams qui guident par Notre
Commandement. » (Al-Anbiyâ, 21 : 73)
« Le jour où Nous appellerons tous les hommes par leur
Imam... » (Al-’Isra,
17 : 71)
« Nous lui avons donné, par surcroît, Isaac et Jacob, dont Nous avons
fait des justes. Nous les avons établis comme des Imams (chefs) qui dirigent
les hommes selon Notre ordre. Nous leur avons inspiré des œuvres bonnes
. » (Al Anbiyâ, 21 :
72 et 73).
«Et Nous avons fait une direction pour les fils d’Israël. Nous avons
suscité des Imams pris parmi eux. Ils les dirigeaient sur Notre ordre, quand
ils étaient constants et croyaient fermement à Nos signes. » (Sajda,
32 : 23 et 24).
De même que le Prophète (P), il est Khalife
et Témoin. L’Imam (P), successeur du Prophète (P), est alors infaillible car il
est le Pôle (Al khoutbou Zamàn ) de
jonction des deux Lignes du Khilafat et du Témoignage; il doit conduire
le changement sans en être l’objet c’est-à-dire sans être ni avoir jamais été
influencé par les normes de
I-1-2-4 LES MARJA (sources de référence)
Le Docteur (‘Alim) ou Marji’, lui, doit sa désignation à la
communauté après un effort humain intense pour acquérir la connaissance de
l’Islam et une piété sans faille.
Il est évident que ces qualités de justice et de piété ainsi que ces
connaissances du Marja’ acquises de
haute lutte ne peuvent faire l’objet d’un legs ou d’un héritage comme il est
souvent - hélas! - coutume de voir certains descendants de grands Cheikhs le prétendre surtout en Afrique
noire mais aussi ailleurs dans le monde musulman.
Et ceci malgré qu’il soit de notoriété
publique que la plupart de ces Cheikhs
ont refusé de se singulariser dans l’Islam pour ne pas être à l’origine de la
division des musulmans en sectes ou confréries dirigées souvent par des gens
qui se soucient davantage de leur propre ego que de l’être du monde.
Le rôle des Marja’ est très
important aussi bien en présence d’un Imam (P) qu’en son absence. Il est le
prolongement des Prophètes (P) et des Imams (P) auprès des populations pour
répandre les enseignements et prescriptions du Livre Saint grâce aux écoles et
autres universités qu’il contribue à créer, à régénérer et à promouvoir. Et lorsque
l’Imam (P), comme c’est le cas pour notre époque, se retire alors les Marja’ ont la lourde tâche d’être les
Témoins que Dieu nous a donnés pour nous guider de façon visible tandis que
l’Imam (P) poursuit son œuvre de guidance intérieure en attendant le moment
opportun pour l’exercer dans toutes ses dimensions.
I-1-2-5
LES DIFFERENCES ENTRE LES TEMOINS
Ainsi une première différence de taille entre
d’une part les Prophètes (P) et les Imams (P) et d’autre part les Marja’ est que les premiers doivent être
infaillibles (Ma’ssoum) afin
d’assister à la perfection le Khalife ou d’être même le point de jonction des
deux Lignes du Khilafat et du
Témoignage, tandis que les Marja’ se
doivent d’être extrêmement justes sans forcément être infaillibles car ils ont
besoin eux-mêmes de témoin :
« Afin que l’Apôtre soit témoin à votre
encontre et que vous soyez témoins à l’encontre des hommes. »
(Hajj, 22 : 78 ).
« Ainsi Nous avons fait de vous [croyants!] une Communauté éloignée
des extrêmes, pour que vous soyez témoins à l’encontre des hommes et que
l’Apôtre soit témoin à votre encontre. » (Baqara, 2 : 143).
C’est cette différence par rapport à l’erreur
qui prédétermine l’attitude du musulman vis-à-vis des différents Témoins: il
doit être soumis (musulman) aux Prophètes (P) et aux Imams (P) alors qu’il est
un disciple (moukhalled) du Marja’.
Evidemment, la communauté a besoin d’être
dirigée. En l’absence physique d’un Imam (P), comme c’est le cas actuellement,
les Marja’ sont alors chargés de
cette direction et représentent ainsi
La seconde différence entre les trois types
de témoins réside dans leur mode de désignation et donc de
"remplacement" en cas de disparition.
Concernant les Marja’, leur Ligne est tracée par Dieu mais leur choix est fait de
façon consciente par
I-2 LES
DETENTEURS DU POUVOIR EN ISLAM :
I-2-1 ULIL-AMR (DETENTEURS DU POUVOIR)
Il est généralement reconnu que les mauvaises œuvres sont le résultat
de l’ignorance; plus on connaît, moins on s’expose au risque du pêché ou de la
mauvaise action. Le grand nombre de scandales politiques suivis de chutes
d’hommes politiques importants dans nos États modernes, qui se voudraient
laïques (?) mais sont en tout cas profanes, nous suffit pour prévoir ce qui se
passerait s’il s’agissait d’une société qui veut réaliser un projet divin où
aucune faute ne serait pardonnée. On comprend dés lors pourquoi on exige de
l’Imam (P) la perfection.
Tout ce qui a été dit ci-dessus à propos des Prophètes (P) et des Imams
(P) sur le pouvoir et son exercice dans l’Islam est confirmé très clairement
par ce verset, et bien d’autres, du Saint Coran:
« O vous qui croyez! Obéissez à
Dieu, au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent le Commandement
(ûlil-amr) ! Et si vous divergez au sujet d’une chose, renvoyez-la à
Dieu et au Prophète; si vous croyez en Dieu et au jour dernier. C’est
préférable et meilleur comme interprétation. » (An-Nisâ’, 4 : 59)
D’après ce verset les détenteurs du pouvoir en Islam sont: Dieu
Lui-même, Son Prophète et ceux qui détiennent le Commandement. Ainsi, obéir aux
détenteurs du commandement (ulil-amr)
c’est obéir à Dieu et au Prophète (P); il est alors inadmissible que de
tels dirigeants puissent commettre ou faire commettre des erreurs encore moins
être des dictateurs, des ignorants ou des pêcheurs sinon ... ils nous feraient
désobéir à Dieu!
Il apparaît ainsi de façon évidente que l’Islam recommande vivement -
sinon exige - que les détenteurs du Commandement soient des hommes infaillibles
donc des Imams (P) ou alors des Khalifes qui sont alors assistés de façon très
rapprochée et assidue par un Imam (p) qui les éloigne de l’erreur grâce à sa
guidance de sorte que les deux Lignes du Khilafat
et de l’Imamat restent toujours concomitantes.
L’histoire nous prouve que lorsque l’Imam (P) n’est pas Khalife surtout
que le Khalife n’est dans ce cas jamais totalement soumis à l’Imam (P) alors on
s’écarte de plus en plus du chemin de Dieu.
Un exemple simple dans notre environnement immédiat ou médiat pour
illustrer la nécessité de l’infaillibilité - toutes proportions gardées! -
pourrait être trouvé dans le cadre d’une entreprise ou d’un service donc une
organisation hiérarchisée.
En effet un employé quelconque
doit obéissance à son supérieur hiérarchique et au chef de l’organisation.
Cependant s’il commet une faute en exécutant correctement un ordre provenant de
son supérieur hiérarchique ou du chef, le droit positif prévoit de sanctionner
selon leur degré de responsabilité aussi bien cet exécutant que son donneur d’ordre qui pourrait être le
grand chef. Mais il arrive souvent que
la preuve de la responsabilité du donneur d’ordre ne puisse être faite et alors
c’est l’exécutant qui porte fort injustement l’entière responsabilité de sa
faute. Voilà devant la justice des hommes un cas d’injustice flagrante et
fréquente où la référence ultime en matière de justice et de commandement est
elle-même injuste, alors qu’en Islam cette référence, infaillible, est Dieu et Son Prophète (p) à travers le
gardien de
Enfin nous allons raffermir notre conviction à travers ce hadith autour
duquel l’unanimité s’est faite:
I-2-2 LE CHOIX DU
SUCCESSEUR DU PROPHETE (P))
L’histoire de
« Nous avions envoyé Noé et
Abraham et Nous avions établi, chez leurs descendants, la prophétie et le
Livre. »
(Hadîd, 57 : 26 ).
« Nous lui avons donné Isaac et Jacob. Nous les avons tous deux
dirigés. Nous avions auparavant dirigé Noé, et, parmi ses descendants: David,
Salomon … »
(An’âm, 6 : 84 )
Ce qui est mis en exergue ici c’est la formation et l’éducation sans lesquelles la
seule parenté au sens de Dieu n’a aucune valeur. La preuve est dans le verset
suivant :
« Lorsque son Seigneur
éprouva Abraham par certains ordres, et que celui-ci les eut accomplis, Dieu
dit :“Je vais faire de toi un Imam pour les hommes. ”
Abraham dit :
“Et pour ma descendance aussi ?”
“ Mon alliance ne concerne pas les injustes.”» (Baqara, 2 : 124).
Donc il ne suffit pas d’être un fils de
Prophète (P) ou un de ses proches pour être un Imam. C’est Dieu qui désigne qui
Il veut et quand Il le veut.
Ainsi le Prophète de l’Islam (P) se devait-il
de respecter cette coutume divine car Dieu affirme dans le Coran qu’Il ne
change pas les coutumes qu’Il a établies entre Lui et Ses créatures :
« Allah ne prive un peuple de Ses Bénédictions que si ce peuple
change lui-même ses nobles habitudes. » (Al-Anfâl, 8 : 53).
Citons quelques exemples qui illustrent cette
tradition qui consiste chez les Prophètes à se faire succéder par un de leurs
descendants ou un de leurs proches :
*
Adam (P), le premier des bergers
des âmes, a eu pour successeur Chi’th
en disant de lui :
« Celui-là est le meilleur d’entre ceux
qui me survivront.» [23]
*
Nuh’ (P) trouva son successeur
en Saam (P) sur ordre de Dieu.
*
Dieu désigna Yusha’ (P) pour
succéder à Mûssa (P).
*
Assif Bune Barkhiya (P)
poursuivit l’œuvre divine de Suleymane (P).
*
Pour ‘Issa (P) le meilleur des
hommes après lui fut Cham’une Al Safa (P).
*
Le Prophète de l’Islam (P), lui,
a dit de Ali (P) : «Celui dont je suis le
maître, voici Ali qui sera son
maître.», comme le rapportent les hadiths authentiques du Prophète (p)
reconnus par tous les groupes de l’Islam.
Par
ailleurs, la situation chronologique particulière du Prophète de l’Islam (p)
dans
II -
Tous les musulmans sont unanimes autour des
points suivants :
*
Le Coran est
*
On ne peut y ajouter ni en soustraire le moindre signe.
*
Nous avons le devoir absolu de respecter les enseignements du Coran et
d’observer étroitement les prescriptions divines qui nous y sont données.
*
Le Coran a fait l’objet d’une interprétation par le Prophète (P)
lui-même pour l’expliquer et en faciliter l’accès à sa communauté.
S’il y
a divergence entre les musulmans c’est seulement dans la réponse à la question
: vers qui faut-il se tourner pour avoir la bonne interprétation ?
Nous allons chercher la réponse à cette
question dans le Saint Coran qui a, encore une fois comme dans bien d’autres
domaines, clairement et définitivement tranché sur cette question.
Alors, peut-on au gré de quelques vils
intérêts terrestres - on pourrait trouver d’autres motifs tout aussi
inacceptables tels que l’ignorance et le refus "jahilien" du
changement - peut-on donc tantôt croire tantôt ne pas croire au Coran pourtant
reconnu comme Parole de Dieu donc Vérité Absolue ? Assurément non !
Que Dieu nous garde d’une telle turpitude !
Voyons à présent des preuves (Al’Adîla) irréfutables que nous donne
Un bref rappel historique sur leurs liens de
parenté : le père de l’Imam Ali (P), Abou Taalib (P), est l’oncle paternel
du Prophète (P) et a élevé le Prophète (P) de façon privilégiée par rapport à
ses nombreux autres enfants. Ce dernier à son tour éduqua avec beaucoup d’amour
son jeune cousin Ali (P) (ainsi donc ce dernier n’a jamais été jahilite[25])
à qui il donna en mariage sur ordre de Dieu sa fille préférée Fatima (P).
L’Imam Ali (P) avait huit (8) ans lorsque le Message descendit pour la première
fois sur le Prophète (P) à l’âge de quarante (40) ans la nuit d’un lundi.
L’Imam Ali (P) l’a cru dés le lendemain et devint ainsi le premier musulman.
II-2 LES PREUVES (AL’ADILLA)
P1 « Demandez donc aux Gens du Rappel (Zikr)
si vous ne savez pas. » (Nahl, 16 : 43)
Ce verset tout bref qu’il est n’en donne pas moins
une indication d’une importance capitale pour qui a lu au moins une fois le
Saint Coran. En effet, on se rend compte très vite que le Livre de Dieu ne
donne pas toujours les détails d’exécution des prescriptions mais bien souvent
seulement les grands principes qui les régissent, en somme le fond mais pas la
forme. Un peu de la même façon que la graine contient l’arbre sans en
comporter, dans un état de développement définitif, les différents éléments
constitutifs que sont les feuilles, les branches, le tronc et les racines.
Certes
Dieu, Qui n’omet jamais rien et Qui prévoit
toujours tout, a désigné parmi et pour les hommes des privilégiés, les Gens du
Rappel ou Ahlul Bayt (Gens de
Pratiquement tout le monde musulman est
d’accord sur l’identité des Ahlul Bayt ou Ahluz-zikr : il s’agit du Prophète (P), de Ali (P), Fâtima (P), Al
Hassan (P), Al Hussein (P). Les quelques rares personnes qui n’acceptent pas
cette évidence - voir les commentaires du verset P2 ci dessous - ne
mettent personne d’autre à la place de ces illustres personnes.
Cependant il est naturel et logique d’étendre
cette appellation à toute la lignée de leurs descendants purifiés (c'est-à-dire
les 9 imams de la lignée d’Al Hussein (P) Pour trois raisons, entre autres:
- Le Prophète (P) dit dans un Hadith rapporté
par Tabari, une des grandes références, dans son « Tafsir Al Qurân » - rapporté aussi par d’autres - que les descendants de Ali et Fâtima sont encore
des Purifiés.
- La vie du Prophète (P) n’étant pas
suffisamment longue pour lui permettre d’éclairer la communauté sur tous les versets
coraniques, Dieu a désigné les Imams (P) pour préserver et perpétuer Son Œuvre
sur terre. Ces derniers se sont transmis ce divin Héritage depuis le Prophète
jusqu’au Mahdi (P) en passant d’abord par Ali (P) puis Al Hassan (P), Al
Hussein (P), etc. Cette chaîne de successions est annoncée dans le Coran et
confirmée par des hadiths (voir I-1-2-3
sur les Imams et les versets cités ci-dessous).
Pour avoir été terriblement martyrisé et
humilié - sa tête tranchée fut promenée à travers plusieurs contrées et 70
membres de sa famille et compagnons furent horriblement massacrés avec lui lors
de la bataille de Karbala - Al Hussein (P) fut donc récompensé à travers trois
bienfaits :
-
Les neuf Imams qui l’ont suivi ont été choisis par Dieu parmi sa
descendance.
-
Le lieu, plus particulièrement le mausolée, où il a été humilié est
devenu un lieu saint et béni de Dieu où toute prière saine est acceptée.
-
Le sol qui a bu son sang est béni de Dieu et permet de soigner bien des
maladies.
Enfin,
nous allons citer un Hadith dit des deux poids (Hadith-ul thaqalayni)
qui renforce s’il en est besoin le verset P1 :
« Je vous lègue
deux poids: le premier c’est le Livre de Dieu dans lequel sont votre Guidance
et votre Lumière. Puisez dans ce Livre et accrochez-vous à ce Livre et à ma
descendance (Ahl-ul-Beyt), ma descendance, ma descendance. », D’après Sahih Muslim de Muslim, Tome
II à la page 238.
Imam Ahmad a rapporté ce Hadith sous une
autre forme avec toutefois le même fond dans ses Musnad tome V pages 182 et 189
ainsi que dans le tome III pages 17 et 26 :
« Je vous lègue
deux poids: le premier est le Livre de Dieu, le deuxième c’est ma descendance.
Le Livre de Dieu et ma descendance c’est une corde tendue entre le ciel et la
terre. Al Latifoul Khabirou (Dieu) m’a
dit que ces deux ne se sépareront jamais jusqu’à la fontaine de Kawçar. »
Tabarâni rapporte également ce hadith dans Al
Kanz page 44 tome I. De même que Hâkim dans le Volume III de son Mustadrak page
148. Egalement Tabarî, Ibn Khaldun, Abul Fidâh, entre autres.
De tout ce qui précède nous concluons
simplement qu’à la question « vers qui se diriger pour avoir la bonne
interprétation du Coran », Dieu nous répond: « vers la descendance
purifiée du Prophète ».
P2 « Dieu
ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de
la maison, et vous purifier de purification parfaite. » (Ahzab,
33 : 33)
Pour bien comprendre ce verset plus connu
sous le nom de verset de la purification, il est nécessaire et peut-être
suffisant de rappeler les circonstances de sa révélation.
En effet, le Prophète (P) se trouvait au
moment de sa révélation chez son épouse Umm Salama, Mère des Croyants connue
pour sa piété et ses vertus. Umm Salama dit d’après un Hadith tiré de Yanâbi al
Mawada (page 125) de Al Ghanduzi :
« C’est chez moi
que fut descendu le verset de la purification. Un jour, Fâtima était venue avec
une marmite contenant une soupe de viande. Le Prophète lui dit: "Appelle
ton mari, ainsi que (tes enfants) Hassan et Hossein." Elle les fit venir. Ils
étaient en train de manger quand fut révélé le verset. Puis le Prophète les
recouvrit avec un manteau de Khaybar qu’il portait sur lui, et
dit: "Mon Dieu, ceux-là sont les Gens de ma Maison, et mes protégés;
éloigne d’eux la souillure et purifie-les complètement!" »
‘Umar Ibn Abi Salama, beau-fils du Prophète
(P), confirme les paroles de sa mère dans les mêmes termes en y ajoutant qu’à
la suite Umm Salama demanda : «Suis-je
avec eux, O Prophète de Dieu ? ».
Le Prophète lui répondit: « Tu as
ton rang, et tu es pour le mieux. »
Bien des savants sunnites professent que ce
verset a été révélé à l’endroit du Prophète et des quatre autres personnes
citées précédemment. Donnons quelques références: Al Ghanduzi dans Yanâbi al Mawada,
page 126; Al Suyûti dans Al-Durr Al-Mansûr, Tome V, page199; Ahmad Ibn Hanbal
dans Moussnad Tome I, page 331; Fakhr Râzi dans Tafsîr, tome I, page 783; Ibn
Hajar dans Sawâiq, page 85; etc.
D’ailleurs Al Ghanduzi rajoute à la même page
précitée :
« Cette tradition
est bonne, et sa chaîne de transmetteurs est authentique, de sorte qu’elle est
la meilleure tradition, dans ce sujet .»
Egalement dans Sahih de Muslim, Aïcha,
« Le Prophète
portant un manteau de poils de chameau, allait sortir très tôt le matin, quand
Hassan arriva. Il le fit entrer sous le manteau. Hussein arriva à son tour, il
le fit entrer aussi; puis Fâtima, puis Ali. Le Prophète récita alors le verset
de la purification. »
Enfin Al-Souyoûti dans Al-Durr Al-Mansûr
rapporte le discours de Ibn Abbas transmis par Tarofa : « Nous avons vu l’Envoyé de Dieu venir pendant neuf mois
consécutifs devant la maison de Ali Ibn Abi Tâlib, au moment des prières et
dire : « Que la paix, la bénédiction et la clémence de Dieu soient avec
vous, O Gens de
Une fois les circonstances de la révélation
éclaircies, nous pouvons à présent contrarier facilement et avec de simples
arguments sémantique et grammatical ceux qui ont tenté de donner une autre
interprétation à ce verset.
Ces détracteurs soutiennent l’idée que ce
verset s’adresse aux femmes du Prophète (P) ou encore que la souillure dont il
s’agit n’est que d’ordre physique. Or du début de ce verset :
« Tenez vous dignes... »
jusqu’à :
« ...obéissez à Dieu et à son Messager. »,
Dieu s’adresse à des femmes au vu de la marque du féminin pluriel
« na » à la fin des mots. Et sitôt après Dieu s’adresse aux Ahlul Bayt au
masculin pluriel, les mots se terminant par « koumou ». A supposer même que les femmes du Prophète en
fassent parties, alors faudrait-il oser soutenir et démontrer qu’elles sont
aussi purifiées que les Gens de
Quant au mot rijsa utilisé dans le
verset et qui est traduit par le mot souillure, il est clair qu’il signifie
aussi bien la souillure physique que celle plus subtile d’ordre spirituel. En
effet les boissons fermentées, le jeu de hasard, les stèles, les flèches
divinatoires sont rijsa (Al Ma’ida, 5 : 90), la viande de porc, le
sang sont rijsa (Al-An’âm, 6 : 145), la mécréance est rijsa
(Al Tawba, 9 : 125). Egalement lorsqu’on est en situation
d’impureté (souillure physique) et qu’on n’a pas d’eau pour faire ses ablutions
Dieu nous autorise à nous purifier à travers une simple pierre; ce qui traduit
que la purification exigée pour prier est d’abord et surtout spirituelle alors
qu’elle a une apparence bien physique. On voit bien qu’il est difficile voire
erroné de détacher le physique du spirituel en matière de souillure d’autant
plus que la souillure externe chez un purifié pourrait être dépolarisée c’est à
dire vécue en bien.
Nous pouvons ainsi déduire de ces quelques
lignes que le verset de la purification nous assure de la pureté parfaite des Ahlul
Bayt qui sont la descendance du Prophète de l’Islam (p).
P3
« Ensuite nous fîmes hériter du Livre ceux de Nos adorateurs que
Nous avons purifiés. » (Fâtir, 35 : 33)
Dieu nous confirme dans ce verset ce que nous
venons de commenter pour le verset de la purification: après les avoir
purifiés ( le même mot : al
Mutaharuna dans les deux versets) Dieu a fait hériter les Ahlul Bayt
du Savoir Suprême,
Citons à ce propos le Hadithou’Safîna (tradition de l’Arche) rapporté par Al Hâkim,
d’après Abi Dharr page 151 du Volume 3 d’Al Mustadrak :
« Mes Ahlul Bayt sont parmi vous
comme l’Arche de Nuh’; qui y monte est sauvé et qui s’en détache se noie et
périt. »
Al Tabarâni, dans Al Awsat d’après Abî Sa’ïd,
ajoute ceci: «Mes Ahlul Bayt sont parmi
vous comme la porte de la rémission des enfants d’Israël, qui y rentre est
pardonné » et aussi dans Al Sawa’îkh page 89: « Que soient mes Ahlul Bayt pour vous,
ce qu’est la tête pour le corps, les yeux pour la tête qui ne trouve son chemin
que par eux. » .
Dans une autre tradition rapportée par Ibn
Hadjar dans Al Sawa’ikh al Muhrikha aux pages 148 et 226 le Prophète (P) dit : « Ne les devancez pas, vous périrez, ne
vous en éloignez pas, vous périrez, et ne leur donnez pas de leçons, ils sont plus savants que
vous. » Al Ganduzi confirme ce Hadith dans Yanabî’ al Mawwadda aux
pages 41 et 355.
Après avoir cité ces hadiths Ibn Hadjar
explique: « Les comparer à l’Arche
de Nuh’ signifie que ceux qui les aiment et les glorifient en signe de
remerciements pour la grâce de Celui
qui les a honorés, et qui trouvent leur voie en suivant leurs Imams, sont
sauvés des ténèbres de la discorde, mais ceux qui s’en écartent se noieront
dans la mer de l’ingratitude et périront dans les antres de l’injustice. »
Ce verset confirmé et étayé par ces quelques
Hadiths du Prophète (P), nous désignent sans aucune ambiguïté les véritables et
uniques Héritiers de
P4
« C’est ce dont Dieu fait bonne annonce à ceux de Ses esclaves qui
croient et font bonne œuvre! - Dis: " Je ne vous en demande de
salaire qu’un amour pour mes proches." » (Chûra, 42 : 23).
L’Annonce que Dieu fait ici à Ses pieux
adorateurs est la religion de
A
présent donnons quelques Hadiths du Saint Prophète (P) relatifs à ce verset et
rapportés par des savants de très grande notoriété:
D’après Al Tabaranî dans Al Awçat repris par
Al Suyûti dans Ihya’al Mayyit, le Prophète (P) dit: « Conservez votre affection pour Ahlul Bayt. Qui retrouve Allah en
nous aimant, entrera au Paradis par notre intercession. Par Celui qui tient mon
âme entre Ses mains, l’acte du serviteur ne sera reconnu que s’il connaît notre
droit. »
« La reconnaissance de
« Au jour dernier, les
pas du serviteur ne passeront pas avant qu’il ne soit questionné à propos de
quatre: son âge et comment il le consacra, son corps et comment il l’usa, sa
fortune et comment il la dépensa et d’où il la tira, et son amour pour nous,
les Ahlul Bayt. »
rapporté par Al Tabarani d’après Ibn Abbas, cité par Al Souyoûti.
« Qui passe son
temps à
« Moi, mes
délicieux enfants et ma descendance bienveillante sommes les plus cléments d’entre
les enfants et les plus savants d’entre les adultes, c’est en nous qu’Allah
renie le mensonge, qu’Il arrache les canines des chiens, c’est par nous qu’Il
délie vos chaînes, qu’Il dénoue le nœud autour de vos cous, c’est par nous
qu’Il ouvre et qu’Il ferme. » cité dans Kanz al Ummal volume 6 page 396.
« Les aimer c’est
croire, les détester c’est mécroire, s’en rapprocher constitue le Salut et le
Refuge. Si l’on compte qui sont les pieux, ce sont leurs Imams ou si l’on demande qui sont les meilleurs de
la terre, il sera répondu: eux. » Dit Al
Farazdaq à leur propos.
L’Imam Al Chafî’ un des quatre Imams
des grandes Écoles sunnites dit dans un très beau poème:
« O Famille du
Prophète, vous aimer est un ordre donné par Allah et révélé par le Coran. Il suffit,
qu’en signe du grand honneur qui vous est dû, que la prière de celui qui ne
vous salue pas devienne nulle. »
Bien d’autres versets du Coran nous font
obligation de les aimer - mais aussi et
surtout de suivre leurs enseignements comme on l’a montré dans les commentaires
du verset P3 - ainsi que de multiples autres Hadiths et poèmes faits par
des savants qui font autorité dans le monde musulman.
Il est dés lors clair que tout musulman
sincère se doit:
*
D’avoir pour guides les Ahlul Bayt et
la lignée d’Imams issue d’eux.
*
D’aimer et de vénérer la descendance du
Prophète Muhammad (P).
P5 « Si
quelqu’un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science,
dis: Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes,
nous-mêmes et vous-mêmes nous ferons alors une exécration réciproque en
appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs. » (Al-îmran, 3
: 61)
Ce verset, connu sous le nom de Aya-al-Moubahala (Verset de
l’exécration) a été révélé au Saint Prophète (P) à la suite d’une lettre adressée
aux chrétiens de Najrân les appelant à sa Foi. En réponse ils sélectionnèrent
parmi eux quatorze hommes - des Évêques et des Prêtres - pour aller à Médine
s’informer tant de la religion que des mérites du Prophète (P); leur véritable
dessein étant bien sûr d’arriver à faire prévaloir leur religion devant celle
des musulmans et pouvoir ainsi rester dans leur Foi.
Devant le refus du Prophète (P) de les
recevoir ‘Ali (P) leur conseilla d’ôter
leurs vêtements de soie et leurs bagues en or. Ils s’exécutèrent et furent
alors aimablement reçus par le Prophète. Lors d’une discussion sur Jésus (P),
le Prophète leur expliqua que Jésus (P) n’était qu’un Prophète.
Après cette rencontre, les versets suivants
furent révélés au Prophète (P) :
«En effet, il en est de Jésus
comme d’Adam auprès de Dieu : Dieu l’a créé de terre, puis Il lui a dit :
« sois », et il fut.
La vérité est de ton Seigneur. Ne sois donc pas du nombre des
sceptiques.
Si quelqu’un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science,
dis : « Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes,
nous-mêmes et vous-mêmes : nous ferons alors une exécration réciproque en
appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs. » » (Al-îmran,
3 : 59 à 61)
De retour de leur congé à la recherche d’arguments,
les chrétiens délégués furent alors informés du Décret de Dieu et l’acceptèrent
comme un moyen de mettre fin à la discussion, respectant en cela une vieille
tradition arabe de cette époque,
Le
jour du rendez-vous, le Prophète (P) en se rendant au lieu choisi pour
l’épreuve, tenait Al Hassan (P) d’une main et Al Hussein (P) de l’autre,
représentant « nos fils ».Sa fille Fatima (P), représentant
« nos femmes », marchait derrière lui suivi de ‘Ali (P) assimilé à la
propre personne du Prophète (P), en d’autre terme son alter - ego, dans
l’expression « nous-mêmes »[26].
Ce point de vue sur ce que représentait chaque personne présente autour du
Prophète (P) n’est pas sujet de discussion car l’unanimité s’est faite autour
de cette interprétation.
Avant de se rendre au lieu susdit,
l’Archevêque aurait conseillé à ses hommes de ne pas accepter de jurer au cas
où le Prophète (P) ne se serait entouré que des membres de sa Famille. Dans le
cas contraire, il leur aurait recommandé de ne pas hésiter à aller jusqu’au
bout.
A la vue d’une aussi sainte constellation,
l’Archevêque et ses hommes craignant alors pour leur sort, renoncèrent à subir
l’épreuve de Mubahala. Ils trouvèrent
leur salut dans la promesse de payer un tribut annuel d’environ quatre vingt
mille dirhams.
Nous devons retenir là que le Prophète (P),
en se faisant entourer de ‘Ali (P), Fatima (P), Al Hassan (P) et Al Hussein
(P), a voulu démontrer aux yeux du monde et en prenant Dieu pour Témoin que
seuls ceux-là étaient en mesure de tenir un tel défi en faisant exaucer son Vœu
grâce à leur pureté parfaite (Voir le verset de la purification P2 ).
P6 « Mais non! Je jure par les couchers
d’étoiles! - Et vraiment c’est un serment énorme, si vous saviez! - que ceci
est certes oui une noble lecture, dans un Livre codé que seuls les purifiés
touchent. » (Wâqi’a, 56 : 75 à 79)
Dieu achève de nous convaincre - Il
« jure »! - que Son Livre est « codé » et que « seuls
les purifiés le touchent ».
Certains traducteurs du Coran - notamment
Muhammad Hamidoullah et Yûssuf ‘Ali - ont utilisé « bien gardé » à la
place de « codé ».Cependant ce dernier mot traduit mieux en effet le
terme arabe « mak-nûne » qui signifie que le Coran est certes un
Livre donc physique mais qu’Il est surtout une Subtilité Divine à la
compréhension profonde de laquelle ne peuvent avoir accès que des Privilégiés.
Lesquels Privilégiés sont les Purifiés, Al Moutaharouna.
La même expression, Al Moutaharouna,
est utilisée pour désigner les membres de
Rappelons-nous, pour répondre à cette
question, du verset P1 où
Dieu nous dit : «Demandez aux Gens du Zikr si vous ne savez
pas.» Ainsi donc l’on comprend que les Ahlul-Bayt ont été purifiés par
Dieu et sont de ce fait les seuls en mesure de porter à notre entendement les
méandres du Livre codé qu’est le Coran. Le lien entre ces trois versets - P1, P2 et P6 -
est clairement établi. Il ne s’agit point de coïncidence mais d’un lien étroit
et explicite.
Aussi est-il évident qu’il ne s’agit pas ici
d’un simple toucher physique comme l’ont souvent mal interprété certains
exégètes. Car c’est Dieu Lui-même qui assure que seuls les purifiés peuvent
toucher ce Livre. Or on sait que n’importe qui peut s’emparer d’un livre,
fut-il le Coran, et donc le toucher au sens physique. Et même pire que cela,
des gens ont brûlé le Coran d’autres L’ont déchiré et malgré tout Il est encore
là et sera toujours et au delà des jours là.
Par ailleurs il relève du simple bon sens que
tout musulman doit se purifier avant tout acte cultuel - pas seulement lors du
toucher du Coran - et même si possible
en permanence. Le Prophète (P) a de tout temps réservé une place de choix dans
ses enseignements à l’hygiène et à la propreté.
P7 « Et avertis ton clan le plus
proche. » (Al-Chu’arâ, 26 : 214)
C’était aux premiers temps de l’Islam à la
quatrième année de sa mission. Lorsque le Prophète reçut cet Ordre de Dieu
d’avertir ses proches parents, il invita les enfants de Abdoul Mouttalib à un
entretien dans ce but.
Une première rencontre eut lieu. Le Prophète
(P) demanda à l’Imam Ali (P) de préparer le repas pour une quarantaine de
personnes avec seulement deux kilogrammes et demi, soit un sâh, de farine de blé et un gigot de viande. L’Imam Ali (P)
s’exécuta et non seulement tout le monde mangea à sa faim mais la nourriture
resta. Ce miracle fit dire à Abou Lahab que le Prophète (P) les avait
ensorcelés. Suite à cette déclaration les hôtes du Prophète quittèrent les
lieux sans avoir attendu l’objet de la réunion.
Une deuxième rencontre fut alors convoquée
par le Prophète dans les mêmes conditions d’organisation et avec le même
miracle. Cette fois-ci on l’écouta.
Le Prophète dit ceci :
« Ô
fils de Abdul Muttalib, je jure par Dieu que je ne connais pas un jeune dans le
monde arabe qui a amené quelque chose de meilleur que ce que je vous ai amené
car je vous ai amené le meilleur qui soit dans ce monde et dans l’Au-delà. Dieu
m’a ordonné de vous appeler à Cela.
Dieu n’a jamais envoyé de Prophète sans qu’Il
ait désigné son successeur parmi ses propres parents. Qui va m’assister
dorénavant dans ma noble tâche et être ainsi mon frère, mon héritier et mon
successeur? Il sera pour moi ce que fut Harun pour Moïse. »
Devant le mutisme teinté d’incrédulité et de
railleries de l’assistance, le jeune ‘Ali (P) se leva aussitôt et se porta
volontaire avec véhémence pour une telle mission. Cependant, afin de laisser la
possibilité à d’autres candidats de se proposer, ce ne fut qu’au troisième
appel que le Prophète accepta l’unique proposition venant de ‘Ali (P).
Le Prophète l’entoura de ses bras et portant
haut son bras, dit :
«Voilà mon frère, mon lieutenant, mon
successeur, mon Khalife sur vous. Ecoutez-le tous et obéissez-lui. »
La réunion terminée, l’assemblée se disloqua.
Certains, se moquant de Abu Talib (P), lui faisaient remarquer qu’on venait de
lui ordonner ainsi d’obéir à son fils.
Cette histoire a été ainsi racontée par
plusieurs sources parmi lesquelles on
peut citer:
*
Ibnul Açir dans Al Kâmil page 24.
*
Souyoûti dans Jamoul Jawami tome VI pages 392, 396, 397.
*
Al Muharîkh (l’historien) Jorgy Zeïdan dans Tarikhou Tamadoûnoul
Islami tome I page 31.
*
L’érudit Mohammed Hassanil Haïkal dans Hayyat Mohammed page 104, 1ère
édition.
*
L’Imam Ahmad dans ses Musnad tome I page 111.
*
Le savant Al Kanji Ashaf-hi dans Fil Kifâya page 89.
*
Tabari dans ses Fi Tawârikh.
*
Ibn Abil Hadid dans Charhou Nahj tome III page 255.
*
Également deux occidentaux bien connus dans le monde islamique:
l’anglais Georgis dans Makhalatoune fil Islam (Un mot sur l’Islam) et Thomas
Carlyl dans Al Abtal (Les Héros).
L’on
est en droit de tirer de ce verset P6
que le successeur du Prophète (P) est bel et bien Ali Ibn Abu Talib (P).
P8 « Et Ibrahîm! ... Quand son Seigneur
l’eût éprouvé par de certaines paroles et qu’il les eut accomplies, le Seigneur
dit : "Oui, Je vais faire de toi un Imam pour les gens" - "Et de
ma descendance ?" demanda-t-il. - "Mon Pacte dit Dieu, ne touche pas
les prévaricateurs."»
(Baqara, 2 : 124)
Le Prophète Ibrahîm (P) a eu à subir, nous
dit le Tout-Puissant, beaucoup d’épreuves avant d’être désigné par Dieu
Lui-même Imam. Parmi ces épreuves on peut rappeler: le supplice du feu,
l’épreuve de la lune, du soleil, ses tribulations, sa patience et sa fidélité,
la construction du Temple de
Ceci vient nous confirmer ce que nous disions
plus haut à propos de l’Imamat (§ I-1-2-3) : un Imam doit être une personne
exceptionnelle à tout point de vue notamment au plan de
L’Imam ‘Ali (P) n’a pas eu à pratiquer une
autre religion que l’Islam. Son Savoir était immense, ses qualités humaines
inégalables et ses vertus morales sans faille et ceci de tout temps. Cela est
enseigné par toutes les Écoles de l’Islam. Nous vous renvoyons à ce propos au
paragraphe concernant l’Imam ‘Ali (P) { § II-3].
De ce fait on est en droit de nous attendre à
ce qu’une telle personne puisse être désignée par Dieu Imam, contrairement à
bien de ses contemporains qui ont osé se positionner devant lui pour le Pouvoir
tout en lui reconnaissant toutes ses qualités extraordinaires et malgré le
Choix de Dieu porté sur lui. D’autant plus que de tous ceux qui pensaient
pouvoir prétendre à la succession du Prophète (P) il était le seul à en avoir
les arguments intellectuels, moraux, spirituels et divins.
P9
« Non, vous n’avez d’autres maîtres que Dieu et Son Messager, et
les croyants qui établissent l’office et font la charité cependant qu’ils
s’inclinent. » (Ma’îda,
5 : 55)
Dés que ce verset fut révélé au Prophète (P),
il sortit de chez lui et se dirigea vers la mosquée. Avant d’y arriver il
rencontra un mendiant et lui demanda s’il avait reçu de l’aumône et de qui. Le
mendiant lui confirma qu’il venait de recevoir une bague de la part d’une
personne qu’il désigna. Il précisa que le donneur était au moment du don en
position d’inclinaison dans la prière (Roukou).
Le donneur était l’Imam Ali Ibn Abu Talib
(P). Le Prophète (P) convaincu une fois de plus de la position exceptionnelle
de l’Imam ‘Ali (P) en tant que son successeur désigné par Dieu, s’émerveilla
devant tant de Lumière Divine et confirma ce qu’il dira encore à Ghadir Khom[27]
à propos de son illustre second.
Tous les musulmans sont unanimes sur l’interprétation
de ce verset quant à son lien avec l’anecdote que nous venons de raconter.
Citons quelques références parmi beaucoup
d’autres, ayant trait à cette question:
*
Aboul Hassan ‘Ali Nisabury dans Asbabun-nuzul, page 113 de la version
arabe.
*
Suyûti dans Dûrrul Mansûr, tome II page 293.
*
Tabrâni dans Al Awçat.
*
Al Kandji Ashafi-hî dans Kifayatou-talib, page 106.
*
Fakhrou Razzî dans ses tafsir, tome III page 417.
*
Shiblanji dans Nurul Absar, page 105.
*
Zamakhchari dans Al Kachaf, tome I page 422.
*
Tabari dans Zakhaîroul Oukhba, page 88.
Ce
verset à lui tout seul aurait suffi pour démontrer - s’il en était encore
besoin malgré toutes les déclarations du Prophète (P) - que l’Imam ‘Ali (P)
était le successeur désigné par Dieu, du Prophète de l’Islam (P). Ce verset est
clair et limpide comme l’eau de source et son interprétation ne souffre
d’aucune contestation pour ceux qui comprennent les signes de Dieu.
P10 « Dis :" est-ce qu’ils sont
égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?" » (Zumar,
39 : 9)
Le Prophète (P) nous a dit dans un Hadith
reconnu par tout le monde musulman :
« Je suis
L’Imam ‘Ali (P) lui-même disait souvent:
« Demandez-moi avant que vous ne
me perdiez. Il n’y a pas un seul verset qui soit descendu sans que je ne
sache à quel moment et dans quel contexte il est descendu. »
Dés lors, il est évident que l’Imam Ali (P)
était le plus savant de ses contemporains. Par conséquent, selon ce verset, il
était celui-là même qui méritait avant quiconque de porter le flambeau de
P11 «ô
Messager, communique ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur;
- si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et
Dieu te protégera des gens. Non, Dieu ne guide pas le peuple mécréant. » (Ma’îda,
5 : 67)
Le Saint Prophète (P) de l’Islam reçut ce
verset pour les uns à Arafat lors de son
dernier pèlerinage à
Toujours est-il que tout le monde islamique
est d’accord pour dire que ce verset est descendu peu de temps avant la fameuse
halte à Ghadir Khom que demanda le Prophète à ceux qui l’accompagnaient sur le
chemin du retour de son pèlerinage d’adieu.
Ghadir Khom est un endroit aride, désertique
et très chaud qui a tout pour ne pas être une oasis paisible. D’aucuns disent
qu’on pourrait même y griller de la viande sous la seule chaleur du soleil.
C’est dans un pareil endroit que le Prophète (P) a demandé à sa suite
d’observer une halte pour qu’il leur parle. On imagine alors qu’il avait
quelque chose de vraiment important et urgent à leur communiquer.
Le Prophète (P) fit dresser une chaire faite
à base de selles de chameaux. Il demanda ensuite à Bilal de faire l’appel (hayya
ala khaïril amal = ô gens accourez à la meilleure des actions) pour
rassembler les gens aussi bien les devanciers que les retardataires, soit en
tout plus d’une centaine de milliers de personnes.
Il tint l’Imam ‘Ali (P) à sa droite, lui
arrangea son turban noir et lui souleva le bras droit en tenant ce langage aux
gens :
« Vous croyez
qu’il n’y a de dieu que Dieu, que Muhammad (P) est Son messager et Son
Prophète, le Paradis et l’enfer sont des vérités, que la mort et la
résurrection sont certaines, n’est-ce pas? »
Ils répondirent tous
: «Oui, nous le croyons ! »
Il les informa alors
qu’il sera bientôt rappelé par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration
:
« Celui dont je
suis le Maître Ali aussi est son Maître. Que Dieu soutienne ceux qui
soutiennent Ali et qu’Il soit l’Ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de
Ali. »
Omar et Abu Bakr firent
partie des premiers à féliciter l’Imam Ali. Omar le fit en ces termes :
« Bakhin! Bakhin!
(Soit Bravo!) Tu es devenu le maître de tous les croyants et croyantes.»
Par ailleurs dans ce verset P11 Dieu promet protection au
Prophète (P) lorsqu’il aura transmis Son Message. En fait il s’agit de la
protection contre ceux qui étaient hostiles à l’Imam ‘Ali (P).
En effet l’Imam ‘Ali (P) avait bien des
ennemis dans le rang des compagnons du Prophète. Pour plusieurs raisons :
- En protégeant l’Islam et le Prophète (P) il
a eu à tuer lors des différentes guerres défensives auxquelles il a participé,
les parents au sens large de certains d’entre eux surtout parmi les notables
Quraychs et Mecquois.
- La convoitise autour de l’unique fille
adorée du Prophète (P) qu’il épousa.
- La fermeture des portes des maisons qui
donnaient sur
- La guerre sainte de Khaïbar à l’occasion de
laquelle il s’illustra héroïquement après l’échec de tous les autres chefs de
guerre. Devant le mur quasi infranchissable des ennemis juifs de Khaybar, il
fut désigné après une nuit de suspense par le Prophète comme étant
« celui-là qui aime Dieu et que Dieu aime et qui sera capable de vaincre
cet ennemi. »
C’est ainsi que, le Prophète (P) tardant à
transmettre le Message de Dieu concernant sa succession - par souci de se voir
reprocher d’être partial en choisissant dans sa famille - se fit rappeler par Dieu
de « communiquer ce qui a été descendu vers lui de la part de son Seigneur
et que s’il ne le faisait pas il n’aurait pas communiqué Son Message ».
Bien évidemment cette interprétation a
été magnifiée et transmise par toutes les chaînes de tradition. Donnons
ci-dessous quelques références de taille:
- Nisabury dans Assbabul nuzul.
- Suyûti dans Addurul Mansûr, tome V page
215.
- Râzi dans son Tafsiral Kabir, tome III page
636.
- Bukhari dans ses Sahih, tome VI page 12.
- Hâkim dans Mustadrak, tome III page 148.
- Ibn Abdel Bar Al Andaloussi dans Tajridou
Tamhid page 185.
- Muhibudin Tabari dans Zakhaioul Akba, page
19
- Annawawi dans Riyadu Salihina, page 455.
A la fin de cette cérémonie d’installation,
le célèbre verset suivant du Coran fut révélé au Prophète (P) :
P12 «Aujourd’hui, j’ai parachevé pour vous votre
religion et accompli sur vous mon bienfait. Et il m’agrée que l’Islam soit
votre religion. » (Ma’îda,
5 : 3)
Le Prophète (P) se prosterna en signe de
gratitude.
II-3 FATIMA ET LES DOUZE
IMAMS AHLUL BAYT (P):
Le Prophète (P), Fatima (P), et les douzes
imams (P) sont les quatorzes infaillibles. Les cinq premiers: le Prophète
(P), l’imam ‘Ali (P), Fatima (P), Al Hassan (P) et Al Hussein (p)
sont les gens du manteau car un jour le Prophète les avait enveloppés dans son
manteau et il lui fut révélé le verset suivant : « Dieu
ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de
la maison, et vous purifier de purification parfaite. » (Ahzab,
33 : 33).
II-3-1 QUI ETAIT FATIMA (P) ?
Fatima (P) était la fille unique du Prophète
de l’islam (P) et la mère de toute sa descendance. Elle était infaillible comme
en atteste le verset cité plus haut, ainsi les paroles prophétiques
authentiques parmi lesquelles : « Le contentement de Fatima (P) est
mon contentement et mon contentement est le contentement d’Allah. La colère de
Fatima (P) est ma colère et ma colère est la colère d’Allah » ou encore
« Fatima est la maîtresse des femmes (sayyidatun nisâ) ». Parmi les
femmes certaines ont atteint le rang de l’infaillibilité comme le Coran le
confirme concernant seyydat Maryam (P) et Fatima (P).
Fatima (P) est née en l’an 6 de la mission
prophétique, de la mère des croyants
Khadidja bint Khuwaylid (RA).Elle épousa l’imam Ali en l’an 2 de l’Hégire et
mourut entre trois et six mois après la mort du Sceau des prophètes à l’âge de
dix huit ans. Elle consacra sa vie entre les travaux ménagers, qu’elle
partageait à tour de rôle avec sa servante la sainte Fidha, l’éducation de ses
enfants et l’adoration nocturne. Elle proposait souvent des solutions aux
problèmes des femmes et aidait les nécessiteux du produit de la vente des
récoltes de son verger nommé Fadak qu’elle avait reçu du Prophète (P) sur
l’ordre d’Allah. Elle était très assidue dans la préservation de la sunna de
son père dont elle écrivait les paroles sur une peau qu’elle gardait jalousement. Un jour n’ayant
pas retrouvé une de ses précieux objets elle affirma à sa servante que ces
écrits lui étaient aussi précieux qu’Al Hassan (P) et Al Hussein (P). Elle
était également de très fort caractère ce qui est attesté par le discours
qu’elle prononça après la mort de son père (P) dans la mosquée du Prophète (P)
et devant tous les musulmans. Fatima (P) était un modèle pour tous les
musulmans et musulmanes et cela est reflété par cette parole du Prophète
(P) : « Fatima (P) est une partie de moi».
II-3-2 QUI ETAIT L’IMAM ‘ALI (P)
L’Imam ‘Ali (P) naquit à
Il est
le fils de Abu Talib (P) qui lui-même est le fils de Abdul Muttalib. Ce dernier
est le père de Abdallah (P) lequel est le père du Prophète Muhammad (P). L’Imam
‘Ali (P) était le cousin direct du Prophète (P). Sa mère est Fatimâ Bint Assad
(RA). Donc l’Imam Ali (P) est né d’un père et d’une mère tous deux Hachimites.
A la suite du décès précoce - dés leur
enfance - des deux fils du Prophète (P), Qaçîm (P) et ‘Abdallah (P), Fatimâ
Bint Assad (RA) qui portait alors l’Imam dans son ventre s’était promis de
confier en signe de compassion son futur enfant à Muhammad (P).
C’est pendant qu’elle faisait le Tawaf (circumbulation) elle fit une
prière à la suite de laquelle
Le Prophète (P) fut la première personne
qu’il vit dés sa naissance. L’Envoyé de Dieu remercia le Tout-Puissant, lava le
nouveau-né et prédit qu’à sa mort c’est l’Imam Ali (P) qui fera son bain
mortuaire. Cette prédiction se réalisera de façon effective.
L’Imam ‘Ali (P) grandit entre sa mère et le
Prophète (P) jusqu’à l’âge de cinq ans puis vécut ensuite en permanence avec le
Prophète (P). Il aimait beaucoup l’odeur du Prophète (P) avec qui il partageait
le même lit.
Il avait neuf ans lorsque le Prophète de
l’Islam (P) qui en avait 40, reçut le Message de Dieu. Le jeune ‘Ali (P) le
crut aussitôt sans avoir eu à pratiquer une quelconque autre religion ou
croyance. Et cela à un âge où ses actes ne sont pas encore comptabilisés auprès
de Dieu. Ainsi donc on peut affirmer qu’il est né musulman.
De plus en tant que premier élève et disciple
du Prophète (P), il eut le privilège d’apprendre auprès de son éducateur
« 1000 portes de connaissances qui ouvrent 1000 autres portes »[28].
On peut alors comprendre ce Grand Homme lorsqu’il dira plus tard à son
peuple :
« Demandez-moi avant que vous ne me
perdiez. Il n’y a pas un seul verset qui soit descendu sans que je ne
sache à quel moment et dans quel contexte il est descendu. »
Le Prophète (P) en personne confirma
cela en disant dans un hadith célèbre que nous avons déjà cité :
« Je suis
Par ailleurs,il a été rapporté de Ibn Abbas
ce hadith très célébre :
« Toute
Dieu décida que l’Imam Ali (P) épousa la
fille et combien adorée du Prophète (P), Fatimâ Zahra (P). Un mariage
« lié par Dieu Lui-même et qui était destiné à être à l’origine d’une
progéniture illustre qu’on appelle les fils du Prophète (P) qui sont distingués
des autres membres de la umma par leur
titre d’Imams ou de Commandeurs des croyants et par leur position de
successeurs du Prophète de Dieu (P). », selon Sayyed Safdar Husayn dans
« Histoire des premiers temps de l’Islam », page 102; ainsi que l'ont
également écrit Tabari et Al Tabrani en citant des hadiths du Prophète.
En effet devant les hésitations de l’Imam
‘Ali (P), dues à la très grande pudeur et au respect immense qu’il nourrissait
pour le Prophète , ce dernier (P)
appela sa fille Fatima (P) et lui tint ce langage :
« Dieu a élu parmi les plus
nobles créatures de la terre deux hommes : ton père et Ali. Dieu a décidé que ma progéniture
sortira de toi et lui. »
Dans un autre hadith, qui illustre bien, par
ailleurs, ces propos, le Prophète (P) dit:
« Ali et moi, nous étions une
seule et même Lumière avant la création de Adam. Cette Lumière se transmit de
personne en personne parmi les proches amis de Dieu jusqu'à Abdoul Mouttalib.
De là Elle prit deux directions : celle qui mène à Abdallah et l'autre qui
aboutit à Abou Talib. La première continue à travers moi tandis que la seconde
poursuit son chemin à travers Ali. Ces deux flux se rencontrent à nouveau chez
Fâtima qui a engendré ma descendance avec sa lignée d'Imams. »
La douce et obéissante Fâtima (P) acquiesça
et accepta ainsi, après avoir poliment refusé maints autres prétendants, que
‘Ali (P) devint son époux. Remarquons à ce propos qu’à plusieurs reprises Fâtima
(P) a eu l’occasion de refuser une proposition de mariage devant son père
simplement en baissant les yeux ; le père comprenait alors et acceptait
sans hésiter la décision de sa fille. Une belle leçon à méditer surtout pour
ceux qui prétendent souvent au nom d’une pseudo - tradition pour le moins
tyrannique, imposer un conjoint non désiré à leur enfant.
Par
ailleurs l’Imam ‘Ali (P) et Fâtima (P) avaient un destin très lié par delà les
seuls liens du mariage. C’est d’abord à propos du prophète. On sait en effet
que le Prophète (P) a perdu à l’âge de 50 ans la même année, appelée pour cela ‘amul huzn ou année de la tristesse, son
oncle qui l’a élevé - Abu Talib (P) - et sa première épouse – Khadija (RA)..
Les deux avaient des fonctions de protection vis à vis du Prophète :
*
En tant que notable de la ville et chef de la tribu Banu Hachim, Abu
Taleb (P) protégeait le Prophète (P) contre les membres des autres tribus
arabes de
« Il n’appartient pas au Prophète et aux
croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent- ils des
parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de
l'Enfer.» (At-Tawba, 9 : 113)
*
Dans un autre registre, Khadija (RA) protégeait le Prophète par sa
noblesse familiale Qoraych, sa grande sagesse conseillère et sa respectable
richesse matérielle - elle était une très grande commerçante.
Heureusement ces fonctions de protecteurs furent poursuivies par ‘Ali
(P) à la place de son père Abu Talib (P) et par Fatima (P) à la place de sa
mère Khadija (RA).
Si on devait citer et illustrer toutes les vertus de l’Imam Ali (P), il
nous aurait fallu plus qu’un seul livre pour les exposer. On ne saurait tout de
même ne pas parler de sa foi sans faille en Allah, de son dévouement sans
limites au Prophète (P), de son Savoir sans bornes, de son très grand courage,
de ses immenses qualités de justice, de générosité, de bonté, et de charité.
Il prouvera plusieurs fois sa foi sans tâche, son dévouement au
Prophète de l’Islam (P) et son courage intrépide en posant des actes très
explicites notamment - lors des guerres, toutes défensives, auxquelles il a eu
à participer, également lors de l’émigration forcée du Prophète (P) vers Médine
(l’Hégire).
En effet il a participé à toutes les guerres saintes sauf à celle de
Tabuk. A l’occasion de cette dernière, le Prophète (P) lui demanda de rester à
Médine. Les Munafikhines (hypocrites)
commencèrent alors à médire en faisant circuler l’idée que le Prophète (P)
avait laissé son cousin avec les femmes, tout en insinuant de mauvaises
intentions à la hauteur de la jalousie qu’ils nourrissaient pour ‘Ali (P).
L’Imam, atteint par de telles médisances demanda au Prophète (P) de lui
permettre de participer à cette guerre. L’Envoyé de Dieu lui dit :
« Est- ce que tu ne veux pas
être pour moi ce que Haroun était pour Moûssa sauf qu’il n’y a pas de Prophète
après moi ? ».
‘Ali (P) comprit alors la stratégie du Prophète (P) qui voulait laisser un
homme de confiance derrière lui pour assurer ses arrières c’est - à - dire pour
la sécurité des vieillards, des femmes et des enfants ainsi que la protection
de la ville de Médine qui était alors
Une autre guerre qui a beaucoup marqué l’histoire de l’Islam de par les
difficultés stratégiques rencontrées, et où l’Imam ‘Ali (P) s’illustra par son
courage, sa bravoure mais surtout son auréole d’Élu de Dieu, fut la
bataille de Khaybar.
A l’occasion de cette bataille les Musulmans connurent une tâche des
plus éprouvantes qui consistait à attaquer une forteresse bien protégée par un
rempart infranchissable.
Précisons tout de suite que le motif de cette bataille était
essentiellement la violation par les habitants de Khaybar du traité de
protection mutuelle entre Médine et Khaybar au bénéfice d’un rapprochement de
cette dernière avec
Pour en revenir à la bataille de Khaybar proprement dite, le Prophète
qui souffrait de maux de tête avait successivement désigné plusieurs de ses
compagnons parmi lesquels Abu Bakr Ibn Abi Quhâfah, Khalid Ibn Walid, ‘Umar Ibn
Al Khattab, pour mener l’assaut contre le rempart ennemi. Mais ils avaient tous
échoué devant l’ampleur de la tâche.
C’est ainsi que le Prophète (P) fut amené à prendre la décision
suivante :
« Demain je remettrai mon
Drapeau à quelqu’un que Dieu et Son Prophète aiment, un éternel fonceur
redoutable qui ne tourne jamais le dos à l’adversaire. C’est par lui que le Seigneur
accordera la victoire. »[29]
Chacun des principaux compagnons du Prophète (P) était soucieux d’être
le lendemain l’illustre élu. Personne ne pensait qu’il pouvait s’agir de l’Imam
‘Ali (P) d’autant plus que ce dernier était non seulement très malade des yeux
et ne pouvait rien voir mais aussi était même absent selon certains hadiths
(d’après Al Tabarî et Rawdhat al-Ahbâb entre autres). Quelle ne fut alors la
surprise de l’assistance lorsque le lendemain le Prophète (P) fit venir ‘Ali
(P) et après avoir appliqué sa salive sur ses yeux le guérissant ainsi
définitivement de sa maladie, lui demanda de porter son Étendard contre le
front ennemi. On dit que l’Imam ‘Ali (P)
ne souffrit plus jamais de maux d’yeux jusqu’à la fin de sa vie.
La suite est connue: l’Imam ‘Ali (P) triompha de ses ennemis et fut
chaleureusement accueilli par le Prophète (P). Ce dernier encouragea ses
adeptes qui avaient échoué tout en citant en exemple l’Imam ‘’Ali (P) à qui il
donna le surnom de « Assadullâh » (Le Lion de Dieu) (Voir Gibbon, D.
and F. of Roman Empire, vol. V, p.365)
Hormis ces qualités de l’Imam ‘Ali (P) que nous venons de citer et/ou
d’illustrer, il est également important de noter sa pudeur exceptionnelle et
ses manières fort chevaleresques allant, lors des batailles, jusqu’à tourner le
visage devant un ennemi dévêtu, ne jamais poursuivre un fugitif ou encore ne
jamais achever un blessé, etc.
Toute sa vie durant, l’Imam ‘Ali (P) eut à faire face à des ennemis de
toute nature. Les raisons qui justifiaient ces inimitiés à l’égard de ‘Ali (P )
se nourrissaient toutes si on veut voir dans le terreau de la jalousie (le
Prophète sur ordre de Dieu le privilégiait devant tous les autres compagnons),
du désir de vengeance et de son corollaire la haine (il avait tué, pour
défendre l’Islam, des parents de grands notables de la tribu ennemie des Banou
hâchimites que sont les Banou Ummaya).
En effet les privilèges dont
jouissait ‘Ali (P) et les motifs de la jalousie et de la haine qu’éprouvaient
certains compagnons ou non du Prophète (P) tenaient en ceci :
§
Son père Abu Talib était un des premiers convertis à l’Islam
contrairement aux pères d’un grand nombre de compagnons du Prophète et à toutes
les tentatives de déformation de l’histoire qui ont voulu faire croire le
contraire.
§
L’Imam est le cousin et le
gendre du Prophète (P) lequel lui a donné en mariage sa fille unique Fâtima
Zahra (P) qui était tant convoitée.
§
Les portes des maisons des compagnons qui donnaient sur
§
Ali (P) a porté l’Étendard du Prophète pratiquement lors de toutes les
grandes batailles et notamment à Khaybar où tous les autres Compagnons avaient
échoué.
§
Il était le plus savant de toute la communauté après le Prophète (P)
qui lui reconnaissait d’ailleurs
l’immensité de ses connaissances divines qu’il s’était chargé lui-même de lui
inculquer. Rappelons que c’est le Prophète (P) qui l’a éduqué et formé.
‘Ali (P)
était un homme d’une droiture exceptionnelle et avait un juste franc-parler.
C’est chargé de tous ces « handicaps » que l’Imam ‘Ali (P) se
trouva confronté après la mort du Prophète à des gens qui lui en voulaient pour
ses origines banu-hâchimites, pour tous ses succès et sa gloire.
Il fut gardé en résidence surveillée pendant tout le règne des trois
premiers califes après le Prophète (P), soit environ trente (30) années. Malgré
cela il était pendant tout ce temps la référence ultime en matière d’interprétation
du Coran, de droit islamique et de connaissance tout court tant pour les
gouvernants que pour le peuple.
Après l’assassinat du troisième calife Usman, l’Imam ‘Ali (P) fut élu
presque à l’unanimité calife. C’était alors la première fois que l’Imam désigné
par Dieu et le calife officiel étaient une seule et même personne. L’Imam est
ainsi le premier Imam et le quatrième calife. Son fils Al-Hassan (P) sera lui
le deuxième Imam et le cinquième calife.
L’Imam Ali (P) mourut le 21 du mois de Ramadhan de l’an 40 après
l’Hégire, mortellement blessé à la tête par un Khârijite (i.e. dissident,
contre Ali (P) et contre Mu’âwiyah) du nom de Ibn Muljim alors qu’il dirigeait
la prière le 19 Ramadhan au matin.
Avant de mourir il prit le soin de confier son meurtrier à son fils
Al-Hassan (P) en lui recommandant de le traiter avec justice. Il leur dit
également les noms des trois prochains successeurs : Al-Hassan,
Al-Hussein, Zein al-Abédine (P). Cet ordre dans la succession est confirmé dans
un hadith où le Prophète dit : «Al Hassan et Al Hossein (P) sont deux
Imams qu’ils s’asseyent ou qu’il se lèvent. » On verra le sens de la cette
dernière proposition ci-dessus.
Plusieurs ouvrages ont été consacrés rien qu’à la bataille de Khaybar.
Il serait donc prétentieux d’avoir ainsi résumé la vie de l’Imam Ali (P) mais
il était juste important de vous le présenter de façon brève.
II-3-3 QUI ETAIT AL HASSAN (P) ?
L’Imam Al Hassan (P) est le premier petit-fils du Prophète de par sa
mère Fatimâh mais aussi le fils aîné du Prophète de par son père ‘Ali (P) qui
selon Mohammed (P) « est de lui et lui est de ‘Ali ». Rappelons à ce
propos que lors de l’ordalie (Mubahilah) qui opposa le Prophète aux chrétiens
de Najran, Muhammad (P) appela Al Hassan (P) et Al Hussein (P) là où Dieu lui
demandait d’appeler ses fils, l’Imam ‘Ali (P) pour « nous-mêmes » et
Fâtima (P) pour « nos femmes ».
Il est né à Médine le 15 du mois de Ramadhan de l’an 3 après l’Hégire
alors que le Prophète avait 56 ans.
Ce dernier fut immédiatement averti et se rendit aussitôt auprès de
Fâtima (P). Il prit l’enfant et l’embrassa puis demanda au père, l’Imam ‘Ali
(P), le nom de son enfant. ‘Ali (P) lui répondit de la même manière qu’il
venait de répondre quelques instants plus tôt à sa femme lorsqu’elle lui posa
la même question : « je ne peux pas devancer le Prophète (P) de Dieu que
tu es. ». Et le Prophète (P) de lui répondre : « Moi non plus, je ne
peux pas devancer Dieu. » C’est alors que l’Ange Jîbril (P) apparut
au Prophète (P) pour lui annoncer le nom que Dieu avait donné à l’illustre
enfant : Al Hassan (P). Un nom que personne n’avait porté jusque là dans
toute l’Arabie.
Dans l’oreille droite du nouveau-né le Saint Prophète récita l’Appel à
la prière (Al Azan) puis dans
l’oreille gauche l’annonce de la prière (Al
iqâma).
Au septième jour de la naissance de Al Hassan (P), le Prophète égorgea
un mouton. A la femme qui assista Fâtima (P) dans son accouchement il remit une
partie du mouton et un dinar pour lui exprimer sa joie et sa reconnaissance. Il
fit également raser la tête du divin enfant et donna en aumône la valeur d’un
poids d’argent (métal) équivalent à celui des cheveux coupés.
A la place du sang avec lequel les arabes de l’époque enduisaient le
corps d’un nouveau-né, le Prophète (P) utilisa les huiles mélangées de Khaloûq et de safran. Puis il circoncit
l’enfant.
Al Hassan et son petit- frère Al Hussein (P) – qui naquit un an après
lui – grandirent sous l’aile protectrice et l’amour infini du Prophète (P). Un
hadith de Abu Huraïra rapporté par l’Imam Ahmad Ibn Hanbal nous raconte cette
anecdote :
« Un jour que le Prophète (P) se
promenait avec ses deux enfants, un arabe, qui l’observait depuis un bon moment
lui fit la remarque suivante :
-
ô Prophète (p) de
l’Islam, tu ne cesses d’embrasser ces enfants. Je sens que tu les aimes au plus
haut point. Et le Prophète de lui répondre :
-
Je jure que je les aime
et celui qui les aime m’aimera et celui qui les déteste me détestera. »
De
même qu’il répondit à un autre qui lui reprochait cette fois ce noble élan :
« Je consacrerais
toujours le temps qu’il faut pour donner à ces enfants tout l’amour que je
nourris pour eux. Quant à toi ce n’est pas de ma faute si Dieu t’a enlevé du
cœur toute affection. »
Même dans la prière – moment de vérité
absolue chez le musulman a fortiori chez le Prophète (P) – il lui arrivait que
l’un de ces enfants soit sur sa nuque alors qu’il avait le front par terre. Il
attendait simplement que l’enfant se dégage pour se soulever.
Les deux frères tirèrent de leur proximité
avec le Prophète (p) une éducation sans faille sous-tendue par une instruction
tout aussi vaste que dense embrassant tous les domaines de
Al Hassan (P) ressemblait beaucoup au
Prophète (P) tant au plan physique que moral. Il était très actif auprès du
Prophète (P) et plus tard auprès de son père l’Imam ‘Ali (P). Ceci
contrairement à ce que l’on a pensé de lui et que certains ouvrages et autres
traditions ont pu le soutenir lui prêtant des attitudes de personnage
débonnaire, sans forte personnalité.
Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler
le rôle de preux défenseur qu’il joua en compagnie de son frère Al Hossein (P)
devant la porte du Palais de Usmân quant ce dernier se trouva menacé par une
foule de musulmans révoltés ayant à leur tête Mohammed fils de Abu Bakr. Un
second exemple parmi d’autres est sa grande capacité mobilisatrice et de
combattant lors des deux campagnes[30]
que mena son père contre les armées de Moâwiyah et de Aïcha en vue des
batailles respectives de Jamal et de Cifayin.
L’Imam Al Hassan (P), digne fils de l’Imam
‘Ali (P), était un guerrier redoutable mais également un fin stratège. Il
savait que le grand dessein de Moâwiyah, après la mort de l’Imam ‘Ali, était
l’extermination de tous les descendants du Prophète (P). Il s’arma de cette
certitude mais aussi de
Le traité qu’il signa avec Moâwiyah stipulait
clairement qu’aucun Calife ne pouvait avoir autorité sur lui Al Hassan (P),
ensuite que les partisans de l’Imam ‘Ali (P) ne pouvaient faire l’objet d’une
chasse aux sorcières et encore moins persécutés, que les injures et calomnies
proférées jusque-là sur la descendance du Prophète (P) dans les mosquées et
autres lieux publics étaient immédiatement proscrites.
Certains musulmans protestèrent tandis que
l’Imam Al Hussein (P), lui, accepta comme toujours les décisions de son frère
qui, selon sa conception se devait « d’être assis » en ce moment et
qu’au moment opportun il devra, lui Al Hussein (P) « rester debout ».
Moâwiyah ne respecta pas ses engagements. Il
fit même pire en envoyant une femme du nom de Ja’âda, fille de la sœur de Abu
Bakr, pour empoisonner l’Imam Al Hassan (P). Il lui promit de la marier à son
fils Yazid, de lui offrir son poids en or, etc. Évidemment une fois la tâche
accomplie, comme à son habitude, il ne tint aucune de ces promesses.
C’est ainsi que l’Imam Al Hassan (P) devint
martyr à Médine le 28 du mois Safar de l’an 50 après l’Hégire. Il fut enterré à
Baqia (Médine) loin de son grand-père le Prophète (P) de l’Islam. Et comme tous
les Imams de
Nous n’avons retracé là qu’une infime partie
de la vie de l’Imam Al Hassan (P) qui pourrait faire l’objet de plusieurs
livres. Son importance dans l’histoire de la succession méritait cependant
qu’on fasse ce petit détour.
II-3-4 QUI
ETAIT AL HUSSEIN (P) ?
Al Hossein naquit le troisième jour du mois
de Châ’abâne de l’an 4 après l’Hégire.
Dés sa naissance, une dame du nom de Assmâ
porta l’enfant au Prophète (P). Ce dernier le regarda longuement puis se mit à
pleurer. Devant la dame interloquée et suppliant le Prophète (P) de lui
expliquer la raison d’un tel épanchement, ce dernier lui révéla que l’enfant
qu’elle venait de lui mettre entre les bras allait être un martyr de l’Islam.
Al Hussein (P), disait le Prophète (P) sera tué par des dissidents ignobles et
dévergondés en faveur desquels, assura-t-il, il n’intercédera point.
Al Hussein (P) reçut du Prophète (P) les
mêmes sacrements que ceux reçus par son frère à sa naissance (l’azan et l’iqâma dans les oreilles, le rasage, le don d’une certaine quantité
d’argent, etc.).
Comme son frère Al Hassan (P), Al Hussein (P)
bénéficia auprès du Prophète (P) d’une éducation très riche et sans faille,
sous-tendue par une instruction tout aussi vaste que dense embrassant tous les
domaines de
A l’âge de 7 ans il perdit son père le
Prophète de l’Islam (P) mais retrouva cet autre illustre père qu’était l’Imam
‘Ali (P). Ce dernier prit donc en charge de continuer à parfaire l’éducation de
ses enfants Al Hassan (P) et Al Hussein (P) qui, ne n’oublie pas, étaient
désignés par Dieu pour être des Imams comme l’avait déjà annoncé le Prophète
(P).
C’est ainsi que le père (‘Ali) et les deux
enfants (Al Hassan et Al Hussein) furent éduqués par la même personne : le
Prophète (P) à la fois cousin et beau-père pour l’un mais aussi père et
grand-père pour les autres. Dieu assurait ainsi la pérennité de Ses
Enseignements à travers une Sainte Lignée, celle des Descendants du Prophète
(P) dont l’éducation était l’œuvre de Dieu Lui-même à travers les mains du
Prophète Mohammad (P) , le meilleur de tous les êtres que Dieu a créés.
Après la mort de l’Imam ‘Ali (P) et
l’empoisonnement de l’Imam Al Hassan (P), il revint à l’Imam Al Hussein (P), à
l’âge de trente ans, de prendre la lourde responsabilité de conduire
L’héritage était encore une fois très lourd à
porter. En effet Moâwiyah avait imposé Yazid son fils aux
différents dignitaires de la région - sauf à Médine - en leur demandant de lui
prêter allégeance de gré ou de force. Or l’histoire nous apprend que Yazid
était une personne sans scrupule qui n’avait que trois passions :
l’alcool, la femme et la chasse. D’ailleurs l’annonce de la mort de son père le
trouva en pleine séance de chasse.
Dés son accession au pouvoir en remplacement de son père, Yazid demanda
à son représentant à Médine, Walid Ibn Oth’ba, de dire à Al Hussein (P) de lui
prêter allégeance. Et au cas où il refuserait l’ordre était donné à Walid de lui
trancher la tête et de la lui envoyer.
Walid convoqua Al Hussein (P) une nuit pour lui faire part des ordres
qu’il avait reçus de Yazid. Al Hussein (P) demanda d’abord de réserver sa
réponse pour le lendemain en plein jour vu l’importance de la question. Puis en
réponse à l’énervement de Marwâne Ibn Hakâm – qui conseilla à Walid de ne pas
laisser Al Hussein (P) sortir de là-bas vivant sans avoir atteint son objectif
– Al Hussein (P) dévoila tout ce qu’il pensait en son for intérieur. Il
dit : « Quelqu’un comme moi ne prête pas allégeance à quelqu’un
comme Yazid car nous sommes
Sorti de ces lieux, Al Hussein (P) qui savait alors que sa vie et celle
des membres de sa famille et de ses partisans étaient menacées, décida
d’émigrer vers
Une fois arrivé à
Plusieurs milliers de lettres lui parvinrent de Kûfa, l’invitant à
venir s’y établir. Ibn Ziad, le représentant de Yazid à Koûfa, ayant appris que
Muslim Ibn ‘Aqil avait été envoyé en éclaireur en Irak, le fit tuer avec son
hôte Hâni Ibn Urwa ainsi que d’autres partisans. Après avoir commis un tel
forfait, Ibn Ziad ferma les portes de la ville. Il interdit mais aussi
découragea toute velléité de révolte en faisant croire aux populations que
l’armée de Yazid avait encerclé la ville et était prête à réprimer dans le sang
les désobéissants. Tout ceci afin d’éviter que l’assassinat de Muslim ne
s’ébruitât ; ainsi pour Al Hussein (P), la ville de Kûfa était toujours
prête à le recevoir.
Conforté par les nouvelles qu’il avait reçues de Kûfa, Al Hussein (P)
se mit en route pour cette ville en compagnie de sa famille, de tous ses
partisans et des membres de leur famille.
Arrivé à Karbala, il rencontra l’armée envoyée par Ibn Ziad et dirigée
par Hûr Ibn Yazid Ar-riyahi et ‘Umru Ibn Sâ’ad.
Ils furent encerclés par cette armée plusieurs jours durant. Toutes leurs
provisions étaient déjà épuisées et donc les hommes affamés et assoiffés,
lorsque le 10 du mois lunaire de Muharram, Ibn Sa’ad et ses soldats
s’abattirent sur le fils du Prophète (P) et les membres de sa famille. Ils
furent tous massacrés avec une extrême cruauté. Les chevaux de l’ennemi
piétinèrent le cadavre décapité de Al Hussein (P) tandis que les femmes,
attachées derrière les chevaux étaient violemment traînées et humiliées à
travers plusieurs villes. Un seul fils adulte d’Al Hussein (P) échappa à
l’horrible tuerie : Ali Ibn Al Hussein (P) plus connu sous le nom de Zein
El-Abedîne, qui était malade.
Zeynab (P), la sœur de Al Hussein (P), fut horrifiée et pleine de
compassion et de tristesse en voyant la tête décapitée de son frère suspendue à
la pointe d’une lance. Elle fit un poème fort poignant que nous préférons vous
transcrire en arabe avant de tenter de le traduire :
« mâza takhûlûna iza khâlâ
nabi yulakum
mâza fa altum wa antum akhîrul umamî
bi hit’ratî wa bi hah li bâ’da muf takhadî
mine hum ussâra wa mine hum daraju bidami
mâkâna hâza jazâ’i iz nassakhtu lakum
antukh li fûnî bi su’ine fî dzawî rahîmi
înî la afchâ aleykum an yukhmala bikum
mis’lal azâbi lezi yakh ti alal ûmami.“
Que direz-vous lorsque le Prophète (P) vous demandera,
Vous le peuple qu’il a laissé derrière lui,
Qu’avez-vous fait de ma descendance et de ma famille après ma
mort ?
Parmi eux des prisonniers de guerre et des corps baignant dans leur
sang
Lorsque Yazid reçut la tête tranchée de Al Hussein (P), il fit un poème
dans lequel il dit :
« La tribu des Hâchimites (celle
du Prophète) s’est amusée avec le pouvoir. Il n’y a eu ni nouvelles, ni
révélations venues de Dieu. Je regrette que mes ancêtres morts à Badr ne soient
pas présents en ce jour de gloire. »
La nouvelle de la mort de Al Hossein (P) se
répandit à la vitesse du son. Et ses ennemis de répandre des commentaires
dénués de tout fondement sur le martyr. Reprochant à Al Hussein (P), auprès de
qui voulait les entendre, de s’être intéressé à la politique au détriment de la
religion en allant jusqu’en Irak pour former une armée et combattre Yazid.
Cependant la sœur de Al Hussein (P), Zeynab
(P), mena tout le long du parcours sur lequel on les traîna, elle et ses sœurs,
une campagne d’explication des nobles desseins de Al Hussein (P). Elle le fit
dans de mémorables discours qu’on peut trouver notamment dans plusieurs
ouvrages.
L’œuvre magnifique et surtout le sens du
sacrifice du frère de Al Hassan (P), fils de Ali (P) et de Fâtima (P) et
petit-fils du Prophète (P), sont restés si longtemps mal compris et
expressément déformés par les Omeyyades que certaines traditions qui nous sont
parvenues le présentèrent tel que le décrivirent ses assassins.
Or donc Al Hussein (P) n’était allé à Kûfa que
dans le but de préserver ses partisans et surtout le lourd héritage qu’il avait
reçu de son frère. Les preuves en sont nombreuses :
-
Il est parti avec les femmes et les enfants donc il n’avait nullement
l’intention d’attaquer qui que ce soit.
-
Ses partisans de Kûfa l’avaient invité avec beaucoup d’insistance à
venir rester auprès d’eux afin de continuer l’œuvre de ses prédécesseurs :
le Prophète (P), Ali (P) et Al Hassan (P). A ce propos, des personnes qu’il
avait rencontrées alors qu’il était presque arrivé à destination lui dirent
ceci : « Le cœur des gens de Kûfa est avec toi mais leurs sabres sont
sur toi. ». Hélas il était trop tard.
-
Sachant qu’il était l’Imam qui devait rester « debout » et
confirmant en cela la prédiction du Prophète (P), il n’avait aucune autre
alternative que celle d’agir. Car sa mort est une action posée contre les
ennemis de l’Islam, une preuve d’amour pour ses partisans et surtout pour la
cause de l’Islam. En effet elle provoqua au sein de
Sous la tente où Zein El Abédine (P) était
alité, Al Hussein (P) lui avait légué le pouvoir qu’il détenait et lui avait
transmis, comme l’ont fait ses prédécesseurs, la liste des Imams qui auront à
lui succéder.
II-3-5 QUI ÉTAIT ZEIN EL ABEDINE (P) :
Le quatrième Imam est Ali fils de Al Hussein
(P) et de Châh Zanân, fille de Yazdagard. Il est né à Médine le 15 du mois
lunaire de Jumâd al ‘ûla, en l’an 36 après l’Hégire.
Seul rescapé de la tuerie de Karbala parmi
les hommes de la famille de Al Hussein (P), il bénéficia d’une éducation faite
de rigueur, de sagesse et d’une connaissance très approfondie du Saint Coran et
des Hadiths du Prophète de l’Islam (P) tant auprès de son père que de la sœur
de ce dernier, Zeynab (P).
Une anecdote pour tenter d’illustrer ne
serait – ce qu’un pan de sa sagesse : Un jour une personne insulta l’Imam.
Ce dernier l’écouta silencieusement. Quelques temps après l’Imam se rendit chez
elle. Il récita ce verset coranique :
« …pour ceux qui maîtrisent leur colère ; pour ceux qui
pardonnent aux gens : Allah aime ceux qui font le bien. » (Al Imran,
3 : 134)
Puis s ‘adressant à cette personne il
lui dit : « Ô frère ! tu nous as offensé et dit ce que tu
penses. Si ce que tu as dit est vrai, qu’Allah me pardonne, et si ce que tu as
dit n’était pas vrai, qu’Allah te pardonne. ».
Il doit son surnom de « Perle des
adorateurs » (Zein El Abédine) à sa très grande piété et ses nombreuses
prières, invocations et autres marques de dévotion surérogatoires. Il était
d’ailleurs connu également comme Zoul
thafâna c’est-à-dire quelqu’un dont la peau des genoux s’est endurcie à
force de travail, en fait à force de se prosterner. Il est à noter que ce surnom comme le surnom
des autres imams lui fut donné par le prophète lui-même : Jabir ibn
Abdallah Al Ansari rapporte : « un jour j’étais assis avec le
Prophète et il jouait avec Al Hussein (P), il (P) me dit : Un fils naîtra
de cet enfant qui se nommera Ali (p) et au jour du jugement un annonceur criera
ou est le seigneur des adorateurs (sayyid al sajjidîn) et ce fils se lèvera .
De ce fils naîtra un Muhammad (p) si tu le rencontre salue le de ma
part ».
Sa générosité légendaire au bénéfice des
pauvres et des indigents ne fut entièrement découverte qu’après sa mort
tellement il fut discret dans ses largesses.
Il eut à former beaucoup de docteurs en
matière de connaissance du Coran et de l’Islam.
Il est mort empoisonné le 25 du mois lunaire
Muharram en l’an 95 après l’Hégire à l’âge de 57 ans. Il fut inhumé à Baqî à
Médine. Et à l’instar de tous ses prédécesseurs, il désigna, avant de mourir,
son successeur : son fils Muhammad Al Bâqir (p).
II-3-6 QUI ETAIT MUHAMMAD AL BÂQIR (P) :
Le cinquième Imam est Mohammed surnommé Al
Bâqir (P). Son père est l’Imam Ali fils de Al Hussein (P), plus connu sous le
nom de Zein El Abédine (P). Sa mère est Fatima (P), fille de l’Imam Al Hassan
(P).
Il est né le lundi 1er Rajab de
l’an 57 de l’Hégire. Son père et sa mère étaient respectivement le petit-fils
et la petite-fille de l’Imam Ali Ibn Abi Talib (P) donc du Prophète (P). Ainsi,
il était le premier à être descendant de l’Imam ‘Ali (P) des deux côtés en plus
d’être totalement imprégné de l’environnement éducationnel du Prophète de
l’Islam (P).
Il eut également le malheur de vivre à l’âge
de quatre ans le massacre de Karbala où fut martyrisé son grand-père Al Hussein
(P).
Citons pour mieux cerner son caractère
quelques passages du « Guide islamique des enfants » de Abbas Ahmad Al
Bostani (pages 30 et 31).
« Il fut un homme de beaucoup de qualités de
grandeur, de révérence et de piété. Il était la quintessence du savoir, de la
courtoisie et des dispositions au bien. Il fut dévot, humble et généreux.
Les récits ci-après sont révélateurs de la
qualité de son caractère :
Un jour, un chrétien insulta l’Imam en le
traitant de Baqar (une vache). L’Imam
lui répondit : « Je suis Al Bâqir (celui qui exhume la
connaissance) ». Le chrétien rétorqua : « Tu es le fils d’une
cuisinière ». L’Imam répondit : « C’était son
travail ». Le chrétien, injurieux, répliqua : « Tu es le fils
d’une mère barbare ». L’Imam lui dit : « Si tu as dit la vérité
qu’Allah lui pardonne, et si tu as menti, qu’Allah te pardonne ».
Ayant constaté cette bonté chez l’Imam, le
chrétien se convertit à l’Islam.
Jabir Ibn Abdullah Al Ansari, un compagnon du
noble Prophète raconta : « Un jour j’étais avec le Prophète (P), qui
gardait son petit-fils Hussein (P) sur ses genoux et jouait avec lui. Le
Prophète me dit alors : « O Jabir ! Ce fils des miens engendrera
un fils ayant pour nom ‘Ali qui à son tour engendrera un fils appelé Muhammad.
O Jabir ! Lorsque tu le rencontreras, transmets-lui mes salutations. Après
quoi tu ne vivras plus longtemps. »
L’Imam Al Bâqir (P) était un océan de
connaissances et pouvait répondre à toute question sans hésitation. Ibn Ata Al
Makki dit à ce propos : « Je n’ai jamais vu de grands savants se
sentir aussi inférieurs devant quelqu’un, qu’ils le sont devant Muhammad Al
Bâqir (P). Ainsi j’ai assisté à son entretien avec Hakim Ibn Utayba :
celui-ci était comme un enfant face à son instituteur ».
Muhammad, fils de Muslim relate :
« jamais une question ne m’est venue à l’esprit sans que je manque de la
poser à l’Imam Muhammad Al Bâqir (P), jusqu’à ce que le nombre de questions que
je lui ai posées ait atteint 30 000. »
A Médine où il était la référence ultime en
matière de Connaissance, il arrivait que les gens évitassent de le rencontrer
de peur de subir des représailles des dirigeants Ommeyades de l’époque. ‘Umar
Ibn Abdel ‘Aziz, après s’être rendu compte de l’affaiblissement de la dynastie
Ommeyyade à la suite de multiples coups portés par les révoltes des
populations, décida d’interdire les injures qui étaient proférées tous les
vendredi à l’encontre des descendants du Prophète(P) depuis l’Imam ‘Ali (P).
Egalement il prit la décision de rendre aux descendants du Prophète le champ de
dattiers connu sous le nom de Fadâk que Fatima Zahra (P), qui l’avait hérité de
son père le Prophète (P), avait réclamé à Abû Baker pendant son règne.
De telles décisions encouragèrent les
Musulmans de l’époque à rendre visite à l’Imam Al Bâqir (P) sans plus aucune
crainte. Cette ère fut appelée pour sa fécondité Al Asr Azahab ou l’époque d’Or.
L’Imam Muhammad Al Bâqir (P) se
rappelait toujours Allah. Son fils, l’Imam Ja’far Al Çadiq (P) raconta :
« Mon père se rappelait Allah à tout moment ; partout où je
l’accompagnais, je le voyais évoquer Allah; même lorsqu’il conversait avec les
gens, il gardait Allah dans la mémoire; il accomplissait la prière de Tahajjud (surérogatoire de minuit)
régulièrement, était dévoué à l’adoration d’Allah, et pleurait d’amour d’Allah.
Jusqu’au règne de l’Ommeyyade ‘Abdul Malick
Ibn Marwan, la monnaie utilisée par les musulmans était la monnaie byzantine.
Un conflit éclata, et l’empereur byzantin voulut utiliser l’arme
économique, et envoya un ultimatum après
quoi les musulmans seraient privés de la monnaie byzantine. Embarrassé et
craignant le pire, le calife demanda conseil à tous les notables mais la
situation étant tellement imprévisible ils se déclarèrent tous dépourvus de
solutions. C’est alors que l’imam Bâqir (P) voyant que la réputation de l’islam
allait être atteinte et que l’état islamique risquait d’être déstabilisé par
ses ennemis , conseilla au calife de collecter suffisamment d’or et d’argent de
toutes les provinces islamiques afin de frapper une monnaie islamique pour
remplacer la monnaie byzantine. Il (P) indiqua le poids adéquat et les
inscriptions qu’il fallait mettre sur la nouvelle monnaie.
Il mourut empoisonné le lundi 7 dhul-hijja de
l’an 114 après l’Hégire, à l’âge de 57 ans et fut inhumé à Bâqia à
Médine. »
II-3-7 QUI ETAIT JA’FAR ÇADIQ (P) :
Le sixième Imam est Ja’far Çadiq, fils de
Muhammad (P). Sa mère est Fâtima (dont l’autre nom est Ummu Farwah).
L’Imam est né à Médine, le lundi 17 rabi’I, (le jour Anniversaire de la
naissance du Prophète (p)) en l’an 83 après l’hégire. Il vécut environ 16 ans
aux côtes de son grand-père Zein Al Abédine (P) qui lui fit faire ses premiers
pas dans la voie de
Il possédait un grand savoir et des qualités
supérieures. Il était un homme de sagesse, connaisseur de la chari’a et pieux.
Il était sincère, juste; un homme de grandeur, de générosité et de valeur. Il
était doté de beaucoup d’autres qualités.
Cheikh al-Mufîd raconte : « Les
savants religieux acquirent de lui beaucoup plus qu’ils n’avaient appris de
tout autre membre des Ahlul Bayt (p). Personne n’a été aussi prolifique que l’Imam Çadiq (P) quant à la
propagation de la religion parmi les Ulémas de l’histoire religieuse et du
Hadith.
En réalité le nombre de savants religieux
(sérieux et appartenant à différentes écoles) ayant acquis des connaissances de
lui, atteint quatre mille.
A commencer par Zeid le frère de l’Imam Çadiq
(P) qui témoigna en ces mots pleins de sincérité et de sagesse en faveur de son
frère :
« A chaque époque de notre histoire,
Dieu choisit un parmi nous les Ahlul Bayt pour être le Pôle. Pour notre époque
le Pôle est mon frère Ja’far Çadiq (P). Ne se perdra pas celui qui le suit. Se
perdra celui qui ne le suit pas. »
Ce même Zeid fut tué a la suite d’une révolte
qu’il mena contre les Ommeyades (par Icham fils de Abdoul Malik fils de Marwân)
et fut considéré après sa mort par certains chiites comme le sixième Imam
malgré le témoignage unanimement reconnu qu’il porta sur son frère. Cette
branche des chiites est surnommée aujourd’hui Zeidiya.
Abu Hanifa, le chef de l’une des cinq écoles,
était également un des disciples de l’Imam Çadiq (P). Il dit ceci de son
maître :
« Si ce n’était pas ces deux années [que
j’ai passées à étudier auprès de l’Imam Ja’far
Çadiq], j’aurais péri dans la malédiction [d’avoir mal dirigé ma
communauté] »[31]
Le chef Mansour convoqua un jour Abu Hanifa
et lui demanda de préparer des questions des plus pointues qui soient afin
d’arriver à embarrasser l’Imam Çadiq. Lorsque ce dernier fut amené à répondre
aux 40 questions que lui avait préparées Abu Hanifa, quelle ne fut la surprise
de ce dernier de voir avec quelle simplicité et quelle lumière l’Imam répondait
sans hésiter à ce qu’il pensait être très complexe.
A la sortie de cet entretien Abu Hanifa tint
ce jugement :
« Je n’ai jamais vu une personne qui
maîtrisait autant que Ja’far Çadiq (P) les questions religieuses. »[32]
De même que Abu Hanifa l’Imam Malik tira bien
des enseignements de ses multiples rencontres avec l’Imam Ja’far (P):
« J’ai rencontre à plusieurs reprises
l’Imam Ja’far (P) mais cela se passait toujours dans l’une au moins des trois
situations suivantes et rien que ces trois : il prie ou il jeûne ou il enseigne
les matières islamiques. De notre époque nulle oreille n’a jamais entendu et
nul œil n’a jamais vu une personne plus pieuse, plus savante et plus
désintéressée des vanités terrestres que l’Imam Ja’far Çadiq. »[33]
Jâbir Ibn Hayyan (appelé Geber en Occident)
le fondateur de la chimie moderne et de toute la science expérimentale était
l’un de ses plus célèbres disciples. Il rédigea plus de cinq cents opuscules
tous dictés par son maître l’imam Ja’far (p).Tous ses écrits commençaient par
« mon maître l’imam Ja’far m’avait dit :… ».
L’école Ja’farite est l’une des cinq écoles
de l’islam, également appelée l’école des Ahlul Bayt (P) et c’est la première
des écoles de l’islam car étant antérieure à toutes les autres. Cette
école, bien que portant le nom de l’imam Çadiq (P) qui
était l’un des successeurs du Prophète (P) désignés par Allah, est la seule
école qui existait du vivant même du Prophète (P). Les autres écoles étant
toutes nées plus de cent ans après le rappel à Dieu du seigneur des envoyés
(p). La raison de cette appellation est que l’imam Çadiq (P) plus que tout
autre imam (p) a eu l’opportunité d’enseigner aux musulmans en grand nombre la
bonne interprétation du coran et la vraie Sunna
de son grand père (P), car son imamat a coïncidé avec la lutte pour le pouvoir
entre omeyyades et abbassides.
L’imam Ja’far se nourrissait de vinaigre et
d’huile et mettait des vêtements rudes.
Parfois ceux-ci étaient très rapiécés.
Il avait l’habitude de travailler son jardin
lui-même. Il perdait souvent connaissance en se rappelant Allah.
Une nuit, le Calife Abbasside de l’époque fit
convoquer l’Imam par un messager. Celui-ci raconte : « Je suis allé
chez l’Imam et je l’ai trouvé dans sa chambre privée. L’Imam avait les joues
couvertes de poussière, et suppliait Allah dans la plus grande humilité, les
mains levées vers les cieux, les mains et le visage poussiéreux ».
C’était un homme charitable et de disposition
aimable. Il parlait avec tendresse et se montrait très coopératif. On avait
plaisir à travailler avec lui.
Un jour l’Imam appela son domestique,
Mussadif et lui donna mille dinars pour se préparer à un voyage d’affaires, en
Egypte, car le nombre de sa suite avait augmenté et il était nécessaire de
rechercher davantage de moyens de subsistance.
Moussadif acheta des marchandises et partit
pour
Mussadif rentra chez l’Imam avec deux sacs
contenant chacun mille dinars. Il lui dit que l’un des deux sacs contenait le
capital, l’autre, les bénéfices.
L’Imam lui fit remarquer que les bénéfices
étaient excessifs et lui demanda ce qu’il avait fait des marchandises.
Moussadif lui expliqua ce qu’il avait fait et le serment qu’il avait prêté (de
ne pas revendre à moins de 100% de profit). L’Imam s’étonna qu’il ait juré de
ne pas revendre des articles à des musulmans à moins de 100% de bénéfice !
Puis l’Imam prit l’un des deux sacs et
dit : « Celui-ci contient mon capital, et nous ne touchons pas les
bénéfices ». Et d’ajouter : « Ô Moussadif ! Il est plus
facile de combattre avec une épée que de gagner sa vie légalement (halâl) ! ».
Il mourut empoisonné le 25 Chawwâl,
II-3-8 QUI ETAIT MOUSSA AL-KÂZIM (P)[34] :
Le septième Imam est Moussâ al-Kâzim, fils de
Ja’far. Sa mère est Hamida al-Mussaffat. L’Imam est né à Abwa (entre
Il mourut en prison, empoisonné par le Calife
Haroun Rachid, le 25 Rajab
Il fut le plus grand érudit de son temps. Il
fut également le meilleur, le plus généreux, le plus courageux, le plus aimable
et le plus correct de son temps. Sa grandeur était connue de tous. Son savoir
fut inégalable, son engouement pour l’adoration ne saurait être dépassé. C’est
parce qu’il contenait toujours sa colère qu’il fut surnommé
« al-Kâzim » (celui qui contient sa colère). Pour son intégrité, on
le surnomma également « al-‘Abdu Çâlih » (le bon serviteur d’Allah).
Ses connaissances furent révélées en diverses
occasions, et elles éblouirent les gens. Son dialogue avec Buraiha est bien
connu. A la suite de ce dialogue l’Imam convainquit en effet son interlocuteur
chrétien de se convertir à l’Islam.
Un jour, un homme dans le besoin mendia cent
dinars de l’Imam. Celui-ci lui posa quelques questions pour sonder ses
connaissances religieuses et lui donna deux mille dirhams.
L’Imam avait une belle voix en récitant le
Coran. On rapporte qu’il restait quatre heures debout pour accomplir des actes
cultuels, et qu’il récitait le Coran et se prosternait pendant longtemps. Il
pleurait souvent par amour d’Allah. Il mourut alors qu’il était en prosternation.
Le calife Haroun convoqua l’imam un jour et
lui tena ce discours : « pourquoi vous a-t-on préféré sur nous alors
que nous sommes les descendants d’Al ‘Abbas l’oncle du prophète et que vous aussi vous êtes les descendants d’Abu
Tâlib l’oncle du Prophète (P) » ?
L’imam (P) répondit : « Nous sommes
plus proches du Prophète (p) car Abu Talib et ‘Abdullah sont de même père et
mère tandis qu’Al ‘Abbas n’était leur frère que du côté du père ».
Haroun lui posa une autre question :
« pourquoi vous appelle t on les enfants du messager alors que vous les
enfants d’’Ali (P) » ?
L’imam répondit : « si le messager
était ressuscité pouvez vous le marier avec l’une de vos filles » ?
Haroun : « cela serait une source
d’orgueil pour moi devant arabes et non arabes ».
L’imam : « Quant à nous il lui est
interdit de demander nos filles en mariage car il nous a mis au monde et pas
vous »
Un jour, Abou Hamza, voyant l’Imam al-Kâzim
en train de travailler dans son jardin alors que la sueur perlait de sa tête
jusqu’à ses pieds, lui demanda où étaient ses serviteurs. L’Imam lui répondit
qu’il y avait quelqu’un de meilleur que l’Imam et son père, qui travaillait
lui-même de ses propres mains. Lorsque Abu Hamza lui demanda qui était cet
homme, l’Imam répondit que c’était le Prophète d’Allah, Mohammad (P), ainsi que
Amir Al-Mouminin ‘Ali (P), et que tous ses ancêtres travaillaient de leurs
propres mains. Tel fut donc
II-3-9 QUI ETAIT ALI RIDHA (P) :
Le huitème Imam est Ali Ridha, fils de
Moussâ. Sa mère est
L’Imam est né le 11 dhulqa’dah de l’an
Ses connaissances, sa gentillesse, sa
générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété sont universellement
connues et n’ont pas besoin d’être relatées ici.
Le Calife Mamoun voulut désigner l’Imam comme
héritier présomptif. L’Imam déclina son offre, car il prévoyait la ruse du
Calife. Toutefois Mamoun le força à accepter le titre de successeur. Mais
l’Imam n’accepta cette offre forcée qu’à condition de ne prendre aucune part à
l’administration du gouvernement.
La large connaissance de l’Imam en matière de
religions et écoles juridiques diverses se révéla au cours de différents débats
organisés par Mamoun. Même des voyageurs retournant à leurs pays respectifs
auraient relaté les larges connaissances de l’Imam.
A l’époque Nichapour était une grande ville
universitaire et lorsque l’imam Ridha y passa, des centaines de savants
l’accueillirent plumes et papiers à la main pour inscrire tout ce que l’imam
allait dire. Ils insistèrent pour que l’imam leur récite quelques hadiths du
prophète (p). L’’imam leur dit alors d’écrire :
« J’ai entendu mon père Moussa (p) , qui
a entendu de son père Ja’far (p), qui a entendu de son père Muhammad (p) , qui
a entendu de son père ‘Ali (p), qui a entendu de son père Al Hussein (p), qui a
entendu de son père ‘Ali Ibn Abi Talib (p) , qui a entendu le Prophète (P) dire : j’ai entendu l’ange Jibrîl (p) dire : J’ai entendu
Allah ,qu’Il soit exalté, dire : « ‘’il n y a d’autres Dieu que
Dieu ‘’
Est mon bastion ; et quiconque entre
dans mon bastion est protégé de mon châtiment ».
Puis l’imam Ridha (P) ajouta « et moi
(l’imam) je suis l’une de ses (il n y a d’autre Dieu que Dieu)
conditions ». Le nombre de ceux qui ont écrits ce hadith appelé « la
chaîne d’or » en raison de la sainteté de ses transmetteurs, est estimé à
vingt milles.
S’adressant un jour à un de ses frères de
même père nommé Zaid Ibn Moussa qui avait fait une révolte sanguinaire en
commettant des actes interdits par l’islam, l’imam lui dit :
« Malheur à toi pourquoi as-tu verser le
sang et couper des routes. Crois tu à la prétention des gens de Kûfa selon
laquelle les descendants de Fatima (P) sont immunisés contre l’enfer ?
Prends garde car cette immunité n’est ni pour toi ni pour moi et ne concernait
que Al Hassan (P) et Al Hussein (P) ! Par Dieu même eux ne l’avaient que
grâce à leur soumission inconditionnelle à Dieu. Alors si tu estime que tu peux
désobéir à Dieu et ensuite aller au paradis alors cela veut dire que tu
t’estime plus proche de Dieu qu’Al Hassan (P) et Al Hussein (P), ainsi que le
Prophète (P), moi ou ton père Moussa Ibn Ja’far (P)…. Par Dieu personne ne peut
avoir ce qui est chez Dieu que par la soumission et l’obéissance à Lui »
On raconte que l’Imam aurait veillé toute la
nuit en priant et qu’il aurait terminé la lecture de tout le Coran en trois
jours. Il aurait prié pendant des heures d’affilées et accompli mille rak’ah en une journée et une nuit. Il se
serait prosterné pendant plusieurs heures. Il avait l’habitude de jeûner
souvent.
Il n’aurait jamais interrompu quelqu’un
pendant qu’il parlait, ni abusé de quiconque. Il ne se serait jamais étendu en
présence de quelqu’un, ni n’aurait jamais ri aux éclats, ni craché devant
quelqu’un.
Il s’asseyait avec tous ses proches, femmes
et serviteurs et partageait ses repas avec eux.
II-3-10 QUI ETAIT
MUHAMMAD TAQI JAWAD (P) :
Le neuvième Imam est Muhammad Taqi Jawâd (P).
Sa mère était une Dame noire du nom de Sabika.
Il naquit, le 10 Rajab
Il fut inhumé derrière le mausolée de son
grand-père, l’Imam Moussâ al-Kâzim, à Kâzimiyya où se trouve aujourd’hui
également son propre mausolée.
L’Imam fut le plus grand érudit de son temps,
le plus généreux et le meilleur bienfaiteur. Il fut très coopératif, gentil, de
bonne disposition, et très éloquent.
Il avait l’habitude de monter sur son cheval
pour apporter de l’argent et des aliments aux nécessiteux.
Son savoir fut célèbre parmi les gens. Une
fois quatre-vingts de ses disciples se réunirent chez lui à son retour du Hajj et lui posèrent diverses questions.
L’Imam répondit à tout ce qu’on avait demandé et satisfait tout le monde.
Un jour plusieurs personnes se rassemblèrent
autour de lui à
Pendant l’une de ces réunions scientifiques
un savant du nom de Yahya Ibn Ektham réputé intraitable en matière de
polémique, interpella l’imam en ces terme : « Ô Abu Ja’far que dis tu
à propos d’un homme vêtu de l’habit rituel du pèlerinage (ihram, qui se porte pendant les rites du Hajj et qui rend illicite
certains actes), et qui aurait tué un gibier » ?
L’imam répondit : « cela dépend :
l’a-t-il tué exprès ou par accident ? Le chasseur était-il libre ou
esclave ? Mineur ou majeur ? Le gibier était-il de la volaille ou
autre ? Était-il petit ou grand ? Le chasseur a-t-il regretté son
acte ou pas ? Le gibier était-il tué le jour en liberté ou la nuit dans
son nid ? L’habit rituel était-il porté pour le petit pèlerinage (‘omra) ou pour le grand (Hajj) ? ». Ensuite l’imam
répondit lui-même à tous les embranchements de la question et Ibn Ektham qui
n’avait pas prévu tous ces détails à sa propre question se sentit très ridicule
et avili.
Le Calife Mamoun donna la main de sa fille à
l’Imam après l’avoir soumis à une épreuve très difficile ; cet événement
est bien connu dans l’histoire.
II-3-11 QUI ETAIT ALI NAQI AL-HÂDI (P) :
Le dixième Imam est Ali Naqi, Al Hâdi, fils
de Muhammad (P). Sa mère était une femme magrébine du nom de Dame Samana.
L’Imam est né à Médine, le 5 Rajab,
Il fut le meilleur homme de son temps, un
grand érudit et la quintessence de la grandeur, de la générosité et de la
douceur.
Il vivait dans une chambre très simple et
passait la majeure partie de son temps à la lecture du saint Coran. Il est le
dixième successeur du Prophète de l’Islam (P) et avait pour charge la
protection de l’Islam de toute déviation et falsification. C’est pour cela que
le calife sanguinaire de l’époque le garda toute sa vie en résidence surveillée
dans un camp militaire (askar).Ainsi
les contacts entre lui et ses adeptes étaient très réduits. A Médine l’imam Al
Hâdi (P) était une référence incontestable pour les musulmans et c’est pour
cela que le calife Al Moutawwakil le fit venir en Irak à Samarra. Mais la
lumière de la guidance de l’imam était si forte que le calife ne pouvait
l’éteindre. Il mourut empoisonné à Samarra, le lundi 3 Rajab,
A l’époque de l’imam Al Hâdi la chirurgie
n’était pas bien connue. Un des musulmans avait un fils qui était malade et le
médecin lui conseilla la chirurgie. Ce qui fut fait mais l’enfant succomba à la
maladie et la famille blâma le père d’avoir accepté l’opération.
L’homme alla voir l’imam et lui raconta ce
qui était arrivé. L’imam le rassura en lui disant qu’il n’avait fait que son
devoir. Cet incident eu pour effet la réhabilitation de la chirurgie qui à
l’époque ne se pratiquait que dans le monde musulman.
Les faux dévots sévissaient beaucoup à
l’époque de l’imam. Et sous prétexte d’ascétisme, ils prétendaient que la
beauté de la nature peut dévier les musulmans de la voie de l’adoration de
Dieu. Quant à l’imam recevant un jour une fleur d’un jeune garçon , il la baisa
puis la posa sur ses yeux et dit : « Quiconque reçoit une fleur ,
puis la pose sur ses lèvres et sur ses yeux et dit ‘’allahoumma salli ‘ala
Muhammad wa ali Muhammad (mon Dieu salue et béni Muhammad et la famille de
Muhammad)’’ , alors Dieu lui écrit autant de bonnes actions qu’il y a de
graines de sable dans le désert de Alej et efface pour lui autant de mauvaises
œuvres »
II-3-12 QUI ETAIT AL-HASSAN AL-‘ASKARI (P)[35] :
Le onzième Imam est Hassan al-‘Askari, fils
de Ali (P). Sa mère est
L’Imam est né le lundi 8 Rabi’II,
Sa générosité, sa bienfaisance, sa dévotion
et son humilité sont connues de tout le monde.
Il était bien bâti physiquement et avait de
beaux traits. Il était vénéré malgré son jeune âge. Il ressemblait au Prophète
(P) par son caractère. Il était l’homme le plus savant de son temps. On dit que
le nombre de personnes qui bénéficièrent de ses lumières scientifiques
atteignit dix huit milles. Parmi eux on peut noter le célèbre philosophe Al
Kindi (le professeur d’Al Farabi) qui brûla un de ses manuscrits après avoir
reçu les remarques de l’imam (P).
On rapporte d’Ismaël Ibn Muhammad le témoignage
suivant :
« Un jour j’attendais Abou Muhammad (p)
(l’Imam Al-Askari). Lorsqu’il arriva à ma hauteur, je le conjurai de soulager
ma détresse. Je jurai que je n’avais plus un dirham, et que je n’avais pas eu
de petit-déjeuner ni de dîner. L’Imam me dit que je faisais un serment de
parjure au nom d’Allah et me reprocha à bon droit d’avoir caché cent dinars
dans le sol. Il ajouta qu’il ne me dit pas cela pour trouver une raison de ne
rien me donner. Puis il donna l’ordre à son serviteur de me verser cent
dinars. »
Un homme ayant entendu parler de la
générosité de l’Imam, alla le voir. Il avait besoin de cinq cent dirhams.
L’Imam lui donna les cinq cent dirhams dont il avait besoin, ainsi que trois
cents autres dirhams en plus.
Un jour à Samarra pendant une période de
sécheresse alors que l’imam était en prison, les musulmans comme de coutume
allèrent faire la prière pour obtenir la pluie mais en vain. Alors les
chrétiens se réunirent et à la surprise générale la pluie se mit à tomber. Ce
fut la confusion générale. Certains s’apprêtaient à se convertir au
christianisme, doutant de la véracité de l’islam. C’est alors que le calife fit
appel à l’imam Al Askari (P) qui leur dit de saisir ce qui se trouvait dans la
main de l’évêque. L’ordre fut exécuté et l’on y trouva un os noirci. L’imam le
prit et s’adressant aux chrétiens leur demanda de prier encore pour la pluie.
Mais cette fois les nuages se dissipèrent rapidement. L’imam s’adressant
alors au calife lui dit que ce prêtre
avait passé par le tombeau d’un prophète (P) et avait déterrer un de ses os
bénis et que chaque fois qu’un os de prophète (P) est mis à découvert , il
pleut immédiatement.
Les chrétiens aussi attestent que l’Imam
était comme le Messie (Jésus) par ses bienfaits, ses connaissances et sa
faculté d’accomplir des miracles.
Il était un adorateur dévot, et on dit qu’il
faisait des prières pendant la plus grande partie de la nuit.
II-3-13 QUI EST AL MAHDI (P) :
L’idée de l’avènement d’un messie[36],
est antérieure à la naissance de l’Islam. Elle est une aspiration à laquelle
l’humanité a souscrit dans ses différentes religions et doctrines. Même le
matérialisme dialectique qui explique l’histoire par les contradictions et
croit à l’avènement d’un jour promis où elles disparaîtront pour laisser la
place à la société idéale (la société communiste), y souscrit.
Cette idée fait l’objet, bien entendu, de la
croyance unanime de toutes les écoles juridiques islamiques.
Les musulmans sont unanimes sur la vérité
d’Al-Mahdi (P) :
-sur le fait qu’il est de la famille du
Prophète (P),
-que Dieu le réformera en un jour ou en une
nuit,
-qu’il fera régner la justice et l’équité sur
terre en un moment où celle-ci aura été remplie d’injustice et d’iniquité,
-qu’il gouvernera sur la terre pendant sept
ou neuf ans – selon les différents hadiths,
-qu’il conduira l’humanité au bonheur alors
qu’elle aura été assombrie dans la misère,
-qu’il accueillira Issa Ibn Mariam (P), à sa
descente,
-que ce dernier priera derrière lui,
-ainsi que bien d’autres indications
mentionnées dans environ 339 hadiths de sources variées.
Parmi ces sources, nous citerons Al-Majlissi
et Al-Toùssi parmi les jafarites, Al-Safarini parmi les hanbalites, Al-Choukani
parmi les Zaydites, ainsi que Siddiq Hassan Khan et Muhammad Ibn Al-Husseyn
Al-Abiri. Tout ce que ceux-ci ont rapporté sur Al-Mahdi appartient aux
conclusions des Imams[37]
des huit écoles de jurisprudence, et notamment les cinq les plus adoptées
d’entre elles, celles de l’Imam Jaffar Çâdiq (Jafarite), de ses deux disciples
Mâlik (Malikite) et Abû Hanîfa (Hanifite), d’Al-Chafi’i (Chafi’ite), d’Ibn
Hanbal (Hanbalite). Quant aux fondateurs des trois autres écoles (Al-Imam Zayd
(Zaydite), Abâdh (Abâdhite) et Daoud Al-Zahir (Zahirite)), il n’ont jamais
pris, à notre connaissance, le contre-pied de cette vérité sur Al-Mahdi (P).
Selon les enseignements de la sainte famille
des Ahlul Bayt (P), il est le douzième et dernier Imam de la lignée des guides
de
Le différend entre les croyants,
rappelons-le, ne concerne pas l’essentiel, à savoir la venue d’un homme qui
réformera
Il ressort après analyse que la doctrine des
Ahlul Bayt (P) quoique plus immatérialiste et donc apparemment moins apte à
passer l’expérience de la démonstration mathématique, est cependant plus cohérente et non moins défendable.
Cohérente
par rapport à la position de Pôle de notre époque qu’occupe Al Mahdi (PSL) avec
la fonction de supervision de
Cette transformation du mystère futuriste en
une réalité (l’existence effective du sauveur qui aspire au jour promis avec
nous et parmi nous sans se manifester en public ni dévoiler sa vie aux autres)
ramène l’idée d’Al-Mahdi (P) de l’avenir au présent.
Non moins défendable et même démontrable si on se réfère à la solide et brillante
démonstration scientifique qu’en a donné Sayyed Baqer Sadr dans sa célèbre
préface au livre de son disciple et proche parent Sayyed Muhammad Al-Sadr sur
l’Imam Al Mahdi (P).
Nous allons tenter – avec tous les risques
que comporte une telle action – de vous en résumer les principaux points.
Il note tout d’abord que l’incarnation de
l’idée d’Al Mahdi (P) dans la personne de l’Imam Muhammad Al-Mahdi (P) soulève une
série d’interrogations et un certain scepticisme chez beaucoup de musulmans.
Ensuite il regroupe ces interrogations dans un ensemble de sept questions
principales auxquelles il s’applique à répondre avec une méthodologie
scientifique qu’aucun esprit rationnel ne saurait contester. Démontrant ainsi
que ce qui semble d’ordinaire inconcevable – la longévité plus que millénaire
d’Al-Mahdi (P) – est scientifiquement possible et logiquement plausible à la
suite d’une analyse scientifique et d’un examen minutieux du prodige.
Pour montrer, par exemple, le comment de la
longévité exceptionnelle du Mahdi (P), il commence par expliquer que la sphère
de la possibilité logique (ou philosophique) contient celle de la possibilité
scientifique qui, à son tour contient celle de la possibilité pratique.
Exemple 1 : il est impossible de diviser
3 oranges en 2 parties égales et sans fraction. Puisque 3 est impair et ne
saurait donc être en même temps pair (divisible par 2) alors cette situation de
division est une contradiction or la contradiction est logiquement impossible.
Exemple 2 : il n’est pas impossible,
selon la logique de traverser le feu et ou monter au soleil sans se faire
brûler par la chaleur car la chaleur peut passer logiquement du corps le plus
froid vers le corps le plus chaud ou vice-versa. Cependant la réalité
scientifique est que c’est seul le sens chaud vers froid jusqu’à l’équilibre
des températures qui est possible. Voilà donc une réalité logiquement possible
(monter au soleil) mais scientifiquement impossible. Car il est impossible de
concevoir une cuirasse assez solide pour atteindre la chaleur suprême du
soleil.
Exemple 3 : aller sur Vénus (nettement
plus éloignée de
Alors Baqer Sadr trouve qu’une longévité
exceptionnelle, de plus de 1140 ans déjà, est logiquement concevable car la
vie, en tant que concept, ne comporte pas une mort rapide, ce qui est
indiscutable.
Ensuite, il affirme qu’une telle longévité
quoique impossible sur le plan pratique et au plan des moyens scientifiques
actuels, reste possible et envisageable en théorie sur le plan scientifique. En
effet, sur le phénomène de la sénilité et de la vieillesse chez l’homme deux
points de vue existent : ce serait une loi naturelle inhérente aux
cellules et aux tissus vivants qui porteraient le germe de leur mort inévitable
qui passe par la vieillesse et la sénilité pour finir dans la mort. Autre point
de vue : le phénomène résulterait de la lutte entre le corps et des
facteurs extérieurs tels que les microbes ou l’empoisonnement, conséquences
d’une nutrition excessive, d’un travail excessif ou d’autres facteurs.
Pour ce second point de vue la longévité
extraordinaire du Mahdi (P) est scientifiquement envisageable car il suffirait
de mettre le corps à l’abri de ces facteurs extérieurs permettant ainsi aux
tissus du corps de parvenir à vivre, à survivre au phénomène et à le vaincre
définitivement.
« Pour le premier point de vue, poursuit
Baqer Sadr, rien ne nous empêche d’envisager que cette loi est flexible car
dans notre vie ordinaire nous constatons des cas de personnes âgées possédant
des membres en état de jeunesse. Ce qui a d’ailleurs amené des savants à profiter
de cette flexibilité de la loi de la vieillesse pour prolonger la vie de
certains animaux des centaines de fois leur longévité ordinaire, en créant des
conditions et des facteurs qui retardent l’effet de la loi. »
« Même s’il reste vrai que l’expérience
scientifique n’a pu à ce jour s’appliquer à l’homme, on peut conclure que la
prolongation de la longévité humaine de plusieurs siècles est possible
logiquement et scientifiquement, bien qu’elle ne le soit pas encore sur le plan
de l’application, mais que l’application scientifique s’achemine vers la
réalisation de cette dernière possibilité à long terme. »
Dés lors « l’étonnement et
l’interrogation que soulève la question de l’âge du Mahdi (P) n’ont aucune
raison d’être car ce n’est pas dans ce domaine seulement que l’Islam dépasse le
mouvement scientifique. »
« Le rôle exceptionnel de Sauveur
Attendu dévolu au Mahdi (P), chargé qu’il est de transformer le monde et de
reconstruire sa structure de civilisation, est à la hauteur des phénomènes
extraordinaires et inhabituels qui l’accompagnent. »
Baqer Sadr note d’ailleurs une surprenante
« coïncidence : les deux seuls hommes chargés de vider l’humanité de
son contenu corrompu et de la reconstruire sont dotés d’une longévité sans
commune mesure avec la nature. Le premier, c’est Noé à propos de qui le Coran
dit qu’il prêcha « mille moins cinquante ans » (donc il
vécu plus longtemps) parmi son peuple et qu’il a pu grâce au Déluge
reconstruire le monde. Le second, Al Mahdi (P), a vécu jusqu’à présent plus de
mille ans parmi son peuple et devra également reconstruire le monde. »
Pourquoi accepter l’un et refuser
l’autre ?
Enfin, il nous rappelle encore que
« lorsque Ibrahim fut jeté au feu : « Nous dîmes : « Ô
feu, sois sur Abraham, froidure et sécurité » ; et il en est sorti
indemne. Beaucoup d’autres lois naturelles ont été suspendues pour protéger la
vie des prophètes et des apôtres de Dieu sur la terre. C’était le cas lorsque
Dieu a fendu la mer pour Moïse, ou lorsqu’il a fait croire aux Romains qu’ils
avaient arrêté Jésus alors qu’ils ne l’avaient pas fait, ou lorsqu’il a sorti
le Prophète Muhammad (P) de sa mission à l’insu de ses ennemis Quraychites qui
cernaient cette maison et le guettaient avec vigilance, en attendant le moment
propice pour l’attaquer.
Tous ces exemples traduisent la suspension
des lois naturelles en vue de protéger quelqu’un dont
Que la loi de la vieillesse soit rangée parmi
ces lois. »
Après l’unanimité (basée sur des hadiths du
Prophète) qui existait sur la question d’Al-Mahdi (P) jusqu’à la fin du 3e
siècle de l’Hégire, les penseurs musulmans se sont divisés en deux groupes face
à la question : ceux, heureusement largement majoritaires, qui croient
fermement qu’Al-Mahdi (P) réapparaîtra le moment venu. Ils se fondent sur des
hadiths du Prophète, celui-ci étant un homme véridique dont les paroles sont
certitudes. Pour eux point n’est besoin de preuves ou d’arguments pour y
croire, il s’agit d’une certitude à laquelle ils croient comme si elle se réalisait
sous leurs yeux.
A l’opposé, il y a ceux – très minoritaires,
Dieu merci – qui renient tout simplement ce prodige ainsi que d’autres prodiges
similaires. Pour ces incrédules, matérialistes à souhait, qui croient à une
partie du Livre en en rejetant l’autre, seule compte la logique de leur propre
raison. Ils ignorent qu’il existe une autre raison plus puissante : la
raison de Dieu ou raison canonique selon l’expression du Dr Hamid Afni Daoud[38] ;
elle qui a la faculté de marier l’instrumental (qui relève des textes sacrés)
et le rationnel.
Ils se privent alors des certitudes, par
lesquelles Dieu a voulu distinguer notre Umma des autres nations aux dires
mêmes du Sceau des Prophètes, Al Mustapha, l’Elu et le Bien-aimé (P) :
« Aucune autre Umma n’a reçu autant de
certitude que la mienne. »
Avec les éblouissants progrès scientifiques
de notre époque moderne, ces tenants d’une certaine idéologie
pseudoscientifique[39]
ont perdu encore plus la chance de comprendre encore moins de croire à la
métaphysique et à certains événements rapportés tantôt par le Coran tantôt par
les hadiths. Quelque puisse être leur niveau de connaissances, ils oublient ou
ignorent une vérité essentielle : le réel ne se limite pas à ce que
peuvent appréhender nos sens.
Trois mois avant sa mort, le Prophète de
l’Islam (P) venait de parachever notre religion à Ghadir Khom[40]
après son dernier pèlerinage à
« Aujourd’hui j’ai parachevé pour
vous votre religion et accompli sur vous mon bienfait. Et il m’agrée que
l’Islam soit votre religion. » (Le Plateau servi, 5 : 3).
Ainsi après avoir transmis aux hommes
Il est donc clair que le Prophète (P) devait
quitter ce monde une fois et seulement une fois sa mission accomplie. Et aussi
que Dieu, toujours dans Son Amour illimité pour Ses créatures, avait laissé aux
hommes la voie libre pour garder le cap vers
Le libre arbitre et la faiblesse de l’homme
devant l’attrait du pouvoir vont déjouer ce grand dessein à travers une
bataille pour la succession qui n’aura une fin que dans l’éclatement de
I- LE TESTAMENT DU
PROPHETE :
Dieu dit :
«Quand la mort s’approche de l’un de
vous, s’il laisse du bien, le testament vous est prescrit en faveur des pères
et mères et des proches, selon l’usage. C’est un devoir pour les pieux.
Donc quiconque l’altère après l’avoir
entendu, alors le péché pèse sur ceux qui l’ont altéré. Dieu entend, vraiment,
Il sait.
Mais quiconque craint d’un testateur
quelque injustice ou péché, et les réconcilie, alors, pas de péché sur lui.
Dieu est Pardonneur, vraiment, Miséricordieux ! » (Baqâra, 2 : 180 à 182)
Le Prophète (P), Meilleur des hommes, Reflet
de la perfection divine, ne pouvait déroger à la règle, laissant sa Communauté
sans testament donc sans successeur, surtout quand on sait l’importance et la
valeur de son héritage.
Le Prophète (p) a effectivement laissé des
choses que personne n’a laissées et celles-ci exigent un testament. Nous savons
qu’il a laissé la religion d’Allah à son premier stade et dans sa première
jeunesse, ce qui rend le légataire plus important encore que s’il y avait de
l’or ou de l’argent, une maison ou un terrain, un labour ou des bêtes. La
nation toute entière a besoin du légataire qui remplace le Prophète (P), qui
s’occupe de ses problèmes, qui administre les affaires de ce monde et de la
religion et soit le garant de la continuité dans le droit chemin de Dieu.
Il est de ce fait impossible, tant sur le
plan de
Dieu dit :
«Ô Messager, communique ce qui a été
descendu vers toi de la part de ton Seigneur; - si tu ne le faisais pas, alors
tu n’aurais pas communiqué Son Message. Et Dieu te protégera des gens. Non,
Dieu ne guide pas le peuple mécréant.» (Ma’îda, 5 : 67)
Ainsi le Prophète (p) avait reçu de Dieu
l’ordre de communiquer à son peuple le nom de son successeur. C’est ce qui
amena le Prophète (p) à réunir son peuple expressément à Ghadir Khom dans
les conditions que l’on sait pour lui annoncer solennellement son successeur et
légataire :
« Vous croyez qu’il n’y a de dieu que
Dieu, que Muhammad est Son messager et Son Prophète, le Paradis et l’enfer sont
des vérités, que la mort et la résurrection sont certaines, n’est-ce pas
? »
Ils répondirent tous : «Oui, nous le
croyons !»
Il les informa alors qu’il sera bientôt
rappelé par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration :
« Celui dont je suis le Maître
‘Ali aussi est son Maître. Que Dieu soutienne ceux qui soutiennent ‘Ali et
qu’il soit l’Ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de ‘Ali. »
‘Umar et Abu Bakr firent partie des premiers
à féliciter l’Imam ‘Ali (P). ‘Umar le fit en ces termes :
« Bakhin !
Bakhin ! (Bravo ! Bravo !) Tu es devenu le maître de tous
les croyants et croyantes.»
Le testament n’est-il pas le fait de confier
certaines de ses affaires à un autre ?
Si oui alors le testament fait à ‘Ali (P) par
le Prophète (P) ne peut être nié, car il n’y a aucun doute qu’il lui a confié,
après lui avoir légué la science et la sagesse, la tâche de le laver, de le
préparer et de l’enterrer[42]
ainsi que d’acquitter sa dette, d’accomplir sa promesse, de libérer sa conscience,
et de montrer aux gens le vrai, les lois et les règlements établis par Allah
l’Exalté, lorsqu’ils seront dans la discorde. Il fit savoir à sa nation que
‘Ali (P) est son dirigeant après lui, qu’il est son frère, le père de ses
enfants et son ministre. Il est également son proche, son légataire, la porte
de sa citadelle du savoir, la porte de sa maison de sagesse, la porte de la
rémission de cette nation, sa sécurité et l’arche de son salut[43].
Rappelons-nous que la première fois que le
Prophète fit connaître solennellement le successeur que Dieu avait choisi pour
lui remonte à l’appel à l’Islam[44]
que Dieu lui avait demandé de lancer à ses proches au tout début de
Il n’a cessé, depuis lors, de rappeler ce
testament jusqu’à l’heure de sa mort. Il a voulu, à cet ultime instant, écrire
son testament à ‘Ali (P) pour confirmer ses promesses verbales. Il
dit : « Apportez-moi de quoi vous écrire quelque chose qui vous
empêcherait de vous égarer à jamais. » Ils se sont disputés alors qu’il
faut éviter de le faire devant le Prophète (p), ils ont dit : le Messager
d’Allah délire[45] (yahjur, en arabe) – que cela déplaise à
Dieu. Alors même que Allah dit dans le Saint Coran que le Prophète (P) ne
délire jamais et que tout ce qu’il dit est fondé et doté de sens (voir chapitre
sur l’Assama du Prophète (P).
Il a alors compris, suite à cette parole,
qu’il ne resterait trace de cette écriture que la sédition. Il leur
ordonna : « levez-vous ». On peut se demander si ces
compagnons se rappelaient en ce moment-là ce verset du Saint Coran :
«Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix
du Prophète, et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les
uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en
rendiez compte.»
(Les Appartements, 49 : 2)
A sa communauté le Prophète (P) a plusieurs
fois recommandé de s’accrocher aux deux poids [46]:
le Livre de Dieu et
« Je vous lègue
deux poids: le premier c’est le Livre de Dieu dans lequel sont votre Guidance
et votre Lumière. Puisez dans ce Livre et accrochez-vous à ce Livre et à ma
descendance (Ahloul-Bayt), ma descendance, ma descendance. ». D’après Sahih Muslim de Muslim, Tome
II à la page 238.
En conclusion, même si le testament n’a pas
été rédigé au moment voulu, il est donc connu de tous parce que prononcé
par le Prophète (P) en personne à plusieurs reprises et devant témoins.
Le Prophète (P) de l’Islam avait accompli sa
mission et Dieu était satisfait de lui, Qui fit descendre peu après la fameuse
Déclaration de Ghadir Khom, le verset suivant :
«Aujourd’hui, j’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur
vous mon bienfait. Et il m’agrée que l’Islam soit votre religion. » (Ma’îda, V-3)
De retour de Ghadir Khom, le Prophète (P)
tomba malade et rejoignit le maître du trône entre 14 et sept jours plus tard –
selon les historiens et autres traditionnistes – comme il l’avait prévu et annoncé à sa nation
toute entière réunie.
La maladie du Prophète (P) débuta dans le
mois de çafar de l’an 12 après l’Hégire. Le lundi qui précéda sa mort, le Prophète fit installer un camp à Jorf à cinq
kilomètres de Médine sur la route qui mène vers
Zaid était un ancien esclave de Khadija (RA)
qui l’avait donné au Prophète (P). Ce dernier l’avait affranchi par la suite et
éduqué comme son fils. Il l’avait nommé pour commander l’expédition qui
défendit le drapeau de l’Islam à Môu’tâh – derrière Ja’far Ibn Abi Taleb (RA)
et devant Abdallah Ibn Rawahata. Al Harîth b. ‘Umar avait été envoyé par le
Prophète auprès du Roi de Basra. Il fut intercepté par le chef des romains,
Char’habil Ibn ‘Umar qui, après avoir lu la lettre du Prophète (p), le fit
exécuter.
Le Prophète fit partir une armée de 3 000
personnes pour aller s’enquérir des raisons pour lesquelles son messager avait
été tué. La délégation fut attaquée et en grande partie massacrée à son tour
par l’ennemi, les chefs de guerre en premier; et les hypocrites médirent sur la
décision du Prophète d’avoir choisi Zaid.
C’est le fils de ce valeureux chef de guerre
que le Prophète (P) avait désigné pour «chercher le sang» de son père et
de tous ceux qui furent martyrs de Môu’tâh, comme le disent les arabes.
Certains compagnons refusèrent d’exécuter l’ordre du Prophète (P), contestant
la désignation à la tête de l’expédition d’un ancien fils d’esclave, trop jeune
et certainement inexpérimenté à leurs yeux pour les commander.
Le jeudi suivant le Prophète (P) se décida à
parler à son peuple de façon définitive à propos de l’expédition de Oussama. En
effet, les rumeurs de la contestation de son choix de Oussama et du refus de
certains de partir à Jorf qui s’en est suivi, étaient parvenues au Prophète
(P). Bien que très malade, il tenait à leur communiquer ce message car l’effet
de surprise était capital pour la réussite de cette opération comme il l’avait
déjà précédemment évoqué. Il se fit aider dans son déplacement par deux
hommes : Abbas b. Abdel Muttaleb et l’Imam ‘Ali (P). Ce fut par ailleurs
le même ‘Ali (P) et son cousin Fadhl Ibn Abbâs qui l’aidèrent encore à se déplacer lorsque,
sur la demande de ses proches, ses femmes se mirent d’accord pour qu’il n’ait
plus à se déplacer d’un appartement à l’autre vu l’état de sa santé. Ils
l’emmenèrent alors de l’appartement de Maymounah, une mère des croyants, à
l’appartement de Aïcha où il resta jusqu’à ce que son âme rejoignît le Tout-Puissant.
Ce jour-là donc, le Prophète (P) monta en
chaire et prononça ce discours[47]
:
« Ô gens, j’ai appris ce que
vous avez dit contre ma désignation de Oussama. Si vous avez récusé et injurié
sa tutelle, vous l’avez fait auparavant en refusant la tutelle de son père. Et
je jure par Dieu qu’il était digne d’être le chef comme son fils est digne de
l’être. »
Il continua :
« Préparez
promptement l’armée de Oussama. Qu’Allah maudisse ceux qui restent en arrière.»[48] Il ne
retenait que les membres de sa famille qui étaient restés autour de lui :
les Ahlul Bayt. Ibn Khoutayba en témoigne dans son « Imamat wa Siassah ».
Malgré cela certains compagnons revinrent
presque aussitôt partis, avertis qu’ils ont été que le Prophète (p) allait de
moins en moins bien. Evidemment pour ceux qui s’intéressaient à lui succéder il
était essentiel d’être là au moment de la disparition du Guide.
Le lundi du jour de sa mort, le Prophète (P)
fit ses dernières recommandations aux femmes en leur rappelant ces versets du
Coran :
« Ô femmes du Prophète, vous n’êtes pas comme de quelconques femmes. Si
vous voulez vous comporter en piété, alors ne vous abaissez pas en parole, afin
que ne vous convoite pas celui au cœur de qui est la maladie. Et tenez un
langage décent.
Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes
d’avant l’Islam. Accomplissez la prière et acquittez l’aumône légale et
obéissez à Allah et à son Messager.» (Les Coalisés, XXXIII-32 et 33)
Al Bukharî, dans le chapitre sur la maladie
et la mort du Prophète (p), mais aussi beaucoup d’autres auteurs de hadiths,
rapporte ceci :
A sa fille adorée Fatima Zahra (P), il (P)
demanda de s’approcher puis lui chuchota quelques mots dans le creux de
l’oreille. Fatima (P) se mit à pleurer. Alors le Prophète (P) refit le
même geste qui, cette fois la fit sourire.
Quand on demanda à Fatima (P) ce que le
Prophète lui avait confié chaque fois, elle dit que la première fois il lui
confia qu’il allait mourir et que la deuxième fois, il la rassura en lui
annonçant qu’elle allait être la première à le suivre. En effet, elle mourut
quelques six mois plus tard.
Le Prophète prit la tête de l’Imam ‘Ali (P)
sous son manteau qui les couvrit tous deux, et ce jusqu’à ce que ‘Ali (P) ait
sorti sa tête pour annoncer la mort du Messager de Dieu.[49]
Au matin du lundi suivant vers midi, le
Prophète de l’Islam (p) rejoignit son Grand Ami, le Seigneur des Mondes et
Propriétaire des Ames.
La tristesse fut immense et la désolation
terrible.
Dés que ‘Umar apprit la nouvelle il vint
auprès du défunt, s’assura du décès du Prophète (p) puis se dirigea vers la
cour pour crier :
« Le Prophète n’est pas mort, il
est parti auprès de son Seigneur, comme l’avait fait avant lui Moûssâ, pour
s’absenter pendant quarante jours. Il retournera parmi nous encore. »
Brandissant son épée, il s’écria :
« Je couperai la
tête de quiconque oserait dire que le Prophète est mort. »
C’est alors que Abu Bakr apparut, prit le
temps d’écouter ‘Umar puis alla vérifier lui-même l’état du Prophète. Lorsqu’il
ressortit de l’appartement, il interpella ‘Umar qui continuait à haranguer la
foule. Celui-ci ne l’écouta pas. Il s’adressa alors directement à la
foule :
« Avez-vous déjà
oublié le verset coranique qui avait été révélé au Prophète après le jour
d’Ohod ? Et ignorez-vous l’autre verset coranique révélé au
Prophète : «Tu
vas sûrement mourir, (O Muhammad) et eux aussi vont mourir » (Les
groupes, XXXIX – 30) Et Abu Bakr de poursuivre :
« Que celui qui adore Muhammad
sache que Muhammad est vraiment mort, mais que celui qui adore Dieu sache que
Dieu est immortel : Il est vivant et ne meurt pas. »
Le premier verset
dont parlait Abu Bakr était le suivant :
«Muhammad n’est qu’un Prophète; des Prophètes sont morts avant lui.
Retourneriez-vous sur vos pas, s’il mourait ou s’il était tué ? » (La famille
d’Imran, III – 144)
Pendant ce temps,
l’Imam ‘Ali, s’occupait, à l’intérieur de la maison, à la préparation du lavage
du corps du Prophète (p), en compagnie de Abbâs et de ses deux fils, Fadhl et
Qutham, ainsi que d’Oussama et Saleh ou Charqân. Ils enveloppèrent le corps
d’un tissu trouvé sur place pour ensuite laisser le soin à ‘Ali (P) de le
laver. Comme prévu déjà à sa naissance lorsque le Prophète (P) lui donna son
premier bain, ‘Ali (P) avait été désigné par lui (P) pour cette tâche, et
personne d’autre, sous peine de devenir aveugle, n’était autorisé à laver le
corps du Prophète (p).
‘Ali (P) s’acquitta
de cette tâche et ils revêtirent le corps des vêtements dans lesquels il était
mort avant de l’enrouler dans deux draps de tissu blanc. Au- dessus de tout
cela fut posé un drap de tissu rayé du Yémen.
Puis vint le moment
de la prière sur le corps. A la suite de l’Imam, les proches parents suivis par
les Partisans et les Compagnons du Prophète (p) entrèrent tour à tour par
groupes de dix personnes à la fois pour prier sur le corps.
Il ne restait plus
que l’enterrement lorsqu’une discussion portant sur le lieu d’enterrement,
s’engagea. ‘Ali (P)[50] trancha la
question en affirmant avoir entendu le Prophète lui-même dire que là où un
Prophète meurt il doit être enterré.
Les deux fossoyeurs
de Médine de l’époque, Abu Obaydah al-Jarrâh pour les Mecquois et Abu Talhah
Zaid b. Sahel pour les Médinois, furent sollicités sur ordre de Abbas. Le
premier étant absent, il appartint à Abu Talhah de creuser le tombeau du
Prophète (P). L’enterrement eu lieu dans la nuit du mardi ou à l’aube du
mercredi. L’Imam Ali (P) fut la dernière
personne à quitter l’intérieur du tombeau qui fut ensuite, une fois la voûte
(ou lahd) refermée, rempli
d’une terre légèrement humidifiée.
II- LE KHILAFAT DE
L’IMAM ALI (P):
L’action que le nouveau Calife eut à poser dans l’immédiat pour
répondre à la demande de son peuple fut la révocation des personnes impies aux agissements
et délibérations injustes qui gouvernaient la plupart des provinces de
l’Empire.
Concernant Mu’âwiyah , ‘Alî (P) rejeta d’une main la proposition de
Abdullah Ibn Abbâs de ne pas le déposer pour l’instant vu sa popularité en
Syrie et son refus de se soumettre. ‘Alî (P) s’expliqua par le fait que
Le Calife tenait à appliquer les réformes que le droit chemin lui
imposait de faire et auxquelles Dieu mais aussi son peuple attendait de lui.
C’est ainsi que furent envoyés au mois de Muharram
1. Ubaydullah Ibn Abbâs au
Yémen,
2. Qays Ibn Sa’d Ibn
Obâdah en Egypte,
3. Quthâm Ibn Abbâs à
4. Samâhah Ibn Abbâs à
Tihâmah,
5. Awn Ibn Abbâs à
Yamânah,
6. Usmân Ibn Honayf à
Basrah,
7. Ammara Ibn Chahab à
Kûfa,
8. Sa’îd Ibn Abbâs à Bahrein,
9. Sahl Ibn Honayf en
Syrie.
La plupart des nouveaux gouverneurs que l’Imam ‘Alî (P) avait nommés,
ne trouvèrent à leur poste ni prédécesseur ni trésor public.
Qays Ibn Sa’d, le nouveau promu pour l’Egypte réussit à remplacer
Abdullah Ibn Sarh en usant de ruse. Ibn Sarh s’était enfui en Syrie, chez
Mu’âwiyah, dés la nouvelle de la mort de Usmân. Devant la résistance de
quelques opposants Ibn Sa’d feignit d’abord de prendre parti pour Usmân avant
de se faire accepter.
Usmân Ibn Honayf, lui, nouveau gouverneur de Basra, y entra sans
opposition.
Ammârah apprit sur le chemin vers Kûfa que les gens de cette ville
portaient leur choix sur Abou Moûssâ al-Ach’arî qu’ils avaient fait nommer par
Usmân. Il rebroussa chemin et fit un rapport à l’Imam ‘Alî (P).
Il en fut de même pour Sahl, le nouveau gouverneur de Syrie nommé par
‘Alî (p) pour remplacer Mu’âwiyah. Avant d’arriver à Damas, des cavaliers
rencontrés en chemin lui apprirent que les Syriens n’étaient pas préparés, loin
s’en fallait, pour accueillir un homme de ‘Alî (P).
D’autres nominations interviendront par la suite en dehors de celles
citées ci-dessus.
Il y eut dans toutes ces réformes de l’Imam ‘Alî (P) au moins deux
grands déçus : Talhah et Zubair. Ils se virent refuser par ‘Alî (P) leurs
candidatures au poste de gouverneurs respectivement de Kûfa et Basra. ‘Alî (P) leur opposa son désir de les garder
à ses côtés en tant que conseillers.
Pour ce qui était de
« Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la
conciliation entre eux. Si l'un d'eux se rebelle[51]
contre l'autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il se
conforme à l'ordre d'Allah. Puis, s'il s'y conforme, réconciliez-les avec
justice et soyez équitables car Allah aime les équitables. » (Al-Houjourât,
ID-9)
1-L’établissement de l’Imam ‘Alî (P)
à Kûfa :
Quinze jours après la fin de la bataille du chameau, ‘Alî (P) ayant
déjà nommé ‘Abdullah Ibn Abbâs gouverneur de Basra, mit en mouvement ses
troupes en direction de Kûfa. Le Calife avait décidé de faire de cette ville le
siège de son gouvernement. Au moins deux raisons militaient en faveur du choix
de Kûfa.
La toute première de ces raisons était d’ordre stratégique. Kûfa se
trouvait au centre de l’Empire, à égale distance des principales régions
composant l’Arabie ancienne. Ce qui réduisait de beaucoup les charges suscitées
par les déplacements de l’Armée de
La deuxième raison était l’avantage numérique de la population de Kûfa
par rapport à celle de Médine mais aussi son plus grand attachement à l’Imam
‘Alî. A Médine l’Imam n’avait pas réussi à lever une armée de plus de neuf
cents hommes alors qu’à Kûfa plus de neuf mille hommes s’alignèrent derrière
lui.
Cette ville était entièrement acquise à l’Imam ‘Alî et à ses partisans.
2-Les objectifs de Mu’âwiyah en
Syrie :
Profitant de l’assassinat de Usmân, Mu’âwiyah avait monté toute une
stratégie de propagande contre les assassins du Calife pour, en réalité,
renforcer son pouvoir et satisfaire ses ambitions indépendantistes. Son refus
de voler au secours du Calife Usmân assiégé participait de cette visée
personnelle de Mu’âwiyah.
Malheureusement ses partisans ne parvenaient pas à voir cette réalité
qui crevait pourtant les yeux. Toutefois, à la décharge du grand nombre
d’umayyades qui avaient quittaient Médine pour se réfugier en Syrie et des
Syriens soutenant Mu’âwiyah, il existait trois raisons influentes, quoique
insuffisantes, qui les rendaient aveugles à ce point.
D’abord, les umayyades – à l’instar des tribus arabes de l’époque –
tenaient coûte que coûte à venger le sang de leur frère Usmân. Cette tradition
de vendetta était fortement établie en Arabie et elle se transmettait de
générations en générations. Or Usmân avait été tué à Médine par toute une
population. Donc n’importe quel bouc émissaire qu’on leur désignait, surtout
venant de Médine, devenait l’ennemi à abattre. En particulier le remplaçant du
Calife qui devenait ainsi l’assassin virtuel désigné bien que tout le monde sût
le rôle de conseil, de médiation pour la paix et de protection que joua ‘Alî
(P) pour Usmân avant et pendant toute la durée de ses difficiles négociations
avec les révoltés.
Ensuite, une campagne insidieuse était menée par Mu’âwiyah en vue de
faire monter la haine envers les assassins de Usmân. Suivant en cela son
Conseiller Amr Ibn al-Âç, Mu’âwiyah avait fait accrocher sur la chaire de
Enfin – c’est bien la dernière raison que nous citerons mais qui n’en
est pas autant la moindre – Mu’âwiyah avait réussi à maîtriser ses principaux
notables par la corruption devenue notoire dans son entourage. Se soumettre à
lui était devenu source d’un enrichissement rapide et illicite. Une phrase fort
célèbre à cette époque résumait assez bien cet intérêt que certains trouvaient
aux côtés de Mu’âwiyah :
« Il vaut mieux être derrière l’Imam Alî pour la prière et à la
table de Mu’âwiyah à l’heure du repas. »
C’est fort du soutien de son armée et de ses notables et aveuglé par
ses ambitions et convictions personnelles que Mu’âwiyah avait retenu pendant
plusieurs semaines le messager que le Calife ‘Alî (P) lui avait envoyé dés son
arrivée au Califat, pour lui demander de lui faire allégeance. Il tenait à
faire de lui un témoin du désir de vengeance qui animait son armée. Ensuite il
le fit retourner à Médine en compagnie de son propre messager.
Lorsque ‘Alî (P) ouvrit la lettre cachetée de Mu’âwiyah, il découvrit
un contenu tout blanc. Le messager, invité à donner la signification d’un tel
contenu, expliqua :
« Sache donc que j’ai laissé derrière moi en Syrie soixante mille
guerriers pleurant le meurtre de Usmân sous sa chemise tâchée de sang, exposée
à côté de la chaire de la grande Mosquée de Damas, tenant tous à se venger de
toi pour l’assassinat du Calife. »
Un exposé si insolent souleva l’ire des Compagnons du Prophète (p) au
point qu’ils faillirent commettre l’irréparable sur le messager de Mu’âwiyah
n’eût été l’intervention de ‘Alî (P). Le coursier, ravi devant une telle
sagesse doublée d’une si grande bonté, s’amenda puis jura de rester fidèle à
‘Alî (P) pour toujours.
‘Alî demanda le témoignage de Dieu quant à son innocence dans ce crime
et ordonna la proclamation d’une expédition contre Mu’âwiyah.
Une deuxième fois l’Imam envoya un message de paix à Mu’âwiyah, lui
demandant de faire allégeance au nouveau Calife que lui ‘Alî était devenu par
la volonté d’Allah et de son peuple. Jarîr Ibn Abdallah al-Bajalî, un vieil ami
de Mu’âwiyah, gouverneur de Hamadân et chef des Banî Bajila, fut le porteur de
ce message. Celui-ci se trouvait à Kûfa pour prêter allégeance à l’Imam ‘Alî
(P). On était au mois de Cha’bân
Mâlik Al-Achtar reprocha à Jarîr son trop long séjour, certainement
marqué par le plaisir, auprès de Mu’âwiyah. Mécontent d’une telle remarque,
Jarîr quitta Médine et préféra rejoindre l’ambiance plus festive qui régnait
autour de Mu’âwiyah.
Découragé par tous ces refus obstinés de Mu’âwiyeh de renoncer à ses
ambitions égoïstes pour lui faire allégeance, ‘Alî (P) prit la ferme résolution
de lever une expédition vers
L’armée de ‘Alî ne rencontra plus de résistance jusqu’à son arrivée à
Cifayin au mois de Thilhajjah de l’an
L’unique accès à l’eau de l’Euphrate, sous contrôle de Cifayin sur une
longue distance, gardé par les guerriers de Mu’âwiyeh, fut interdit aux
loyalistes. L’un des généraux de l’armée rebelle, Abul-Awar, y avait été placé
à la tête de plusieurs milliers de combattants en vue d’assoiffer les guerriers
de ‘Alî (P). Ces derniers constatèrent dés leur arrivée cet état de fait et en
rendirent compte à leur Calife. ‘Alî (P) envoya une délégation à Mu’âwiyah pour
lui demander de libérer l’accès à l’eau car ils étaient tous liés par des liens
de parenté malgré leur hostilité réciproque et qu’en plus si, lui ‘Alî (P)
avait un tel avantage il ne l’aurait mis à la disposition des deux armées.
Mu’âwiyeh, comme il fallait s’y attendre, refusa de renoncer à ce qu’il
considérait comme la garantie de sa victoire.
Devant l’intransigeance de Mu’âwiyah et la soif des gens, Mâlik
Al-Achtar et Ach’ath Ibn Qays obtinrent de ‘Alî (P) l’autorisation de mener
chacun plusieurs milliers d’hommes, respectivement à la tête de la cavalerie et
de l’infanterie, contre les troupes dirigées par Abul-Awar. Le but était de
foncer dans les rangs ennemis et de remplir leurs outres de l’eau du fleuve.
Une bataille s’engagea, qui vit la défaite des rebelles malgré l’arrivée des
renforts[54]
dépêchés par Mu’âwiyah à la demande de Abul-Awar. Les rebelles battirent la
retraite.
Les loyalistes s’installèrent à leur tour dans la zone d’accès à l’eau
de l’Euphrate. Lorsque Mu’âwiyah, en position de faiblesse à présent, demanda
ce qu’il venait de refuser de donner, ‘Alî (P) lui administra une belle leçon
de sagesse et de magnanimité en donnant libre accès au fleuve, et de façon
égalitaire, aux combattants des deux armées.
Les combats, à proprement parler, engagés entre combattants lors de la
bataille de Cifayin durèrent quarante jours. Cependant il y’eut entre-temps,
après un mois de combat, une trêve pendant le mois sacré de Moharrem.
L’armée du Calife comptait quatre vingt six mille hommes répartis sur
plusieurs colonnes commandées par Ammâr Ibn Yâcir, ‘Abdullâh Ibn Abbâs, Qays
Ibn Sa’d Ibn Obâdah, Abdullah Ibn Ja’far, Mâlik al-Achtar, Ach’ath Ibn Qays
al-Kindi, Sa’îd Ibn Qays Hamadânî, Ibn Hânî, Muhammad Ibn Abû Bakr et Al-Hassan
Ibn ‘Alî.
Les hommes de Mu’âwiyah, au nombre de cent vingt mille, étaient
également disposés en colonnes commandées par Amr Ibn al-Âç, Obaydullâh Ibn
‘Umar, Abul Awar, Thul Kala Homayri, Abdul-Râhman Ibn Khâlid Ibn Walîd, Habîb
Ibn Maslamah, Bisr Ibn Artâ-âta et Yâzid al-Abassî.
Les hommes des deux camps s’engagèrent pendant le premier mois,
Thilhajjah an
Après la trêve du mois de Moharrem pendant lequel le combat était
interdit, les hostilités reprirent de plus belle. Pendant la première semaine
du mois de çafar de l’an
Nous vous signalerons deux événements, l’un majeur et tragique l’autre
comique, qui s’étaient déroulés lors de cette attaque.
C’est d’abord la mort au combat du patriarche[55]
Ammâr Ibn Yâcir, celui-là à qui le Prophète avait dit :
« Tu seras tué un jour par la partie rebelle et déviée, Ô
Ammâr ! »
La mort de Ammâr, héros de la bataille de Badr et Compagnon favori du
Prophète, était regrettée tant du côté des partisans de ‘Alî (P) que de celui
des rebelles. Elle fut provoquée par la lance assassine de Jowayr Oskoni un
guerrier de Mu’âwiyah.
A présent que Ammâr était mort et qu’on savait qui l’avait tué et qu’on
se rappelait ce que le Prophète avait dit de ceux qui le tueront, il devenait
évident, tout au moins aux yeux des hommes de ‘Alî (P), que la partie rebelle
et déviée était bien celle de Mu’âwiyah.
Comme il fallait s’y attendre, le doute s’empara des guerriers de
Mu’âwiyah et la discorde s’installa. Et comme un soldat ne doit pas douter
devant l’ennemi, Amr Ibn Al-Âç le rusé conseiller de Mu’âwiyah renversa
intelligemment le sens de l’accusation en disant :
« Et qui d’autre a tué Ammâr, si ce n’est ‘Alî (P), le rebelle, en
l’amenant ici ? »
‘Alî (P) répliquera à ceux qui lui rapportèrent ces paroles de
Amr : « Si ce qu’il dit pouvait être vrai alors on aurait pu
également dire que c’est le Prophète (P) qui a tué Hamzâ à Ohod pour l’y avoir
amené[56]. »
Un adage dit : « Cheytan (Satan) n’a pas dit la vérité mais
il a semé le doute dans les esprits. » L’argutie était certes tordue mais
elle eut un effet positif dans les rangs de l’armée Syrienne. Cette répartie
facile fit le tour de l’armée et sembla convaincre les soldats.
L’autre événement quasi-comique mais important pour mieux éclairer le
lecteur sur les qualités extraordinaires de l’Imam ‘Alî (P), se déroula entre
deux acteurs : ‘Alî (P) et Amr Ibn al-Âç. Le premier était souvent amené à
se déguiser afin de pouvoir avoir des candidats qui accepteraient de se battre
contre lui. On dit même qu’il se déguisa plus de soixante dix fois ! Une
fois, Amr Ibn al-Âç, s’étant assuré que ‘Alî (P) n’était pas dans le groupe
qu’il voulait attaquer, s’enhardit en lançant des paroles défiantes[57]
envers le Calife. Quand il se rapprocha de l’Imam ‘Alî (P) et que celui-ci lui
répondit par des mots qui l’identifièrent, Amr fit un volte-face fulgurant et
détala de toute la force de son cheval lequel souffra le martyre sous les coups
de fouet et d’éperon de son maître apeuré. ‘Alî (P) se mit à sa poursuite et,
dés qu’il l’atteignit, le fit tomber de cheval avec la pointe de sa lance. Amr
chuta, et dévoila ses parties intimes pour obliger ‘Ali (P) à se détourner de
lui. Devant un spectacle aussi humiliant et profane, ‘Alî (P) eut la
magnanimité (encore une fois) de laisser la vie sauve à son ennemi tout en lui
faisant observer qu’il ne devait plus oublier les circonstances honteuses
auxquelles il devait la vie sauve.
Amr fera l’objet de moqueries succulentes de la part de Mu’âwiyah à qui
il répondit d’ailleurs qu’il n’avait pas plus de mérite que lui Amr.
La finale de la bataille de Cifayin eut lieu les 11, 12 et 13 Çafar de
l’an
Mu’âwiyah était sur le point de capituler (par la fuite) lorsque le
rusé Amr Ibn al-Âç lui proposa une issue de secours très habile mais combien
malhonnête. Amr expliqua sa ruse :
« Courage, Mu’âwiyah ! Ne te décourage pas ! J’ai imaginé
le moyen de prévenir la crise. Appelle l’ennemi à
6-La supercherie pour éviter la capitulation :
Mu’âwiyah n’avait plus le choix. C’était soit s’enfuir (son cheval
était déjà prêt) soit tenter la ruse de Amr. Il choisit la deuxième
alternative. Ainsi ses partisans levèrent plus de cinq cents exemplaires du
Coran accrochés à la pointe de leur lance et, les montrant à leurs adversaires,
crièrent :
« Laissons au Livre de Dieu le soin de décider de nos
différends. »[59]
Les partisans de ‘Alî (P), Ach’ath Ibn Qays en tête, n’hésitèrent pas
une seconde, obnubilés qu’ils étaient par la crainte de ne pas répondre à une
telle épreuve qu’ils croyaient sincère. Ils déposèrent leurs armes et
répondirent comme un seul homme : « Oui, le Livre de Dieu !
Laissons-le décider de nos différends. »
‘Alî (P) s’opposa avec toute la véhémence possible à la proposition de
l’adversaire et tenta d’en éloigner ses soldats : « C’est une
supercherie, leur lança-t-il. Craignant la défaite, ces hommes malveillants ont
trouvé cette astuce de sauvetage. » Puis, lorsqu’on lui reprocha de
refuser de se soumettre à la décision du Coran auquel l’appelaient ses ennemis,
il ajouta :
« C’est pour les amener au Coran que je les ai combattus si
longuement. Ce sont des rebelles. Allez donc combattre votre ennemi. Je connais
Mu’âwiyah, Amr Ibn al-Âç, Ibn Abî Sarh, Habîb et Dhohâk mieux que vous. Ils
n’ont pas d’égard ni pour la religion ni pour le Coran[60] »
Malheureusement, ses hommes avaient déjà fait leur choix et menacèrent
même leur Calife au cas où il refuserait l’appel des rebelles.
L’intransigeance incompréhensible de ces hommes fit d’eux, dans
l’histoire, les khawârij (khâridjites) c’est-à-dire les sécessionnistes.
Devant le refus de Mâlik Al-Achtar de revenir du champ de bataille où
il tenait à continuer le travail commencé, ils exigèrent de ‘Alî (P) qu’il le
fasse revenir. Ce que ‘Alî (P) fit au grand désarroi de son chef de guerre
intrépide. Il lui lança ce message pathétique :
« A quoi sert la victoire lorsque la trahison sévit à l’intérieur
de mon propre camp. Reviens tout de suite avant que je sois tué ou livré à mes
ennemis. »
Mâlik cracha à la face des khawârij son mécontentement et la lâcheté de
leur décision. Ceux-ci ripostèrent par des insultes et ‘Alî (P) dût intervenir
pour calmer les nerfs.
Ach’ath Ibn Qays, qui s’était fait remarquer parmi les khawârij, obtint
de ‘Alî (P) la permission d’aller prendre auprès de Mu’âwiyah la signification
précise de l’acte de ses soldats. A son retour, il leur apprit que Mu’âwiyah et
ses hommes proposaient qu’un juge soit nommé de part et d’autre et que leur différend
leur soit soumis. Le verdict conforme au Coran que ces deux juges donneront
sera alors définitivement appliqué à tous. On demanda l’avis de ‘Alî (P) qui
s’en abstint en disant simplement que celui qui n’est pas libre ne peut donner
son avis. ‘Alî (P) leur suggéra de « régler l’affaire de la manière qu’ils
estimaient convenable pour eux-mêmes ».
Abû Moûssâ al-Acharî, l’ex-gouverneur de Kûfa qui n’avait pas pris part
aux combats, fut choisi par les Khawârij comme le juge du camp des loyalistes.
‘Alî (P) suggéra à sa place Abdullâh Ibn Abbâs le cousin du Prophète (P) car
Abû Moûssâ n’avait pas participé aux combats et en plus avait été destitué par
lui. Les khawârij tournèrent en dérision ce choix du Calife et maintinrent le
leur.
Du côté des Syriens, le choix de Amr Ibn al-Âç s’imposait bien
évidemment au vu de sa roublardise inouïe mais aussi du fait qu’il était
l’initiateur de ce plan diabolique.
Les deux juges se présentèrent dans le camp de ‘Alî (P) pour la
rédaction de l’acte d’arbitrage. Un premier désaccord apparut dés le début.
Sous la dictée de ‘Alî (P), l’acte commençait par :
« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Voici ce qui a
été agréé entre le Commandeur des Croyants, Alî (p), et … »
Amr Ibn al-Âç objecta que ‘Alî (P) n’était pas leur Commandeur à eux
les Syriens et qu’il fallait s’en tenir à « ‘Alî (P) et Mu’âwiyah ».
‘Alî (P) se rappela la prophétie du prophète (P) qui lui avait dit qu’il
viendra un jour où il aura à faire la même concession qu’il venait de faire ce
jour-là. C’était lors de la signature du traité de Hudaybiyyah entre le
Prophète (p) et les arabes païens. C’était à propos de la fréquentation de
‘Alî accepta finalement d’enlever son titre du texte après toutefois ce
rappel important. Il tenait à leur montrer que ceux qui avaient lutté contre le
Prophète (p) (Abû Sofian, Abû Jahl, Abû Lahâb, etc.) avait laissé derrière eux
une descendance qui assurait la continuité de leur action contre la famille du
Prophète (p) porte-flambeau de la pureté des enseignements de Dieu et de Son
illustre Envoyé.
L’acte d’arbitrage fut signé le Mercredi 13 Çafar de l’an
Les juges prêtèrent le serment de juger en étroite conformité avec le
Coran et en toute impartialité dans un endroit situé à égale distance de Kûfa
et de Damas. Les deux parties, quant à elles, s’engagèrent à appliquer la
décision des juges, laquelle décision devait intervenir sept mois plus tard.
Pendant ce temps une trêve devait être observée.[61]
Ainsi ‘Alî (P) et Mu’âwiyah suivis de leurs partisans rentrèrent
respectivement à Kûfa et à Damas.
8-Le bilan de la bataille de Cifayin[62] :
Selon Abul Fidâ, quatre vingt dix batailles avaient été livrées à
Cifayin. Pour la plupart des historiens soixante dix mille hommes y perdirent
la vie dans les deux camps dont quarante cinq mille Syriens (de Damas et
Mu’âwiyah) et vingt cinq mille Irakiens (Kûfites de Alî).
Du côté de Alî les chefs qui disparurent lors de cette bataille
sont : Ammâr Ibn Yâcir, Hâchim Ibn Otbah, Khazimah Ibn Thâbit, Abdullâh
Ibn Boydal et Abdul Hâthîm Ibn Tayhân. Chez Mu’âwiyah les
« illustres » disparus étaient Thul-Kala, Homayrî, Obaydullâh Ibn
‘Umar, Hochâb Ibn Thil-Zalim et Habîb Ibn Sa’d al-Tay.
9-La
décision des juges ou la perfidie de Amr Ibn al-Âç :
Le jour convenu arriva[63]
et les juges désignés, Abû Moûssâ al-Acharî et Amr Ibn al-Âç, se rejoignirent
au lieu du rendez-vous comme prévu, chacun escorté par une délégation de 400
personnes.
De nombreux chefs et notables vinrent de Médine, de
Amr Ibn al-Âç connaissait les points faibles de Abû Moûssâ al-Acharî.
Par exemple qu’il suffisait de lui montrer beaucoup de considération pour
l’avoir sous son joug. C’est ce qu’il fit en le prenant dés le début avec des
égards exceptionnels qui comblèrent Abû Moûssâ.
Amr lui fit admettre sans difficulté que Usmân avait été ignoblement
assassiné. Ensuite il tenta de le convaincre qu’il était normal que Mu’âwiyah
lui succéda car ce dernier était le vengeur du sang de son proche parent
qu’était Usmân, doublé d’un chef compétent. Abû Moûssâ refusa cette référence
au sang sinon, trouva-t-il, les fils du défunt seraient mieux placés que
Mu’âwiyah sur ce plan. Amr lui demanda alors de faire une proposition. Abû
Moûssâ répondit :
« Ecartons ‘Alî (P) et Mu’âwiyah pour laisser les Croyants élire
une tierce personne. »
Amr se dit d’accord avec son interlocuteur et le pria d’aller ensemble
annoncer la décision qu’ils venaient de prendre de commun accord. Au moment
d’annoncer publiquement leur décision, Amr insista pour que Abû Moûssâ montât
le premier sur la tribune pour faire sa déclaration, par courtoisie pour
l’homme de ‘Alî prétexta-t-il. Abû Moûssâ fit preuve de toute sa naïveté en
acceptant sans précaution de dire au public :
« Frères ! Amr al-Âç et moi-même avons ensemble examiné la
question profondément, et conclu que le meilleur moyen possible de restaurer la
paix et d’effacer la discorde du peuple est de déposer à la fois ‘Alî (p) et
Mu’âwiyah du Califat afin de laisser au peuple le soin de choisir à leur place
un homme meilleur. C’est pourquoi, je destitue à la fois Alî et Mu’âwiyah du
Califat auquel ils prétendent, de la même façon que je retire cette bague de
mon doigt ».
Amr monta à son tour et fit la surprenante déclaration suivante :
« Vous avez entendu comment il a déposé son chef ‘Alî (P). Pour ma
part, je le dépose également et j’investis mon chef Mu’âwiyah du Califat, et je
l’y confirme, de la même façon que je mets cette bague à mon doigt. Je fais
ceci avec justice car Mu’âwiyah est le vengeur de Usmân et son successeur
légal. »
La stupéfaction était générale. De part et d’autre personne n’avait
songé à pareille duperie. Abû Moûssâ, complètement dépassé par la mauvaise foi
sans limite de son collègue, ne trouvait aucune explication à un revirement
aussi diamétral sinon de reconnaître qu’il a été dupé.
Amr descendit de la tribune sous un tonnerre d’applaudissements des
Syriens qui ne pouvaient espérer une meilleure issue dans cette affaire.
Pendant ce temps les Kûfites ne parvenaient pas à contenir leur rage contre Amr
mais encore plus contre Abû Moûssâ à qui ils ne manquèrent pas de le lui
montrer à travers des injures et même des coups de fouet, notamment du chef de
l’escorte Kûfite, Churay.
Le fils de ‘Umar, Abdullâh Ibn ‘Umar fit de cet événement un
commentaire qui résumait le long fleuve de commentaires qui coula à propos de
cette décision :
« Voyez ce qui est arrivé à l’Islam. Sa plus grande affaire a été
confiée à deux hommes dont l’un ne distingue pas le bon droit de l’erreur, et
l’autre est un nigaud. »
Abû Moûssâ fit vite de se retirer par la suite à
A Damas Mu’âwiyeh fut proclamé nouveau Calife et fêté comme tel. A
partir de ce moment-là les affaires de Mu’âwiyah commencèrent à prospérer
tandis que le pouvoir de ‘Alî (P) s’effritait de jour en jour.
10-La
position de ‘Alî (P) concernant les décisions des juges :
Le jugement n’ayant pas été juste encore moins conforme au Coran, ‘Alî
(P) ne pouvait que le rejeter. Il prit alors la décision de reprendre les
hostilités contre l’ennemi Mu’âwiyah. Il avait tenu à respecter la trêve signée
entre les deux parties malgré sa volonté, sous la menace des khawârij comme
nous l’avons vu précédemment.
En effet les jugements qui venaient d’être dits – il y en avait bien
deux et non un comme convenu – étaient contradictoires malgré l’accord
préalable entre les deux juges. Dés lors l’acte d’arbitrage avait été violé car
il était entendu que les juges devaient se concerter et se mettre d’accord sur
une décision commune et conforme au Coran mais évidemment non contradictoire.
Ensuite cette décision prise de commun accord devait être appliquée aux deux
parties en conflit. On ne comprendrait d’ailleurs pas qu’il pût en être autrement
sinon ils n’auraient pas eu à se concerter si chacun pouvait juger séparément
de l’autre. Il est évident qu’un tribunal ne peut donner deux jugements
définitifs contradictoires sur une même affaire.
A juste raison ‘Alî (P) ne se sentait donc pas concerné par de telles
décisions basées sur une tromperie, ridicule d’ailleurs et contraire à l’esprit
et à la lettre du Livre Sacré qui bannit la fourberie et l’hypocrisie dont
avait usé et abusé Amr Ibn al-Âç.
La trêve conclue entre les deux factions en guerre devant être
respectée jusqu’à la proclamation du verdict des juges, le Calife n’était donc
plus lié par un quelconque engagement. C’est ainsi qu’il appela ses partisans à
la reprise des hostilités contre Mu’âwiyah.
La bataille de Nahrawan contre les khawârij :
1.
La formation de la rébellion khâridjite :
Revenons un tout petit peu en arrière. Sur le chemin du retour à Kûfa,
un bon nombre de soldats de ‘Alî (P) murmuraient quelques critiques à l’encontre
de l’action de ‘Alî (P). Les futurs khawârij qui, pourtant l’avaient forcé à
signer l’acte d’arbitrage avec son corollaire de trêve, reprochaient à leur
Calife d’avoir accepté le jugement des hommes à la place de celui de Dieu. Tout
un programme qui allait se fanatiser et devenir une véritable hérésie contre
tous ceux qui voulaient commander d’autres hommes. Ils n’arrivèrent pas à Kûfa
avec le reste des troupes mais campèrent dans un village du nom de Harora.
Leur credo fut fondé sur une mauvaise interprétation d’un verset du
Coran :
« La hukma illâ lillâh »,
soit « il n’y a pas de jugement si ce n’est celui de Dieu ».
Ils professaient que nul homme n’avait le droit de commander d’autres
hommes ni de prêter allégeance à son prochain. Donc point besoin de Calife. De
plus, pour eux ‘Alî (P) avait à se repentir pour avoir commis
« l’apostasie » d’accepter le jugement des hommes alors que seul Dieu
avait le droit de juger.
Quand il eut vent de leurs récriminations contre lui, ‘Alî (P) alla les
voir dans le lieu de leur retraite et leur expliqua qu’ils faisaient une
mauvaise lecture du verset du Coran qu’ils aimaient citer. Dieu y faisait
comprendre que tout jugement devait se fonder sur
Son refus de continuer le combat après avoir signé l’accord de trêve
sur leur propre insistance, relevait du respect de la parole donnée
conformément aux enseignements du Coran. Cependant s’il était établi que les
juges n’avaient pas respecté leur serment il allait reprendre les combats.
La bataille de Nahrawân :
Les khawârij restèrent malgré tout dans leurs croyances erronées. Et
même pire, ils commencèrent à mener des actions terroristes dans les villages
qui les entouraient. Ils tuèrent un voyageur et éventrèrent une femme enceinte.
Là l’Imam ‘Alî (P), qui avait commencé sa marche vers
Ayant fait camper ses troupes aux environs de Nahrawân, ‘Alî (P) envoya
un message aux hérétiques pour les raisonner mais aussi demander à ceux d’entre
eux qui le voulaient de le rejoindre encore qu’il était temps. De 12000 leur
nombre passa à 3000 après le ralliement à ‘Alî opéré par ceux qui étaient
convaincus par ses arguments mais aussi ceux qui craignaient pour leur vie.
Ces 3000 khawârij irréductibles attaquèrent l’Imam ‘Alî (P) et eurent
le triste sort qu’ils méritaient. L’armée de ‘Alî (P) s’en tira avec moins
d’une dizaine de morts.
Les quelques rares blessés parmi les khawârij furent remis à leurs
parents par ‘Alî (P). Ces rescapés, renforcés par les hypocrites qui avaient
rallié l’armée de ‘Alî (P) par crainte pour leur vie, ressusciteront par la
suite le mouvement khâridjite qui venait d’être presque décimé.
Les ennuis de l’Imam Alî après Cifayin et Nahrawân :
L’échec
de l’expédition contre Mu’âwiyah :
Une fois les hérétiques khawârij exterminés, l’armée de ‘Alî (P) reprit
la route vers Damas. Mais les soldats étaient fatigués. Ils demandèrent par
conséquent à ‘Alî (P) de leur accorder un moment de repos afin de recharger
leurs batteries et de se réarmer de façon plus conséquente face au long périple
et à la force bien puissante de Mu’âwiyah qui les attendaient.
En réalité il y avait en plus de ces considérations, la crainte de
laisser à la merci des terroristes khawârij leurs familles sans défense. Le
doute avait gagné l’esprit des soldats et la suspicion mutuelle celui de
certains chefs de guerre.
Un jour de congé fut accordé à tous ceux qui avaient des affaires
urgentes à régler à Kûfa, la ville voisine du camp retranché où ils s’étaient
retirés. Le congé épuisé, les soldats ne rentrèrent pas. ‘Alî (P) fut obligé
d’aller en ville pour les faire revenir à travers des appels publics. Rien n’y
fit. L’expédition contre
Plusieurs hommes se succédèrent au poste de gouverneur de cette
province depuis la fin du règne de Usmân. D’abord Ibn Abî Sarh, nommé par Usmân,
partit à Médine au secours du Calife assiégé. Avant d’arriver à Médine, la
nouvelle de la mort de Usmân et du choix de ‘Alî (P) comme Calife lui était
parvenue. Etant opposé à Alî (P) dont il craignait le jugement que celui-ci
porterait contre lui, il préféra ne pas revenir en Egypte et alla se réfugier à
Damas auprès de Mu’âwiyah.
Avant de partir pour Médine, il avait confié les affaires de la
province à Muhammad Ibn Hothayfah, le fils d’un valeureux Compagnon du
Prophète. Muhammad (p) était un homme pieux et juste qui dénonçait publiquement
les défauts criards de Mu’âwiyah. Ce dernier lui tendit un piège en le faisant
inviter puis capturer par Amr Ibn al-Âç dans une ville frontalière.
Pendant ce temps, ‘Alî (P) avait nommé un nouveau gouverneur pour
l’Egypte en la personne de Qays Ibn Sa’d Ibn Obâdah[64].
Quand Qays arriva en Egypte, Muhammad était déjà parti et ne revint plus pour
la raison citée au paragraphe précédent. Qays réussit à restaurer l’autorité du
Calife ‘Alî (P) dans presque toute la province à l’exception d’une ville
rebelle, celle de Kharamba, qui continuait à réclamer la vengeance du sang de
Usmân[65].
Qays trouva sage de renoncer à soumettre Kharamba par la force. L’impôt légal
ne leur était même plus exigé.
Mu’âwiyah se trouvait bien ennuyé devant la puissance du pouvoir de
Qays. Il tenta, comme à son habitude, de ruser pour l’éliminer en essayant de
le mettre en mal avec ‘Alî (P) concernant les rebelles de Kharamba.
‘Alî (P) sut éviter le piège de la zizanie tendu par Mu’âwiyah mais ce
ne fut pas le cas de Qays. ‘Alî (P) demanda, en effet, à Qays de ramener à la
raison avec fermeté les contestataires de Kharamba. Qays manqua de clairvoyance
en refusant d’obéir à son Calife. ‘Alî (P) le démit de ses fonctions en nommant
Muhammad Ibn Abû Bakr gouverneur d’Egypte. ‘Alî (P) venait de prouver encore
une fois, s’il en était besoin, que si un de ses hommes de confiance s’écartait
du droit chemin, il n’hésitait pas un seul instant à le démettre. C’était en
Malheureusement Muhammad était aux antipodes de Qays. Il se mit tout de
suite à pourchasser avec fracas ceux qui continuaient à vouloir venger le sang
de Usmân. Son autorité en prit un coup et le désordre s’installa dans la
province. ‘Alî (P) fut obligé, pour restaurer son autorité et dans sa constante
quête de justice et d’équité, d’envoyer un autre homme pour le remplacer, en
l’occurrence Mâlik Al-Achtar.
Avant même que celui-ci n’arrivât en Egypte, Mu’âwiyeh fit empoisonner
Mâlik lors d’une halte. Il promit au notable chez qui Mâlik devait observer
cette halte, de le dispenser de
Lorsqu’on lui apprit la réussite de son lugubre projet, Mu’âwiyah s’en
enorgueillit en poussant :
« Inna lillâhi junûdun fil
assal », soit « Dieu a des soldats dans le miel » pour dire
qu’on peut combattre ses ennemis avec le miel. Grandissime sacrilège pour un
aliment dont Dieu disait dans le Saint Coran qu’il était un remède pour l’homme
à de multiples maux.
Mâlik Al-Achtar éliminé et Muhammad Ibn Abû Bakr affaibli par le
désordre qui régnait autour de lui, Mu’âwiyah rendit le coup de grâce à
l’autorité de ‘Alî (P) en Egypte en lançant une attaque guerrière décisive contre
l’Egypte. Mu’âwiyah prit ainsi possession de l’Egypte.
Muhammad Ibn Abû Bakr fut capturé puis sauvagement tué par l’ennemi. Il
fut enfermé vivant dans la peau recousu d’un âne et brûlé avec cette enveloppe.
Quand sa tête grillée fut livrée à sa sœur Aïcha, la veuve du Prophète (p) en
fut profondément marquée. Abûl-Fidâ nous raconte que depuis lors elle appelait
à chaque prière la malédiction de Dieu sur Amr Ibn al-Âç et Mu’âwiyah.
Le désarroi et l’affliction de ‘Alî (P) furent immenses devant les
pertes cruelles de Muhammad Ibn Abû Bakr et de Mâlik Al-Achtar triplées de
celle de l’Egypte. Ce, d’autant plus qu’il n’avait aucun moyen de riposter
malgré tous ses appels à la levée d’une armée suffisamment forte pour attaquer
Mu’âwiyah.
Dans cette même année
Tout le long de l’année
C’est en l’an
Au Yémen, les partisans de Mu’âwiyah massacrèrent un grand nombre de
partisans de ‘Alî (P). D’une cruauté inégalable, Bosar y mit à mort de façon
atroce deux garçons, petits-fils de Ubaydullâh Ibn Abbâs qui était un cousin de
‘Alî (P) et gouverneur du Yémen. Ce dernier s’était enfui devant la supériorité
de l’adversaire.
‘Alî (P) envoya sa cavalerie à la rescousse des Yéménites. A leur
arrivée au Yémen, Bosar était déjà parti. Les soldats de Jariya Ibn Qidâmah
poursuivirent leurs ennemis à Najrân où ils avaient été bien accueillis. Les
rebelles s’enfuirent à la vue de leurs poursuivants tandis que ceux des
collaborateurs des envahisseurs dont la culpabilité était avérée furent
exécutés par Jariya et ses soldats.
Jariya continua sa reconquête jusqu’à
La mort atroce des deux petits-fils de son cousin Ubaydullah provoqua
la colère de ‘Alî (P) qui appela la malédiction de Dieu sur Bosar. Il devint
effectivement fou jusqu’à la fin de sa vie.
Les
défections de certains proches :
Le Calife ‘Alî (P) n’eut véritablement jamais le temps de gouverner
pendant les cinq années que dura ce qu’on appelle injustement son règne. Il
devait consacrer tout son temps et son énergie à la lutte contre les ennemis
qui attaquaient de toutes parts – Nous y reviendrons.
Cependant parmi toutes les défections d’hommes qu’il connut dans cette
période trouble, il y en eut deux qui l’affligèrent particulièrement.
La première fut celle de son cousin Ubaydullah Ibn Abbâs, le gouverneur
de Basra. ‘Alî (P) avait reçu plusieurs plaintes contre Ubaydullah pour des
malversations et autres détournements de deniers publics. Il le fit convoquer
en vue de vérifier les comptes du trésor public Ubaydullah refusa d’obtempérer
et même en rajouta en s’enfuyant vers
Après cela ‘Aqîl, toujours insatisfait, alla trouver Mu’âwiyah qui
l’accueillit avec bonheur et le couvrit de biens.
La
conspiration d’un trio de khawârij :
Les khawârij avaient continué à mener des actions subversives pendant
l’an
Tout de même trois d’entre eux se rencontrèrent lors du Pèlerinage à
Les deux premiers manqueront leur objectif. A Damas, Borâq réussit
effectivement à porter un coup de poignard à Mu’âwiyah au niveau de l’aine sans
pour autant le tuer. Devant le dilemme de choisir entre une potion qui devait
le rendre impuissant et la cautérisation de l’ouverture provoquée par le
poignard, Mu’âwiyah préféra la potion. Il eut la vie sauve tandis que le
coupable eut les mains et les pieds coupés en guise de sanction avant d’être
tué plus tard à Basra où on l’envoya. Le gouverneur de cette ville le punira de
la sorte pour avoir eu un fils après avoir privé son Calife de cette capacité.
Le deuxième terroriste, lui, tua un certain Kharijah à la place de Amr
Ibn al-Âç qui s’était fait remplacer ce jour-là pour une diarrhée qui lui valut
la vie sauve. Il n’épargnât pas pour autant la vie de son homonyme qu’il
ordonna d’exécuter immédiatement.
Seul des trois khawârij, Abdou Rahmân Ibn Muljim arrivera à ses fins
pour le grand mal de l’Islam.
Toutes les trois tentatives de meurtre avaient un dénominateur commun.
Elles se déroulèrent pendant la prière du matin du même jour convenablement
fixé plusieurs mois à l’avance. Il faut dire que l’heure de la prière du matin
était le moment favori des assassins de l’époque pour accomplir leur sale
besogne.
Le vendredi 19 du mois de Ramadhân
de l’an
Dés que son assassin l’eut frappé avec son sabre pendant la prière du
matin, Alî réussit à se retourner et à l’attraper par le bras. Il prononça ces
mots : « Fûztu wa Râbûl-Kâbah »,
soit à peu près « J’ai gagné ! Au nom du Seigneur de
Ce cri de victoire de ‘Alî (P), attesté par un parjure, se rapportait à
tout le cheminement de l’Imam ‘Alî (P). En somme la victoire de la vérité, de
la justice et du bien sur le mensonge, l’injustice et le mal.
Ensuite l’Imam ‘Alî (P) le confia à Al Hassan (P) à qui il
indiqua : « Garde-le en prenant bien soin de lui. Si je meurs, tu le
fais tuer d’un seul coup comme il a fait avec moi. Si je ne meurs pas alors je
jugerai son affaire. »
Puis il désigna Al-Hassan (P) comme son successeur[66]
avant de lui demander de faire la même chose avec Al-Hussein (p). Il lui donna
ensuite la liste complète des onze Imams qui devaient lui succéder.
Il s’éteignit à l’âge de soixante trois ans dans la nuit du Samedi au
Dimanche[67],
soit le 21 Ramadhân A.H. de l’an
Le Prophète Ibrahim (P) et son fils Isaac (P) se rendirent un jour à
Nadjaf; à l’époque, cette région était le théâtre de fréquents tremblements de
terre. Mais durant tout leur séjour les habitants de cette contrée connurent
l’accalmie.
Une nuit, les Prophètes Ibrahim (P) et Isaac (P) quittèrent Nadjaf pour
un village voisin et après leur départ, les tremblements reprirent. A leur
retour le Prophète Ibrahim (P) et son fils Isaac (P) acceptèrent de demeurer à
Nadjaf à la demande insistante des habitants à condition que ces derniers
acceptent de leur vendre la vallée située à l’arrière du village pour qu’ils
puissent y pratiquer l’agriculture.
Isaac (P) tenta de convaincre son père d’y renoncer. Mais le Prophète
Ibrahim (P) prédit
Un grand événement à son fils: « un jour, on y trouverait une
tombe et il y serait érigé un mausolée par la grâce duquel soixante douze mille
personnes accéderaient au Paradis. En outre, ces heureuses personnes pourraient
intercéder en faveur d’autres croyants ».
Et, il a été rapporté de l’Imam ‘Ali Ibn Al Hussein (P) un Hadith
d’Imam ‘Ali (P) selon lequel « cette Vallée de
Imam ‘Ali (P) poursuit. « Comme rien dans l’univers n’est caché à
mes yeux, je vois les habitants du Barzakh
(intermonde), assis ici même, en groupes, discutant entre eux. »
L’origine de l’appellation de
Nadjaf :
Autrefois, une montagne dominait la région de Nadjaf. Lorsque le
Prophète Nuh (P) {dont la tombe ainsi que celle d’Adam (P) le père de l’humanité
se trouve à l’intérieur du mausolée de ‘Ali (P} finit de construire son arche,
il reçut l’ordre d’Allah de monter à bord avec quelques paires d’animaux et les
croyants.
Kanaîn, un de ses fils qui avait rejeté la croyance en Un Seul Dieu,
refusa alors de prendre place à bord de l’arche. « J’irai au sommet de
cette montagne aussitôt que je verrai apparaître les premières eaux »
dit-il.
Et aussitôt, toute la montagne s’effondra en un temps record : et
c’est ainsi que Kanaîn fut emporté par les vagues. Une large rivière se forma à
l’endroit où se trouvait la montagne. Mais au fil du temps, la rivière s’est
tarie, et l’endroit fut appelé Nay-Jaff, c’est-à-dire « la rivière
asséchée ».
III – LE REGNE DES
UMAYYADES :
Les difficultés puis la mort de Al-Hassan (p) :
Les gens de Kûfa firent allégeance à Al-Hassan Ibn ‘Alî (P) en tant que
nouveau Calife de
Al-Hassan (P) resta six longs mois sans la possibilité de reprendre la
lutte armée – malgré toutes ses vaines tentatives à l’instar de son père –
contre Mu’âwiyah, un ennemi réellement puissant. L’armée dont il avait hérité
de ‘Alî (P) était affaiblie par son manque d’effectifs, ses querelles internes
et son inorganisation.
Dans cette situation déjà critique, Mu’âwiyah envoya une forte armée à
Kûfa pour assujettir Al-Hassan (P).
Compte tenu de cet état de fait, il comprit qu’il devait négocier avec
l’ennemi. Un mauvais arrangement valant mieux qu’un bon procès, de la même
façon on pouvait dire qu’un pacte de paix circonstancié valait mieux qu’une
bonne guerre qui aurait hypothéqué définitivement l’avenir de l’Islam à travers
l’extermination de ses ultimes et rares représentants.
C’est ainsi qu’un accord de paix fut signé entre Al-Hassan (P) et
Mu’âwiyah. Selon Al Tabari et Ibn Al-Athîr, Mu’âwiyah a envoyé une feuille
blanche à Al-Hassan au bas de laquelle il avait apposé son estampille, ainsi
qu’une lettre dans laquelle il a écrit :
« Pose les conditions qui te conviennent dans cette feuille que
j’ai signée, je les accepterai. »[68]
Les conditions que Al-Hassan (P) a posées sur cette feuille ont été
relatées de façon négligée par les historiens pour la simple raison que
Mu’âwiyah avait annoncé dés sa prise du pouvoir qu’il n’en respecterait pas une
seule. Toutefois une analyse des différentes versions permet de retenir le
minimum qui suit.
Il était écrit que Hassan (P) devait renoncer au Califat (temporel)
pour le compte de Mu’âwiyah et le remplacer à sa mort. Il conservait cependant
le pouvoir spirituel de guidance de
Mu’âwiyah s’engageait en retour à appliquer le Coran et
De plus il renonçait à poursuivre et à maltraiter les chîa’ (partisans de Ahlul Bayt) sur
toute l’étendue du territoire de l’Empire suite aux différentes guerres qui les
opposèrent.
Al-Hassan (P) quitta Kûfa et se retira à Médine où il mourut empoisonné
le 28 du mois Saffar de l’an 50[69].
Mu’âwiyah avait commandité le meurtre. Il promit à une dame[70],
qui était déjà une épouse de Al-Hassan (P) ou qui réussit à l’être afin de
réussir son acte, de la donner en mariage à son fils Yazid avec une dote très
conséquente, si elle arrivait à empoissonner Al-Hassan (P). La femme réussit à
empoisonner celui qui était alors son époux au moment du meurtre, Al-Hassan
(P).
Quand elle s’empressa de donner la nouvelle de la réussite de son
opération, Mu’âwiyah lui répondit : « Si nous ne souhaitons même pas
te donner en mariage à Al-Hassan (P), comment pourrait-on alors t’offrir
Yazid ? » Tout de même elle aurait reçu une récompense matérielle.
Al-Hassan (P) eut le temps de dire à Al Hussein (P) qu’il avait demandé
à Aïcha d’être enterré près de son grand-père Muhammad (P) dans l’appartement
de
Marwâne était en ce moment-là le représentant de Mu’âwiyah à Médine.
C’est lui qui empêcha Al-Hassan (P)
d’être enterré auprès de son grand-père (P). Finalement il fut enterré à Baqi,
le cimetière musulman de Médine.
Al-Hussein (P) lui succéda. Il était l’Imam de sa communauté, en
dirigeait la partie spirituelle et cachée sans toutefois avoir les bénéfices
matériels du règne terrestre. Mu’âwiyah s’était définitivement approprié cet
aspect du Califat. Cette fois le Califat (commandement uniquement temporel)
s’opposait totalement au Khilafat de Dieu qui, lui, était entre les mains de
Al-Hussein (P), transmis depuis le Prophète à ‘Alî (P) puis à Al-Hassan (P).
La
« succession » d’ Al-Hassan (P) :
A l’annonce de la mort de Al-Hassan (P), Mu’âwiyah se prosterna contre
le sol. Il était tout content de cette nouvelle. Non pas que le fils de l’Imam
‘Alî (P) l’empêchait de faire ce qu’il voulait car il avait décidé de ne
respecter le moindre article du pacte qu’il avait signé. Mais c’était plutôt
que sa disparition le comblait de la joie de voir s’en aller un ennemi qu’il
haïssait tant.
Mu’âwiyah s’empressa de désigner son fils Yazid comme son successeur au
Califat, contrairement au pacte de paix où il était écrit que Al-Hussein (P)
devait lui succéder s’il arrivait quoique ce soit à Al-Hassan (P).
Plusieurs personnalités de Médine vont s’opposer à cette décision de
Mu’âwiyah. C’étaient Al-Hussein (P), Abdullâh Ibn Oumar, Abdullâh Ibn Zubair,
Abdullâh Ibn Abbâs, Abdou Rahmân Ibn Abû Bakr, Abdullâh Ibn Jâ’far. Mais
également tous les Banu hachémites.
Une anecdote[71]
fort enrichissante mérite à ce niveau notre attention. En effet, Marwâne reçut
le message de Mu’âwiyah lui demandant et justifiant la prestation d’allégeance
à son fils Yazid en tant que futur Calife après lui. Puisque Mu’âwiyah était
devenu son allié, il voulut se prêter en avocat de cette innovation[72].
Il rappela au public réuni que ce que Mu’âwiyah venait de décider n’était rien
d’autre que la sunna de Abû Bakr et de ‘Umar car tous les deux avaient désigné
un successeur de leur vivant.
A ces mots, le fils de Abû Bakr, Abdou Rahmân, se leva et rectifia
Marwâne : « Plutôt la sunna de
Hiraculus et Khaïssar ! Ni Abû Bakr, ni Oumar n’ont légué le pouvoir à
leur fils. »
Marwâne, visiblement en colère, ordonna qu’on arrêtât Abdou Rahmân. Ce
dernier courut se réfugier chez sa sœur Aïcha, la veuve du Prophète (P).
Marwâne renonça à le faire sortir de la demeure de
« Fi ! Laissez-le !
C’est de lui que parle le Coran comme ayant tourné le dos à ses parents dans un
geste d’irrespect. »
Quand Aïcha entendit ces paroles de Marwâne, elle ne put s’empêcher de
répondre au fils de Hakam, celui que le Prophète (P) avait maudit jusqu’à sa
descendance. Elle lui dit :
« Tu mens ! Aucun verset du
Coran n’est descendu sur notre famille[73]. Or le Prophète a maudit ton père et toute sa descendance pendant que
tu étais dans ses reins. »
Revenons au refus des notables de Médine de faire allégeance à Yazid.
Le refus de Al-Hussein (P) se fondait sur l’inacceptation de se soumettre à
Mu’âwiyah et par conséquent à son fils. Abdullâh Ibn Zubair, lui, reprochait au
père de Yazid de vouloir leur imposer deux Califes vivants. Le pire c’était que
Yazid était connu pour son amour sans limite de l’alcool et son manque de piété.
Mu’âwiyah dut se rendre en personne à Médine pour essayer de s’imposer.
Il s’entretint en privé avec chacun des notables influents de Médine, Hussein
(P), Aïcha, Abdallah Ibn Zubair, etc. …En vain.
Malgré cela il fit un discours où il dit que tout ce monde avait
accepté sa décision. Puis il rentra à Damas. Toujours fidèle à son image, il
sema la zizanie encore une fois et mit le doute dans les esprits de sorte à
amener les notables de Médine à se demander lequel d’entre eux avait consenti à
la demande insensée de Mu’âwiyah.
Cette situation resta en l’état avec Marwâne puis Seyyed Ibn Âssi comme
gouverneurs successifs de Médine pour le compte de Mu’âwiyah tandis que les
Banu hachémites, avec à leur tête Al-Hussein (P) ainsi que certains fils de
Compagnons du Prophète (P), refusaient de se soumettre à l’autorité du chef
umayyade désigné.
Les défauts
héréditaires de Mu’âwiyah :
Mu’âwiyah mourut dix ans plus tard, dans le mois de Rajab de l’an 60, laissant la même
situation à Médine malgré l’extension de son pouvoir dans les autres régions de
l’Empire. Il fut enterré à Damas.
Parler des défauts de Mu’âwiyah est un exercice qui nécessiterait
plusieurs tomes. Tout ce que nous venons de dire n’est qu’une infime portion de
la partie visible de l’iceberg de ses défauts.
Mu’âwiyah , fils d’Abû Sofian, s’était opposé à la direction de l’Imam
‘Alî (P) puis à celle de l’Imam Al-Hassan (P) sous le prétexte fallacieux de
venger le sang du troisième Calife, Usmân. Ce prétexte ne résista certes pas au
temps mais il eut tout de même un effet dévastateur sur l’unité de
L’origine de cette haine et de cette ambition toutes deux ancestrales
de Mu’âwiyeh, remonte aux ancêtres Hâchim et Umâyyah respectivement des Banu
Hâchim (le clan du Prophète (P), de ‘Alî (P) et de leurs descendants) et des
bani Umâyyah (le clan de Abû Sufiyân, son fils Mu’âwiyeh et de leurs
descendants). Lisons cet éclairage que nous en donne l’écrivain égyptien Abbas
Mahmoud al-Aqqâd[74], un
auteur qui ne saurait être taxé d’inconditionnel de ‘Alî (P) ou de détracteur
des Umayyades :
« Hâchim et Umâyyah rivalisaient
déjà, avant la naissance de Mu’âwiyah, pour le leadership ; c’est ce qui
poussa Umâyyah, contraint et haineux, à quitter le Hidjâz, pour
Plus tard la notoriété d’Abû Sofian
fils de Harb, fils d’Umâyyah grandira au Hidjâz où il jouira d’un leadership
sublime à côté de celui des Hâchimites.
Lorsque l’Appel de Muhammad (P) fut
lancé, Abû Sofian Ibn Harb Ibn Umâyyah (le père de Mu’âwiyah) eut des craintes
pour son leadership et se mit à l’avant-garde de ceux qui combattaient le
nouvel Appel. Il est rare de trouver une bataille contre les musulmans dans
laquelle Abû Sofian n’eût pas sa part active dans la mobilisation des tribus et
la collecte d’argent. Le hasard voulut qu’il restât pendant un temps le seul
dirigeant de la tribu de Quraych dans la guerre qu’elle menait contre le
Prophète (P). En effet, après la mort d’Al Walid Ibn Mughirah, le chef des
Makhzoum, et la conversion des chefs de Taym et d’autres petits clans
Quraychites à l’Islam, Sofian resta seul à la tête de la direction de
Abû Sofian et son fils Mu’âwiyah ne
se sont convertis à l’Islam que lors de la conquête de
Abû Sofian considéra pendant
longtemps la victoire de l’Islam comme une victoire sur lui. Un jour alors
qu’il jetait sur le Prophète, dans la mosquée, un regard de perplexité et
d’étonnement en se disant mentalement « Comme j’aimerais savoir par quoi
il m’a vaincu ! », le Prophète (P) qui devina la signification de ce
regard s’approcha de lui… et dit : « C’est par Dieu que je t’ai
vaincu, Ô, Abû Sofian ! »
Dans la bataille de Hunayn (vallée qui se trouve entre
Le Prophète (P) avait fait tout son
possible pour le rallier à la cause de l’Islam avant et après la conquête
islamique. Il épousa sa fille Om Habibah avant la conquête, et après la
conquête, il décréta l’immunité de sa maison : « Celui qui y entre
est en sécurité… ». Il le mit à la tête des « cœurs à rallier »
à qui on augmentait la paie dans l’espoir d’éloigner de leurs cœurs la rancune
due à la victoire de l’Islam.
Mais malgré cela, les musulmans
l’évitaient. Ils refusaient de le regarder et de le fréquenter. Il finit par se
lasser de cet isolement et voulut y mettre fin. Aussi pria-t-il le Prophète (P)
d’engager son fils Mu’âwiyah comme scribe auprès de lui et de lui donner
l’ordre de combattre les polythéistes tout comme il combattait jadis les
musulmans.
Puis le Prophète (P) a rendu l’âme et
un différend surgit entre les Muhajirins et les Ançars et certains autres
Compagnons à propos de sa succession. Abû Sofian s’est réjoui de ce trouble et
a cru pouvoir opérer une brèche entre ses fissures, brèche qui le conduirait à
prendre la direction des Quraych, et de là la direction de
Sans doute, était-il loin de s’irriter
de voir la succession échapper aux Banu Hâchim. Mieux il ne se serait guère
réjoui de voir la succession revenir à eux, auquel cas il n’eût aucun espoir de
la leur arracher. Tout ce qu’il voulait c’était raviver un différend par lequel
il espérait ouvrir une porte le conduisant à la direction de Quraych et de
toute
Sa malveillance n’échappa pas à
l’Imam Alî qui lui rétorqua : « …Ô Abû Sofian… ! Les Croyants
sont les conseillers les uns des autres, alors que les Hypocrites se trompent
et se trahissent les uns les autres, même s’ils sont proches – de maisons et de
corps – les uns des autres.
Lorsque, enfin, Usmân accéda au
Califat, les Umayyades obtinrent une grande victoire, car il était l’un de
leurs chefs et un proche cousin de leurs familles. L’Etat islamique devint un
Etat Umayyade aux avantages et au gouvernement duquel personne d’autre que les
Umayyades eux-mêmes ou leurs partisans ne pouvait accéder. Ainsi, Marwâne Ibn
al-Hakam, le Super Vizir du Calife distribuait généreusement les biens à ses
proches et en privait les masses. Mu’âwiyah Ibn Abû Sofian, le gouverneur de
Il était inadmissible pour Mu’âwiyah d’entendre le nom du Prophète (P)
être proclamé cinq fois par jour dans la formule : « J’atteste que
Muhammad (P) est le Messager de Dieu ». Alors que, toujours selon lui, Abû
Bakr, ‘Umar, Usmân étaient morts leur mémoire enterrée avec chacun d’eux.[77]
C’est ce vilain sentiment de jalousie qui pesa sur Mu’âwiyah au point
qu’il ordonna à ses gouverneurs, tout en l’exécutant lui-même, d’injurier
l’Imam ‘Alî (P) lors de leurs sermons.
Al-Allamah Abul A’lâ Al-Mawdoudi[78],
encore un auteur qui a souvent tenté d’épargner Mu’âwiyah, n’a pu s’empêcher de
reconnaître :
« Une autre hérésie hideuse est
apparue sous Mu’âwiyah. Celui-ci avec lui et sur sur ses ordres – ses
gouverneurs injuriaient notre maître ‘Alî
du haut de leurs chaires. Ce qui est plus grave encore, ils le
maudissaient – lui qui était le plus aimé du Prophète parmi ses proches
parents, et le plus proche de son noble cœur – du haut de
« Injurier quelqu’un après sa
mort est déjà une chose contraire à l’éthique humaine, et ce, sans compter
qu’elle est aussi contraire à
Bien entendu, cette pratique éhontée ne rencontra pas l’accord des
musulmans sincères qui ne tardèrent pas à le manifester en venant juste au
moment de la prière, après les sermons injuriants contre ‘Alî (P).
La réaction ne tarda pas non plus à se manifester :
D’abord par l’assassinat. C’est dans ce cadre que Hojr Ibn Ady, un des
plus valeureux Compagnons du Prophète (P), connu pour sa piété et son
ascétisme, fut exécuté avec sept de ses compagnons par Ziad le gouverneur
Umayyade de Kûfa et de Basra sur ordre de Mu’âwiyah. Ce dernier renvoya à Ziad
un autre des compagnons de Hojr avec une lettre dans laquelle il lui demandait
de le tuer de la façon des plus horribles. Ziad ne se fit pas prier deux fois,
qui l’enterra tout simplement …vivant !
Rappelons que leur seule faute était d’avoir protesté contre le retard
qu’avait observé Ziad sur l’heure de la prière pour la simple raison que ce
gouverneur Umayyade tenait d’abord à prendre son plaisir et le temps de Dieu et
des musulmans à injurier l’Imam ‘Alî (P).
Ces gens-là, Mu’âwiyah et ses gouverneurs, méritent-ils d’être
protégés, encensés, loués ? Simple question pour ceux qui l’ont fait mais
aussi pour ceux qui continuent de le faire !
Dieu nous a prescrit le bien en acte, en parole et en pensée. Il nous a
proscrit le mal dans les mêmes conditions. Ensuite il nous a doté de la
possibilité de faire le bien ou de faire le mal, en somme le libre arbitre.
Enfin il nous a dit qu’il y aura le Paradis pour ceux qui auront un bilan
positif et l’Enfer pour ceux qui auront un bilan négatif. Alors tâchons d’avoir
un bilan positif et pour cela nous ne saurions soutenir ceux qui ont fait ou
continuent de faire du mal à leurs proches.
Yazid Ibn Mu’âwiyah Ibn Abû Sofian est né vers l’an
Le règne de Yazid dura trois ans (mais se déroula sur quatre années
calendaires incomplètes) et fut marqué par de nombreuses exactions contre
1.
La première année : Yazid tue Al Hussein (P).
2.
La deuxième année : Son armée envahit Médine et y fait la razzia.
3.
La troisième année : Yazid meurt pendant que son armée brûlait
Un bref rappel sur l’arrivée de Yazid au pouvoir nous permettra
d’éclairer le lecteur sur ces trois points notamment le premier.
En effet, comme nous l’avons déjà vu dans la
partie consacrée à Al Hussein (P), Mu’âwiyah avait imposé son pervers de fils,
Yazid, aux différents dignitaires de la région - sauf à Médine - en leur
demandant de lui prêter allégeance de gré ou de force.
Une fois au pouvoir en remplacement de son père,
Yazid demanda à son représentant à Médine, Walid Ibn Oth’ba, de forcer Al
Hussein (P) à lui prêter allégeance ou de le tuer s’il refusait. La suite, nous
l’avons déjà racontée : Al Hussein (P) émigra tout d’abord vers
C’était là le premier des trois actes majeurs qui ont marqué le règne
de Yazid. Une « prouesse » extraordinaire s’il en est puisqu’il
venait de faire exterminer, à l’exception de l’imam Zein El Abédine Ibn Al
Hussein (P) et de l’imam Al- Baqir (p)
(qui à l’époque n’avait que cinq ans) , la grande majorité de la descendance du
Prophète (P). Bien entendu, contrairement à une idée fausse mais très répandue
dans certains groupes islamiques, certains fils de Al Hassan (P) ont survécu à
ce massacre même si d’autres y sont restés.
Cette « prouesse » de Yazid va provoquer sa deuxième
« prouesse ». En effet, les habitants de Médine désapprouvèrent
tellement la mort atroce de l’Imam Al Hussein (P) qu’il décidèrent de chasser
tous les représentants de Yazid à Médine à commencer par le Gouverneur Al Walid
Ibn Oth’ba. Pour les médinois la mort de Al Hossein (P) était la goutte d’eau
qui venait de faire déborder le vase de leurs reproches aux hommes de Yazid.
Ceux-ci, à l’image de leur chef, étaient de si grands pécheurs endurcis que les
médinois disaient qu’ils craignaient que « Dieu fasse pleuvoir des
cailloux sur leurs têtes »[79].
Le Gouverneur chassé envoya une lettre à son chef Yazid pour l’informer
de l’expulsion de Médine de tous les umayyades.
Yazid désigna un chef de guerre du nom de Muslim (Musrif lui aurait
mieux convenu au vu de son pouvoir de destruction). Ce choix reposait
essentiellement sur un seul critère : la cruauté. C’est cet homme qui
dirigea vers Médine une armée de trente mille soldats.
La résistance des médinois ne fut hélas que de courte durée. Au moins
quatre mille compagnons, descendants de compagnons et leurs femmes furent
humiliés, torturés, violés, massacrés. Une véritable razzia ponctuée de
sataniques scènes d’orgies.
Cette bataille, fort célèbre dans le monde islamique, est plus connue
sous le nom de Wakh’atou Hârâ (la
bataille de Hârâ).
C’était là la deuxième « prouesse » de Yazid. Cela se passa
lors de la deuxième année de son règne.
Yazid fut très satisfait du résultat qu’il venait d’obtenir à Médine et
demanda à Muslim alias Musrif de faire un détour du côté de
Cependant la colère de Dieu descendit sur Muslim alias Musrif sur sa
route vers
Des combats farouches opposèrent l’armée du fils du Compagnon du
Prophète, Ibn Zubair, à l’armée de Yazid. Ceci dura des mois.
Les soldats de Yazid assiégèrent
C’était dans la première moitié du mois de Rabi –Al-Awal de l’an
Le repli ne fit point l’objet d’un débat. L’armée de Yazid qui venait
de perdre son chef battit en retraite en toute vitesse, permettant à Ibn Zubair
de devenir le maître de l’Arabie partout sauf dans les bastions imprenables de
Ibn Zubair sera tué en l’an 73 par l’armée de Abdul Mâlik Ibn Marwâne.
Son corps nu sera ensuite suspendu à une corde et exposé pendant plusieurs
jours.
La dynastie
des Umayyades après Mu’âwiyah et Yazid :
Après la mort de Mu’âwiyah en l’an
Mu’âwiyah Ibn Yazid succéda à son père à l’âge de 21 ans pour une
durée de 40 jours, deux mois ou 3 mois selon les versions.
Marwâne, ex-gouverneur d’Egypte, prit Damas puis initia une attaque en
règle contre Ibn Zubair qui gouvernait alors
Son fils, Abdul Mâlik Ibn Marwâne acheva le travail de son père mort
entre temps. Il encercla Ibn Zubair à
Après Abdul Mâlik Ibn Marwan, vinrent dans l’ordre :
Walid Ibn Abdul Mâlik,
·
Suleyman Ibn Abdul Mâlik,
·
‘Umar Ibn Abdul Aziz. Il fut le seul à avoir reconnu que leur dynastie avait
usurpé le pouvoir des mains des descendants du Prophète (P) et à avoir décidé
de le leur rendre… sans être passé à l’acte toutefois. Il leva l’ordre donné
aux Imams des mosquées d’insulter obligatoirement la famille du Prophète (p)
(l’Imam ‘Ali en tête) lors du sermon (Khutba) de la prière du Vendredi.
·
Yazid Ibn Abdul Mâlik,
·
Hichâm Ibn Abdul-Mâlik,
·
Al Walid Ibn Yazid Ibn Abdul Mâlik,
·
Yazid al-Nâqis (ou encore Abû Khalîd Ibn Abdul
Mâlik),
·
Ibrahim Ibn Walid Ibn Abdul Mâlik,
·
Marwâne Himâr, dernier Calife Umayyade.
Quelques observations d’ordre généalogique sur cette dynastie,
s’imposent :
─
Le premier régnant, Mu’âwiyah, est fils de Abû Sofian qui lui-même est
suffisamment connu pour avoir été un grand ennemi de l’Islam et un pourfendeur
du Prophète (p) devant l’Eternel.
─
Le second, Yazid, est fils du premier. C’est tout dire sinon qu’il a
fait pire que son père…et encore (!)
─
Le troisième, un autre Mu’âwiyah, est le fils de Yazid. Il ne fit ni du
bien ni du mal pour avoir régné moins de trois mois.
─
Le quatrième, Marwâne, est le fils de Haqâm qui fut chassé de Médine et
maudit ainsi que toute sa descendance par le Prophète (P).
─
Les autres sont des descendants de Marwâne, donc maudits comme ce
dernier par l’Illustre Envoyé de Dieu.
Cette dynastie régna durant quatre vingt trois (83) ans et fit un mal
incommensurable à l’Islam et à
Le règne des Abbassides suivit celui des Umayyades et le dépassa en
terreur, horreurs, cruautés, écarts vis à vis des enseignements du Prophète
(p). Bref, les Abbassides plongèrent
Plus d’un siècle après la disparition du Prophète de l’Islam (p), il
n’existait aucune autre école (Madzhab)
d’interprétation du Coran et de définition de la jurisprudence que celle des
Ahlul Bayt (P) ; c’est-à-dire celle initiée par le Prophète (P) et
perpétuée par l’Imam ‘Ali (P), les onze Imams issus de cette lignée et toutes
les autres illustres lumières de la galaxie des Ahlul Bayt (P) et de leurs
adeptes. C’est donc la première des écoles de l’islam.
C’est seulement avec l’usure du temps et la séparation de plus en plus
marquée par les guerres et l’ignorance des dirigeants temporels, entre le
pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, que d’autres écoles ont été créées.
C’est ainsi qu’aujourd’hui les sunnites s’alignent généralement
derrière l’une des quatre grandes écoles qui sont les écoles hanafite (Abu
Hanifa Nou’mân), châfiite (Imam Shâfi’î), mâlikite (Imam Mâlik Ibn Anas) et
hanbalite (Imam Ahmad Ibn Hanbal). Disons-le tout de suite : aucun de ces
quatre Imams n’a proclamé sa scission de la direction principale, unique et
originelle de l’Islam. Aucun d’entre eux n’a non plus reconnu ou accepté d’être
l’initiateur d’un courant particulier d’interprétation du Coran et de
Le premier des initiateurs de ces quatre écoles, Abu Hanifa Nou’mân,
naquit en
Malheureusement pour Mansour, Jâ’far (P) répondit à toutes les
questions de Abu Hanifa Nou’mân avec une grande aisance, une justesse et une
éloquence qui éblouirent ce dernier[81].
Lorsqu’on lui posa la question de savoir qui était le plus instruit en matière
islamique, l’initiateur de l’école Hanafite répondra[82] :
« Je n’ai jamais vu
quelqu’un de plus érudit dans la connaissance de l’Islam que l’Imam Jâ’far
Çâdiq ».
Bien après les deux années qu’il passa en tant que disciple à
s’abreuver à la source du savoir qu’était Jâ’far Çâdiq (P), il ajoutera :
« Si ce n’était deux ans Nou’mân serait détruit »[83], reconnaissant ainsi que ces deux années
passées à acquérir des connaissances islamiques auprès de l’Imam Jâ’far (P) lui
ont permis de rectifier bien des erreurs précédemment acquises comme justes.
Quant à l’Imam Mâlik, il a dit[84]
de Jâ’far Çâdiq (P) :
« Un œil n’a jamais vu, une oreille n’a jamais entendu, un cœur
n’a jamais ressenti quelqu’un de meilleur que l’Imam Jâ’far Çâdiq en vertu, en
connaissance, en piété et en modestie. »
Muhammad Ibn Tal’ha le Shâfi’îte raconte dans son Matalibu
souhal : l’Imam Ahmad Ibn Hanbal a dit :
« Ne sont jamais descendues sur un compagnon du Prophète (P)
autant de vertus et de qualités que sur l’Imam ‘Ali ». C’est là une reconnaissance
explicite de la justesse de l’école des Ahlul Bayt (p).
Dans son Assawâhiq, Ibn Hajar nous transmet plusieurs témoignages de
l’Imam Châfi’i portant sur les qualités d’érudition, de droiture, de générosité
d’âme et de bien d’autres vertus. Nous en retiendrons deux poèmes :
« Ya ahla beyti
rassoulilahi houbou koumou
Fardoun mina lahi fil
khurhani anzalahou »
« Kafâkoum mine
azimil fakhri anâ koumou
Malam you sali alleykoum lâ salâta lahou »
Ce qui signifie :
« Ô descendants de la famille de l’Envoyé de Dieu
Vous aimer, c’est une obligation venant de Dieu
C’est dans le Coran qu’Il l’a fait descendre. »
« Il vous suffit comme une
grande fierté, vous,
Que celui qui ne prie pas sur vous voit sa prière invalidée. »
Il tirait cette affirmation d’un verset du Coran où Dieu, après avoir
dit que Lui et Ses Anges prient sur le Prophète (P), demande aux croyants d’en
faire autant :
« Certes, Allah et Ses Anges prient sur le
Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez (lui) vos
salutations. » (Al-‘Ahzâb 33 : 56)
Or le Prophète (P) a demandé aux musulmans de ne pas prier sur lui une
prière stérile, en précisant que quiconque priait sur lui devrait le faire
également sur sa descendance :
« Ne priez pas sur moi une
prière stérile, c’est-à-dire une prière qui s’arrête à moi seul sans s’étendre
à ma descendance ».
A présent, on sait donc que tous les initiateurs des quatre écoles
sunnites ont fait les louanges des Ahlul Bayt (p) et de la pureté de leurs
enseignements à la source desquels ils se sont d’ailleurs bien abreuvés. Car
Abu Hanifa Nou’mân (80 –
Tout ceci montre bien que rien, absolument rien ne devrait pouvoir
justifier les écarts dans les enseignements de ces différentes écoles et encore
moins les divergences menant même quelques fois à des conflits physiques entre
des disciples d’écoles différentes. Car tous les musulmans ont une seule et
même source : le Coran et
Cependant quelques circonstances atténuantes existent pour expliquer
sans forcément justifier les différents écarts d’interprétations prônés par les
différents chefs d’écoles :
Premièrement, ils ont souvent cru devoir adapter les enseignements
originels du Prophète (P) aux populations auxquelles ils avaient affaire. Ainsi
certaines conditions ont été durcies et des facilités accordées par Dieu
enlevées. Vice versa dans d’autres cas plus rares. Quand on sait que quelques
fois les chefs de ces écoles ont reconnu s’être trompés en certains points l’on
comprend plus aisément que les musulmans étaient fortement exposés à la
division.
Deuxièmement, il fut des moments sous les Umayyades et les Abbassides
où la dissimulation fut le seul moyen, pour les vrais savants, d’échapper à la
cruauté des souverains. Par ces moments-là, ils ont donc été obligés
d’interpréter et de trancher selon la volonté des dirigeants.
Ce qui est certain c’est que tous ces chefs des quatre écoles se
refèrent essentiellement aux sources des Ahlul Bayt (P). Pour s’en faire une
idée, il suffit de lire dans le célèbrissime recueil de Correspondances[85]
entre Sheikh Salim Al-Bishrî (Sheikh d’Al-Azhar) et l’Imam Sharafeddine
Al-‘Amilî (grand maître de l’école des Ahl Bayt), une liste de cent références.
Peut-on dés lors refuser de suivre les Ahl Bayt (P) ?
Puisse que la source originelle
vaut mieux que les sources secondaires surtout lorsque la première ne tarit
jamais et reste accessible.
V –
Les premières percées de l’Islam en Afrique sous le règne des
Umeyyades :
L’Egypte faisait partie de l’Empire islamique pratiquement depuis
l’aube de l’Islam. Donc nous allons nous intéresser à la pénétration de l’Islam
en Afrique du Nord et de l’Ouest.
Ces deux régions de l’Afrique connaîtront l’Islam la première fois à
travers des expéditions Umayyades. Ceci explique sans doute pourquoi dans ces
régions les thèses Umayyades et plus tard Abbassides sont davantage connues et
estimées que les enseignements des Ahlul Bayt (P) quoique ces derniers aient
laissé quelques traces sensibles.
C’est en effet vers l’an
De Khayrawân, il évolua vers Tânja au Maroc. Le commerce transsaharien
aidant, l’Islam se propagea petit à petit vers l’Afrique de l’Ouest par
Chinguitti, Tombouctou, etc.
Bien entendu, d’autres arabes musulmans isolés ou en groupes et même d’autres
corps expéditionnaires islamiques visiteront plus tard ces régions d’Afrique.
Nous ne saurons cependant nous étendre davantage sur ces événements sauf pour
ce qui est de certains descendants du Prophète (P) que nous connaissons
particulièrement bien pour être nous-mêmes issus de cette branche généalogique.
L’entrée en
Afrique des descendants du Prophète (p) :
Le siège des Abbassides était resté à Bagdad tout comme sous les
Umayyades. Le Calife, Haroun Rachid, avait son représentant à Médine. Ce dernier
surveillait pour lui les faits et gestes des descendants du Prophète (p) qui y
étaient restés.
Et comme à l’époque des Umayyades, les habitants de Médine s’opposaient
aux déviations des nouveaux dirigeants qui occupaient toujours pour eux une
place qui appartenait à l’illustre famille du Prophète (P).
C’était pour les soumettre que le Calife Haroun envoya une armée à
Médine à la demande de son représentant en ce lieu.
Une armée médinoise fut montée pour la circonstance et dirigée par
Abdallah al Kâmil (i.e. « le parfait » pour son savoir et sa
droiture) Ibn Al Hassan al Mouçâna Ibn Al Hassan Ibn Alî Ibn Abi Talib.
La bataille qui eut lieu (dite bataille de Faqîne, tout près de Médine)
fut un carnage. L’armée médinoise de Abdallah fut décimée et son chef capturé.
Il sera ensuite emprisonné à Bagdad puis, pour finir, empoisonné parce que
devenu entre temps trop encombrant.
Cependant trois illustres rescapés de cette tuerie marqueront par la
suite l’histoire de l’Islam : Muhammad, Yahya et Idriss, tous des enfants
de Abdallah donc des descendants du Prophète (p). Mohamed prit la direction de
l’Est et Idriss celle de l’Ouest.
Nous allons suivre Idriss. Il était encadré dans son voyage par un
disciple de son père du nom de Rachid. Ce dernier était un berbère originaire
du Maroc et était allé à Médine pour y acquérir des connaissances auprès de
Abdallah, le père de Idriss.
Rachid avait une grande connaissance de la traversée de l’Egypte pour
arriver au Maroc. Il eut dans cette épreuve l’assistance discrète mais efficace
du représentant abbasside en Egypte qui avait, en cachette s’entend, beaucoup
de sympathie pour les descendants du Prophète. Ce chef abbasside les aida donc
à traverser l’Egypte. Idriss se faisait passer pour un esclave de Rachid et
même, devant des inconnus il travaillait réellement pour son maître
circonstanciel afin de lever tout éventuel soupçon.
Quand ils arrivèrent à Zarhouni dans l’actuel Maroc (le pays berbère de
Rachid), Rachid présenta à son peuple l’arrière petit-fils du Prophète (P),
Idriss Ibn Abdallah Ibn Al Hassan al Mouçâna Ibn Al Hassan Ibn Alî Ibn Abi
Talib.
Idriss réunissait toutes les qualités d’un Ahlul Bayt (P) : la
connaissance du Coran et des enseignements de l’Ecole des Ahlul Bayt (p), le
savoir, le courage, la droiture, la piété, la dextérité d’un grand cavalier –
cette dernière qualité était essentielle à l’époque pour une raison
évidente : le djihad.
Rachid proposa donc à son peuple de tirer sa part de bénédictions d’un
tel sujet. Les berbères ne décidèrent rein de moins que d’en faire leur chef et
guide. Ils lui offrirent en mariage la fille d’un de leurs chefs.
C’est ainsi que Idriss posa les fondements du premier gouvernement
chiite en terre d’Afrique et même dans le monde. En effet il a eu toute la
latitude – à travers les moyens, le temps et les hommes nécessaires –
d’organiser un tel gouvernement.
Il y’eut cependant une faille de taille : il ne disposait pas
d’Ulémas (i.e savants) formés aux enseignements de l’Ecole des Ahlul Bayt (p) pour
transmettre ce savoir aux populations de l’intérieur du pays. Il fut donc placé
dans l’obligation de recruter des Ulémas des autres Ecoles, en particulier de
l’Ecole Malikite donc sunnite.
Cette faille contribuera pour une grande part à fragiliser plus tard
l’Etat qu’avait créé Idriss. Durant de longues années cet Etat fut florissant
et son peuple épanoui. Cette réussite légendaire porte jusqu’à ce jour une
place importante dans l’histoire du Grand Maghreb.
Haroun Rachid, le chef des Abbassides, apprit depuis son scintillant
palais de Bagdad le succès de Idriss et en fut profondément attristé au point
de perdre le sommeil pendant de longues nuits. Il finit par trouver un moyen de
mettre un terme à sa souffrance. Faute de ne pouvoir envoyer une armée au Maghreb
à cause de la trop grande distance qui le séparait de cette région, il trouva
en la personne d’un arabe du Hidjâz l’homme qu’il lui fallait.
Ce hidjâzi, à qui il promit
entre autres merveilles le poste de Gouverneur, devait se rendre à Zarhouni afin
d’empoisonner Idriss.
L’homme s’appelait Souleymane Ibn Jarîr et était plus connu sous
le nom de Châmâkh. Il est arrivé au Maroc en Walilée (ville se situant près de
Zarhouni) en
Dés son arrivée à Zarhouni, il réussit à se faire adopter par Idriss.
L’accent hidjâzi de son hôte
enchantait tout naturellement Idriss et atténuait un petit peu la nostalgie
qu’il nourrissait pour son terroir d’origine.
Le comportement un peu trop attachant de Châmâkh éveillait en Rachid de la méfiance et des soupçons fondés
sur son expérience et les pratiques malignes des gens de cette époque. Il
évitait ainsi toujours de laisser cet homme seul en compagnie de son protégé,
Idriss.
L’histoire lui donnera malheureusement raison. Châmâkh réussit un jour,
en effet, à tromper la vigilance de Rachid et mit du poison dans le
verre de boisson qu’il tendit à Idriss. Après ce forfait il s’enfuit de la
ville en compagnie de quelques complices venus avec lui. Ils prirent la
direction de Khayrawân (actuelle Tunisie) non sans se faire rattraper par la
garde de Idriss. Blessé, Châmâkh
réussit tout de même à rejoindre le Hidjâz.
Le « trône » du descendant du Prophète était alors vide. Le
peuple berbère de Rachid était devenu orphelin. Mais puisque l’épouse de Idriss
était en état de grossesse depuis sept mois, le sage Rachid leur proposa alors
d’attendre les deux mois qui restaient pour savoir si l’enfant qu’elle
attendait était un garçon ou non. Dans le premier cas il serait leur futur
chef. Dans le cas contraire, le peuple se choisira un chef parmi les berbères.
Les notables réunis pour la circonstance lui proposèrent d’être en
attendant le chef intérimaire.
Deux mois plus tard, la veuve de Idriss mit au monde un garçon. On lui
donna le nom de son père décédé : Idriss. Pour le distinguer de son père
Idriss Al Akbar (le grand), on le surnomma Idriss Al Açghâr (le petit).
Rachid lui donna une éducation exemplaire d’Ahlul Bayt jusqu’à l’âge de
onze ans. Idriss Al Açghâr était particulièrement brillant sur le plan intellectuel.
Ses qualités morales et physiques n’en étaient pas moins extraordinaires.
C’est ainsi qu’à onze ans on lui confia l’avenir de tout un peuple. Il
devint chef, avec à ses côtés le vieux Rachid.
Son intelligence, son savoir, son savoir-faire, sa foi, son intégrité
mais aussi les circonstances l’aideront à faire pour l’Etat dont il avait la
charge bien plus que ce que son défunt père avait fait.
C’est ainsi qu’il décida de transférer la capitale à Fez parce qu’il
trouvait Zarhouni un peu trop isolée des grands axes caravaniers. Il dut pour
cela racheter les cabanes trouvées sur place à Fez.
Il mit sur pied une véritable armée bien organisée, équipée et
disciplinée, organisa le Trésor Public, construisit des écoles, et même une
grande Université, celle de Fez, etc.
Parti vers l’Est il atteindra Tlemcen dans l’actuelle Algérie où il
construira la deuxième mosquée africaine en dehors de l’Egypte et après celle
de Khayrawân construite celle-là par Oghbatâ (Tunisie) qui était le Gouverneur
Abbaside d’Egypte.
Il eut onze garçons qui ont tous été envoyés comme Gouverneurs dans les
provinces. Ce fut le gouvernement des Idrissides (ceux de Idriss) qui régnèrent
pendant trois siècles au Maghreb.
Des batailles contre les Umayyades, contre d’autres groupes islamiques
mais aussi entre eux-mêmes finirent par avoir raison d’eux. La fin du règne des
Idrissides survint vers l’an
Moulay Muhammad alias Chérif Lak’hal (le Chérif noir), un des arrière
petits-fils de Idriss en eut marre à un moment donné de toutes ces querelles
familiales interarabes et décida d’émigrer vers un endroit où il n’aurait plus
ces problèmes. Il alla vers l’Est et atteignit la ville de Chinguitti , dans
l’actuelle Mauritanie, où il fut reçu par le chef de la tribu Laghlâl. Ce chef
lui donna en mariage sa propre fille. Les descendants de cet arrière petit-fils
du Prophète seront ainsi appelés plus tard Chourfat Laghlâl ou encore Ehl
Chérif Lak’hal.
Nous allons aborder dans cette partie un aspect délicat de l’histoire
mais aussi de l’actualité de notre religion. Il s’agit encore une fois de faits
qui ne sont pas nouveaux et qui comme bien d’autres faits ou aspects signalés
dans ce livre sont souvent lus et relus ou entendus dans d’autres livres ou
discours mais ne font souvent pas l’objet d’une attention pourtant combien
méritée.
Cet aspect c’est l’infaillibilité (qualité non négociable) du Prophète
de l’Islam (P).
La plupart des, musulmans, soutiennent qu’il était infaillible
seulement quand il s’agissait du Coran mais que dans d’autres domaines il a pu
se tromper. Et de citer (plutôt interpréter, voire inventer) quelques cas où
des compagnons l’auraient rectifié si ce n’est l’Archange Jibrîl, etc. Tout
ceci se comprend (et encore !) dés lors qu’on veut justifier l’arrivée au
pouvoir ou les mérites de tel ou tel (ex : Umayyades, Abbassides etc.)
Bien entendu, Dieu Lui-même dément formellement cette position comme
nous l’avons déjà vu dans le chapitre sur l’Imamat, notamment sur les
Prophètes.
Mais là où cela devient grave et pernicieux c’est lorsqu’on va jusqu’à
douter de l’intégrité du Coran – et même découvrir des verset manquants !
Ce Coran là ne saurait et ne devrait être remis en cause par des musulmans
sincères et réfléchis.
Surtout lorsqu’on sait que le Coran a toujours été clairement et
distinctement prononcé (« Ne remue pas ta langue pour hâter sa
récitation : » Al Qiyâma 75 : 16) par le Prophète
avant d’être soigneusement transcrit et collecté de son vivant et à sa demande
par des scribes. De plus le Coran était connu par cœur par plusieurs compagnons
du Prophète qui s’appliquaient à le réciter avec clarté et le plus souvent
possible. Il n’a jamais fait l’objet d’un quelconque doute même lorsque le
Calife Usmân décida d’en authentifier un exemplaire et de brûler tous les
autres que les gens gardaient par devers eux de peur certainement que des
modifications n’interviennent. Et cela s’est passé du vivant de l’Imam ‘Ali (P)
qui n’a jamais contesté l’authenticité ni la complétude du Coran tel qu’il
avait été retenu et présenté. Non plus aucun des douze Imams, encore moins
aucun des compagnons les plus proches du Prophète n’a jamais eu à contester
l’authenticité et la complétude du Coran. Ceux qui étaient les plus proches du
Prophète, de ses enseignements et de sa vie (les Ahlul Bayt et leur lignée)
n’ont rien trouvé à redire de ce Livre. De même que les compagnons les plus
connus et proches du Prophète n’ont en rien désapprouvé ce Livre. Tout ce monde
atteste (même si parfois c’est de façon passive) que le Livre recueilli sous
Usmân est conforme et identique à
Or il n’existe aucun moment de l’histoire des musulmans où il a pu être
indiqué un changement de quelque nature que ce soit sur le Coran : ni un
retrait, ni un rajout n’a été fait au texte originel.
De ce fait cette Récitation connue du temps du Prophète (P) reste égale
à la lettre et à l’accent près le Livre de Dieu que nous connaissons
aujourd’hui. Ce Livre restera éternellement complet et immuable.
Vous en conviendrez avec nous qu’une telle mauvaise attitude de
certaines écoles vis à vis du Coran, outre les éventuels méfaits dans la
conscience de certains croyants qu’elle peut susciter, pourrait constituer un
terreau fertile pour l’imagination débordante et maléfique des ennemis
irréductibles de l’Islam.
Heureusement que l’inimitable et immuable Livre de Dieu,
1. Le Prophète de l’Islam
était bel et bien infaillible.
2. Le Coran est complet,
inimitable et immuable.
« Ceci (le Coran) est la parole d'un
noble Messager,
Doué d'une grande force, et ayant un rang
élevé auprès du Maître du Trône,
Obéi, là-haut, et
digne de confiance.
Votre compagnon (Muhammad) n'est nullement
fou; » (At-Takwîr
81 : 19, 20, 21, 22)
« Dis : "Je ne suis pas une innovation
parmi les messagers; et je ne sais pas ce que l'on fera de moi, ni de vous. Je
ne fais que suivre ce qui m'est révélé; et je ne suis qu'un avertisseur
clair". » (Al Ahqâf 46 : 9)
Ces deux versets suffisent à prouver que le Prophète (P) a été singulièrement
choisi, fortifié par Dieu afin de pouvoir remplir la lourde mission à lui
confiée par le Tout-Puissant. En tant qu’Envoyé de Dieu, Muhammad (P) bénéficie
des prérogatives des envoyés. Pour cela nous vous renvoyons à la partie de ce
livre consacrée aux Prophètes dans le chapitre sur l’Imamat.
Muhammad (P) est protégé de l’erreur. Car si à un simple musulman il
est demandé de se réfugier en Dieu s’il est tenté par le diable, que ne ferait
pas Dieu contre le diable qui est aussi Sa créature pour celui-là même qu’Il a
fortifié pour lui confier Sa prestigieuse et importante Mission ?! En
effet Allah dit :
« Et si jamais le Diable t'incite à faire
le mal, cherche refuge auprès d'Allah. Car Il entend, et sait tout. » (Al A’raf 7 :
200)
« Ceux qui pratiquent la piété,
lorsqu'une suggestion du Diable les touche se rappellent (du châtiment
d'Allah): et les voilà devenus clairvoyants. » (Al A’raf 7 :
201)
En arabe, la paire de mots Versets sataniques se traduit par ayâtoul chaytaniya. Mais dans la culture
islamique cette paire a son parfait équivalent qui est ayâtoul Qarâniqh ou Versets des idoles. En effet « les versets
sataniques » de Salman Rushdi n’ont été inspirées par rien moins que des
traditions forgées.
De quoi s’agit-il ?
Les sources sont multiples. Citons quelqu’unes des plus
"illustres" : Al Tabari, Suyûti (dans Dur Mansour), Râzi (dans Tafsir
al Kabir).
Ces auteurs et grandes références racontent que lorsque le Prophète (P)
constata la profonde inimitié que lui vouaient les Quraychites de
« Til kal Qarâniqh al oûla
mine ha chafâatou tourja. »
Ce qui signifie :
« De ces grandes idoles nous pouvons espérer une
intercession »
Lorsque les Quraych entendirent ces prétendues paroles du Prophète (p),
ils furent évidemment tout heureux de l’entendre dire du bien de leurs idoles
pour une toute première fois et se prosternèrent dans la joie avec leur ennemi
juré.
Quelques moments plus tard, l’Ange Jibrîl (P) serait venu reprocher
avec fermeté au Prophète (P) cet écart inadmissible de
Evidemment tout ceci est simplement en flagrante contradiction avec le
Coran et la logique. Dieu dit dans la sourate Al Hâqqa 69 Versets 40 et
52 :
«Que
ceci (le Coran) est la parole d'un noble Messager,
et que ce n'est pas la parole d'un poète;
mais vous ne croyez que très peu,
ni la parole d'un devin, mais vous vous
rappelez bien peu.
C'est une
révélation du Seigneur de l'Univers.
Et s'il avait forgé quelques paroles qu'ils
Nous avait attribuées,
Nous l'aurions saisi de la main droite,
ensuite, Nous lui aurions tranché l'aorte.
Et nul d'entre vous n'aurait pu lui servir de
rempart.
C'est en vérité un rappel pour les pieux.
Et Nous savons qu'il y a parmi vous qui le
traitent de menteur;
mais en vérité, ce sera un sujet de regret
pour les mécréants,
c'est là la véritable certitude.
Glorifie donc le nom de ton Seigneur, le Très
Grand! (Al
Hâqqa 69 : 40 à 52)
Mais encore :
« Son rassemblement (dans ton cœur et sa
fixation dans ta mémoire) Nous incombent, ainsi que la façon de le
réciter. » (Al
Qiyâma 75 : 17)
La contradiction vient de ce que dans la prière il n’est permis de
réciter que des versets de Coran pendant la station debout et après la sourate Fatihâ. Or si le Prophète (P) avait
récité autre chose que de véritables versets du Coran il aurait dû subir cette
punition que Dieu lui réservait dans ce cas. Ce qui n’a pas été le cas. Ceci
prouve logiquement (démonstration par l’absurde, disent les mathématiciens) que
cette histoire est fausse et qu’elle a été inventée de toute pièce à moins que
l’on mette en doute le Coran... ! Qu’Allah nous en préserve.
Or la logique nous apprend que lorsqu’une hypothèse d’une théorie est
fausse alors toute la théorie est remise en cause. D’où la théorie des versets
manquants est fausse. De l’autre côté le Coran, tel que nous le connaissons,
reste cohérent, entier et inattaquable donc vrai.
Mais encore d’autres versets nous permettent de montrer que cette
anecdote est totalement fausse :
« Ce ne sont que des noms que vous avez,
inventés, vous et vos ancêtres. Allah n'a fait descendre aucune preuve à leur
sujet. Ils ne suivent que la conjecture et les passions de (leurs) âmes, alors
que la guidée leur est venue de leur Seigneur. » (An Najm 53 : 23)
« Nous te
ferons réciter (le Coran), de sorte que tu n'oublieras
que ce qu'Allah veut. Car, Il connaît ce qui
paraît au grand jour ainsi que ce qui est caché. » (Al A’Alâ 5 : 6, 7)
« Par l'étoile à son déclin!
Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas
été induit en erreur
et il ne prononce rien sous l'effet de la
passion;
ce n'est rien d'autre qu'une révélation
inspirée.
Que lui a enseigné (l'Ange Gabriel) à la
force prodigieuse,
doué de sagacité; c'est alors qu'il se montra
sous sa forme réelle (angélique), » (An
Najm 53 : 1 à 4)
Et enfin comme nous l’avons déjà dit haut (sur l’Assama du Prophète), il est encore d’autant plus faux de raconter de
telles inepties sur le Prophète (P) de l’Islam que Dieu lui demande et même
demande à tout (simple) musulman de se réfugier auprès de Lui en cas de
tentation du diable. A plus forte raison quand il est question du meilleur des
hommes, l’Elu, le Protégé de l’erreur, celui-là même qui détient un rang
élevé auprès du Maître du Trône, et qui n’a aucune crainte à déplaire à
ses mécréants d’ennemis, Al Mustapha (P) le Sceau des Prophètes. Allah nous dit
en effet :
« Accepte ce qu'on t'offre de
raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants. (Al A’raf 7 :
199)
« Et si jamais le Diable t'incite à
faire le mal, cherche refuge auprès d'Allah. Car Il entend, et sait
tout. » (Al A’raf 7 : 200)
« Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu'une
suggestion du Diable les touche se rappellent (du châtiment d'Allah): et les
voilà devenus clairvoyants. » (Al A’raf 7 : 201)
« Quand tu ne leur apportes pas
de miracle, ils disent: "Pourquoi ne l'inventes- tu pas ?" Dis:
"Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé de mon Seigneur. Ces (versets
coraniques) sont des preuves illuminantes venant de votre Seigneur, un guide et
une grâce pour des gens qui croient. » (Al A’raf 7 : 203)
En conclusion sur l’Assama du Prophète (P), nous pouvons remarquer qu’il
n’y a malgré toutes ces velléités de remettre en cause le Coran ou
l’infaillibilité du Prophète (P), aucun musulman ne prétend détenir un livre
différent du Coran à la place de celui que nous possédons. Tous les musulmans
du monde entier lisent et pratiquent les préceptes et enseignements du même
Coran.
S’il est un thème qui a été l’objet de bien
de confusions et même d’une certaine gêne dans l’esprit de beaucoup de
musulmans a fortiori de personnes d’autres religions et croyances, c’est bel et
bien celui de l’esclavage.
Disons-le tout de suite : ce n’est point
l’Islam qui est en cause comme d’ailleurs dans bien d’autres domaines ainsi que
nous l’avons vu dans toute l’histoire de
Quels sont les enseignements et la position
de l’Islam vis-à-vis de cette ignominie qu’est l’esclavage ?
La réponse est triviale. Mais pour une fois,
dans ce cas, le pourquoi est plus évident que le comment. C’est pourquoi nous
vous proposons d’abord de faire le point de la situation de la pratique de
l’esclavage à « l’aube » de l’Islam.
En effet lorsque
Acheter un esclave c’était faire un
placement ; c’est comme de nos jours acheter une action d’une société ou
faire une épargne bancaire ou encore en milieu paysan acheter des bœufs, des
ânes ou des chevaux.
En avoir était donc et aussi un signe
extérieur de richesse comme aujourd’hui posséder une voiture, une maison, etc.
Dés lors l’interdire de but en blanc aurait
été pour des peuples ayant une longue pratique de ce commerce une raison facile
pour refuser d’adhérer à la religion du Prophète (P) ; ce d’autant plus
que cette interdiction totale et brutale aurait signifié la ruine de la plupart
des possesseurs d’esclaves.
Le Prophète (P), comme en toute chose que
Dieu recommandait, ne manquait jamais l’occasion de prendre exemple sur
lui-même. C’est ainsi qu’ayant reçu de Khadija son épouse l’esclave Zaid comme
présent, il l’adopta et l’affranchit aussitôt. Et pour prouver qu’un esclave
est un homme comme tout autre et que devant Dieu seule comptait la foi, il
décida d’offrir en mariage à Zaid une de ses propres cousines du nom de Zeynab.
Le mariage fut célébré et consommé. Mais le couple ne cessait de subir des
railleries et autres médisances sur la condition d’esclave du mari. Le mariage
ne baignait pas dans le bonheur et ils jugèrent meilleur de se séparer à
l’amiable ; ainsi le divorce fut prononcé.
Or chez les arabes de cette époque, une femme qui s’était compromise
avec un esclave ne pouvait pas trouver un mari noble. C’est ainsi que le
Prophète (P) proposa à Zeynab, par compassion et pour récompense de son
obéissance, de la donner en mariage au meilleur des hommes, c’est-à-dire
lui-même.
C’est là que Salman Rushdi parle d’inceste dans son livre « les
versets sataniques ». C’est ne rien comprendre ni à l’Islam ni à la
logique. De toute façon une telle attitude ne saurait surprendre de la part de
quelqu’un comme Rushdi qui n’a d’autre intention que de nuire.
En effet, il faut d’abord signaler que Zaid est un fils adoptif du
Prophète (P) et non un fils biologique. Dieu dit à propos de l’adoption :
« Appelez- les du nom de leurs
pères : c'est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas
leurs pères, alors considérez- les comme vos frères en religion ou vos alliés.
Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés
pour) ce que vos cœurs font délibérément. Allah, cependant, est Pardonneur et
Miséricordieux. » (Al Ahzâb, 33 : 5)
Ce qui veut dire qu’un fils adoptif ne doit pas pour autant porter le
nom de son père adoptif mais bien celui de son père biologique qui restera
toujours comme tel. Les occidentaux n’ont pas le même point de vue, eux qui
détruisent ainsi l’identité des personnes adoptées en faisant disparaître leur
nom d’origine.
Dieu précise même cela davantage en insistant :
« Muhammad n'a jamais été le père de l'un
de vos hommes, mais le messager d'Allah et le dernier des prophètes. Allah est
Omniscient. »
(Al Ahzâb, 33 : 4)
Mais alors pourquoi le Prophète (P) n’aurait-il pas le droit d’épouser
sa cousine Zeynab qui avait divorcé d’un homme qui n’était pas son fils
biologique à lui ?
De quel inceste peut-on parler ici, si ce n’est de la médisance et un
mensonge éhonté ?
Al Mustapha (P), l’Elu et le Bien-Aimé venait encore de donner là une
leçon de sagesse, de justice et d’équité à toute
Il était certes difficile dans cette aube de
l’Islam de se séparer de ses esclaves d’un coup comme nous l’avons déjà dit
plus haut mais aussi Dieu ne nous impose jamais l’impossible :
« Allah n'impose à aucune âme une charge
supérieure à sa capacité. […] » (Baqara, 2 : 286)
Cependant puisque cette pratique est
dégradante pour l’homme mais aussi pour la société car c’est un facteur
d’inégalité indéniable et insupportable, Dieu a donné dans le Coran des
méthodes sûres et efficaces d’éradiquer ce fléau.
Ces méthodes de lutte contre l’esclavage peuvent
être analysées dans la ligne de mire de deux objectifs bien définis :
- favoriser la libération progressive des esclaves à travers les
multiples cas où pour expier sa faute il faut libérer un esclave.
- Supprimer les inégalités sociales tant sur le plan économique donc
matériel que sur le plan des castes et autres catégorisations sociales ;
notamment lorsque ces inégalités touchent les esclaves.
Nous voyons là que l’Islam s’attaque au mal
mais aussi et surtout à sa source.
Citons pour étayer ces propos (libération et
réhabilitation de l’esclave) quelques versets du Saint Coran :
« Et n'épousez pas les femmes
associatrices tant qu'elles n'auront pas la foi, et certes, une esclave
croyante vaut mieux qu'une associatrice même si elle vous enchante. Et ne donnez
pas d'épouses aux associateurs tant qu’ils n'auront pas la foi, et certes, un esclave
croyant vaut mieux qu'un associateur même s'il vous enchante. Car ceux-là (les
associateurs) invitent au Feu; tandis qu'Allah invite, de par Sa Grâce, au
Paradis et au pardon Et Il expose aux gens Ses enseignements afin qu'ils se
souviennent ! » (Al Baqara, 2 : 221)
« Il n'appartient pas à un
croyant de tuer un autre croyant, si ce n'est par erreur. Quiconque tue par
erreur un croyant, qu’il affranchisse alors un esclave croyant et
remette à sa famille le prix du sang, à moins que celle-ci n'y renonce par
charité. Mais si (le tué) appartenait à un peuple ennemi à vous et qu' il soit
croyant, qu'on affranchisse alors un esclave croyant. S'il appartenait à
un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le
prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. Celui qui n'en
trouve pas les moyens, qu’il jeûne deux mois d'affilée pour être pardonné par
Allah. Allah est Omniscient et Sage. » (An-Nisâ’ 4 : 92)
« Allah ne vous sanctionne pas
pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments
que vous avez l'intention d'exécuter. L'expiation en sera de nourrir dix
pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles ou de les
habiller, ou de libérer un esclave. Quiconque n'en trouve pas les moyens
devra jeûner trois jours. Voilà l'expiation pour vos serments, lorsque vous
avez juré. Et tenez à vos serments. Ainsi Allah vous explique Ses versets, afin
que vous soyez reconnaissants! » (Al Mâ’ida, 5 : 89)
« Allah propose en parabole un esclave
appartenant (à son maître), dépourvu de tout pouvoir, et un homme à qui Nous
avons accordé de Notre part une bonne attribution dont il dépense en secret et
en public. (Ces deux hommes) sont- ils égaux? Louange à Allah! Mais la plupart
d'entre eux ne savent pas. » (An-Nahl 16 : 75)
« Ceux qui comparent leurs
femmes au dos de leurs mères puis reviennent sur ce qu'ils ont dit, doivent
affranchir un esclave avant d'avoir aucun contact (conjugal) avec leur
femme. C'est ce dont on vous exhorte. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de
ce que vous faites » (Al-Moujâdala 58 : 3)
« Et qui te dira ce qu'est la
voie difficile? C'est délier un joug (affranchir un esclave), …» (Al Balad 40 : 12 et 13)
« Adorez Allah et ne Lui donnez
aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les
orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le
voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n'aime pas, en
vérité, le présomptueux, l'arrogant, » (An-Nisâ’ 4 : 36)
« Cela (le châtiment), pour ce
que vos mains ont accompli." Et Allah n'est point injuste envers les esclaves. »
(Al Anfâl 8 : 51)
« Allah a favorisé les uns
d'entre vous par rapport aux autres dans (la répartition) de Ses dons. Ceux qui
ont été favorisés ne sont nullement disposés à donner leur portion à ceux
qu'ils possèdent de plein droit (esclaves) au point qu'ils y deviennent
associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d'Allah? » (An Nahl 16 :
71)
« Il vous a cité une parabole de
vous-mêmes: Avez-vous associé vos esclaves à ce que Nous vous avons
attribué en sorte que vous soyez tous égaux (en droit de propriété) et que vous
les craignez (autant) que vous vous craignez mutuellement? C'est ainsi que Nous
exposons Nos versets pour des gens qui raisonnent. » (Ar Roûm 30 : 28)
« Et que ceux qui n'ont pas de
quoi se marier, cherchent à rester chastes jusqu'à ce qu'Allah les enrichisse
par Sa grâce. Ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d'
affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en
eux; et donnez- leur des biens d'Allah qu'Il vous a accordés. Et dans votre
recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos
femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes. Si
on les y contraint, Allah leur accorde après qu'elles aient été contraintes,
Son pardon et Sa miséricorde. » (An Noûr 24 : 33)
III - LES
DEUX MUT’A[86] : MARIAGE
TEMPORAIRE ET PÈLERINAGE DOUBLE
M1. « Et, parmi les femmes, les Dames, -
sauf si de vos mains vous les avez obtenues comme esclaves en toute propriété.
Prescription de Dieu sur vous ! Hors de cela, il vous est permis de les rechercher,
à vos dépens ; - en hommes qui concluent mariage, non en débauchés. Puis,
de même que vous jouissez d’elles, donnez-leur leurs salaires d’honneur, comme
une chose due. Nul grief contre vous à ce que vous consentiez l’un à l’autre
après cet arrêté. Dieu demeure savant, sage, vraiment ! » (Les
femmes, 4 : 24 d’après une traduction de Muhammad Hamidullah).
Ou encore en plus clair :
« [Il est illicite pour vous d’avoir des
rapports sexuels] avec des femmes mariées, exception faite des captives. [Voilà]
ce que Dieu vous prescrit. Hormis les cas énumérés, il est licite pour vous de
rechercher [des épouses], en y employant vos biens, en hommes désirant se
marier honnêtement, non en débauchés. A celles dont vous avez tiré jouissance
remettez le don qui leur est obligatoirement dû. Il n’y a aucun inconvénient à
ce que vous vous fassiez des concessions mutuelles après [détermination] de la
dot obligatoire. Dieu est, en vérité, omniscient et sage. » (Les femmes, 4 : 24 d’après une
traduction de Cheikh Si Hamza Boubakeur)
M2. « Dieu veut [ainsi] vous faciliter [les
choses], car Il sait que l’homme est faible par nature. » (Les
femmes, 4 : 28)
M3. « O Prophète ! Pourquoi
interdis-tu ce que Dieu a rendu licite en cherchant à satisfaire tes
épouses ? Et Dieu est Celui Qui pardonne. Il est Clément. » (At
Tahrîm ou L’interdiction, 66 : 1)
Dieu le Tout-Puissant permet aux hommes de
façon claire et nette, à travers le verset ci-dessus désigné M1, de conclure un contrat de mariage
à durée limitée avec une femme consentante et selon des conditions de
compensation fixées de commun accord par les deux parties contractantes. Ce qui
est plus simplement connu sous le nom de mariage temporaire; ou encore en
arabe, Mut’â tun nîssa.
En effet, Dieu Qui connaît la faiblesse de
Ses créatures (verset M2
ci-dessus cité) leur a précisé dans un premier temps les femmes qu’ils ne sont
à jamais autorisés à épouser dans les versets 22 et 23 de la sourate IV (Les
femmes).
Dans une seconde étape, le Tout
Miséricordieux permet dans le verset 24 à ceux d’entre nous qui n’ont pas le
privilège d’être mariés de pouvoir éviter de pêcher par fornication et surtout
de respecter la femme dans ce qu’elle a de plus sensible et intime : son
honorabilité sexuelle.
Il est évident dans ce verset qu’il ne peut
s’agir du mariage classique sans terme prédéterminé. Dieu nous parle d’abord
des Dames c’est-à-dire les femmes mariées (muhsanât,
du verbe hasuna qui signifie être
fortifiées, chastes, inaccessibles, vertueuses en somme protégées contre tout
rapport sexuel illicite en raison de leur qualité d’épouses ou autre); celles
d’entre ces Dames avec qui nous sommes autorisés à avoir des rapports sexuels
sont les seules captives prises au cours d’une guerre. même si elles sont
mariées.
Ensuite le verset en question prévient sinon
avertit : « ...en hommes qui concluent mariage, non en débauchés. » ;
cette comparaison ne se justifierait pas s’il s’agissait du mariage sans terme
prédéterminé.
Il est bon ici de préciser l’aspect sacré qui
couvre ce type de mariage qui, malgré son caractère temporaire doit se dérouler
dans un cadre réglementaire précis, respectueux des droits de la femme et de
l’enfant et de la morale islamique. C’est cet esprit qui doit guider toute
personne liée par un tel contrat.
L’avertissement susdit suffit dés lors aux
musulmans pieux - Dieu guide ses esclaves et non les autres - pour situer les
limites d’une telle pratique qui, de par sa nature, est exceptionnelle donc
doit être :
* non répétitive à souhait,
*et surtout dans le total et mutuel respect
des conjoints.
Enfin dans la phrase « A
celles dont vous avez tiré jouissance remettez le don qui leur est
obligatoirement dû. », le verbe istamta’â qui est traduit par « tiré jouissance » est
directement lié au mariage temporaire (nikâh-l-mut’â)
largement pratiqué en Arabie Ancienne. D’ailleurs le verset 26 suivant achève
de nous convaincre lorsqu’il dit : « Dieu veut vous éclairer en
vous indiquant les traditions de ceux qui vous ont précédés. Il agrée votre
repentir, car Il est omniscient et tout sage. » ; Confirmant
ainsi une tradition qu’Il veut perpétuer en nous mettant, dans ce domaine, sur
la voie suivie par ceux qui nous ont précédés.
Dans une troisième étape et pour
finir Sa revue des différentes situations, Dieu permet même à ceux qui, pour
des raisons matérielles, ne peuvent pas épouser des femmes libres et croyantes
de prendre femme parmi leurs jeunes esclaves croyantes avec la permission
préalable des maîtres de celles-ci et après les avoir convenablement dotées,
comme le dit le verset 25 de la même sourate 4.
Tout cela afin d’éviter aux hommes et
aux femmes d’avoir à commettre la fornication.
Et voilà qu’un simple homme (‘Umar
Bun Khattab) de ce qu’il y a de plus mortel intervient dans les Nobles Desseins
de Dieu pour interdire ce que le Très Haut
a autorisé. Alors que même le très Saint Prophète (P) non seulement ne
l’a pas interdit mais n’est pas non plus autorisé à interdire ce que Dieu a
autorisé, comme le prouve le verset M3
cité ci-dessus où Dieu s’adresse directement à lui à propos d’une petite
affaire intervenue dans son foyer[87].
Ce qui nous permet d’affirmer
indubitablement que le mariage temporaire était pratiqué du temps du Prophète
(P) et que c’est précisément le deuxième calife ‘Umar qui l’a interdit, c’est
un hadith très célèbre.
Ce hadith a été cité par Muslim dans
son Sahih (Tome I, page 467), par
Râzi dans ses Tafsir dans le chapitre
qui traite de l’interprétation du verset 24 de
Ce hadith rapporte que ‘Umar le
deuxième Calife, qui succéda à Abou Bakr, fit un jour un discours du haut d’une
tribune où il s’exprima librement en ces termes :
« Deux Mut’â ont existé au temps du Prophète et moi ‘Umar, je les interdis
et j’en prendrais la responsabilité; il s’agit du Mut’â du pèlerinage et du
Mut’â des femmes. »
A la même page 467 du Tome I des
Sahih de Muslim, Ibn Nadirata a rapporté que Ibn Abbas autorisait le mariage
temporaire et que Ibn Zubair l’interdisait. Etant troublé par cette
contradiction, il alla trouver Jabir Ibn Abdallah qui était un compagnon
du Prophète et lui demanda ce qu’il en pensait. Ce dernier lui
répondit : « Nous avions
toujours fait cela (le Mut’â ) au temps du Prophète ; quand ‘Umar est venu
au pouvoir, il a dit : Dieu autorisait au Prophète (P) de faire ce qu’il
voulait et le Coran a dit : « Accomplissez
le pèlerinage et le petit pèlerinage comme Dieu vous l’a demandé[88]»; mais éloignez-vous de ce genre de mariage
avec les femmes (mariage temporaire) car à chaque fois qu’on m’amènera un homme
qui a conclu ce genre de mariage je le lapiderai. »
Dans le Tome V de ses Sahih à la page
158, Bukharî rapporte de Mussad qui dit que Yahya a rapporté de Abu Bakr qui
tient de Abu Raja qui a entendu Imran Ibn Hassine dire : « Il est descendu le verset de Mut’â
dans le livre de Dieu et nous avons pratiqué cela avec le Prophète ; et
jusqu'à la mort du Prophète, il n’est jamais descendu un autre verset dans le
Coran pour interdire cela. Mais il y a eu un homme qui en a dit ce qu’il
voulait à partir de son propre point de vue. Un certain Muhammad qui était là,
observa : « On dit que cet homme-là, c’est ‘Umar. » »
On peut relever d’autres hadiths de
cette substance dans les Sahih de Muslim (Tome IV, page 131) ainsi que dans les
Tafsir de Salabi et de Tabari, notamment dans ses commentaires du fameux verset
24 de
Il est ainsi prouvé que le Prophète a
autorisé le mariage temporaire en tant qu’allégement accordé par Dieu à Ses
créatures humaines qu’Il sait faibles par nature. Et même que cette pratique a
survécu au règne du premier Calife Abu Bakr.
Or un hadith très célèbre et fort
véridique dit :
« Ce que le Prophète a déclaré licite ou illicite reste valable
jusqu’au jour du jugement dernier. »
Donc on peut qualifier - sans se
tromper et pour le moins ! - de sans fondement l’interdiction de ‘Umar.
D’autant plus que cette interdiction a des conséquences incalculables ainsi que
le prévoit Celui Qui a accordé cette faveur à Ses créatures.
C’est dans ce cadre que Salabi, pour
citer une conséquence de cet interdit, a dit :
« Le Mut’â est une miséricorde de Dieu pour ses esclaves
(adorateurs). Si ‘Umar ne l’avait pas interdit, ne ferait l’adultère qu’un
maudit. »
Nous reviendrons plus loin sur ces
conséquences.
On ne peut s’empêcher de rappeler ici
une anecdote dans la vie de Walid qui était le Calife des Umayyades à Médine,
bien longtemps après la mort du Prophète (P).
Lors d’une de ses prêches dans son
fief de Médine alors qu’il s’appliquait à interdire avec véhémence le Mut’â tun nîssa ou mariage temporaire,
un vieillard se leva dans la foule et lui demanda de ne pas interdire ce que
Dieu Lui-même avait autorisé. Le jeune et fougueux chef refusa d’obtempérer.
Devant la persistance de Walid, le
vieillard lui demanda d’aller se renseigner auprès de sa mère sur les raisons
qui devraient particulièrement lui interdire, lui Walid, de s’évertuer à
démontrer le bien-fondé de cette interdiction.
Exécutant par curiosité la
recommandation du vieillard, quelle ne fut la surprise de Walid d’apprendre
qu’il était issu d’un mariage temporaire par la bouche de celle-là même qui l’a
engendré. Elle lui conseilla d’éviter à l’avenir d’avoir à discuter de ces
questions avec les proches du Prophète car ils en connaissent toujours un peu
plus que quiconque.
Le vieillard en question n’était
autre que le bien connu Ibn Abbas, un contemporain du Prophète (P).
Toutes ces preuves puisées du Saint
Coran et de hadiths irréfutables confirment que le mariage temporaire est
autorisé par Dieu, qu’il a existé du
temps du Prophète et qu’il reste de ce fait encore en vigueur jusqu'à la fin
des temps.
Il est dès lors opportun de rappeler
les conditions sine qua non
d’accomplissement d’une telle pratique telles qu’elles nous sont transmises fidèlement
par la tradition authentique de l’Ecole des Ahlul Bayt (P) à travers les
enseignements de l’Imam Jâ’far çâdiq (P) :
-La femme qui contracte ce type de mariage
doit être libre de tout engagement et notamment de toute promesse de mariage.
-La femme doit être majeure. S’agissant de la
femme mineure, il faut non seulement son accord mais obligatoirement celui de
ses parents (père ou mère) ou de quelqu’un qui a un pouvoir de décision sur
elle.
-L’homme exprime à la femme, son désir de
contracter avec elle ce type de mariage. Si la femme consent, elle donne son
accord et fixe la dot ou salaire pour reprendre le terme coranique.
-Les deux parties conviennent de la durée du
mariage et la femme s’exprime en ces termes : « j’accepte de toi,
devant Dieu, cette dot pour un mariage temporaire de ... (elle précise la durée en années, mois,
semaines, jours, heures) à compter de ... (elle précise la date) ».
-Il n’y a pas d’obligation d’avoir un témoin.
Par contre, quand une grossesse survient au cours du mariage ou dans la période
de deux menstrues à observer après le terme du mariage, il y a lieu d’en avoir
un.
-Si le mari décède avant le terme du mariage,
la femme a l’obligation d’observer la période de veuvage qui est de quatre mois
et dix jours.
-L’homme n’est pas obligé de prendre la femme
en charge ni de vivre avec elle sous le même toit de manière permanente.
-L’homme n’hérite pas de la femme et la femme
n’hérite pas de l’homme mais un enfant issu de ce mariage hérite de ses deux
parents.
-La charge et l’éducation de l’enfant né d’un
tel mariage - en somme le pouvoir paternel dans le droit positif - incombent à
l’homme comme dans un mariage classique.
-Le mariage devient caduc au lendemain de son
échéance.
-Au terme du mariage, c’est seulement après
deux menstrues que la femme est libre de contracter un nouveau mariage. La
raison de cette précaution est évidente.
Pour en venir aux conséquences de
l’interdiction de ‘Umar de pratiquer le Mut’â tun nîssa, dans un premier temps
nous demandons simplement au lecteur d’observer l’évolution des mœurs sexuelles
de notre société. Non pas que la dépravation de ces mœurs soit due à cet
interdit, ce qui est bien loin de nos propos mais plutôt que le mariage
temporaire permettrait à bien des croyants sincères, hommes et femmes, de ne
pas commettre la fornication. Ce qui constituerait déjà un capital inestimable
dans la vie de bien des musulmans ici-bas et dans l’au-delà.
Une deuxième conséquence non moins importante
est la place non négligeable qu’occupe cette interdiction parmi les raisons qui
poussent certaines femmes à tirer commerce de leur chair afin de survivre. Ce
que la majorité d’entre elles – pas toutes, le vice motivant certaines d’entre
elles – auraient pu éviter si elles avaient la possibilité de pouvoir être
entretenues convenablement et honorablement, en toute dignité dans le cadre
sacré d’une liaison licite.
Dans une troisième étape nous vous invitons à
jeter un regard sur le nombre croissant d’enfants de la rue rejetés pour une
faute qu’ils n’ont pas commise, abandonnés à leur triste sort d’exclus de la
société, de pseudo - orphelins dont les parents sont bien vivants. Ils portent
injustement sur eux toute la honte qu’ont éprouvée à les engendrer leurs
parents indignes.
La pauvreté mais surtout le caractère
illicite de l’union dont ces enfants sont issus, telles sont les raisons qui
sont dans la majeure partie des cas à la base de ce rejet dont ils ne sont pas
les seules victimes. En effet au moins la mère sinon le père sont parmi les
victimes sans compter les éventuelles victimes de ces enfants lorsqu’ils
deviennent des bandits et autres voleurs ou drogués.
Dans le même sillage ce Mut’â aurait permis
d’éviter pas mal d’avortements commis souvent dans la clandestinité et
engendrant leur cortège d’accidents mortels pour la mère et/ou pour l’enfant.
Encore une fois très souvent par pure honte d’une union illicite.
Le quatrième point et certainement pas le
dernier concerne surtout les musulmans sincères - mais « faibles par nature »
- et qui se trouvent occasionnellement éloignés pour une durée limitée de leur
épouse s’ils en ont une. Ils éviteraient ainsi d’avoir des maîtresses avec
lesquelles ils ont parfois des enfants qui n’ont pas droit à la reconnaissance
paternelle et qui doivent vivre avec leur mère dans des conditions
inacceptables sans même l’aide du père. Ces enfants-là ont également droit à un
père jouissant pleinement du pouvoir paternel selon l’appellation consacrée par
le droit positif et tel que le conçoit l’Islam.
Ces femmes pourraient alors bénéficier d’un
statut licite et digne en se faisant épouser même si c’est de façon temporaire.
Comme on le voit donc même si l’interdiction
de ‘Umar n’est pas l’unique raison qui explique tous ces maux, elle constitue
pour une bonne frange de musulmans un frein réel à une bonne pratique
religieuse. Surtout, elle est une profonde incitation à la débauche du moins à
l’écartement du musulman de son ascension vers la perfection qui est le but
ultime de notre religion.
Que Dieu nous éloigne de toute turpitude !
P1. « Et
accomplissez pour Dieu le grand et le petit pèlerinages. [...] » (Al
Baqara, 2 : 196)
P2. « Le
pèlerinage touche des mois bien connus. [...] » (Al Baqara,
2 : 197)
P3. « Invoquez
Dieu au cours des jours comptés. Celui qui, trop pressé, les ramène à deux
jours ne commet point de pêché. Ne commet aucun pêché non plus celui qui, plein
de piété, retarde son départ. [...] » (Al Baqara, 2 : 203).
Ces versets nous précisent respectivement le
caractère obligatoire, pour ceux qui le peuvent, du grand et du petit
pèlerinages - Hajj et Umrâ - (P1),
le déroulement cyclique du Hajj une fois l’an en des mois précis (P2) et plus précisément en
quelques jours bien déterminés (P3).
Il est généralement admis, et le Prophète (P)
nous en a donné l’illustration par sa pratique, que le pèlerinage annuel ou
Hajj se pratiquait dans les mois de Shawwâl
(10ième mois lunaire), Zul-qa’d
et les dix premiers jours du 12ième mois lunaire de Zul-hajj ; les
jours essentiels de ce pèlerinage étant ces 10 derniers jours et plus
exactement les trois derniers, voire seulement les deux comme le permet le
Coran.
Donc ce pèlerinage est, par essence,
collectif parce que se déroulant à un même moment pour tout le monde. Il est
l’occasion pour tous les musulmans du monde entier de se réunir une fois l’an
en une assemblée du niveau le plus élevé qui soit depuis celle de la prière de
groupe ordinaire en passant ensuite par la prière hebdomadaire du Vendredi et
enfin par celles annuelles des deux Aïds.
Tout cela dénote une cohérence extraordinaire
dans la logique de la permanente et nécessaire concertation qui doit toujours
exister entre tous les membres de
S’agissant du petit pèlerinage ou Umrâ il
peut être accompli à tout moment de l’année, le Coran ne l’ayant pas fixé dans
l’année. Ainsi ce pèlerinage est d’abord individuel car sa fixation dans le
temps relève d’une décision individuelle.
Ce que le deuxième Calife ‘Umar a interdit
c’est de pratiquer
Sur ce point, comme en bien d’autres, la
pratique du Prophète nous suffit et nous sert de modèle à suivre. Il est prouvé
en effet que le Prophète a pratiqué le Hajj
et
Les références sont nombreuses et nous allons
en citer quelques unes :
- On peut commencer par rappeler le hadith
déjà cité dans la partie concernant le mariage temporaire, dans lequel le
Calife ‘Umar dit :
« Deux Mut’â ont existé au temps du Prophète et moi ‘Umar, je les
interdis et j’en prendrais la responsabilité; il s’agit du Mut’â du pèlerinage
et du Mut’â des femmes. »
- L’imam Malick, dans son livre El Muwatta (Tome I, page 130), rapporte
de Muhammad Ibn Abdullah Ibn Harris Ibn No’ofal Ibn Abdul Mutalid qui dit avoir
entendu Saad Ibn Abi Wakass et Dehak Boun Kaiss parler du Mut’â du pèlerinage
l’année où Mu’awiyah, fils d’Abu Sofian, était venu faire le pèlerinage à
Dehak Boun Kaiss : « Ne fait ce genre de
pèlerinage que celui qui ne connaît pas les ordres de Dieu »
Saad Ibn Abi Wakass : « Malheur à toi,
fils de mon frère »
D.B.K. : « ‘Umar a interdit
cela ! »
S.I.A.K. : « Le Prophète (P) lui-même
a pratiqué ce genre de Mut’â et nous-mêmes nous avons pratiqué cela avec
lui. »
- L’Imam Ahmad Ibn Hanbal, rapporte dans ses
Musnad (Tome I, page 337), que Ibn Abbas a échangé avec Rouawata Ibn Zubair les
paroles suivantes :
Ibn Abbas : « Le Prophète a fait le
Mut’â »
Rouawata Ibn Zoubair : « Abu Bakr et ‘Umar
l’ont interdit. »
I.A. : « Qu’est-ce que raconte
Ourayata[89] ? »
R.I.Z. : « Abu Bakr et ‘Umar avaient
interdit cela. »
I.A. : « Je vois que les gens qui
disent que Abu Bakr et ‘Umar ont dit vont être maudits ; moi je dis que le
Prophète a dit et eux ils disent que Abu Bakr et ‘Umar ont dit. »
Dans le Jami’u
Bayanul Ilmi Wa Fadlihi, l’Imam Ibn Abdul Bar’r rapporte les mêmes
témoignages que l’Imam Hanbal.
-
Dans ses Sahih (Tome I, page 157) Tirmizi rapporte qu’un jour on questionna
Abdullah Ibn ‘Umar (fils du 2ième Calife) à propos du Mut’â du
pèlerinage. Il répondit que c’est autorisé et on lui fit entendre que son père
l’avait interdit. Il rétorqua : « Si mon père l’interdit et que
le Prophète (P) l’a pratiqué, qu’est-ce qu’on fait ? Ce que mon père a dit
ou ce que le Prophète (P) a fait ? ». Il reçut pour
réponse : « On suit le Prophète ».
Le débat était ainsi clos par cette
argumentation pleine de tact et de vérité.
L’on peut tout de même s’étonner par delà
tout ce qui vient d’être dit sur l’interdiction des deux Mut’â par ‘Umar car si
le Mut’â des femmes reste interdit pour certains, ce n’est pas le cas du Mut’â
du Hajj qu’ils continuent de pratiquer conformément à la tradition prophétique.
IV - LE RAMADHÂN :
Le jeûne du mois de Ramadhân est une recommandation divine
essentielle :
« (Ces jours
sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide
pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc,
quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu' il jeûne! Et quiconque est
malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. -
Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin
que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah
pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! » (Baqara, 2 : 185)
Sur ce point et sur la façon précise de pratiquer ce jeûne il n’y a
heureusement pas de divergence entre les musulmans. Cependant des modifications
inopportunes viendront, après le Prophète (P). C’est ainsi que le Calife ‘Umar
institua une pratique devenue, depuis lors, une habitude largement observée par
les musulmans : les nawâfil ou
encore tarâwih. Il s’agit des prières
surérogatoires (ou supplémentaires) faites en groupe pendant les nuits du mois
de Ramadhân.
Sous le Prophète (P) puis sous Abu Bakr, les musulmans faisaient leurs
prières surérogatoires pendant les nuits du mois de Ramadhân de façon séparée
après avoir prié en groupe la dernière prière obligatoire de la nuit (Ichâ).
Quand ‘Umar arriva au Califat il trouva que cela faisait
« désordonné » de faire ces surérogatoires séparément. Il décida
alors qu’on les fasse désormais en groupe.
Dieu dit qu’Il ne charge jamais ses créatures que nous sommes de ce que
nous ne pouvons supporter. A chacun donc de prier dans son intimité le nombre
de rak’ah supplémentaires qu’il peut supporter à l’heure qu’il veut. Et Dieu
dit à ce propos :
« Ton Seigneur sait, certes, que tu
(Muhammad) te tiens debout moins de deux tiers de la nuit, ou sa moitié, ou son
tiers. De même qu'une partie de ceux qui sont avec toi. Allah détermine la nuit
et le jour. Il sait que vous ne saurez jamais passer toute la nuit en prière. Il
a usé envers vous avec indulgence. Récitez donc ce qui (vous) est possible du
Coran. Il sait qu'il y aura parmi vous des malades, et d'autres qui voyageront
sur la terre, en quête de la grâce d'Allah, et d'autres encore qui combattront
dans le chemin d'Allah. Récite-en donc ce qui (vous) sera possible.
Accomplissez
Pour revenir donc à l’enseignement originel du Prophète (P) de l’Islam
et à son exemple, cessons sinon tout au moins ne continuons pas à imposer les nawâfil en groupe. Surtout lorsqu’on sait
qu’il existe dans certains pays des musulmans qui vont jusqu’à penser qu’on ne
peut pas jeûner si on n’a pas fait des prières surérogatoires la veille. Il est
vrai qu’elles sont hautement recommandées et qu’elles sont l’occasion
d’affirmer et de renforcer l’intention de jeûner le lendemain. Mais ces prières
ne sont pas obligatoires contrairement à l’aspect que lui donne la pratique en
groupe.
Un autre point important porte sur l’heure de coupure du jeûne.
« On vous a permis, la nuit d'as-Siyâm,
d'avoir des rapports avec vos femmes; elles sont un vêtement pour vous et vous
êtes un vêtement pour elles. Allah sait que vous aviez clandestinement des
rapports avec vos femmes. Il vous a pardonné et vous a graciés. Cohabitez donc
avec elles, maintenant, et cherchez ce qu'Allah a prescrit en votre faveur;
mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube
du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit. Mais
ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les
mosquées. Voilà les lois d’Allah : ne vous en approchez donc pas (pour les
transgresser). C'est ainsi qu'Allah expose aux hommes Ses enseignements, afin
qu'ils deviennent pieux ! » (Al Baqara 2 : 187)
Or donc le Saint Coran est très clair : jusqu’à la nuit. Ce qui
veut bien dire qu’on ne saurait couper le jeûne alors que le soleil n’est pas
complètement couché… tout au moins dans les régions non polaires où les jours
et les nuits sont sensiblement de longueurs constantes durant toute l’année.
Hélas on constate cependant une précipitation injustifiée à couper le
jeûne de sorte à pouvoir faire la prière de Maghrib
dans un délai que l’on juge à tort de trop court (par rapport à quoi ?).
Cela pose évidemment le problème de l’heure de la prière de Maghrib. Nulle part dans le Coran ou les
hadiths il n’a été indiqué cette « étroitesse » du délai alloué à
cette prière qui est simplement indiqué comme survenant après le coucher du
soleil et au début de la nuit. Donc en clair la prière de Maghrib intervient après la disparition de la rougeur laissée par
les derniers rayons de soleil tandis que la coupure du jeûne doit la précéder
dans cette même période… sans aucune précipitation. Mais non plus sans aucun
temps mort entre les deux.
Sur ce point des heures de prière, nous renvoyons le lecteur à la
partie ci-dessous consacrée aux regroupements des prières.
V -
« Ô les croyants ! Lorsque vous vous
levez pour
« Ô les croyants ! N'approchez pas
de
Ces deux versets nous disent l’essentiel de ce qu’il y a à connaître
sur les ablutions et leurs conditions de rupture.
Les ablutions constituent pour la prière un préalable indispensable
pour au moins deux raisons :
-
d’abord elles sont une recommandation divine ;
-
ensuite elles permettent de purifier spirituellement le fidèle en le
débarrassant des impuretés recueillies par certaines parties du corps et en le
préparant mentalement à l’acte qu’il va accomplir et qui doit le rapprocher de
Dieu et l’éloigner des vanités de ce monde ; il faut dire à ce niveau que
les ablutions ne remplacent pas un bon lavage préalable et obligatoire des
membres et autres parties du corps s’ils sont sales.
Les principales divergences qu’il convient de noter entre les musulmans
à propos des ablutions, concernent les gestes de purification des pieds et des
oreilles, ainsi que le nombre de passages.
Chez le grand nombre chaque membre ou partie reçoit trois passages au
lieu de deux et pas plus comme chez les Ahl Bayt (P). Les deux tendances
acceptent de compter le premier des passages comme étant celui qui a été
intentionnellement défini comme tel par le fidèle, laissant ainsi la
possibilité de se nettoyer à souhait avant la purification proprement dite.
Mais les Ahl Bayt considèrent comme invalide le troisième passage, et rendant
telles toutes les ablutions. Répéter ce premier passage intentionnel n’est que
prescription recommandée mais en faire trois devient vraiment superflu.
Par ailleurs, comme nous le lisons dans le premier verset du début de
ce sujet, certains traducteurs du Saint Coran ont rendu la partie soulignée de ce
verset sous la forme :
« …passez les mains
mouillées sur vos têtes; et lavez- vous les pieds… »
Ce qui est plutôt écrit en arabe signifie :
« …essuyez une partie de votre tête et de
vos pieds… »
Dans L’expression wamsaqu bî ruhu sikum wa arjulakum, on
note le bî : en grammaire arabe il s’agit du "al bâ
ul baghdiya" c’est-à-dire le bâ de l’exception, de la
limitation et qui se traduit ici par "une partie de…".
Le verbe est ici wamsaqu (=mas’h qui signifie essuyer),
les compléments d’objet direct sont bî ruhu sikum (= une partie de vos têtes) wa arjulakum
(= et de vos pieds). Dans tout cela où figure l’expression « lavez vos
pieds » et surtout le verbe laver ? Nulle part.
Il est donc question de passer la main sur les pieds exactement comme
pour la tête. Des orteils à la cheville avec la paume de la main droite pour le
pied droit et la paume de la main gauche pour le pied gauche, sur une largeur
égale à celle de la paume. Quant à la tête l’essuyage débute du ras frontal des
cheveux au milieu de la tête environ (longueur d’un doigt, largeur de trois
doigts joints).
Il reste vrai que laver les pieds est plus complet que de faire passer
les mains mouillées dessus. Mais le texte est clair et net. Et Dieu ne dit rien
au hasard. Respecter scrupuleusement les gestes clairement prescrits par Dieu
contribue de façon sûre à mieux se connecter à Lui.
Ce qui est en outre clair c’est qu’il n’est pas question du nettoyage
des oreilles. Nulle part cela n’a été recommandé lors des ablutions.
L’on peut dés lors comprendre que les adeptes de la famille purifiée du
prophète se massent le dessus des pieds comme le dessus du crâne et ne se
nettoient pas les oreilles. Respectant en cela les prescriptions précises du
Coran mais aussi les pratiques traditionnelles du Prophète (P) qu’ils ont
observées[90] et
conservées intactes.
Lorsqu’on fait les ablutions, il n’est pas obligatoire de laver
l’intérieur du nez, des yeux et des lèvres. Toutefois, la portion du visage à
laver va du bord frontal du cuir chevelu à l’extrémité du menton et, en
largeur, couvre l’ouverture de la main entre le bout du majeur et le bout du
pouce. C’est donc pour s’assurer qu’on s’est bien lavé toutes les parties
prescrites, qu’il est obligatoire de laver aussi une portion des parties
non prescrites (l’intérieur du nez, des lèvres et des yeux).
Dans tous les cas les actes obligatoires des ablutions sont :
-
Se laver le visage.
-
Se laver les mains jusqu’aux coudes.
-
Suivre l’ordre prescrit des actes.
-
Passer les mains mouillées sur la tête.
-
Passer les mains mouillées sur les pieds.
« Ô vous qui avez cru! Quand on appelle à
“Quand ils entrevoient quelque commerce ou
quelque divertissement, ils s'y dispersent et te laissent debout. Dis: "Ce
qui est auprès d'Allah est bien meilleur que le divertissement et le commerce,
et Allah est le Meilleur des pourvoyeurs". » (Al Joumou’a 62 : 11)
« Nul grief n'est à faire à l'aveugle,
ni au boiteux ni au malade. Et quiconque obéit à Allah et à Son messager, Il le
fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. Quiconque
cependant se détourne, Il le châtiera d'un douloureux châtiment. » (Al Fath 48 : 17)
Dans le deuxième verset, l’on voit une preuve concrète, un témoignage
historique du fait que la khutba ou discours prononcé par l’Imam le jour de la
prière, était prononcée par le Prophète après la prière. Ce verset nous montre
comment certaines personnes, pressées de retourner aux attractions et autres
gains exceptionnels du marché hebdomadaire qui avait lieu tous les vendredi,
laissaient derrière eux le Prophète « debout » pour faire son discours.
Bien entendu, la question qui nous vient alors tout de suite à l’esprit
est la suivante : D’où nous vient-il alors de faire la khutba avant la
prière ?
Après la mort du Calife Usmân, Mu’âwiyah s’était rebellé contre le
pouvoir de l’Imam ‘Ali (P). Dans toutes les mosquées qui étaient sous son
autorité, il exigeait que l’imam qui y dirigeait la prière du Vendredi, insulte
ouvertement l’Imam ‘Ali (P) et sa famille pendant la khutba. Cela,
malheureusement pour lui, ne rencontra pas souvent l’assentiment des musulmans
qui vouaient à la sainte famille du Prophète (P) un grand amour et un profond
respect. Ainsi donc les fidèles partaient systématiquement dés la fin de la
prière sans attendre la khutba. C’est alors que, fort de ce constat, Mu’âwiyah
décida de renverser l’ordre des choses : la khutba sera alors désormais
placée juste avant la prière afin d’obliger tous les fidèles à entendre les
insultes profanées sur l’Imam ‘Ali (P) par l’imam officiant de la prière et
seul maître à bord en ces moments cruciaux du culte.
Voilà donc l’origine du changement de l’ordre observé dans la cérémonie
de prières du Vendredi.
Quant au contenu de la khutba, il est bon de signaler qu’il est souvent
dévoyé de son objectif essentiel qui consiste à donner le point de vue de
l’Islam sur l’actualité tant sociale, politique qu’économique mais aussi à
renforcer la foi des fidèles. Elle doit être prononcée, par conséquent, dans la
(les) langue (s) la (les) plus parlée (s) par les fidèles.
En effet certains imams préfèrent lire à la place de la khutba un texte
écrit en arabe dont le sens reste mystérieux pour la presque totalité des
musulmans qui ne comprennent pas l’arabe. Pour ceux qui en comprennent le sens,
la situation est encore pire car ils écouteront tous les Vendredi un discours
plat et statique sans aucun lien avec leur époque.
C’est d’ailleurs une des raisons qui renforcent certains dans leur
point de vue sur le caractère non obligatoire de la prière du Vendredi sous
certaines conditions : ils soutiennent que dans un Etat non islamique, un
imam (officiant de la prière) n’est pas suffisamment libre et n’a aucune
autorité pour donner et faire appliquer le jugement de l’Islam sur l’actualité.
Les conditions et l’environnement dans lesquels le musulman doit
pratiquer ses cinq prières quotidiennes sont généralement bien connus. Il
s’agit en gros d’en avoir l’intention, de respecter le temps prescrit de chaque
prière, de faire ses ablutions (ou autre purification selon les règles
prescrites dans ce domaine), de respecter sans hâte ni lenteur excessive les
différentes étapes de la prière dans l’ordre et la description clairement
prescrits.
Cependant certains autres aspects liés à notre environnement de prière
méritent notre attention. Il s’agit notamment de l’endroit où l’on pose le
front lors de la prosternation. Le Prophète (P) a toujours prié sur le sable. A
l’époque du Prophète (P), les gens priaient directement sur le sable, même à
l’intérieur des mosquées où il était régulièrement entretenu. L’argile et la
roche, assimilables au sable pour leur pureté naturelle et originelle, étaient
également appropriées. Voilà donc ce que le Prophète (P) nous a légué.
Les Ahl Bayt et leurs adeptes utilisent pour la prière, une pierre plus
connue sous le nom de tourbal-housseiniya,
sorte d’agrégat solidifié de la terre de Karbala sur laquelle mourut Al Hussein
(P), le petit-fils du Prophète (P). Ils portent cette pierre sur eux partout où
ils vont afin d’y poser leur front lors de la prosternation.
Evidemment on peut se demander : pourquoi la terre de Karbala et
pas n’importe quelle autre terre ?
Il faut préciser que ce n’est pas une obligation et le fait d’utiliser
le tourbal-housseiniya à la place du
sable ordinaire n’est pas considéré comme un acte sans lequel la prière est
invalide. D’où, cette pratique ne peut être considérée comme un bidâh.
En outre, il est évident qu’il est assez pratique d’avoir un petit peu
de sable avec soi afin d’être partout prêt à prier sans crainte quant à la
pureté du sol. En particulier le sol de Karbala est reconnu béni par Dieu pour
le sang martyr des descendants du Prophète (P) qu’il a reçu.
Dés lors cette préférence est simplement un acte d’adoration
surérogatoire, de recherche de bénédictions. Tout comme beaucoup de musulmans
préfèrent utiliser le chapelet et même avec des perles d’une matière bien
précise, à la place des doigts pour compter. Tout comme les Imams (dirigeants
de la prière) ont la tradition de posséder un bâton de commandement pour la
prêche du Vendredi. Les exemples sont nombreux. Il est à noter que le prophète
lui-même avait demander à sa fille Fatima (P) d’utiliser la terre où est
enterré Hamza (RA), l’oncle du prophète (P) tué en martyr à Ohud, pour en faire
un chapelet pour réciter le tasbih
Zahra (34 fois Allahou akbar, 33 fois
Al hamdou lillah, 33 fois Soubhanallah).
Par ailleurs, il est impératif pour tout fidèle musulman de porter des
effets vestimentaires débarrassés de toute souillure. D’où l’importance qu’il y
a à accorder à certains objets qui nous entourent et qui ne sont pas toujours
forcément purs :
- la ceinture que nous
portons autour de la taille et la montre que l’on a au poignet dont l’origine
de la peau avec laquelle elles ont été fabriquées peut être douteuse,
- la peau d’animal ou la
natte sur laquelle on prie. Leur pureté doit être vérifiée et recherchée. Sans
oublier que la matière dont elles sont faites ne permet pas la pose du front.
Tout doute doit être levé par une séparation d’avec l’objet du doute.
Il s'agit des deux prières du jour, Zuhr et Açr et des deux prières du soir, Maghrib et Ichâ.
Nous allons examiner les conditions de leur
regroupement deux par deux dans les temps qui leur sont impartis. Pour nous
éclairer : la lumière d’un verset coranique et celle des saintes pratiques
du Prophète Muhammad (P). Sur ce dernier point, nous tiendrons compte
essentiellement des témoignages des contemporains du Prophète (P) tels que
rapportés par les Ulémas.
Les écoles musulmanes sont tous d’accord sur
la légalité du regroupement de Zuhr
et Açr; ils appellent ce genre de
prière « Djam’ou Taqdimi »
c’est à dire « prière avancée ». Cela signifie concrètement que la
prière de Açr est avancée pour être
accomplie juste après la prière de Zuhr.
Ils sont également d’accord pour le regroupement de Maghrib et Ichâ qu’ils
appellent « Djam’ou Tâjîl »
ou « prière retardée ». Ce qui veut dire que la prière de Ichâ est accomplie juste après celle de Maghrib qui, elle, est légèrement
retardée par rapport à son heure habituelle.
Cependant il n’y a accord unanime entre
toutes les écoles sur le regroupement des prières que dans une situation bien
précise. A savoir pendant le pèlerinage, à Muzdalifa pour les deux prières du
jour (Zouhr et Açr). Comme le pratiquait le Prophète Muhammad (P) sur les lieux
saints.
En dehors du pèlerinage, les écoles telles
que les Malikites, les Châfiites et les hanbalites acceptent le regroupement de
deux prières dans le contexte du voyage mais elles ont des positions
divergentes quand il s’agit de faire ce regroupement dans d’autres
circonstances : maladies, guerres et intempéries.
Les Hanafi, eux, rejettent toute pratique de
regroupement de prières en dehors du cadre du pèlerinage.
Quand aux adeptes des Ahlul Bayt (p), ils
paraissent comme les plus modérés et les plus tolérants. Pour eux, la pratique
du regroupement de deux prières est légale non seulement dans le cadre du
pèlerinage, mais aussi en dehors du pèlerinage. Dans ce dernier cas, elle n’est
même pas soumise à conditions préalables comme le soutiennent les autres.
Pour notre part nous allons nous en référer à
L’Imam Ahmed Ibn Hanbal cite dans son livre
intitulé Musnad (tome 1, page 221), un hadith rapporté par Ibn Abbâs qui
dit « Le Prophète (P) a prié sept et huit, à Médine, sans
contrainte aucune, pendant la période où il était sédentaire ». Par
sept et huit, il faut comprendre le nombre de rak’âts regroupées pendant les
deux prières du soir (Maghreb plus Ichâ = 3+4) et pendant les deux prières
du jour (Zuhr plus Açr = 4+4).
L’Imam Malick, dans son livre Muwata[91]
a rapporté que Ibn Abbas a dit : « Le Prophète (P) a prié Zuhr et Asr
dans le même temps, sans être dans des conditions de voyage ni de grande
peur » il faut comprendre par là que le Prophète (P) était sédentaire
et n’était pas dans des conditions d’insécurité pouvant inspirer la peur.
Muslim, dans ses Sahih[92],
a écrit que Ibn Abbas a dit : « Le Prophète (P) a prié Zuhr et Açr
dans le même temps, Maghrib et Ichâ dans le même temps, sans être dans des
conditions de voyage ni de grande peur. » Dans les mêmes Sahih[93],
Muslim répète ce même hadith rapporté par Ibn Abbas. Quand Ibn Abbas demanda au
Prophète (P) pourquoi il a regroupé ces prières, le Prophète (P)
répondit : « pour ne pas fatiguer ma Umma ». Le Prophète
(P) avait donc le souci depuis ce temps là, d’alléger le poids du culte pour sa
communauté présente et à venir.
L’Imam Bukharî, dans ses Sahih[94],
écrit : Adam nous a rapporté que Amru Ibn Dîn a
dit : « j’ai entendu Djabr Ibn Zaid qui a entendu Ibn Abbas dire
que : le Prophète (P) a prié sept, ensemble ; et huit,
ensemble ». Dans les mêmes Sahih de Bukharî[95],
le même Adam rapporte : « j’ai entendu Abba Umamata dire :
nous avons prié avec ‘Umar Ibn Abdul Aziz, Zuhr
puis on est sorti pour aller chez Annas qu’on a trouvé entrain de prier. Une
fois sa prière terminée, j’ai dit : ô frère, quelle était la prière que tu
faisais ? ». Il répondit « C’était Açr, la prière que nous
avions l’habitude d’accomplir avec le Prophète ». Il apparaît donc à
travers ce témoignage que Annas s’est acquitté de la prière de Açr juste après
celle de Zouhr, en regroupant donc ces deux prières comme l’a autorisé et
pratiqué le Prophète de l’Islam lui-même selon les différents témoignages que
nous vous avons rapportés.
Si les prières sont regroupées deux par deux,
Zouhr et Açr ensemble, et Maghreb et Ichâ ensemble, cela implique que les
prières regroupées partagent le même temps. C’est ainsi que les farîda de Zouhr
et Açr partagent le même temps qui commence à partir de Zawal (Zénith) pour
finir au crépuscule. Les farîda de Maghrib et Ichâ partagent le même temps qui
commence du coucher du soleil jusqu’à tard dans la nuit (aux environs de
minuit).
Le farida de Subh commence à l’aube et finit
juste avant le lever du soleil. Il apparaît donc un découpage du temps de
prières en trois périodes ou moments.
Ces trois temps sont :
- l’aube (« quand
on peut distinguer le fil noir du fil blanc ») pour la prière de
Subh,
- la période qui commence dès que le soleil quitte le zénith (votre
ombre dépasse vos pieds) et prend fin avec le coucher du soleil ou crépuscule,
- la nuit, période qui commence aprés le coucher du soleil (les
derniers rayons rouges du soleil ont disparu) et se termine tard dans la nuit
(autour de minuit).
Ces trois périodes sont clairement exprimées
à travers ces versets :
« Et accomplis la salât aux extrémités du
jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les
mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent. » (Hoûd 11 : 114)
« Accomplis
« Supporte patiemment ce qu'ils
disent et célèbre Sa louange, avant le lever du soleil, avant son coucher et
pendant la nuit; et exalte Sa Gloire aux extrémités du jour. Peut-être auras-tu
satisfaction : » (Tâ Hâ 20 : 130)
« Endure donc ce qu'ils disent; et
célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant (son)
coucher; » (Qâf
50 : 39)
Il convient de ne pas prier Subh ni avant
l’aube, ni après le lever du soleil ; et ce n’est pas légal de regrouper
les prières en dehors des regroupements autorisés et pratiqués par le Prophète
Muhammad (P) lui même.
Quels avantages nos contemporains peuvent-ils
tirer de cette pratique ?
Le rythme alternatif (matin et soir) du
travail s’adapte parfaitement au regroupement des prières. Subh avant d’aller
au travail, Zuhr et Açr pendant la pose de 12h à 15h, Maghrib et Ichâ après la
descente (et même la douche) du soir.
Cependant, il n’est pas rare de les voir
absorbés par un train de vie infernal tributaire du monde moderne avec tous ses
aléas, au point de se laisser prendre à défaut dans l’exercice du culte de la
prière. Ils regroupent trois, quatre, voire les cinq prières du jour au moment
de se coucher. Cela s’appelle dans le langage populaire consacré en Afrique de
l’Ouest « faire la prière en gros ». Ce faisant, ils contreviennent
aux prescriptions de Dieu et attirent le malheur sur eux comme le dit le
Coran :
« Soyez assidus aux Salât et
surtout
« il dit: "Oui, je me suis complu à
aimer les biens (de ce monde) au point (d'oublier) le rappel de mon Seigneur
jusqu'à ce que (le soleil) se soit caché derrière son voile.
Ramenez-les moi." Alors il se mit
à leur couper les pattes et les cous. » (Sâd 38 : 32, 33)
« Malheur donc, à ceux qui prient
tout en négligeant (et retardant)
leur Salât, » (Al Mâoun 107 : 4, 5)
VI – LES GROUPES EN ISLAM :
« Et cramponnez-vous ensemble au câble de
Dieu ; et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait de Dieu
sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos
cœurs ; puis par Son bienfait, vous êtes devenus frères.
Et alors que vous
étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous a sauvés. Ainsi Dieu vous
expose Ses signes. Peut-être vous guiderez-vous. » (Al
Imran ; 3 : 103)
« Et ne soyez pas comme
ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur
furent venues. Car pour eux l’énorme châtiment. » (Al
Imran ; 3 : 105)
« Et voilà en toute
droiture Mon chemin : suivez-le donc ; et ne suivez pas les
sentiers : ils vous détacheraient de Son sentier. » Voilà ce qu’Il
vous enjoint. Peut-être vous comporterez-vous en piété ? » (Les
bestiaux, 6 : 153)
« Oui ceux qui font schisme
en leur religion et se forment en sectes, tu n’es en rien des leurs. Rien
d’autre ; leur affaire appartient à Dieu. Il les informera de ce qu’ils
faisaient. » (An
hâm, Les bestiaux ; 6 : 159)
« Obéissez à Dieu et à Son
Prophète en évitant toute dispute. Des disputes compromettraient votre union et
entameraient votre courage. Et soyez patients. Dieu pactise avec les
patients. » (Al Anfâl, 8 : 46)
« Oui cette communauté
vôtre est une communauté une, tandis que Je suis Votre Seigneur. Craignez-moi
donc. » (Al mu’ minun, les croyants, 3 : 52)
« Et ne soyez pas de ceux
qui donnent des associés, de ceux qui ont divisé leur religion, tandis qu’ils
sont devenus des sectes, chaque parti exultant de ce qu’il a par-devers
lui. » (Rûm, les Byzantins, 30 : 31 et 32)
« Et les croyants n’ont pas
à sortir tous en expédition. Pourquoi, donc, de chacune de leurs sections, un
groupe ne s’en irait-il pas s’instruire en la loi de la religion, afin
d’avertir le peuple quand ils rentrent chez eux ! Peut-être
prendraient-ils garde ? » (Le repentir, at
tawba, 9 : 122)
Ainsi donc,
Dieu a plusieurs fois rappelé à Son peuple le devoir impératif d’union et
d’unité qui lui incombe. La division des musulmans constitue pour Dieu une
déviation de
En fait
d’où vient cette division des musulmans ?
L’on
pourrait tout de suite penser que nous sommes en train de reprendre l’objet essentiel
de ce livre c’est-à-dire la réunification de tous les musulmans autour des
valeurs essentielles du Chemin de Dieu. Ce ne serait pas faux. En effet, nous
voulons parler ici d’un aspect spécifique qu’on n’a jusqu’ici pas encore
abordé. Il s’agit des origines de la division de
Ces versets
n’auront pas besoin d’être commentés car ils nous semblent suffisamment
explicites sur les exigences divines d’union et d’unité de
H1 :
« La divergence de ma Umma est une miséricorde »[96]
H2 :
« Mes compagnons sont comme des étoiles. Si vous vous faîtes guider par
n’importe lequel d’entre eux, vous serez assurément bien guidés. »[97]
H3 :
« Je vous recommande ma Sunna et
H4 :
« Ma Umma s’éclatera jusqu’à soixante treize (73) groupes et tous iront en
enfer sauf un. »[99]
Si les
trois autres hadiths nous apparaissent comme authentiques, le deuxième hadith
est totalement contradictoire avec la réalité historique et même avec le simple
bon sens et la réalité céleste.
En effet
dans H1, le Prophète parle plutôt de brassage, d’apports de connaissances
islamiques venant de diverses origines. C’est d’ailleurs là que réside tout
l’intérêt du dernier des versets de Coran cités plus haut (qui ressemblait à un
cheveu dans la soupe à côté des autres versets) cités ci-dessus :
« Et les croyants n’ont pas
à sortir tous en expédition. Pourquoi, donc, de chacune de leurs sections, un
groupe ne s’en irait-il pas s’instruire en la loi de la religion, afin
d’avertir le peuple quand ils rentrent chez eux ! Peut-être
prendraient-ils garde ? » (Le repentir, at
tawba, 9-122)
Ce verset
recommande effectivement aux musulmans d’aller s’instruire et de revenir
échanger avec les leurs.
Par
ailleurs, le mot ikhtilâf, qui est
traduit dans le hadith H1 par divergences, signifie plutôt échanges, apports
mutuels. C’est d’ailleurs le même mot ikhtilâf
qui est cité dans les deux versets ci-dessous et qui y est traduit par le mot
alternance :
« Dans l'alternance de la nuit et du
jour, et aussi dans tout ce qu'Allah a créé dans les cieux et la terre, il y a
des signes, certes, pour des gens qui craignent (Allah). » (Yûnous, 10 - 6)
« Et c'est Lui qui donne la vie
et qui donne la mort; et l'alternance de la nuit et du jour dépend de Lui. Ne
raisonnerez-vous donc pas ? » (Al mou’minûn, 23 - 80)
Seule cette
compréhension reste possible ; et on peut le démontrer par l’absurde comme
suit :
S’il était
possible de penser que les divergences étaient positives pour l’Islam alors
l’union lui serait certainement défavorable or Dieu exige de Son peuple
l’union. Donc, les divergences ne peuvent être positives pour l’Islam. Cette
vision est indéfendable.
Quant au 2ième
hadith (H2), il est tout simplement inexact car d’abord toutes les étoiles du
ciel ne servent pas à orienter le berger. Mais en plus, nous savons que bien
des compagnons du Prophète se sont entretués ou ont été maudits par Dieu. Eux
tous, peuvent-ils alors être des guides ?
Dans le
hadith H3, qui est reconnu authentique par la plupart des musulmans, chacun veut
voir en qui il veut ces fameux "Califes guidés et qui guideront après
moi". En réalité il s’agit des douze Imams Ahlul Bayt (P), d’autant plus
qu’il y a d’autres hadiths cités par tous les musulmans qui indiquent que les
califes sont douze. C’est exactement pareil lorsqu’il s’agit de savoir de quel
groupe le Prophète parle lorsqu’il prédit l’enfer pour tous les groupes sauf
un. Evidemment chaque groupe est convaincu que le sien sera sauvé. Mais on est
en droit de se demander si le groupe de Fatima Zahra (P), la fille adorée du
meilleur des hommes, le groupe de l’Imam Ali (P), la porte du savoir et gendre
du Prophète, de Hassan (p) et Hossein (p) qualifiés par le prophète (p) de
seigneurs des jeunes gens du paradis, si ce groupe là pourrait être parmi les
72 ? Simple question. Encore faudrait-il qu’il soit authentique.
Pour en
venir aux fondements de l’existence des groupes, nous dirons qu’ils remontent,
en réalité, à l’origine même de la création : la première rébellion contre
l’ordre divin établi est celle de Satan (Iblîss) contre Dieu à travers Adam
devant qui il a refusé de se prosterner. En effet Chah’rastâni, comme beaucoup
d’autres auteurs, dans al milal wa nihal
(tome 1), donne les arguments par lesquels Iblîss tentera de justifier devant
les anges sa rébellion. Malheureusement ce genre de récit n’a jamais de source
référencée donc nous n’y insistons pas. L’essentiel est que la rébellion,
induisant la division en groupes, nous vient de l’origine de l’humanité.
Ensuite, il
y eut tout naturellement d’une part les croyants (partisans de Dieu) et d’autre
part les non-croyants (partisans de Iblîss). Si dans le premier groupe il n’y a
que des athées (matérialistes, nihilistes, etc. ; là aussi la subdivision
existe !) c’est dans le deuxième groupe qu’il y a matière à trier.
A
l’analyse, selon Chah’rastâni une référence en la matière, trois grands types
de descriptions se dégagent chez les auteurs sur les groupes religieux :
1 – l’Est,
l’Ouest, le Nord et le Sud ;
2 – l’Inde,
le monde arabe, les non arabes ou « ajam »
(africains, perses, turcs, etc.) et les « rum » ou occidentaux (européens, américains) ;
3 – les majûss, les juifs, les chrétiens et les
musulmans.
En fait, le
message de l’Islam est descendu avec le premier homme, Adam. Puis il s’est
propagé à travers les âges, incarné par les nombreux prophètes qui ont eu à le
diffuser. Parmi ceux-ci nous retiendrons les cinq principaux qui ont eu à
apporter avec eux des charias (lois) qui se sont successivement substitués et
abrogés : Nuh, Ibrahim, Moussa, Issa et enfin le Sceau des Prophètes, Muhammad
(P).
Cependant
ils ne nous font pas oublier que d’autres religions monothéistes ont existé en
dehors des religions révélées. Il s’agit notamment des religions issues du Veda
(l’hindouisme avec ses corollaires que sont le brahmanisme, le bouddhisme et le
zen, le taoïsme, etc.) et de l’animisme africain avec ses différentes variantes
(béninoise, sénégalaise, ivoirienne, etc.). Il faut préciser qu’il est même
certain que ces gens ont reçu un message islamique par le biais de prophètes
dûment mandatés par le Très-Haut. Dieu dit qu’Il a envoyé un messager des leurs
à tous les peuples. C’est dire que ces religions ont été validées à un moment
donné avant d’être abrogées et altérées comme toutes celles qui refusent aujourd’hui
cet état de fait. L’Islam est de nos jours l’unique religion que Dieu agrée et
dont le Message, l’immuable et inimitable Coran, est gardé par Celui-là même
qui L’a écrit.
Nous nous
restreindrons donc ici aux subdivisions islamiques. A elles seules, elles
peuvent faire l’objet de plusieurs tomes mais l’on se bornera à les situer dans
le contexte de leur émergence. Mais surtout on s’intéressera à distinguer, une
fois de plus, cet essentiel qui les unit de ce superfétatoire qui les sépare.
Car là est l’enjeu de l’uniformité et de l’unicité de la soumission à Dieu mais
également de l’unité de
Ces
divisions, trouvant leur source originelle dans la rivalité des Umayyades
contre les Hâchimites, seront renforcées par la suite par le massacre de Karbala.
La particularité essentielle des Ahlul Bayt (as), c’est d’être les dépositaires
de la vraie Sunna du Prophète (P) et les plus aptes à l’interprétation du
Coran. Car personne ne devrait mieux connaître les traditions du Prophète (P)
et son interprétation du Coran que sa propre famille. Logique après tout !
A côté des
écoles sont venues s’ajouter les confréries. Il s’agit de groupes qui suivent
une voie (tariqa ou la voie). Ces voies consistent en un chef, une technique de
méditation (zikr) et un comportement.
La quasi-totalité des chefs de confréries affirment avoir reçu leur zikr du Prophète (P). En réalité,
l’essence de ces zikrs provient
effectivement du Saint Coran. Citons-on quelques exemples :
1 – La récitation du mot Astakhfirûllah
vient du verset suivant :
« Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est grand
Pardonneur, » (Nouh’ ; 71 : 10)
Dieu nous y
demande de dire astakhfirûllah.
2 – La profession de foi La illaha
illallah est encore
une révélation de Dieu :
« Récite ce qui t'est révélé du Livre et accomplis
3 – La salatu alan-nabî est une
recommandation divine :
« Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète; ô vous qui
croyez priez sur lui et adressez (lui) vos salutations. » (Al Ahzâb,
33 : 56)
Nous
citerons un exemple de confrérie où le zikr
est conforme à ces trois recommandations. Il s’agit de
1 – Le
vénéré Cheikh Tidjane ne cite que la famille du Prophète (P) dans sa version de
salatu alan-nabî, omettant à
dessein les compagnons. D’ailleurs cette prière sur le Prophète (P), à très peu
de nuances près, figure dans un livre de l’Imam ‘Alî intitulé Naghjul Balâgha.
2 – Dans un
recueil de prières et zikrs de
Cheikh, Ahzâbu Wa Awrâd (Pages 147 à
150), il cite les noms des douze Imams Ahlul Bayt (que bien des adeptes de
cette confrérie récitent par cœur d’ailleurs sans savoir qui sont ces gens) et
il y écrit clairement avec insistance qu’il leur prête allégeance (tawassûl).
De là à
penser que Cheikh était un adepte de l’école des Ahl Bayt il n’y a qu’un pas
vite franchi d’autant plus que la dissimulation s’imposait à lui à son époque
où la répression politico-religieuse était de rigueur. Dés lors on le comprend
aisément lorsqu’il nous dit que sa voie lui vient du Prophète (P), directement
ou non.
Finalement
tous les groupes qui sont dans le vrai – il y en a malheureusement aussi dans
le faux – n’enseignent que les recommandations de Dieu tant pour le
comportement que pour le zikr. Mais
alors pourquoi tant de rivalité, de concurrence ou de velléité de conflit entre
disciples de confréries ou groupes différents ?
Pourquoi
autant de préjugés irrémissibles les uns sur les autres sans aucune tentative
d’échanges, de transactions positives diront les psychologues, de
compréhension ?
Pourquoi
simplement cet attachement excessif à des hommes ou des valeurs de niveau
nettement inférieur à celui du Prophète et de ses enseignements encore connus
et disponibles ?
La réponse
à toutes ces questions est dans la nature de l’homme, celle d’être faible.
Heureusement
que l’immense majorité des disciples de ces grands saints et érudits ne versent
pas dans ces excès et continuent de pratiquer, avec une sincère fidélité et un
grand esprit d’ouverture aux autres, leurs zikrs
et autres enseignements reçus de leurs maîtres.
En tout
cas, nous voilà ainsi placés devant un grand dilemme : faut-il suivre un
groupe ou non et, dans le cas affirmatif, surtout lequel ?
En fait,
nous dirons tout de suite que le choix ne s’impose pas car, à y voir de près,
ce qui les différencie ne vient pas des vérités historiques connues ou des
hadiths indiscutables, encore moins du Coran. Tout cela est en général la chose
la mieux partagée à quelques exceptions près.
Leurs
différences proviennent plutôt :
-
de réalités spécifiques aux populations de la
zone où est né ce groupe,
-
de l’apparition d’un savant ou guide éclairé dont
la lumière a tant fasciné que l’on a crû avoir affaire à un nouveau messager,
-
de pratiques et enseignements corrects ou
erronés au départ et transformés par la suite en bien ou en mal par les
disciples qui eux-mêmes finiront par créer d’autres groupes,
-
de mythes forgés de toutes pièces couvrant
des desseins inavoués et/ou des intérêts individuels, familiaux ou tribaux.
Donc il faut rappeler que l’ijtihâd
(la recherche personnelle de la connaissance) est un devoir pour tout musulman
sincère. Dés lors on finira toujours par savoir de quel côté se trouve la
vérité. Car les véritables critères d’appartenance au 73ième groupe,
celui des rescapés semblent être : vivre l’essence de notre foi de
musulman (le fameux duo : Coran et bonnes actions) et persévérer avec
sincérité dans la recherche personnelle de la connaissance de l’Islam et de
l’histoire de Ses premiers temps.
VII – ÂCHURA (10 MOHARREM) :
Le dixième jour du mois lunaire de Moharrem est une date mémorable dans
l’histoire de l’Islam. Il est jour de réjouissances pour certains, de jeûne et
de piété pour d’autres, de grande tristesse marquée par le deuil et le souvenir
pour une tierce partie. Chacun y célèbre ce dont il veut bien se souvenir si ce
n’est par simple mimétisme sans trop savoir les vrais motifs de cette
célébration.
Les évènements supposés ayant marqué ce jour du 10 Moharrem seraient
multiples. Pas moins d’une dizaine d’entre eux sont cités. Certains d’entre eux
avant même l’arrivée du Prophète de l’Islam (P). Nous en citerons brièvement
six.
Ce serait, par exemple, un 10 Moharrem que l’Arche bénie du Prophète
Nuh (P) aurait touché la terre ferme après le Déluge. Sauvant ainsi d’une perte
certaine les multiples espèces vivantes de la terre.
Deuxième exemple : les juifs auraient fêté[100]
ce jour comme étant celui où Moussa (P) aurait réalisé un miracle pour sauver
son peuple. Poursuivi par les hommes de Firâouna (Pharaon) et bloqué dans son
avancée par
Troisième exemple : Ce serait un 10 Moharrem que Yunus (P) fut
libéré du ventre de la baleine qui l’avait avalé des mois voire des années
durant. Il ne perdit jamais sa foi en Dieu pendant tout ce temps, ce qui le
sauva d’une perte certaine.
Quatrième exemple : C’est encore un 10 Moharrem que la famille de
Yûsuf (P) se retrouva pour sceller définitivement la paix et l’entente retrouvées
après les vilains actes[101]
posés par ses demi-frères de même père.
Cinquième exemple : Le Prophète (P) avait l’habitude d’être très
triste dés que ce jour du 10 Moharrem arrivait. Lorsqu’on lui demandait la
raison d’un tel comportement, il répondait qu’on le saura après sa mort à
travers un grand malheur qui frappera sa sainte descendance. Par ailleurs, il
embrassait souvent ses petits-fils Al Hassan (P) sur la bouche et Al Hussein
(P) sur la nuque. Chacun sur la partie à travers laquelle il recevra plus tard
l’arme fatale : le poison pour Al Hassan, le sabre qui lui trancha la tête
pour Al Hussein.
Sixième exemple : Yazid, le fils de Mu’âwiyah, qui lui succéda au
trône, fut le bourreau de Al Hussein Ibn Ali Ibn Abi Talib, le petit-fils du
Prophète. Al Hussein et de nombreux autres membres de la famille du Prophète
(P) ainsi que des compagnons de ce dernier furent massacrés comme on vous l’a
déjà décrit. Ce jour-là, Yazid fit un beau poème à la gloire de ses ancêtres.
Pour lui c’était là la preuve qu’il n’y eut point de révélation. Il décréta ce
10 Moharrem jour de gloire et de réjouissances.
Alors de toutes ces raisons, et d’autres, laquelle doit-on retenir pour
commémorer le 10 Moharrem ? Très certainement celle du Prophète (P) car
celui-ci est le modèle pour tout musulman. On ne saurait en retenir non plus
une autre pour deux motifs :
- D’abord les autres raisons sont souvent incompatibles avec celle
unique pour laquelle le Prophète (P) a célébré le 10 Moharrem et qui est le
triste massacre de sa descendance, notamment de son petit-fils Al Hussein (P).
- Ensuite, aucune tradition du Prophète ne nous a appris que l’Envoyé
de Dieu célébrait cette date pour une raison autre que celle évoquée.
D’où nous vient alors cette idée de fêter, nous disons bien fêter, le
10 Moharrem ? En effet, ce jour est, chez la plupart des musulmans de
l’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs, un jour où l’on demande aux gens de se
nourrir le plus possible lors du dîner car ils seront pesés et les plus légers
n’iront pas au paradis (?!). Et même, la nuit arrivée, des festivités
ressemblant fort curieusement en certains points à la fête américaine de
Halloween[102], se
déroulent. Au Sénégal, cela s’appelle le Tâjabone en woloff. En Côte
d’Ivoire, même si la fête est différente dans sa forme, elle est appelée fâssou
en Djoula.
Il est temps que de telles incongruités cessent. Car on ne saurait
commémorer le 10 Moharrem comme le faisait Yazid l’ivrogne, le prédateur de la
sainte famille du Prophète. Souvenons-nous de ce jour comme d’un jour de tristesse
et de deuil donc de recueillement et de piété, suivant en cela l’exemple du
Prophète.
VIII :
« Et sachez que, de tout butin que vous
avez ramassé, le cinquième appartient à Allah, au messager, à ses proches
parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), si vous
croyez en Allah et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le
jour du Discernement : le jour où les deux groupes s'étaient rencontrés,
et Allah est Omnipotent. » (Al Anfâl 5 : 41)
« Et accomplissez
« Et (rappelle-toi), lorsque Nous avons pris
l'engagement des enfants d'Israël de n'adorer qu'Allah, de faire le bien envers
les pères, les mères, les proches parents, les orphelins et les nécessiteux,
d'avoir de bonnes paroles avec les gens; d'accomplir régulièrement
« Et accomplissez
Vingt neuf (29) autres versets du Saint
Coran, soit 32 au total, enjoignent au musulman de s’acquitter de
L'Islam
a bien déterminé les moyens légaux de satisfaire les besoins d'un individu,
d'une société ou d'un Etat.
Si
ces deux obligations (Zakât et Khoms) seules, avaient été acquittées, i1 n'y
aurait plus aucun pauvre, aucun nécessiteux dans la société islamique, la cause
de l'Islam n'aurait jamais souffert, et toutes les questions de bien-être
public auraient été réglées ; comme cela se passait à l'époque où les
Musulmans pratiquaient sincèrement les dogmes de l'Islam.
Et si
ces deux obligations ne s'avéraient pas suffisantes pour le bien-être de
l'Islam et le progrès des Musulmans, l'Etat Islamique devrait faire appel à
d'autres sources de revenus, telles que l'agriculture et les mines. Il est
illégal pour les musulmans de s'emparer de la propriété des autres, comme l'a
bien précisé le Coran :
« Et ne dévorez pas mutuellement et
illicitement vos biens; et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour
vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et
sciemment. » (Al Baqara, 2 : 188)
C’est là d’ailleurs le fondement du droit musulman. On ne saurait
appliquer la rigueur de la chari’ah à un fauteur lorsque celui-ci est exposé à
la faute par le fait de la non application des règles élémentaires de partage
en Islam. L’Islam est un tout entrelacé et l’on ne peut en tirer un fil sans
tirer le reste.
Cependant, si
Rappelons d’abord les règles de pratique de
1.
les dattes
2.
les raisins / les vignes
3.
le blé
4.
l’orge
5.
les chameaux
6.
les chèvres et les moutons
7.
le bétail (vaches et buffles)
8.
la monnaie en or
9.
la monnaie en argent
Il est aussi recommandé de payer
Il est obligatoire de formuler l’intention en donnant
« Je donne
1.
pour les nécessiteux
2.
pour les pauvres
3.
pour le salaire de ceux qui collectent
4.
pour ceux qui parmi les non-croyants dont le Prophète, l’Imam ou leur
Représentant pensent qu’ils seraient susceptibles de sympathiser avec l’Islam
et les musulmans en recevant l’aide de
5.
pour émanciper ceux qui ont été asservis
6.
pour payer les dettes de ceux qui sont incapables de s’acquitter
eux-mêmes de leurs dettes
7.
pour subventionner les affaires religieuses : aider les
mudjahidine dans leur djihad, construire des Madrasa (école), etc.
8.
pour aider le voyageur à court d’argent, même s’il s’agit de quelqu’un
qui est riche dans son pays.
Il
existe également une Zakât spéciale
appelée Zakât al-Fitr. Il est
obligatoire pour toute personne saine d’esprit et adulte (à partir de l’âge de
la puberté) de payer
Il
est préférable de donner du blé, des dattes, des raisins, du riz ou tout autre
aliment de base consommé habituellement par le donneur ou les gens de la
région. Il est permis d’offrir l’équivalent de ces portions prescrites
d’alimentation en argent.
Cette
Zakât doit être offerte à un croyant
nécessiteux qui ne possède pas de moyens de subsistance pour un an.
Sur
qui et comment prélever le Khoms ?
à qui est-il destiné ?
Nous
allons essayer d’y répondre de façon succincte car bien des développements ont
être faits à ce propos, que l’on pourra trouver dans d’autres ouvrages.
Le Khoms signifie le cinquième. Il doit
être prélevé sur sept sortes d'articles :
1. les butins de guerre
que l'on acquiert à la suite d'une guerre légale contre les infidèles.
2. les minéraux :
tels que l'or, l'argent, le pétrole, le fer, le sel, etc.
3. les trésors
enterrés : quiconque exhume un trésor enterré, par ses propres moyens, est
obligé d'en payer le Khoms.
4. la richesse extraite de
la mer, telle que les perles.
5. si un homme honnête
acquiert légalement une richesse mélangée à une richesse illégale dont le
propriétaire et le montant sont inconnus, l'acquéreur doit payer en Khoms le
cinquième de la richesse acquise, pour que le reste devienne légal pour lui.
6. tout bénéfice réalisé
dans les affaires, l'agriculture, l'industrie, le loyer de la propriété, ou sur
toutes autres sources de revenu ‑ après déduction des dépenses annuelles
pour soi-même et sa famille.
7. les parcelles de
terrains achetés par un Kafir Dimmi
(un non musulman vivant dans un Etat islamique sous
Il n'est
pas obligatoire de payer le Khoms sur la dot (mahr) qu'une femme obtient de son mari, ni sur le bien qu'un mari
obtient de sa femme à titre d'indemnité de divorce (khula’h) demandé
par la femme, et la même règle s'applique aux biens dont on hérite. Si on
hérite un bien d'un parent dont on n'attendait pas un héritage, on devrait, par
précaution obligatoire, payer le Khoms sur l'excédent du bien ainsi
hérité.
Le Khoms se divise en deux parties :
1. La
moitié revient à l’Imâm infaillible et, en son absence, à notre époque par
exemple, elle doit être confiée à un Mujtahid
hautement qualifié ou utilisée pour la promotion de l’Islam.
2.
Les fidèles Seyyed (les descendants
du noble Prophète (p)) sont attitrés pour recevoir l’autre moitié, qui doit
être offerte à ceux d'entre eux qui sont indigents ou orphelins, ou qui sont à
court de moyens de subsistance pendant le voyage.
IX : COMPORTEMENTS
ET TRAITS CULTURELS :
La prédestination et le libre-arbitre :
« Où que vous soyez, la mort vous
atteindra, fussiez-vous dans des tours fortifiées. Qu’un bien les atteigne, ils
disent : « c’est de la part de Dieu ». Qu’un mal les atteigne,
ils disent : « c’est de ta part à toi ». Dis : « tout
est de Dieu ». Mais qu’ont-ils, ces gens, à comprendre à peine un
mot » (An
Nisâ’, 4 : 78)
« En quelque situation que tu te trouves,
et quelque Lecture que tu récites de ceci, et quelque œuvre que vous oeuvriez,
Nous sommes témoin sur vous quand vous vous y lancez. Ni sur terre ni dans le
ciel n’échappe à ton Seigneur chose du poids d’un atome. Et, de plus petit ni
de plus grand, rien qui ne soit dans un livre évident. » (Jonas, 10 : 61)
« Quiconque fait un bien, fût-ce du poids
d’un atome, le verra,
et quiconque fait un mal, fût-ce du poids
d’un atome, le verra. » (La secousse, 99 : 7 et 8)
« Et au cou de chaque homme nous avons
attaché son œuvre. Et au jour de
« Lis ton écrit. Aujourd’hui, tu te suffis
d’être ton propre comptable ».
Quiconque prend le droit chemin ne le prend
que pour lui-même ; et quiconque s’égare, ne s’égare qu’à son propre
détriment. Et nul ne portera le fardeau d’autrui. Et nous n’avons jamais puni
(un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un Messager.
Et quand Nous voulons détruire une cité, nous
ordonnons à ses gens opulents (d’obéir à nos prescriptions), mais (au
contraire) ils se livrent à la perversité. Alors
« Ne lui a-t-on pas annoncé ce qu’il y
avait dans les feuilles de Moïse
et celles d’Abraham qui a tenu parfaitement
(sa promesse de transmettre)
qu’aucune (âme) ne portera le fardeau (de pêché)
d’autrui,
et qu’en vérité, l’homme n’obtient que le
fruit de ses efforts ;
et que son effort, en vérité, lui sera
présenté (le jour du Jugement).
Ensuite il en sera récompensé pleinement
Et que tout aboutit, en vérité, vers ton
Seigneur,
Et que c’est Lui qui a fait rire et qui a
fait pleurer,
Et que c’est Lui qui a fait mourir et qui a
ramené à la vie. » (An-Najm, l’étoile, 53 : 36 à 44)
« En vérité, Allah n’est point injuste à
l’égard des gens mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes. » (Jonas, 10 : 44)
« Cependant, vous ne saurez vouloir qu’à
moins que Dieu veuille. Dieu demeure savant, vraiment, sage. » (Les envoyés, 76 : 30)
« Dis : « O Dieu, maître de
royauté, Tu donnes la royauté à qui Tu veux, et Tu arraches la royauté de qui Tu veux ; et
Tu donnes puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux, Le bien est en
Ta main. Oui, Tu es capable de tout. » (La famille d’Imrân, 3 : 26)
« (…) – Mais Allah égare qui Il veut, et
guide qui Il veut. (…) » (Le créateur ou les anges, 35 : 8)
« Et si Dieu fait qu’un mal te touche, il
n’est personne alors pour repousser Sa grâce. Il fait qu’elle atteigne qui Il
veut parmi Ses esclaves. Et c’est Lui le pardonneur, le miséricordieux. » (Jonas, 10 : 107)
« Et de chaque chose Nous avons créé un couple.
Peut-être vous rappelleriez-vous ? » (Qui éparpillent, 51 : 49)
« Ne lui avons-Nous pas assigné deux yeux
et une langue et deux lèvres ?
et Nous l’avons guidé aux deux voies (du bien et du mal). » (La cité, 90 : 8, 9, 10)
« Eh bien, rappelle ! Tu n’es qu’un
rappeleur.
Et tu n’es pas un dominateur sur eux,
(…)
Ensuite c’est à Nous de leur demander
compte. » (l’enveloppante,
88 : 21, 22 et 26)
On pourrait encore citer une multitude de versets qui se rapportent au
double sujet du libre-arbitre et de la prédestination.
Cependant, il apparaît clairement à la lecture attentive des versets
ci-dessus que ce thème que nous désirons aborder ici et qui reste infiniment
vaste, révèle les certitudes coraniques suivantes :
1. le bien et le mal sont d’origine
divine tout comme de toute chose Dieu a créé un couple (positif-négatif,
bien-mal, mâle-femelle, chaud-froid, etc),
2. le libre-arbitre est un
privilège que Dieu laisse aux hommes ; Il demande même au Prophète (P) de
rappeler sans dominer les croyants car c’est à Lui Seul qu’ils auront à rendre
compte. Cependant cette liberté accordée à l’homme a une contrepartie :
son entière responsabilité le Jour du Jugement dernier pour tous les actes
qu’il pose (du plus petit au plus grand),
3. Allah prédétermine le
destin de tout être à l’instar de celui de
Nous voyons donc là une coexistence de deux voies parallèles et
disjointes qui tantôt se fondent dans une symbiose génératrice d’espoir et de
liberté sans limite pour l’homme, tantôt s’opposent dans un face-à-face reflétant
à l’homme une image d’objet insignifiant devant la grandeur de la création,
d’éternel résigné devant le changeant qui l’englobe sans aucune chance
d’échapper à la fatalité de son destin.
L’espoir se présente à l’homme lorsqu’il se dit que ce qu’il fait ne
lui est pas ordonné par Dieu. Il se sent alors protégé par sa prétendue totale
liberté d’action dans le mal comme dans le bien qu’il fait. Cette position est
injuste car Dieu dit que nous sommes entièrement responsables de tous les actes
que nous posons mais qu’Il fait vouloir et pouvoir qui Il veut..
La résignation ou le fatalisme est également une attitude injuste car
le destin de l’homme n’appartient pas uniquement à Dieu sinon nous n’aurions
pas eu le libre-arbitre, c’est-à-dire la liberté de choisir entre le bien et le
mal, tout en sachant que c’est le bien qui nous est fermement recommandé.
Le destin est donc le fruit d’une synthèse entre la prédestination à
laquelle Dieu nous a préparés et le bilan de nos actions mais également de
celles des autres qui arrivent à influer sur notre vie.
C’est comme si, pour utiliser un langage familier aux utilisateurs de
l’ordinateur, devant chaque acte que nous posons, nous sommes en face d’une
boîte de dialogue où plusieurs options nous sont offertes mais l’option choisie
« par défaut » (ou encore prédéfinie, c’est-à-dire avant tout choix)
par Dieu Maître d’œuvre de ce grand programme est la meilleure.
Malheureusement, nous ne connaissons pas forcément cette meilleure option que
Lui seul connaît. Avant, pendant et après l’acte, Dieu nous suit et connaît
tout ce qui se déroule mais nous sommes seuls maîtres et responsables du
résultat de l’acte que nous posons et nous serons par conséquent sanctionnés
(en bien ou en mal) pour cet acte.
Cette comparaison a des limites : dans un programme informatique
les options sont limitées et les erreurs de programme restent toujours
possibles, cependant que chez Dieu, les options sont infinies et pourtant les
résultats restent tous prévisibles et connus d’avance. Cela n’enlève en rien à
l’homme la liberté de choix (le libre-arbitre) avec pour conséquence
l’obligation d’assumer ce choix, quoique Dieu aie tracé « par
défaut » pour chacun d’entre nous une feuille de route (la prédestination)
que nous modifierons par nos actions et celles des autres pour en faire notre
destin.
Quelle est finalement la juste attitude pour le croyant ? Eh bien,
elle consiste à toujours aborder les difficultés avec une méthodologie basée
sur la foi sincère et la logique :
1. Commencer par
identifier clairement le ou les problèmes que vous souhaitez résoudre ;
2. Recenser toutes les
solutions pratiques envisageables selon votre niveau de connaissances, la
période de l’année, du mois ou du jour, vos relations, vos moyens matériels et
financiers, vos capacités intellectuelles, morales et physiques, vos
compétences professionnelles, votre culture, les moyens juridiques, économiques
et sociaux que l’Etat met à votre disposition, etc.
3. Agir en conséquence
avec la foi et la conviction nécessaires pour résoudre votre (vos) problème (s) en
utilisant les solutions susdites.
Le temps aidant, essayez à nouveau les solutions les meilleures en
gardant foi en Dieu et surtout en priant, en faisant des offrandes, en
pratiquant le jeûne et les sacrifices ou en vous faisant aider et assister par
un guide spirituel, afin qu’Allah vous soutienne dans l’obtention du résultat
souhaité. Le destin, en effet, n’est pas entièrement absolu. Il comporte des
parties fixes et des parties variables. Il s’agit là d’influencer les parties
variables en se gardant de dépasser leurs limites.
Alors si le résultat escompté n’est pas obtenu, il vous est permis,
mais seulement après cette démarche, de conclure que ce problème relève du
destin. Dés lors sa résolution viendra du bon vouloir de Dieu.
Cependant, il ne faut surtout pas oublier que lorsqu’une porte nous est
fermée, bien d’autres portes nous restent ouvertes. Demandons à Dieu dans nos
prières ce qui est meilleur pour nous parmi toutes les choses que nous désirons
sans persister dans ce qui pourrait nous nuire à force d’insister. Un
Rappel :
« (…) il se peut que vous ayez de
l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que
vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui sait,
alors que vous ne savez pas » (La vache, 2 : 216)
Il est donc important de savoir laisser à Dieu ce qui Lui appartient
exclusivement, tout en agissant de votre côté de la façon la plus efficace qui
soit pour ce qui relève de vous. Si Dieu le veut Il peut changer, par votre
simple influence résultant de vos actions, le cours de votre destin. C’est cela
le lien entre la prédestination et le libre-arbitre : Faisons de notre
mieux et Dieu fera le reste et alors rien de mal ne saura nous arriver,
inch’Allah.
Droits et
devoirs du musulman vis-à-vis de son environnement humain et naturel :
Allah nous a fait l’honneur de responsabiliser tout homme à travers un
certain nombre de droits mais aussi de devoirs vis-à-vis de son environnement
tant humain que naturel.
Le Prophète de l’Islam (P) nous a légué l’enseignement suivant :
« Est maudit celui qui rejette tout sur les autres ».
Il s’agit de celui qui ne fait rien de ce qu’il veut que les autres
fassent et qui ne voit que ses droits sans s’occuper de ses devoirs.
Le père a des droits et des devoirs sur son fils et réciproquement. Par
exemple, le père est en droit d’attendre de son enfant une parfaite obéissance
et un total respect. De la même façon qu’il est en devoir d’élever et de donner
à cet enfant la meilleure éducation et les meilleurs soins de santé qu’il
puisse lui offrir en rapport avec ses moyens.
Des situations similaires existent entre le mari et son épouse, le
maître et son élève, les voisins entre eux.
L’Amir Al Moû’minîne Ali Ibn Abi Talib a dit[103] :
« Craignez le Seigneur à travers Ses créatures vivantes et Ses
terres puisque vous êtes responsables des animaux et de la terre qui vous
entoure. Le cercle du devoir s’étend au-delà des êtres, de la patrie, des
animaux et de tout l’environnement terrestre. Tout ce qui existe appartient à
l’homme à condition qu’il en tire un réel intérêt. »
Dieu dit dans le Saint Coran :
« Certes, Nous vous avons donné du
pouvoir sur terre et Nous vous y avons assigné subsistance. (Mais) vous êtes
très peu reconnaissants ! » (Al-‘Arâf, : 1)
Chacun a besoin de l’autre, quelque soit son rôle dans la vie, grand ou
petit. Le Saint Créateur a dit :
« Entraidez-vous dans l’accomplissement
des bonnes œuvres et de la piété, et ne vous entraidez pas dans le pêché et la
transgression. » (Al Mâ’îda, 5 : 2)
Il existe des gens qui se croient supérieurs aux autres. Les premiers
pensent non seulement ne pas être en devoir d’aider les seconds mais encore
estiment pouvoir toujours se passer de leur aide. En faisant cela, ils oublient
ou ignorent que l’Islam est la religion par excellence de la solidarité qui
conseille la consultation en toute chose particulièrement dans le domaine du
travail social. Dieu dit :
« Et pour ceux qui répondent à l’appel
de leur Seigneur, accomplissent la salât, se consultent entre eux à propos de
leurs affaires, dépensent de ce que nous leur attribuons. » (Achûra, la consultation, 42 :
38)
Même le Prophète de Dieu, Al Mustapha le Bien-Aimé, est soumis à cette
règle de la consultation malgré son statut inégalable. Toutefois, il faut
comprendre que le Prophète avait un autre objectif, voire un devoir, à travers
cette consultation. Il s’agissait pour lui de donner l’exemple, d’éduquer son
peuple dans le respect de cette attitude afin de la garder comme une bonne
tradition.
L’Imam Ali dit dans Nahjoul Balâgha :
« Il est une obligation pour Ses créatures, parmi les droits
d’Allah sur Ses esclaves, que ces derniers se consultent entre eux pour ce qui
est de l’intérêt commun.
Les hommes doivent s’entraider pour restaurer la vérité. »
Et enfin, un grand érudit musulman africain disait :
« On peut être non encore utilisé mais jamais inutile ». Pour
dire tout simplement qu’il ne faut pas croire qu’on n’aura jamais besoin de
plus petit que soit.
X : COUPER
Dans bien des pays musulmans où la charia est appliquée aujourd’hui, on
punit les voleurs en leur tranchant la main au niveau du poignet, conformément,
pense-t-on, à
« Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez
la main, en punition de ce qu'ils se sont acquis, et comme châtiment de la part
d'Allah. Allah est Puissant et Sage. » (Al Mâ’idâ, 5 : 38)
Or le mot utilisé dans ce verset et qui est justement traduit par couper,
ne signifie pas trancher comme eux ils le pratiquent.
L’école des Ahlul Bayt a une compréhension de cette prescription, aux
antipodes des actes de barbarie gratuite dénués en plus de tout fondement. En
effet, ils enseignent ce que le Prophète, leur inspirateur, leur a légué. Il
s’agit plutôt de blesser les extrémités des quatre doigts, le pouce étant
exclu. Une première fois ce sera la main droite puis le pied gauche, ensuite à
la troisième récidive, le voleur est emprisonné et à la quatrième il est
exécuté. Cette interprétation est de loin plus logique et plus humaine et ceci
pour plusieurs raisons :
1 – une fois les mains tranchées, l’individu devient un handicapé donc
une charge pour une société où chacun est appelé à produire pour ne pas être un
boulet aux pieds de la communauté.
2 – un tel individu devient difficilement propre or l’Islam est une
religion de propreté.
3 – Dieu dit que les (7) appuis utilisés dans la prière Lui
appartiennent exclusivement donc il ne revient à personne de les
trancher :
« Les mosquées sont consacrées à
Allah : n' invoquez donc personne avec Allah. » (Al Jinn, 72 : 18)
Ici Hamidullah traduit ces appuis par mosquées car c’est en effet la
même signification : confusion entre le lieu de prières et les outils
(réceptacles) de la prière. De plus « sont consacrées » porte la
place de « appartiennent ».
4 – De plus Dieu est Pardonneur or si le voleur se repentit et que sa
main est déjà partie alors quel le satisfaction ou gain pourra-t-il tirer d’un
tel repentir ?
5 – Avant même de couper les bouts des quatre doigts, au moins huit
conditions doivent être remplies :
-
le voleur doit être adulte,
-
il doit jouir de toutes ses facultés de discernement,
-
il doit avoir choisi délibérément de commettre l’acte,
-
il ne doit pas être dans une situation de besoin,,
-
le vol doit se dérouler avec effraction car le voleur ne devrait pas
avoir été tenté par sa victime ou alors l’objet volé devra avoir été déplacé de
son endroit d’origine par le voleur avec l’aide éventuelle de complices,
-
le voleur ne doit pas être le père de sa victime,
-
le vol doit s’être déroulé à l’insu de la victime ou d’un public.
6 – le même mot couper (khâta’)
et non trancher a été utilisé dans le Coran et aurait donc pu être encore
« compris » par trancher comme dans ce cas du verset du
voleur. Le même mot compris différemment dans deux cas pourtant similaires. En
effet, la femme du gouverneur (Al-Aziz) aimait son serviteur Yûsuf (P) qui
était d’une beauté jamais égalée. Elle invita des femmes pour prouver par la
faiblesse, le manque de contrôle dont elles allaient faire preuve, qu’elle
n’était qu’une victime comme pouvait l’être n’importe quelle femme. Dieu nous
raconte la scène en ces termes :
« Lorsqu'elle eut entendu leur fourberie,
elle leur envoya (des invitations,) et prépara pour elles une collation; et
elle remit à chacune d'elles un couteau. Puis elle dit: "Sors devant
elles, (Joseph!)" - Lorsqu'elles le virent, elles l'admirèrent, se
coupèrent les mains et dirent: "ÔAllah ne plaise! Ce n'est pas un
être humain, ce n'est qu'un ange noble!" » (Yoûsouf, 12 : 31)
Peut-on dire qu’elles se sont tranchées les mains à partir du
poignet ?
En tout état de cause, il n’est jamais arrivé du temps du Prophète que
l’on tranchât la main à un voleur en guise de sanction. Peut-être parce que le
système socio-économique mis en place ne laissait pas de place à de tels actes.
Hélas, comme dans beaucoup d’autres domaines où nous avons reçu en
l’héritage des déviations, la confusion existe encore de nos jours et fait
croire à tort que la charia prévoit de trancher la main du voleur.
Cette tradition s’applique à tort dans beaucoup de pays dits islamiques
ou non avec la cohorte de problèmes que cela pose.
Ces problèmes proviennent certes du fait de vouloir appliquer au nom de
Dieu une décision qui ne vient pas de Lui. Mais en plus, le développement
effréné des moyens de télécommunications et de transport, les nouvelles règles
économiques mondiales agissant, les inégalités dans la répartition des
richesses d’une nation étant érigées en règles de droit et d’économie,
l’application d’une telle loi est absurde et injuste. Disons-le tout net pour
lever toute équivoque : cela ne voudrait pas dire que l’application de la
charia dans son entièreté, est inadaptée à notre époque ou à notre
environnement moderne. Il s’agit pour y arriver de définir et d’appliquer
toutes les conditions qui doivent concourir à asseoir davantage de justice
sociale et de bien-être, en somme de développement humain pour les populations
concernées.
Le constat de l’augmentation fulgurante de la demande de confort
spirituel surtout auprès des jeunes, parallèlement à l’aggravation de la perte
de nos repères, de nos origines et des vertus cardinales, nous portent à garder
l’espoir qu’un jour, la vérité triomphera des ténèbres. Alors ce jour verra
pousser comme des champignons des états véritablement islamiques où l’Islam
sera vécu dans sa plénitude.
XI : CONSEQUENCES
ET ENJEUX ACTUELS :
Les conséquences d’une mauvaise succession du Prophète (P) marquée par la
séparation des pouvoirs temporel et spirituel avec son lot de déformations des
enseignements originels du Prophète (P), sont aujourd’hui visibles un peu
partout à travers le monde dans les comportements des musulmans qui n’ont pas
su appliquer les prescriptions de l’Islam originel.
Cela se manifeste à deux niveaux :
1 – au plan communautaire : les graves confusions et erreurs ou
innovations introduites dans les pratiques cultuelles, les croyances et les
principes, les mauvaises relations entre les musulmans d’un même groupe ou de
groupes différents et entre eux et les non musulmans.
2 – au plan international : d’une part les froides relations (sans
solidarité, ni entraide) entre pays musulmans,
l’état de guerre larvés entre ces premiers et Israël, la soumission sans
rémission à la puissance et aux richesses de l’Europe et de l’Amérique, le tout
couronné par un manque criard de leadership musulman au plan mondial. D’autre
part les groupes dits « terroristes »[104]
avec leur nouveau et faux culte du martyr et leur promptitude à fleur de peau à
mener une guerre sainte (djihad)[105]
contre un ennemi souvent confondu à une foule de gens innocents.
A cela s’ajoute la baisse de la qualité au profit de la quantité. Les
musulmans deviennent de plus en plus nombreux mais de moins en moins bons.
L’Imam ‘Ali insistait dans la nécessité et l’intérêt pour
Les exemples d’applications erronées de préceptes islamiques foisonnent
dans l’histoire mais aussi dans notre présent à l’instar de l’Afghanistan
des Talibans (la mauvaise gestion de la question des femmes et des ressources,
l’obscurantisme, le zèle, etc.), l’Irak de Saddam Hussein (la dictature, le
népotisme, la destruction massive de populations innocentes, etc.). Certes une
autre injustice est venue s’abattre sur eux (talibans comme Saddam): l’Amérique
des « néo-conservateurs ». Nous réprouvons et condamnons également de
toutes nos forces cette injustice flagrante et diabolique. Cela ne saurait
faire oublier les erreurs de ces dirigeants musulmans-là.
Les actes « terroristes », quant à eux, de plus en plus
nombreux trouvent leur terreau certes dans les grandes injustices des pays
dominants mais également dans le nouveau culte du martyr développé au
Moyen-Orient et dans les pays arabes.
Le résultat en est que là où les occidentaux se perdent dans la
recherche effrénée de la liberté, des plaisirs, de la jouissance des biens de
ce monde, les « terroristes » s’attachent frénétiquement aux
bénéfices d’un au-delà de martyr. Au paradis terrestre que prônent les uns
s’oppose le paradis du martyr dans l’au-delà dont rêvent les autres. Les uns
tiennent à leur vie et la défendent bec et ongles tandis que les autres n’y
tiennent pas et la donnent pour rester immortels. Aux bombes jetées des avions
répondent les avions jetés en bombes. A celles lancées répondent celles
portées. Les « anti-terroristes », plus terroristes que jamais, se
sont jurés de traquer et éliminer les « terroristes » du monde entier
tandis que les kamikazes n’ont plus de limites ni dans leurs méthodes, ni dans
leurs cibles.
La situation semble dés lors inextricables. Une médiation est
indispensable.
Aux uns de comprendre que la liberté a des limites et que la richesse
et la force ne permettent pas de tout obtenir car pour qu’elles soient
efficaces elles doivent se joindre à la justice et à la vérité. Leurs propres
religions leur interdisent de commettre le mal. En s’y référant et en analysant
le bien-fondé des raisons qui militent en faveur de la paix, ils finiront par
s’y soumettre.
Aux autres de comprendre que le sacrifice de la vie d’un homme, par
suicide ou meurtre, est un don ultime que l’on ne doit pas faire tant qu’il
reste d’autres moyens de résoudre les problèmes. Or ces moyens existent et la
durée ou les sentiments passagers que l’on peut avoir ne devraient nullement
influencer l’issue heureuse à trouver. La guerre sainte n’est qu’un dernier
recours ultime que le Prophète (P) n’a utilisé que de façon défensive.
C’est pourquoi il est rare de voir des disciples de l’école des Ahlul
Bayt se tuer dans des opérations kamikazes au nom du culte du martyr. Par
contre on les verra toujours négocier pour l’avènement de la paix. Lorsque l’un
d’eux se rebelle contre cet état des choses ils le rappellent à l’ordre et en
général cela se passe bien
Tenons-nous en à ces quelques cas pour illustrer les difficultés du
monde musulman (conséquences de la succession) par souci d’éviter de citer
d’autres situations encore inachevées.
Il s’agit, comme le dit le Robert, de ce que l’on peut gagner ou perdre
dans une compétition, un conflit. Ici, nous dirons plutôt ce que l’on peut
gagner ou perdre dans cette évolution tumultueuse des musulmans, conséquence
pour une large part du déroulement de la succession du Prophète (P) et des
événements qui en ont résulté.
Expansion incontrôlée et
manque de direction :
Au seuil de ce second millénaire, l’Islam est à nouveau victime d’une
crise de croissance. Cette fois-ci il ne s’agit pas de succession du Prophète
(P) – avec les suites néfastes ayant résulté d’un testament non exécuté – mais
de son extraordinaire expansion incontrôlée.
Aujourd’hui, les musulmans – c’est connu – ne se réunissent pas sous
l’autorité d’un clergé ou ensemble des ecclésiastiques (i.e les non laïcs)
d’une église donnée. Il est vrai qu’il n’y a pas en réalité une Eglise
chrétienne mais plusieurs : la catholique ou orthodoxe et les nombreuses
Eglises réformées ou protestantes. Autre
réalité qui rend difficile la comparaison avec les chrétiens, c’est le
mode de recrutement des dirigeants : le volontariat suivi de la formation
chez les chrétiens, la formation suivie du volontariat et surtout de la
désignation par la communauté entière (Marji)
ou par Dieu tout simplement (Imams ou Pôles), chez les musulmans.
La population musulmane augmente à une vitesse effarante pour plusieurs
raisons : la plupart des pays musulmans font partie des pays les pauvres
au monde or ceux-ci ont les taux de croissance démographique les plus
élevés ; ensuite c’est apparemment la religion qui enregistre le nombre le
plus élevé de conversions ; cela semble être dû à des raisons liées à
l’espérance suscitée, la cohésion, la justesse et le charme intrinsèque du
Message mais aussi Son adéquation avec notre époque et nos angoisses.
Objectif
de qualité et non de quantité :
Malheureusement c’est à la vitesse de son expansion que se multiplient
également les subdivisions, que se raffermissent les positions sectaires, que
s’ancrent les différences, en somme que la quantité se substitue à la qualité.
Devant cette rapide expansion, aujourd’hui donc,
-
de restaurer l’Islam originel avec tous Ses avantages attendus sur
l’environnement et sur les hommes en corrigeant les déformations et autres
déviations enregistrées,
-
d’agir en conformité avec l’Islam et donc d’assurer un meilleur partage
des richesses entre pays musulmans par une solidarité agissante à l’extérieur
et à l’intérieur des pays musulmans (et des autres pays ne serait-ce que par le
truchement de l’aide bi- et multilatérale). C’est là d’ailleurs l’unique
solution (divine) pour réduire les inégalités et de façon concomitante la
criminalité et les exodes massifs de populations ;
-
de parler d’une seule et même voix (uniformisation des voix et donc
formation d’un puissant lobby interétatique) sur un grand nombre de problèmes
jusque-là sans solution,
Tout ceci n’est pas utopique quoique difficile à atteindre au vu de la
distance qui nous sépare de ces objectifs. Mais il faut savoir que cela se fera
de façon progressive par cercles concentriques. Le temps que cela peut prendre
importe peu.
« … C’est Allah qui sait, alors
que vous ne savez pas. » (Al Baqara, 2 : 216)
Toutefois, Allah nous dit
aussi :
« Dans l’alternance de la nuit et du
jour, et aussi dans tout ce qu' Allah a créé dans les cieux et la terre, il y a
des signes, certes, pour des gens qui craignent (Allah). » (Yoûnouss, 10 : 6)
« Et très certainement Nous avons fait
descendre vers toi des signes évidents. Et seuls les pervers n’y croient
pas. » (Al
Baqara, 2 : 99)
Nous citons pour exemples et presque
au hasard ces deux versets sur deux ensembles respectifs de 79 et 40 fois où,
respectivement, les mots signes et signe sont apparus dans le
Coran. Soit au total 119 fois ! C’est dire que le Tout-Puissant tient à ce
que nous observions Ses signes et qu’ils nous permettent à chaque moment de
retrouver Sa voie après réflexion.
C’est encore une fois cette dualité
omniprésente dans le Livre Saint entre ce qui est du domaine exclusif de Dieu
et ce qui est de notre ressort et que nous pouvons modifier, influencer en bien
ou en mal. Il nous enjoint toutefois et dans tous les cas de faire le bien et
d’éviter le mal à travers Ses signes (des fois judicieusement traduits par enseignements)
qu’Il veut évidents pour ceux qui sont « doués d’intelligence » (en
fait de foi et de sincérité).
Bien que Dieu soit Seul à tout
connaître, Il nous exhorte à comprendre Son Message à travers les signes qu’Il
nous envoie dans tout notre environnement. C’est pour cela que nous vous
invitons, pour finir, à la réflexion sur certains points que nous prendrons le
risque de qualifier de signes divins :
1 – Admettons que les Compagnons du
Prophète, dont certains se sont entretués (ex : les batailles de Sifayin,
du chameau et de Nahrawân), soient tous bons et méritent le Paradis. Comment
interpréterions-nous, par rapport à eux, ce verset du Coran :
« Quiconque tue intentionnellement un
croyant, Sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement.
Allah l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme
châtiment. »
(An-Nisâ, : 93)
Au cas où ils auraient péché d’autant
plus qu’ils n’étaient pas tous forcément des Saints et que même certains ont
reconnu leurs torts avant de mourir, ne nous est-il pas simplement permis de
reconnaître sans parti pris les erreurs qu’ils ont pu commettre et les
conséquences qui ont pu en résulter afin d’en tirer des bénéfices pour nous
réunir autour des vérités essentielles et cohérentes de l’Islam originel ?
2 –Comment comprendrait-on qu’on ne
puisse trouver aucun descendant du Prophète (Ahlul Bayt) cité comme source dans
d’innombrables chaînes de transmission de hadiths, Est-il possible que l’Imam
‘Alî (P) puisse leur échapper parmi leurs sources ? Rappelons que le
Prophète a dit de lui-même et de l’Imam ‘Alî (P) :
« Je suis la cité de la
connaissance et Alî en est la porte ».
Tandis que l’Imam Alî a dit dans son
Nahjul Balâgha à propos de ses longs moments passés auprès du Prophète :
« Je voyais resplendir la
lumière de
Est-il également possible que puisse
leur échapper la présence des illustres membres de la famille du prophète tels
que Al Hassan (p) , Al Hussein (p), Ali Ibn Al Hussein (P) , Muhammad Ibn Ali
(P) , Jâ’far Ibn Muhammad (formateur des
célèbres Maîtres d’écoles comme Abû Hanifa et Malik qui, eux, sont largement
cités), Mûssa Ibn Jaafar (P), , Ali Ibn
Moûssa (p), Muhammad Ibn Ali Al Jawâd
(P) , Ali Ibn Muhammad Al Hâdi ( P), Al
Hassan Ibn Ali Az Zakî Al Askarî (P), Al
Hassan Ibn Al Hassan, Zayd Ibn Alî Ibn Hussein, Yahya Ibn Zayd, Muhammad Nafs
Zakîya, Idriss Ibn Abdallah al Kâmil, Ibrahim Ibn Abdallah, Al Hussein Al
Fâkhi, Muhammad Ibn Ibrahîm (connu comme
tabataba) etc. Tous des sommités de
l’Islam et d’éminents membres de la descendance du prophète (P).
Finalement, ne se sont-il pas
condamnés ou condamné leurs commanditaires en montrant autant de zèle, que ce
soit librement ou par contrainte ?
3 – Un autre signe que Dieu nous
rappelle :
« Et cramponnez- vous tous ensemble au
"Habl" (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez- vous le
bienfait d'Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui
réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et
alors que vous étiez au bord d'un abîme de Feu, c'est Lui qui vous en a sauvés.
Ainsi Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. » (Al Imrân, : 103)
Donc notre division n’est pas une
fatalité comme on aimerait nous le faire croire, même si Al Mahdi a pour rôle
de sauver l’humanité. Nous n’avons très certainement pas à baisser les bras
pour nous dire que c’est au Mahdi de régler les problèmes d’autant plus que
nous sommes pratiquement arrivés à un niveau de non–retour quant à notre
division et notre perversion. On devrait plutôt méditer cet autre verset du
Coran :
« Et si tu obéis à la majorité
de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier d'Allah: ils ne
suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. » (Al An’âm, 6 : 116)
4 – Citons pour terminer ce sermon de l’Imam
Alî, extrait de Nahjul Balâgha et qui nous explique la pureté du message
conservé par les Ahlul Bayt avec l’indispensable persévérance dont il a fallu
faire usage à travers les âges pour y arriver :
« Vous ne pouvez connaître la bonne
direction que lorsque vous connaîtrez ceux qui l’ont quittée, et vous ne vous
attacherez au pacte avec le Livre que lorsque vous connaîtrez ceux qui l’ont
rompu, et vous ne l’appliquerez qu’après avoir connu ceux qui s’en sont
séparés.
Demandez donc tout cela à ceux qui maîtrisent
le Livre, ils sont la nourriture du savoir et l’ennemi de l’ignorance. Ce sont
eux qui vous révéleront leur savoir par leur jugement, leur silence exprimera
leurs pensées et leurs apparences révéleront leur fond.
Ils n’outrepassent pas les lois religieuses
et ne se contredisent pas. Le Livre est entre eux un témoin véridique et un
silencieux éloquent. »
[1] La lettre (P), qui suit le nom du prophète de l’Islam signifie : « que la bénédiction divine et la paix soit sur lui et sa famille ». Lorsqu’elle suit le nom des autres prophètes et des Imams de la famille du prophète elle signifie : « que la paix soit sur lui ».
[2] C’est la période antéislamique où l’ignorance et la perversion des mœurs étaient seules souveraines.
[3] Il était certes d’une intelligence hors normes et protégé contre l’erreur comme le dit le Coran et que nous le verrons plus loin dans ce livre mais il n’avait pas « fait ses humanités » pour être en mesure d’étaler ces versets d’une inégalable beauté linguistique.
[4] Hayât al-Qulûb ; Al Mawâhib al-Laduniyyah et al-Muntaqî
[5] Histoire des premiers temps de l’Islam de Seyyed Safdar Hussein.
[6] Al-Tabari ; Ibn Jâbir.
[7] Il fut d’abord interdit de prier pendant qu’on était sous l’effet de l’alcool puis son interdiction fut beaucoup plus sévère. En quelque sorte ce fut une interdiction graduelle et marquée du sceau de la plus haute pédagogie pour des gens qui revenaient d’une période jahilienne.
[8] Dieu s’est chargé, Lui-même, de les faire mémoriser au Prophète (P) et de les ordonner : « Son rassemblement (dans ton cœur et sa fixation dans ta mémoire) Nous incombent, ainsi que la façon de le réciter. » (Al Qiyâmah, 75 : 17)
[9] Cette possibilité signifie : être libre, avoir les moyens financiers de façon licite, avoir les moyens de transport et être en bon état physique
[10] Cela veut dire qu’Allah est juste et ne fait rien qui manquerait de sagesse.
[11] Le guide islamique des enfants (traduction française).
[12] Source : Histoire des premiers temps de l’Islam de Seyyed Safdar Husein.
[13] En plus de ces trois privilèges, il y avait la possession des clés et du
contrôle du Sanctuaire et le droit d’attacher la bannière à
[14] Ce fils de Hâchim s’appelait en réalité Chayba al-Hamd. A la mort de son père il était trop jeune pour hériter de celui-ci. Il fut confié conformément au vœu du défunt à son oncle Al-Muttalib. Les Mecquois ne savaient pas au début son lien avec Al-Muttalib. Ils crurent que c’était son esclave et lui donnèrent le surnom de Abdul-Muttalib (esclave de Muttalib). Auparavant il vivait chez sa mère à Médine.
[15] Le miracle du puits de ZamZam (sa découverte ; elle ne tarit
jamais, ne baisse jamais de niveau malgré son utilisation plus qu’intensive par
les pélerins et toute la ville ; l’eau de tous les autres puits
environnant est désagréable, etc.), la pierre noire, le makhâma Ibrahîm,
le survol particulier des oiseaux autour de
[16] Le terme arabe Khilafat connote la représentation, le remplacement, mais il est évident que son emploi dans ce contexte est symbolique pour l’homme car Dieu n’est jamais absent.
[17] Ce sont notamment les versets 7 : 69, 38 : 26, etc.
[18] Notamment : 4 : 41, 16 : 89, 22 : 22, 39 : 69.
[19] Ils seraient au nombre de 313 : voir al khissal chaykh saduq
[20] Voir chapitre sur l’infaillibilité (Al Assàma) du Prophète (P).
[21] Il s’agit là de la guidance intérieure des âmes celle qui se rapporte
au maintien même de l’être du monde (Takwîni) et non celle de
[22] Chaque Prophète a fait des miracles en fonction du niveau de développement des Arts, des lettres et des sciences de son époque. Le Prophète de l’Islam (p) fit beaucoup de miracles dont le important et dont les effets s’étendent à tous les âges est le Coran Lui-même Qui est une Merveille dans tous les sens du terme.
[23] Rapporté par Salman Al Fârissi un Compagnon du Prophète cité par Gandu’zi dans Yannabi Ul Mawâda.
[24] Voir preuve P2 ci-après.
[25] Pour de plus amples informations voir plus loin l’histoire de la vie de l’Imam Ali.
[26]Quelques références à ce propos:
a) Muslim dans son Sahih, cite Sa’d Ibn Abî Waqâs (voir « Suyûti’s His. of Cal.de Major Jarrett, page 173. b) Zamakhshari, I-193. c) Tabari, III-300. d) Râzi, VIII-82 à 88.
[27] « Celui pour qui je suis le maître Ali est son maître. O Dieu soi le proche ami de celui qui est son proche ami et sois l’Ennemi de celui qui est son ennemi. »
[28] D ‘après Baqer Sadr dans Bihar Anwar.
[29] Al Wâdiqî ; Al Bukhâri ; Muslim ; Ahmad Ibn Hanbal ; Al – Nasâ’î ; Al Tabarî ; Ibn al-Athîr ; Al-Suyûtî ; etc.
[30] Voir le chapitre sur la succession.
[31] Al Aloussi dans Atoukh fatoul isna’ ashiriya page 8.
[32] Manaqib par Abi Hanifa, Tome I page 173 - Jami’ou Assanidou Abi Hanifa, Tome I page 222 - Azhahabi dans Tazqiratoul Houfaze Tome I page 157.
[33] Kitab Majalissou Sounna, Tome V. - Ibn Tamimya, père spirituel du Wahabisme dans Kitabou Tawassoul Wal Wassila, page 52.
[34] Du 7ème au 11ème Imam, le texte est tiré de « le Guide Islamique des enfants » traduit de l’anglais par Abbas Ahmad Al-Bostani édité en Août 88 en Iran par Daftar-e-nachr-e-farhange-e-islami.
[35] Du 7ème au 11ème Imam, une partie du texte est tiré de « le Guide Islamique des enfants » traduit de l’anglais par Abbas Ahmad Al-Bostani édité en Août 88 en Iran par Daftar-e-nachr-e-farhange-e-islami.
[36] Selon la doctrine islamique Jésus est monté au ciel et il en redescendra vers la fin des temps.
[37] De l’Ijtihad absolu pour les distinguer des autres Maîtres d’écoles de niveau inférieur (moujtahid).
[38] Dans son Avant-propos à la célébre préface de l’Imam Baqer Sâdr destinée à un grand ouvrage de Sayyed Muhammad Al-Sadr sur l’Imam Al-Mahdi (P).
[39] D’une science qui se limite à l’expérimentation en laboratoire sur des objets déformables. Or la vraie science est d’abord et avant tout une démarche dont l’objet est bien au-delà du seul visible, palpable.
[40] Voir l’histoire de Ghadir Khom dans les commentaires de la preuve 11 du chapitre sur les preuves.
[41] Certains musulmans avancent à tort qu’il s’agit de
[42] Dans Tabaqât de Ibn Sa’ad Page 61. « Le prophète a recommandé que personne d’autre que moi ne le lave », y dit Ali.
[43] Cf. « Correspondances » de Sheikh Salim Al-Bishri et Sharafeddine Al-‘Amili. Page 183.
[44] Cf. commentaire du verset P7 « Avertis ton clan le plus proche » Paragraphe II-2-2.
[45] Rapporté en ces termes par Mohammad b. Ismâ’îl al-Bukhâri dans son Sahih P118 du vol.II, rapporté par Muslim et par Ibn Hanbal.
[46] Pour plus de détails voir le commentaire du verset P1 sur les Ahl-ul Beyt (II-2-1) dans le chapitre II.
[47] D’après : Tarikh Tabari Vol.3 Page 226,
Tarikh Ibn Al Athir Vol.2 Page 317,
Tabakhat Ibn Sa’ad
Vol.2 P. 190, Assira Al Halabya Vol.3 Page 207.
[48] Dans la 4ième introduction du livre Al Millal wal nihal de Al Shahristânî ; Al jawharî dans Al Saqifâ ; Al Mou’tazilî dans son commentaire de Nahj al Balâghah, Vol.2 Page 20.
[49] « Life of Ali » par Dar Qutni wal Razi Page 739 ; « Life of Ali », édit. Khadimal Talim Press, Lahore ; Madârij al Nubuwah.
[50] Ibn Khutayba dans Imamat wa Siassah dit que c’est Abu Bakr qui dit ce qu’on attribue ici à Ali. Or tous les grands auteurs témoignent que Abu Bakr se trouvait à Saqîfâh à ce moment-là.
[51] Ici le mot français ‘rebelle’ (utilisé deux fois dans le même sens) rend mal le terme arabe baghya qui regroupe plusieurs défauts à la fois que sont l’autosuffisance, l’arrogance, le manque d’éducation et de respect. Or quiconque connaît un tant soit peu l’histoire de Mu’âwiyeh, sait qu’il avait tous ces défauts en plus d’être un impie comme son père Abû Sofian qui ne s’était converti que par contrainte sans aucune conviction. Les actes qu’ils ont posés tout le long de leur vie le prouvent suffisamment.
[52] Ces objets macabres furent envoyés à Damas par Oumm Habîbah, une veuve du Prophète mais aussi sœur de Mu’âwiyeh.
[53] Mas’ûdi ; Habîb al-Sayyâr.
[54] Trois mille cavaliers furent dépêchés par Mu’âwiyeh à la rescousse de Abul-Awar. Dirigés par Amr Ibn al-Âç, ils augmentèrent la hargne de Mâlik al-Achtar.
[55] Ammâr était âgé de quatre vingt treize ans.
[56] Hind, la mère de Mu’âwiyeh avait payé un esclave et lui avait promis bien des choses s’il arrivait à tuer Hamzâ. L’homme atteignit son funeste objectif et Hind, dit-on, suça le foie de Hamzâ pour étancher sa soif de vengeance.
[57] « Même s’il y avait un millier d’hommes comme Alî (P) dans les rangs ennemis, je les réduirai à la déconfiture… »
[58] Sayyed Safdar Husayn dans Histoire des 1ers temps de l’Islam.
[59] Al-Mas’ûdî et bien d’autres historiens.
[60] Ibn Khaldûn.
[61] Rawdhat al-çafâ; Habîb al-Sayyar; Abul Fidâ ; etc.
[62] Histoire des premiers temps de l’Islam de S. S. Husayn.
[63] Dans le mois de Ramadhân
[64] Pour mémoire, Sa’d Ibn Obâdah avait refusé de prêter allégeance à Abû Bakr et finit par être tué par Khalîd Ibn Wâlid dont le fils était dans l’armée de Mu’âwiyeh. Ils accusèrent ensuite les djinns (?!) d’avoir tué Sa’d.
[65] Al-Tabarî.
[66] Al-Suyûti.
[67] Id. D’autres auteurs disent plutôt qu’il survécut pendant trois jours
à sa blessure et mourut le lundi 22 Ramadhân de l’an
[68] Al-Tabarî, Tome VI, Page 93. Ibn Athîr Tome III, Page 162.
[69] Al-Suyûti dans Tarikhul Khulafa cite plusieurs dates, selon les auteurs : les ans 49, 50 et 51.
[70] Cette femme était la nièce de Abû Bakr et la fille de Achath, celui-là qui s’était révolté contre Alî à Cifayin à la tête des khawârij.
[71] Boukhâri cité par Al-Suyûti dans Tarikhul Khulafa P.230 ; Nisâ’i ; Ibn Abî Hâtim dans ses Tafsirs.
[72] C’était bien la première fois, en dehors du Prophète dont ils avaient refuté la désignation claire et nette de Alî comme successeur, qu’un Calife nommât son successeur de son vivant en dehors de son lit de mort.
[73] Cité par plusieurs références.
[74] Cité dans la compilation sur « l’Imam Al-Hassan (P) » par Abbas Ahmad Al-Bostani (Editée par l’Association Ahl-ElBeit).
[75] C’est-à-dire : « Je te fournirais suffisamment d’hommes et de chevaux pour assaillir et déborder les forces d’Aboû Bakr.
[76] « Abqariyyât islâmiyyeh », Tome 2, par Abbas Mahmoud al-Aqqad Pages 170 et suivantes.
[77] M.-J. Fadhlallah P.128 (citant Murûj al-Dhahab et Ibn Abi Hadid)
[78] « Al Khîlafat Wal-Moulk » (Le Califat et le Royaume), Page 113.
[79] Dans Tarîkhul Khulafa de Al Sûyûti Page 237.
[80] ‘Manâkhib Ali Abi Tâlib fi Akhwâlil Imamu Çâdiq’ le cite à partir de ‘Musnad Abu Houneyfa’.
[81] Dans Manâkhib Ali Abi Tâlib fi Akhwâlil Imamu Çâdiq.
[82] Dans Musnad Abu Hanifa, Al Hassan Ibn Zyad a dit qu’il a entendu Abu Hanifa dire cela.
[83] Cette citation que nous préférons traduire littéralement pour lui conserver tous son sens, est très connue et est reconnue indiscutable par tous les grands historiens.
[84] Dans Manâkhib Aali Abi Tâlib fi Akhwâlil Imamu Çâdiq.
[85] Pages 48 à 69 Edition ARCS Firminy Cedex France.
[86] Mout’â est un mot arabe qui est souvent traduit par jouissance mais qui connote la faveur, l’allégement.
[87]Selon plusieurs historiens reconnus, dont Zakir Hussein :
Zaynab Bint Johach l’une des femmes du Prophète lui préparait un breuvage à base de miel qu’il affectionnait beaucoup. Comme le Prophète passait un peu plus de temps chez Zaynab vu le temps que prenait la dilution du miel dans l’eau, Aïcha et Hafçah (deux autres épouses) montèrent par jalousie un stratagème: lorsque le Prophète allait chez elles, elles lui faisaient remarquer qu’une odeur désagréable de Maghâfir émanait de sa bouche. Le Prophète prit sur ce la résolution de ne plus consommer de miel, s’interdisant ainsi ce que Dieu lui avait autorisé.
Pour d’autres cette interdiction se rapporte à l’abandon d’une de ses épouses du nom de Marya pour calmer la colère de Hafçah qui les avait simplement trouvés dans ses appartements.
[88] Le complément "comme Dieu vous l’a demandé" est du cru de
‘Umar et non pas
[89] Le sobriquet de Ourayata fut spontanément collé par Ibn Abbas à son interlocuteur pour mieux caractériser tout le ridicule qui se dégageait de ses propos.
[90] L’Imam ‘Ali (P) et ses deux fils Hassan (P) et Hussein (P), Fatima
(P), Khadija (RA) sont les principales sources et les meilleures qu’on puisse trouver
pour décrire les traditions (
[91] Tome 1, page 161
[92] Tome 2, page 151, chapitre sur le regroupement des prières : Babou Djam’ou bayna salatein fil hasari.
[93] Tome 2 page 152.
[94] Tome 1, page 140: chapitre sur l’heure de Maghrib : Babou waktoul Maghrib.
[95] Tome 1, page 138 : chapitre sur l’heure de Açr : Babou waktoul Açr.
[96] Reconnu par tous.
[97] Sahih Muslim dans Fad’ilu Sahâba ; Musnad de Ahmad Ibn Hanbal (tome 4, Page 398).
[98] Sahih tirmizî (tome 5 Page 328) ; Sahih Muslim (tome 2, Page 362) ; Musnad Ahmad Ibn Anbal (tome 5, Page 389) ; Mustadrak de Al Hâkim (tome 3, Page 148) ; Tabrâni (tome 1, Page 131).
[99] Sunan Ibn Mâjuh kitâbul fitân (tome 2, N°3993) ; Musnad Ahmad (tome 3, Page 120) ; Tirmizî dans kitabul îmân.
[100] En fait cette célébration par les juifs n’a jamais existée.
[101] Ceux-ci l’avaient jeté dans un puits et étaient allés dire à leur père qu’un renard avait dévoré leur frère. Yussûf fut recueilli et adopté par un roi. Il devint roi et réussit un jour à attirer ses frères qui ne le reconnaissaient plus. Il les convainquit d’amener avec eux un autre jour le plus jeune, Benyamin, de même mère que lui. Ayant réussi à le faire venir malgré les réticences compréhensibles du père, il introduisit un objet dans son sac et le fit accuser de vol, ce qui lui permit de le maintenir auprès de lui. Il raconta à son jeune frère tout ce qui lui était arrivé. Celui-ci transmit à la famille le secret de son grand-frère. Toute la famille se retrouva un 10 Moharram aux côtés de Yussûf dans la joie et l’allégresse sous le signe du répentir sincère suivi du pardon.
[102] Les hommes se déguisent en femmes et vice-versa. Ils se rendent dans les domiciles et bénéficient cette nuit-là de la générosité des habitants. Et même ils peuvent se permettent de prendre tout ce qui est à leur portée dans les cours extérieures si les occupants n’ont pas pris la précaution de les ranger auparavant.
[103] Nahjoul Balâgha.
[104] En réalité, devraient également être qualifiés d’au moins « terroristes » ces Etats surpuissants qui attaquent avec une insolente impunité des populations aux mains nues ou presque.
[105] Dieu Seul sait si ces guerres sont saintes ou pas car leurs réelles motivations ne nous sont pas toujours connues.