Sent: Monday, December 12,
2005 11:57 AM
Subject: Communiqué.
Holà les Francophones,
Dans un monde médiatique avide de
nouveaux os à ronger, et afin d'éviter que le "converti" ne
deviennent la cause de tous les maux du moment, permettez-moi de
vous envoyer mon portrait, la parole d'un "converti" musulman
français parmi tant d'autres et qui n'aspire qu'à une chose, la paix...
J'espère qu'à l'ignorance et à
l'orgueil de certains, les femmes et les hommes de bonne volonté de toutes
races, religions, convictions... arriveront à maintenir cet équilibre, ce
"juste milieu" qui fait si souvent défaut à ce monde...
Salam,
Franck, alias El French Muslim Rover (EFMR) from Lyon (
Titre de l'article: "Parole
d’un converti français"
"Celui qui abandonne son foyer pour se mettre en
quête du savoir suit la voie de Dieu, l’encre du savant est plus sacrée que le
sang du martyr " Muhammad
Décembre 2005, Lyon, France … :
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Je me présente, je m’appelle Franck
Morellato, j’ai 39 ans, je suis
français, globe-trotter et musulman, et je ne suis pas un terroriste.
Puisque dans la vie des gens de ce monde, la valeur
intrinsèque d’un homme s’évalue à son parcours professionnel, le voici :
Fils d’un soudeur et d’une femme de service hospitalier,
élevé dans le quartier d’Estressin de la banlieue de
Vienne, après des études commerciales supérieures, j’ai fait mes débuts en 1987
dans le monde du travail comme VRP dans le rayonnage sur le secteur de l’Auvergne.
Puis j’ai changé de métier et suis devenu ingénieur commercial dans la
bureautique, puis l’informatique. Puis journaliste-chroniqueur
bénévole à Londres pour un magazine lyonnais. Puis en Malaisie pour la radio
Europe2. Puis directeur-actionnaire d’une société
malaisienne dans la sécurité. Puis homme d’affaires en Asie du Sud Est. Puis
consultant international. Puis romancier-poète. Pour
finir aujourd’hui par ce qui me définit le mieux, globe-trotter …
Depuis plus de quinze ans, j’ai oeuvré en Asie, en
Europe, en Amérique du Nord, Centrale et du Sud, en Océanie, en Afrique. Je
suis rentré et sorti de la vie de nombre de gens, des gentils, des méchants,
des simples, des compliqués, des riches, des pauvres, des grands, des petits,
des beaux, des moches, des très moches… des femmes et des hommes qui
m’ont ouvert leur porte et leur coeur, et qui m’ont appris que si le costume et
les manières changent, le fond demeure toujours le même, une
personne reste une personne, tellement humaine.
Le voyage fait donc partie de moi, comme une seconde
peau, une seconde nature, une compagne insatiable qui me fait rêver, et
qui me donne la force d’aller plus loin. Et c’est lors d’un de ces voyages
qu’un jour j’ai rencontré ce qui fait aujourd’hui le
fondement de ma vie, l’Islam, la « soumission à Dieu ».
Soumis ? Curieux adjectif, apparemment tellement
éloigné de ma personnalité.
Pour qui me connaît, on pourrait dire de moi que je suis
un franc-tireur, un décodeur déconneur existentiel, l’auteur satirique du roman
« la Crise asiatique de Bob la main froide »… Bref, un teigneux à qui
on ne la fait pas. Soumis donc ? Difficile à croire, et pourtant, je
le suis, soumis, et pas à n’importe quoi ou qui, je suis "Muslim", "soumis à Dieu" et heureux de
l’être.
Comment j’en suis arrivé là ?
Comment un garçon élevé au coeur de la république
française, de bonne constitution physique et doté d’un bon sens de l’humour,
a-t-il pu se soumettre à une religion qui lui demande de prier cinq fois par
jour? De ne plus manger de porc alors qu’il adorait le cassoulet? De ne plus
boire d’alcool alors qu’il se pâmait devant une bonne bouteille de côte rôtie?
Et de croire les propos d’un arabe du septième siècle du nom de Muhammad?
Comment cela peut-il être possible de surcroît, à notre
époque, vu tout ce qui a été dit par les médias sur les Musulmans ?
Islamisme, antisémitisme, intégrisme, fanatisme, terrorisme… des tas de mots en
ISME qui font peur.
Et pourquoi surtout, vouloir revendiquer son appartenance
à cette religion si impopulaire pour nombre d’habitants de pays
"développés ", alors qu’on a eu la chance, aux yeux d’une grande
partie du monde, de naître "blanc", et en plus
"français" ?
Par besoin d’idéal ? Pour se faire
remarquer ? Pour montrer aux gens qu’on existe? Serais-je devenu fou
? Qu’est ce que je recherche ? Des problèmes ?
Rien de tout ça. Je suis un simple terrien, touché par la
grâce d’une religion qui s’appelle Islam, un croyant parmi d’autres qui ne se
reconnaît pas dans l’image du terroriste potentiel régulièrement donnée par les
médias.
Si sur le un milliard trois cent millions de
personnes de religion musulmane, il y a des fanatiques extrémistes,
pourquoi stigmatiser le reste de la communauté, en multipliant
les amalgames et en la rendant personnellement responsable de
l’aveuglement suicidaire de quelques milliers d’éléments ?
Et s’il y a, parmi les convertis, une poignée d’illuminés
criminels, pourquoi jeter l’opprobre sur tous les autres, ces
« autres » dont je fais partie, et qui préfèrent au « Vous ! »,
le « Nous » auquel ont droit tous les enfants de la
république française?
Le terrorisme a des causes, étudions les causes et nous
éviterons les raccourcis fainéants et insultants…
Tuer
des innocents, n’a rien d’islamique, et il suffit de se pencher
sérieusement sur le Coran pour s’en apercevoir. Comme le dit le
chrétien, Emilio Platti
dans son livre "Islam... Étrange?":
"L'Islam ne permet pas la révolte contre la vie.
L'angoisse existentielle est dépassée... le Coran guide l'homme vers plus de sérénité
car Dieu demande à l'homme de se convertir à la paix... C'est une sagesse qui
reconnaît les frontières de l'humain, mais qui sait aussi plonger le regard
bien au-delà… C'est ce qui permet au Musulman de vivre la relativité de la vie
et du monde..."
Et j’y adhère pleinement. Si j’ai choisi d’être musulman,
c’est parce que l’Islam fait de moi un homme meilleur. Et cela se
passe naturellement, sans heurt, ni prosélytisme, ni embrigadement, ni
gourou, ni pression sociale d’aucune sorte. D'ailleurs, ma
"conversion" s’est faite chez moi, à l’ombre de mes lectures, dans
mon bureau de Lyon…
En octobre 2001, je travaillais à l’écriture de mon
deuxième roman. Et en lisant les nouvelles du matin, je me suis rendu compte
que l’Islam, une religion que j’avais fréquentée de près de par mes relations
d’affaires en Malaisie et en Indonésie, était devenu après l’attentat de
New York, " l’ennemi à combattre ", voire, pour
certaines chaînes américaines, " à abattre "… Ma réaction
fut pragmatique, si le méchant du moment devenait le musulman, la démarche
logique d’un homme qui veut comprendre, était de découvrir ce qu’était
un musulman, et ce qu’était l’Islam exactement.
Je me suis rendu derechef à la bibliothèque du coin, ai
pris un Coran (édition de D.Masson, 1967), et ai
découvert, surpris, que pour les Musulmans, le Coran (trad.: la récitation ) était la continuation de plusieurs livres de
l’ancien testament et des évangiles. J'ai commencé donc par la base et me suis
mis à étudier en détail, ce que je n’avais jamais pris le temps de faire
auparavant, la sacro-sainte bible.
J’ai donc lu, et relu, et les mois se sont écoulés, et un
jour, naturellement, je suis arrivé au Coran…
Les premiers versets m’ont intéressé. Puis les sourates.
Puis quand j’ai fini le livre, j’étais troublé. Où était le danger ? Où
était " l’axe du mal " tant proclamé par tant de monde
? Je me suis dit que je m’étais trompé, que j’avais du louper quelque chose, et
je l’ai relu, afin de mieux comprendre. Et plus je lisais le Coran, plus je me
sentais proche de sa spiritualité, de ses paraboles, de sa miséricorde, de son
amour, de sa grâce…Un jour, dans mon bureau, j’ai décidé de passer le pas, de
me soumettre à Dieu, et de devenir musulman, ce qui n’a rien à voir avec
terroriste.
Je suis donc aujourd'hui un "converti" comme
les médias m'appellent, et toujours heureux d'être
français. Et fidèle à l'Islam, je m'efforce d'observer dans mon
existence de globe-trotter, "une juste mesure, un juste
milieu ». Et à ces quelques musulmans que je croise parfois
autour du monde, et qui me parlent d'un Islam radical, je ne peux
m'empêcher de sourire et de leur citer la Sourate 109, "Al-kafirun" (trad.: "les infidèles") du
Coran:
" Ô nom de Dieu celui qui fait miséricorde, le
miséricordieux.
Dis : « Ô vous, les infidèles !
Je n’adore pas ce que vous adorez ;
Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore.
Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez.
Et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore.
A vous votre religion, et à moi ma religion. » "
Bonne route à chacune et à chacun,
Salam, Paix, Peace, Shalom,
Franck Morellato