Conférence de presse de
Dieudonné : Intervention intégrale !
mardi 24
janvier 2006 , par Marcrobert
Vœux à la presse
Passons maintenant si vous le voulez bien, à mes vœux politiques pour l’année 2006,
année importante s’il en est puisqu’année pré-électorale, annonçant les élections présidentielles et
législatives de 2007.
J’ai, vous le savez, pris la décision d’être candidat à l’élection
présidentielle.
C’est une décision murement réfléchie qui s’inscrit
dans la durée, puisque j’envisage à l’issue de ces élections de créer une
formation politique, et à travers elle d’être présent aux élections
législatives, et ce dans toutes les circonscriptions.
Ma candidature sera avant tout une candidature de combat contre le
néolibéralisme ou néoconservatisme, dont les ravages
se font sentir tant sur le plan national qu’international.
Ils sont l’extrême droite du XXIe siècle.
Parmi toutes les expériences, toutes les alternatives qui, de part le monde,
tentent de s’opposer au néoconservatisme conquérant,
il en est une qui a retenu tout particulièrement mon attention, c’est celle de
la République Bolivarienne du Venezuela et de son président, Hugo Chavez.
Le projet de république sociale universaliste et de démocratie participative du
Président Chavez, représente un immense espoir pour tous les peuples, et
j’entends placer ma candidature sous son égide.
Dans cette campagne, Dieudo rimera avec Hugo.
J’ai parlé de la menace néoconservatrice, cette
idéologie néolibérale et belliciste, antisociale et réactionnaire.
Qui ne voit qu’en France, ce courant de pensée est en train d’émerger, et de
prendre progressivement le pouvoir ?
D’ores et déjà, les médias lui font les yeux doux. Son principal représentant,
le sieur Sarkozy, petit caniche de monsieur Bush, dit « Bubush
», bénéficie d’une incroyable et permanente campagne de promotion.
Il ne fait pourtant pas mystère de son projet : importer en France le modèle
américain et démanteler ce qu’il reste de la République.
Monsieur Sarkozy, « Bubush », prône le démantèlement
de l’état, le règne absolu du libéralisme, le communautarisme, la révision du
code du travail, la remise en cause des acquis sociaux, la modification de la
loi de 1905 sur la laïcité...
Bubush est en France le représentant d’intérêts qui
ne sont pas les nôtres, il est l’homme de l’Axe du Bien.
Le parti socialiste s’aligne progressivement sur cette ligne. Sa principale
préoccupation est aujourd’hui de faire en sorte que cela ne se voie pas. Ou pas
trop.
Strauss Kahn est-il différent de Sarkozy ? Kouchner ? Hollande, Royal ?
Le parti socialiste s’est, sur le fond, déjà aligné sur le néolibéralisme, et
le communautarisme. C’est le véritable contenu du mot « réformisme » dont ils
se gargarisent dorénavant. C’est un parti de menteurs et de traîtres, de sarkozystes honteux. Ils me haïssent parce que je les
démasque.
Nous assistons d’ailleurs actuellement à une indécente danse du ventre des
présidentiables, ou prétendus tels, devant les lobbies de l’Axe du bien. C’est
à qui sera le plus néoconservateur.
C’est ainsi que Sarkozy, « Bubush », n’a rien trouvé
de mieux que de nommer le citoyen israélien Arno Klarsfeld comme chargé de
mission, concernant le rapport entre « la loi, l’histoire et la mémoire » ! Ceci
probablement pour le récompenser d’avoir choisi de faire son service militaire
chez les gardes frontières Israéliens, dont même le quotidien Haaretz dénonce
la férocité !
Pas en reste, Hollande demandait l’autre jour en substance la « désarabisation » du Quai d’Orsay ! Qui dit mieux ?
Je ne serai probablement pas invité au prochain dîner du CRIF, cette
organisation sioniste d’extrême droite, qui convoque chaque année nos
dirigeants pour leur communiquer leur feuille de route, si j’ose dire, et c’est
regrettable car cela vaudra surement le coup d’œil !
Tous ces gens mesdames et
Et bien j’entends faire le contraire : tourner le dos aux puissants et à leurs
prébendes pour rétablir -ou peut-être établir- la République, et la mettre au
service des citoyens français, de toutes origines et de toutes religions.
Je veux remettre l’état au service des citoyens, et lutter contre la
paupérisation de la société française, ravagée par le néolibéralisme. Je veux
mettre en place un véritable plan Marshall pour les classes populaires, en
matière d’éducation, d’abord, mais aussi en matière d’emploi, de salaires, de
santé, de culture et de conscientisation politique.
Là où ils veulent des consommateurs dociles, je veux des citoyens rebelles.
Pour la première fois, à l’occasion du référendum sur la « constitution pour
une Europe libérale et américaine », les citoyens, et notamment les citoyens de
gauche, se sont révoltés contre les zélateurs du néoconservatisme.
Ils ont clairement proclamé leur volonté de réhabilitation du pouvoir politique
face au pouvoir marchand.
A l’occasion de la révolte des banlieues, c’est ce même rejet du néolibéralisme
qui s’est exprimé. On m’objectera le nihilisme des émeutiers, leur manque de
conscience politique, ou même leur appétit pour la consommation. Et alors ?
Leur colère n’en est pas moins le révélateur de l’incapacité du néolibéralisme
à garantir leur dignité, à leur proposer un cadre permettant la réussite
scolaire, des emplois et des salaires décents.
La société marchande n’a que faire des aspirations
citoyennes de ces jeunes. Mieux, elle les redoute.
Tel est d’ailleurs le sens de l’invraisemblable loi contre le foulard, qui, au
nom de la lutte contre « l’obscurantisme », ne trouve rien de mieux que
d’exclure des jeunes filles de l’école !
Telle est aussi la fonction ambiguë de ses pseudos associations antiracistes
d’émanation PS, dont la fonction semble avoir été depuis 20 ans de maintenir
ces jeunes dans l’hostilité à la république, pour mieux leur vendre le
néolibéralisme et favoriser les tensions communautaires dont ils sont
aujourd’hui les victimes sociales.
Tous ces hommes et ces femmes, aspirent consciemment ou non à une véritable
citoyenneté, et c’est le véritable sens de leur révolte, quelle qu’en soit la
forme.
C’est à eux que ma candidature s’adresse. Je leur propose qu’ensemble nous
édifions une République Nouvelle, qui donne sens et crédibilité au triptyque
Liberté, Égalité, Fraternité.
Dans le reste du monde aussi, le néo conservatisme poursuit et amplifie son
entreprise de destruction et d’aliénation.
Par la guerre, bien sur, qui sévit en Irak ou en Palestine et qui menace
désormais l’Iran, la Syrie, ou même, qui sait, le Venezuela.
On observera d’ailleurs qu’il utilise partout la même arme pour discréditer ses
adversaires et justifier ses exactions : l’accusation d’antisémitisme.
Le président Chavez est le dernier à en avoir fait les frais, à travers un
article du journal « Libération » de monsieur de Rothschild, qui a délibérément
travesti les propos du président vénézuélien.
Disons le tout net, cette accusation relève de l’arnaque absolue, et n’a
d’autre objet que de masquer les visées hégémonistes de l’Axe du Bien.
La propagande qui sévit actuellement autour de l’Iran, s’inscrit dans cette
logique, et je dois dire ma tristesse de voir les médias de la République se
faire le relais sans la moindre réserve de cette propagande de guerre.
Certes, les autorités iraniennes sont, comme tout le « monde arabe », très
hostiles à l’état d’Israël et à sa politique coloniale et raciste. Cela ne
signifie nullement qu’elles soient « antisémites » et l’état israélien est en
tout état de cause le plus mal placé pour donner des leçons matière de racisme
ou de droits de l’homme.
L’Iran est signataire du traité de non prolifération nucléaire, lequel traité lui confère explicitement le droit à l’enrichissement
de l’uranium à des fins civiles. Or la propagande médiatique laisse entendre
que l’Iran ne respecterait pas ce traité. La vérité c’est que ce sont les
Etats-Unis et, hélas, le triumvirat européen, qui ne respectent pas ce traité,
puisqu’ils refusent à l’Iran un droit conféré par le traité !!
Et par quel miracle parvient-on à parler de non
prolifération nucléaire au Moyen-Orient sans jamais évoquer l’arsenal nucléaire
et biologique Israélien ?
N’aurait-on pas plus de chance, et accessoirement plus de crédibilité, pour
obtenir de l’Iran qu’il renonce à tout projet nucléaire militaire, en admettant
qu’il en ait un, si on exigeait la même chose de l’état israélien ?
Ce deux poids deux mesures entre Israël et ses voisins est insupportable et
explique largement les graves tensions dans la région.
Pour sortir définitivement de la crise, je préconise la création d’un état
palestinien unique, multiconfessionnel, qui vivra en paix avec ses voisins.
Le maintien du statu quo et la poursuite de la colonisation ne peuvent conduire
qu’à la poursuite de la guerre et à terme, à l’embrasement de la région.
Les Palestiniens, les arabes, les musulmans, n’ont pas à faire les frais de
l’illuminisme des néoconservateurs.
Dans cette campagne, je m’opposerai de toutes mes forces à toute nouvelle
guerre dans la région, et plus généralement à toute guerre ou menace de guerre
de l’axe du Bien.
D’ores et déjà, je demande le départ immédiat et sans condition des forces
d’occupation en Irak et la fin des sanctions économiques contre tous les pays
qui en subissent.
Les sanctions économiques, qui frappent les peuples au premier chef, comme à
Cuba, relèvent de la barbarie et doivent disparaître de l’arsenal du Conseil de
sécurité de l’ONU.
Je souhaite que la France, comme elle l’a fait à l’occasion de l’agression
contre l’Irak, se désolidarise des visées bellicistes et criminelles de l’Axe
du Bien et qu’elle les dénonce clairement.
La République Française doit rejoindre le camp des nations résistantes au
nouvel ordre mondial néoconservateur et travailler à
l’avènement de relations internationales repensées, fondées sur le respect
mutuel, le dialogue et la coopération.
La France doit être le Venezuela de l’Europe et promouvoir un véritable
dialogue et une véritable coopération avec le Sud, avec l’Afrique.
Evoquer l’Afrique m’offre la transition idéale vers le dernier point que je
souhaitais évoquer devant vous, à savoir ce que d’aucuns, paraphrasant Marx,
appellent « la question noire ».
La volonté de plus en plus affirmée de la population noire d’accéder à une
pleine citoyenneté, d’en finir avec les clichés négrophobes
et de voir enfin les crimes contre l’humanité que constituent l’esclavage et la
Traite, bénéficier d’un travail historique et d’une information digne de ce
nom, semble poser problème à certains.
Il faudrait songer à une loi « antitrust » pour la mémoire !
Plus sérieusement, je constate que la loi dite « Taubira
», loin de favoriser un vrai travail sur le sujet, a surtout tenu lieu de
verroterie et a obtenu l’effet inverse de celui qui était recherché : elle a
fait diversion.
Si la « question noire » est revenue sur le devant de la scène, les noirs le
savent bien, c’est parce qu’un certain humoriste a refusé de voir l’histoire
des noirs traitée avec mépris, et a entrepris de dénoncer le monopole de la
mémoire revendiqué par certains.
La loi sur la « colonisation positive » a créé une légitime émotion. Elle a mis
en évidence le fait que ce n’est pas au parlement de dire l’histoire, et ce qui
est vrai pour une période de l’histoire l’est pour toutes les autres.
C’est la raison pour laquelle j’ai, dans un esprit républicain et au risque de
heurter certains de mes amis, proposé l’abrogation de toutes ces lois qui
entendent graver l’histoire dans le marbre et interdire le débat, au premier
rang desquels trône la loi Gayssot, modèle de totalitarisme.
Les noirs n’ont en effet rien à craindre du débat, bien au contraire.
Le débat, c’est la liberté, et la liberté sert la vérité.
Permettre le débat, exiger le débat, c’est à coup sûr donner à court terme aux
crimes de l’esclavage et de la traite des noirs la place qu’elle mérite, c’est
à dire à mon avis la première, avec les génocides amérindiens.
Je préconise donc l’adoption par l’assemblée d’une loi « Mbala
» qui dénonce la déportation, l’esclavage, la traite des humains et l’épuration
ethnique comme crimes contre l’humanité, sans référence à des évènements
historiques précis.
Il appartiendra aux historiens, en toute liberté, d’établir quels faits
relèvent de ces qualifications.
Pour ce faire, s’agissant de la traite des noirs, je souhaite que la France
prenne une initiative décisive.
Je demande la création d’une commission franco-africaine d’historiens, incluant
des historiens antillais, chargée d’établir le coût
humain, économique et culturel de la traite atlantique, mais aussi de mettre en
évidence les racines philosophiques, religieuses ou politiques de ces crimes.
Je souhaite que la France, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité,
présente ce rapport à l’ONU, et s’appuie sur lui pour demander la mise en œuvre
de moyens à la hauteur du préjudice subi, dans le cadre d’un plan mondial pour
l’Afrique, qui devra s’appuyer sur les peuples africains.
Je n’ai aucun doute sur le fait qu’une telle démarche, s’inscrivant dans un
esprit de réconciliation, participerait de la grandeur de la France, non plus
au passé, mais au présent.
Merci de votre attention.