Par M. Mamadou T. Keita
Remerciements
Mes remerciements les
plus sincères vont à tous ceux qui m’ont assisté lors de la redaction de cet
opuscule. Notamment à l’Imam Mahmoud Dicko qui m’a exhorté dans cette tâche avec
un soutien materiel indéfectible, au frère Cheik Tijani Haïdara chercheur à
l’Institut Nationale des Sciences Humaines (INSH) du Mali, pour ses judicieux
conseils. Ma gratitude va au cadet Seydou Kourouma pour son assiduté dans la
saisie de cet opscule ; puisse Dieu lui accorder le soulagement à toutes ses
préoccupations. Grand merci à tous mes proches qui lors des débats n’ont cessé
de m’orienter dans mes recherches.
PREFACE
Après la chute
du mur de Berlin et l’effritement du bloc soviétique, l’émergence des
mouvements islamiques constitue le principal catalyseur de la scène
politico-économique ; l’attaque du World Trade Center symbole du capitalisme
triomphant, a été le délic d’une guerre ouverte contre ce qu’on appelle
communément le terrorisme islamique. Cette guerre menée souvent de façon
aveugle menace de plus en plus la paix dans le monde, car elle n’épargne aucun
continent. Cet opuscule sans être une panacée s’efforce d’établir une
plate-forme de concertation entre ceux qui prétendent militer pour un monde
libre et ceux accusés de vouloir nous ramener à une époque moyen âgeuse.
L’acuité du problème exige une prise de conscience des instances
internationales souvent abusées de préjugés fallacieux, au point de déroger à
leurs principes directeurs. L’impartialité est loin d’être la règle d’or
d’institution dont la vocation première est la préservation de la paix
universelle. Il est temps plus que jamais d’ouvrir une nouvelle page des relations
internationales basées sur l’équite et le respect de l’humain, en un mot un
vrai dialogue ou toute les composantes auront droit à la parole et à la
considération.
Thierno
Bokar
LE MESSAGE DE
L’ISLAM
Selon la conception islamique, Dieu créa l’univers
par pur amour sans aucune contrainte. L’une des manifestations de ce pur amour
est de ne pas avoir abandonner ses créatures sans guidance. Ainsi, il fit de
l’homme son vicaire sur la planète terre. Fruit de l’amour divin, l’homme est
appelé à préserver le code transcrit à la bonne marche de la planète terre de
toute éternité.
Tout
le message de l’Islam repose sur la mise en pratique du code divin dont le
Saint coran est la transcription révélé au prophète Mohammad (PSL).
Dans
une humanité en proie au désespoir, où la coexistence entre les hommes rime
avec la loi de la jungle, un retour aux préceptes divins est la seule voie de
salut. Le spirituel martyrisé par les prouesses humaines enivrantes prend sa revanche.
Esprit et matière, l’homme ne pourra se réaliser pleinement que dans
l’harmonisation de ces deux subtances originales.
Les
hommes sont épris de liberté, instinct inculqué en lui par son créateur.
«Point de
contrainte en religion, la vérité se distingue de l’erreur.»
(coran 2 : 256)
Il
est intéressant de porter un regard judicieux sur l’étendue des droits que Dieu
accorde aux hommes :
1) Droit de Vivre
La vie est un
don précieux de Dieu à l’homme. Nul part ailleurs qu’en terre de l’Islam, la
vie n’est autant préservée.
«Quiconque tue
un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis de violence sur la
terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes. Et celui qui sauve
un seul homme, est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes»
(coran 5 : 32)
La
gravité du meurtre gratuit est sans commentaire explicité dans ce verset du
Saint coran. Tout homme doit jouir de la vie, don de son seigneur, il
n’appartient à aucun homme de s’arroger le droit de tuer son prochain selon ses
caprices.
«Ne tuez pas
l’homme que Dieu vous a interdit de tuer, sinon pour une juste raison.»
(coran 17 : 33)
En
aucune façon, la mise à mort d’un homme ne peut être arbitraire. Le respect
scrupuleux des injonctions coraniques constitue une sauvegarde de la vie.
L’interdiction du meurtre s’étend jusqu’au sort des enfants, ces frêles
créatures innocentes :
«Ne tuez pas
vos enfants par crainte de la pauvré. Nous leur accorderons leur subsistance
avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute.»
(coran 17 : 31)
Les
pays musulmans bien avant la mise en place de nos organismes modernes au
service de l’enfant, disposaient d’un canevas souvent occulté. Toutes les
politiques d’avortement volontaires sont rejetées par l’Islam, qui n’admet
cette pratique que dans les cas de force majeure, notamment quand la vie de la
mère porteuse est en danger.
Préserver
la vie est une préoccupation majeure dans le code divin. Ainsi, l’Islam
condamne les répressions aveugles qui s’étendent au-delà des coupables.
Nul
ne peut répondre d’un crime qu’il n’a pas commis, comme dans les Vendettas où
tous les membres d’une famille pouvaient répondre d’un crime commis par un des
leurs. Dans les relations internationales, l’Islam condamne vivement les
agressions à l’endroit d’autres communautés sur la base de la différenciation
religieuse ou politique.
«Que la haine
envers un peuple ne vous incite pas à commetre des injustices ! Soyez justes !
la justice est proche de la piété.»
(coran 5 : 8)
Chaque
peule a le droit d’adopter sa confession religieuse ou sa vie politique, pourvu
qu’il ne porte pas préjudice aux autres peuples dans l’expression de sa
volonté.
Ainsi, un peuple qui de son libre choix embrasserait le
système moyenâgeux aussi répugnant que cela pourrait être, ne mérite pas une
agression des autres peuples. De même, des atrocités commises par certains
membres d’une communauté ne justifient pas l’extermination de cette communauté
entière.
Il est regrettable que le 3ème millénaire
s’annonce sur le principe de la répression aveugle au mépris de toutes les
conventions visant à sauvegarder la paix dans le monde.
Que de vies innoncentes détruites au nom de la justice ! Du
vivant du prophète (PSL) nous retenons un cas où les musulmans malgré leur
détermination et leur force firent l’économie de vies innocentes sur
l’injonction divine.
En effet,
les accords d’Hodheïbiya ont contribué à sauvegarder la vie des croyants
demeurés encore au sein des Mecquois. Ces faits sont relatés dans le Saint
coran en ces termes :
«Ce sont
ces infidèles qui vous ont empêché de vous rendre à la Maison Sacrée et ont
empêché que les offrandes entravées parvinssent à leur lieu d’immolation.
N’eussent été les croyants et les croyantes (mêlés aux infidèles) que vous
risquez de piétiner sans les reconnaître, vous rendant ainsi coupables d’une
action répréhensible à votre insu, (il eût été permis pour vous de livrer
combat à l’ennemi) afin que Dieu reçoit qui il veut au sein de sa miséricorde.»
(coran 48 : 25)
La répugnance de Dieu à l’égard de l’impiété est sans
commune mesure avec celle des hommes ; cependant, il tempéra l’ardeur des combattants
de la foi afin de ne pas verser le sang des innocents. Les musulmans et tous
les hommes épris de paix et de justice doivent bien garder en mémoire cet
événement historique plein d’enseignement.
On ne doit pas écraser allègrement un peuple comme si on
piétinait du foin desséché, notammment pour le comportement irresponsable de
certains de ses fils. Un tel comportement relève de l’inconscience et rabaisse
ses auteurs au rang de la bestialité.
Quand la
fureur de la vengeance l’emporte sur la soif de justice, le “Justicier” et le
criminel deviennent tous deux des scélérats. Quelque soit l’outrage subit, on
ne doit verser le sang des innoncents et cela encore moins au nom d’un Dieu
Clément et Miséricordieux qui s’est interdit l’injustice. A l’époque du
prophète (PSL) l’une de ses principales directives en cas de guerre sainte
était de ne point tuer les moines et rubins adonnés à leur culte, mais aussi
d’épargner la vie des femmes et enfants ne participants pas au combat. En aucun
moment le prophète de l’Islam n’a enseigné la repression aveugle à l’endroit de
l’adversaire. La demolition des lieux de culte chrétiens et juifs n’est pas un
programme islamique ; sauf si exceptionnellement ils servent de sanctuaires aux
agresseurs de l’Islam. On relève dans le Saint coran cette exhortation :
«Avec les juifs et les chrétiens ne
discutez que de la manière la plus (affaible), sauf quand il s’agit de ceux qui
commettent les injustices parmi eux…»
(coran 29 : 46)
Autant l’Islam reprouve le meurtre autant il en accorde le
traitement le plus humain :
«Nous
leur avons prescrit dans la Tora : Vie pour vie, Oeil pour oeil. Nez pour nez,
Oreille pour oreille, Dent pour dent, les ….censures tombent sous la loi du
talion…»
(coran 5 : 45)
Situé dans la lignée Abrahamique, le message coranique
maintiendra la loi du talion :
«ô vous
qui croyez ! La loi du talion vous est prescrite en cas de meurtre : l’homme
libre pour l’homme libre ; l’esclave pour l’esclave ; la femme pour la femme.»
(coran 2 : 178)
On ne doit pas entretenir dans la mentalité des populations
la notion du crime impuni, sinon la vie sociale se muerait en vie de jungle.
Tout homme doit savoir qu’en portant atteinte à la vie de son prochain
injustement, il perd par la même occasion la sienne. Ne dit-on pas que la peur
du gendarme éloigne le voyou ?
La peur de la sanction dissuade bon nombre de meurtriers
potentiels.
«Il y’a
pour vous, une vie dans le talion. O vous, les hommes doué d’intelligence !
Peut-être craindrez-vous Dieu.»
(coran 2 : 179)
La repression du meurtre en Islam va au delà de cette phase
; en effet les circonstances de la mort peuvent moduler la loi du talion selon
la volonté des plaignants.
«Il
n’appartient pas à un croyant de tuer un croyant, mais une erreur peut se
produire. Celui qui tue un croyant par erreur, affranchira un esclave croyant
et remettra le prix du sang à la famille du defunt ; à moins que celle-ci ne le
donne en aumône…»
(coran 4 : 92)
Ainsi les circonstances atténuantes pour les crimes
involontaires. L’erreur étant humaine, la repression du meurtre par accident
est atténuée. Le prophète (PSL) nous dit :
“La
famille du defunt ou la victime d’une blessure n’a que trois alternatives, sans
quatrième : - la loi du talion, le dédommagement materiel ou le pardon. Si elle
cherche une quatrième, empêchez-la”
A travers ces propos, nous pouvons comprendre que même le
crime volontaire peut être pardonné en terre d’Islam, mais cela relève
exclusivement des ayant-droits de la victime. Il est malhonnête
intellectuellement de considerer la ligislation islamique en matière de meurtre
comme anachronique et inefficiente.
********************
LES DROITS DU CITOYEN
Le monde n’est pas le fruit d’un hasard, il obeit à un
ordre établi par son créateur. Pour une meilleure observance de cet ordre, Dieu
envoya des messagers à l’endroit des humains
afin de les guider. L’essentiel de la guidance divine repose sur le maintient
de la justice sans laquelle tout est voué au chaos.
«Oui, nous avons
envoyé nos messagers avec les preuves evidentes et avons fait descendre avec
eux le livre et la balance afin que les hommes fassent regner la justice.»
(coran 57 : 25)
Un
constat objectif nous enseigne que rien n’est autant préjudiciable à une
société que l’injustice, aussi, dit-on que l’injustice est le fléau du pouvoir.
Ainsi, la pratique de la justice est le nerf vital de la société. Chaque fois
qu’on y déroge on assiste à des convulsions sociales.
″Dieu ne laisse aucune communauté perseverer
dans l’injustice.″
nous dit le prophète (PSL).
En
d’autres termes Dieu ne diffère pas le châtiment d’une communauté fondée sur
l’injustice.
«Dieu ne
commet aucune injustice envers les hommes, mais ce sont les hommes qui se font
tort à eux même.»
(35 coran 10 : 44)
L’histoire
nous enseigne que la décadence des grands empires n’est que la resultante des
injustices à l’endroit des hommes et de la nature, En effet selon la conception
islamique l’injustice s’etend aussi à la nature. Le meilleur profit qu’on peut
tirer de la nature ne fera que dans le respect des lois même de la nature. Pour
preserver l’harmonie sociale, l’islam octroit des droits inaliénables aux
citoyens.
1) Egalité des Citoyens Devant
les Juridictions
En Islam,
aucun privilège n’est accordé à un citoyen du fait de sa race, de son sexe et
de sa religion devant les tribunaux.
Les lois juridiques transcendent ces contingences.
«ô vous
qui croyez ! Pratiquez avec constance la justice en temoignage de fidelité
envers Dieu, et même à votre propre detriment ou au detriment de vos père et
mère et de vos proches, qu’il s’agisse d’un riche ou d’un pauvre, car Dieu a la
priorité sur eux deux. Ne suivez pas les passions au détriment de l’équité.»
(coran 4 : 135).
Dans la
vie du prophète (PSL), nous avons un exemple éloquant : une femme des familles
les plus nobles commis un vol, pour lui éviter la sanction, Osama Ibn Haritsa
vint intervenir auprès du prophète (PSL) qui lui repondit de façon peremptoire
″Je jure par Allah, si Fatima ma fille avait
commis ce forfait, je lui aurais appliqué la sanction″
Le rang
social d’une personne ne peut la soustraire des sanctions penales. L’Islam
n’admet aucunement des lois juridiques discriminatoires dans la société. Le
prophète (PSL) met en garde sa communauté contre les conséquences de
l’injustice sociale :
″Les communautés qui vous ont précédé n’ont
péri que du fait qu’elles appliquaient les sanctions pénales aux faibles tout
en épagnant les nantis″
Les
resultats de l’injustice sociale sont patents de nos jours : - rebellions
armées - mouvements de grève ; - actes de sabotage…
Nous
devons nous rémémorer ces paroles de l’Imam Aly :
“La
justice est la meilleure des vertus que peut avoir un gouverneur. La justice
protège les Etats.”
Il y’a certes quelques marginaux fauteurs de troubles, cela
est indéniable ; mais le plus souvent c’est l’absence de justice sociale qui
enclenche la spirale de la violence, Le durcissement des mesures repressives ne
constitue pas un remède pour éradiquer les soulèvements des populations
frustrées. Quand la lutte pour la suivie devient un fait quotidien, un fait de
tous les instants, la mort n’effarouche plus. Un pouvoir ne peut se stabiliser
sur un hécatombe
“c’est
par la justice qu’on améliore la vie du peuple rien ne construit un pays comme
la justice” nous dit l’Imam Aly.
En bref,
une société harmonieuse est celle dont parle l’Imam Jaffar Aççadeq en ces
termes :
“Une
société n’a le merite d’être glorifiée que lorsque les plus faibles des siens
peuvent faire respecter leurs droits par les plus forts sans avoir à craindre
personne.”
2) Protection des Biens et de
la Vie
L’Islam
stimule les croyants dans la recherche de bien licites, car l’oisivété est
considerée comme un vice.
«Ne devorez pas à
tort vos biens entre vous ; n’en faites pas présent aux juges dans le but de
manger injustement une part des biens d’autrui…»
(coran 2 : 188.)
L’accumulation
des richesses ne doit pas se faire par le vol et la corruption qui constituent
une gangrène pour le developpement de la société. C’est ainsi que l’Islam
protège les biens licitement acquis par tout individu. Nul citoyen ne peut être
abusivement depossédé de ses biens. Mais aussi, aucun citoyen ne doit être
privé du fruit de son travail. Le travailleur jouit d’une protection sans
équivoque :
«
Remettez au travailleur son salaire avant que ne sèche sa sueur.»
Cette
parole du prophète (PSL) montre la promptitude avec laquelle le travail
accompli doit être remuneré. Tour rétard dans le reglement du salaire d’un
travailleur est un prejudice, s’il est volontairement conçu cela devient une
injustice. Il est inconcevable que dans un Etat islamique, les travaillleurs
dont le travail soutient l’épanouissement de la société soient frustres du
fruit de leur labeur. Le pouvoir doit scrupuleusement veiller à la protection
des travailleurs faute de quoi la voie sera ouverte à la déchéance de la société.
L’Islam
au delà des biens du citoyen étend sa protection à la vie des citoyens.
«Ne tuez
pas l’homme que Dieu vous a interdit de tuer, sinon pour une juste raison.»
(coran 17 : 33) .
Nul homme
qu’il soit roi ou empereur ne doit tuer arbitrairement son semblable ;
notamment pour l’avoir simplement contrarié. Aucune offense ne portant que sur
la personne d’un gouverneur ne merite la condamnation à mort. La gravité du
meurtre arbitraire est relatée dans cette parole divine.
«Celui
qui a tué un homme qui lui - même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis de
violence sur la terre est consideré comme s’il avait tué tous les hommes ; »
(coran 5 : 32).
Tous les
citoyens doivent jouir de la protection de leur vie et de leur biens tant qu’il
n’enfreignent pas les principes de la loi. Des bédouins cupides mecontents du
partage du butin rudoyèrent le prophète (PSL) qui les ramena à la raison sans
ordonner leur lapidation. Comment des pauvres pêcheurs peuvent-ils assassiner
des serviteurs d’Allah pour les avoir contrarié, parce qu’ils detiennent le
pouvoir ? De pareils comportements sont des aberrations sataniques, et leurs
auteurs se soustraient de la misericorde divine.
«Celui
qui tue volontairement un croyant aura la géhenne pour retribution, il y
demeurera immortel.»
(coran 4 : 93).
3) Droit à l’Instruction
Acune
action ne peut être profitable sans la connaissance. La quête du savoir est un
devoir d’obligation divine pour le musulman. C’est ainsi que le prophète (PSL)
nous dit :
″La quête du savoir s’impose au musulman du
berceau à la tombe.″
Les dangers de l’action sans la connaissance
sont mis en exergue par cette parole de l’Imam Aly :
“Celui
qui agit sans la connaissance est semblable au voyageur qui s’est égaré de son
chemin ; plus il avance, plus il s’éloigne de son but.”
Il est un devoir impérieux pour chaque croyant
de donner à ses enfants une instruction capable de l’orienter dans sa vie
religieuse, mais aussi à assumer sa vie professionnelle. Au-delà du cadre
familial, l’instruction est une besogne nationale. Après la première bataille
livrée par les musulmans, le prophète (PSL) libera des prisoniers en contre
partie de l’alphabetisation de dix jeunes musulmans. Cela à une epoque où la
cupidité pour les butins de guerre dominait.
L’Islam
confere aux citoyens le droit à l’instruction, et toute obstruction à ce droit
est une injustice contribuant à l’arrieration de la société. Ni le sexe, ni le
rang social encore moins la race ne doivent être des critères handicapant le citoyen
dans la jouissance de ce droit. Comme à l’époque du prophète (PSL), la dispense
de l’instruction doit être une priorité pour les pouvoirs publics. Il est
important de noter que l’Islam ne dissocie pas l’enseignement religieux de
celui des sciences de la vie. Dans un pays islamique, riches ou pauvres, blancs
ou noirs, tous doivent beneficier du droit à l’instruction ; aucune
discrimination n’est tolérable en la matière. Maintenir une frange de la
population dans l’ignorance c’est pour entretenir la servilité et compromettre
l’épanouissement de la communauté. L’Ecole est l’un des élements les plus
précieux pour l’édification d’une société. Elle doit être un véhicule des
valeurs morales de la société et adéquate à la satisfaction des besoins de la
société ! C’est la raison pour laquelle s’approprier son école est une marque
de souverainété.
4 )Droit
de Regard sur la Gestion Publique :
En terre d’Islam, assumer une fonction publique est une
lourde responsabilité. Contrairement au principe de la lutte des classes bien
analysé par Karl Marx, en Islam les lois ne servent aucune classe particulière.
En effet, selon ce principe, les lois resultent de l’antagonisme entre classes
dominées et classes dominatrices ; ces dernierès detentrices du pouvoir elaborent
des lois visant à preserver leurs intérêts au detriment des classes dominées.
La loi en Islam à une genèse transcendentale, et ne vise qu’à preserver
l’interêt de la société. Ainsi, le pouvoir n’est qu’un dépôt à assumer et non
un instrument d’assouvissement d’interêts particuliers. Nul ne peut user du
pouvoir pour opprimer ses semblables. Le gouvernement et le simple citoyen sont
tous assujetis à la loi. Chaque pratique du gouvernement contrariant la loi
peut être denoncée par le citoyen sans aucun risque ni pour ses biens, ni pour
sa vie. L’histoire a retenu pour nous un incident survenu au cours du mandat du
Khalife Oumar : ce dernier farouche defenseur de l’Islam, voulut fixer une
limitation à la dot de mariage ; il fut interpellé par une dame lui rappelant
les versets du coran concernant la dot. Confus, le Khalife Oumar avoua son
erreur en toute humilité, sans represaille contre la dame qui osa le rappeler à
l’ordre dans une assemblée si auguste. Toujours sous le califat de Oumar un
juif traina l’Imam Aly, intrepide guerrier et grand savant de l’Islam, devant
les tribunaux pour un litige . Tous les citoyens ont le droit de denoncer les
derives des gouverneurs sans être inquiétés, d’où le rejet de toutes formes de
dictature : un Etat islamique n’est pas un Etat dictatorial.
5) Droit à l’Assistance Sociale
La
solidarité est une injonction divine à l’endroit des musulmans. Le prophète
(PSL) d’une manière très expressive nous dit :
“les
musulmans sont à l’image du corps humains, quand un membre souffre, c’est tout
le corps qui en souffre.”
La
compassion est un élément fondamental de l’appartenance à la communauté
islamique.
L’Islam exhorte les croyants à assister leurs prochains, et
accorde une grande récompense à cet
effort. C’est ainsi que les musulmans ont pour devoir de faire l’aumône
aux defavorisés d’entre eux.
«Ce que
vous depensez en aumônes vous sera
exactement rendu ; vous ne serez pas lésés.»
(coran 2 : 273.)
Dès lors,
tout citoyen frappé par des calamités naturelles ou des contingences sociales,
a le droit à une assistance sociale aussi bien de la part de ses
coréligionnaires que de l’Etat. En effet, parmi les cinq piliers de l’Islam
figure la Zakat ou l’aumône legale normalement perçu par l’Etat, qui accorde un
volet important des recettes à l’assistance des démunis et des victimes des
calamités.
« les
aumônes reviennent de droit aux pauvres, aux necenités ; ………………. au rachat des
esclaves, à ceux accablés des dettes……»
(coran 9 : 60)
Toujours dans
le cadre de l’assistance sociale, le Saint coran stipule :
«Donne à
tes proches parents ce qui leur est dû, ainsi qu’au pauvre et au voyageur ; ….»
(coran 17 : 26).
Ces exhortations ne visent pas à entretenir une couche
d’oisifs tout en privant une autre du gain de son travail ; l’Islam est une
religion du juste milieu et n’impose à chaque âme que ce qu’elle peut supporter.
«Ne porte pas
ta main fermée à ton cou, et ne l’étends pas non plus trop largement, sinon tu
te retrouverais honni et misérable.»
(coran 17 : 29)
Si l’assistance
sociale est une obligation divine, elle ne doit pas contribuer à etouffer toute
possibilité dépargne pour le croyant laborieux.
En
resume, on peut dire que l’islam par l’assistance sociale met un frein à
l’elargissent du fossé entre riches et prauvres, sans pour autant tendre vers
une égalisation utopique” des richesses. L’Etat demeure le principal agent
exécuteur de ce vaste projet social. Pour conclure, nous nous referons au Dr
Alexis Carrel : l’Etat peut imposer par la force la légalité, mais non les lois
de la morale. Chacun doit comprendre la nécessité de faire le bien et d’éviter
le mal, et se soumettre à cette nécessité par un effort de sa propre volonté”
6) Devoir de Gouverner
Aucune société ne peut prosperer dans le désordre, d’où la necessité
d’une bonne gouvernance. En Islam, gouverner est une lourde tâche qui incombe
surtout à deux couches de la société que sont les detenteurs de l’autorité et
les savants. Selon le prophète (PSL)
“La
situation d’une société relève de l’attitude des savants et des détenteurs de
l’autorité, si ceux-ci sont corrompus, c’est la société entière qui s’effondre”
Le savoir
étant le préalable de toute activité humaine, les savants jouent un rôle
préponderant dans l’évolution d’une société. Ils sont considerés comme les
héritiers des prophètes (PSE), donc le sel de l’humanité sans lequel la vie
serait fade. La noblesse de leur tâche exige d’eux beaucoup d’abnégation et
surtout beaucoup de courage. En Islam, marcher sur les pas du prophète (PSL)
implique au prime abord se doter d’une moralité exemplaire. En d’autre termes,
comme l’a si bien dit l’Imam Aly
″Quiconque veut convier
les hommes sur la voie du bien doit les exhorter par son comportement avant de
les exhorter par la parole.″
Le prophète (PSL) n’a t-il pas été le digne de
confiance avant sa mission de prédication ? Le meilleur impact que puisse avoir
un savant sur ses contemporains réside dans son attachement aux principes qu’il
professe.
Etre
savant en Islam exige donc des qualités morales exemplaires. Le Saint coran met
en exergue cet aspect en parlant du prophète (PSL) en ces termes :
«Tu es
d’un caractère noble.»
(coran 68 : 4)
Pour
guider les hommes, il faut leur parler dans les limites de leur compréhension ;
sinon cela reviendrait à prêcher dans le désert. A cela, s’ajoute une juste
appréhension des réalités de la société interpelée. On ne peut orienter la
société dans l’ignorance des problèmes qu’elle doit affronter. Afin de mieux
accomplir leur mission, les savants doivent faire une lecture digeste des
textes sacrés, en évitant de s’enliser dans une sclérose intellectuelle
handicapant toute saine approche de l’Islam. Sans être un rénégat, on doit
porter un regard judicieux sur cette parole de R. Garaudy :
″la loi ne peut se pétrifier alors que la vie,
qu’elle a pour mission de façonner selon le dessein de Dieu, qui a fait de
l’homme son calife, est en perpétuelle métamorphose.″
Certes
les principes essentiels enoncés dans le Saint coran sont immuables mais quand
la société est ballotée par l’adversité, des mesures d’urgence s’imposent pour
preserver sa survie. De la vitalité intellectuelle des savants à parer ces
urgences depend tout le devenir de la communauté mususmane, notamment de nos
jours. La lourde tâche qui s’impose de nos jours aux savants musulmans et une
relecture des textes sacrés pour une rénaissance de l’Islam qui ne serait pas
un réniement. Cette tâche en apparence téméraire pour de nombreux frileux attachés à la lettre
récèle tout le devenir de l’Islam. Les jurisconsultes de l’aube de l’Islam ont
répondu aux problèmes de leur époque, il revient à ceux de notre temps de
résoudre les leurs. Le philosophe R. Garaudy n’a pas manqué de souligner ce
fait :
″quel que soit le respect que l’on puisse porter à
ces grands exègètes du passé, il est grave de croire que la pensée créatrice de
l’Islam se soit arrêtée avec eux, et que cette tradition médievale puisse
apporter réponse aux problèmes de notre temps.″
Beaucoup de
controverses autour de l’Islam proviennent de l’inaptitude des savants à
eveiller les croyants des pièges qui les assaillent de tout côté. Comme le
dirait l’autre, le monde n’a que trop été interprété, il s’agit maintenant de
le transformer ; et cela ne sera que l’oeuvre de l’homme, cet être pensant et
responsable. Ce n’est que lorsque les idées s’emparent des hommes que leur
action revêt la noblesse. Confiant en l’idéal qui l’anime, l’homme déplacerait
des montagnes. Les savants doivent tirer l’humanité de la torpeur
intellectuelle, et ils ne peuvent atteindre ce but qu’avec un savoir affûté aux
réalités du moment. Le savant doit affronter les difficultés du moment avec
lucidité et surtout beaucoup de courage là où ses précurseurs n’ont pas eu à legiférer.
En Islam, le savant n’est pas uniquement le théologien, mais aussi le savant
aux “affaires de ce monde” orientés par une raison saine. Il n’y a pas
d’entagonisme entre religion et science ; tocile perversion attribuée à cette
dernière ne l’est que du fait des hommes.
“la raison ne peut se passer de
la révélation. Il n’ya, entre l’une et l’autre, aucun antagonisme. Il ne peut y
avoir de heurt qu’entre une raison infirme et une lecture myope. Une raison
infirme, c’est à dire positiviste, separée de la sagesse et de la révélation.
Une lecture myope, c’est à dire litterale, séparant chaque fragmant du texte de
son contexte global.”
Selon le
Proffesseur R. Garaudy. D’autre part, le savant se doit d’être l’esclave de la
vérité pour mériter ce rang. Nous pouvons résumer cela par cette parole de A.
Carrel :
“Les grands savants sont toujours
d’une profonde honnêtété intellectuelle. Ils suivent la réalité partant où
celle-ci les mène. Ils ne cherchent jamais à lui substituer leurs propres
désirs, ni à la cacher quand elle devient gênante.”
En Islam, le
savant ne doit pas dissimuler la verité par simple inclination pour un
personnage ou un groupe determiné d’indicidus.
«/Ve dissimulez
pas la vérité en la revêtant du mensonge. Ne cachez pas la vérité alors que
vous savez.»
(coran 2 : 42).
Les paroles des
savants doivent être des phares pour éclairer les bras du pouvoirs ; ce qui
justifie l’importance que leur accorde l’Islam. Toutes déviations de leur part
entrainent de graves prejudices à la société.
«Parmi les
serviteurs de Dieu, les savants sont seuls à le rédouter…»
(coran 35 : 28)
Quiconque
rédoute Dieu ne peut se faire l’allié des injustes. Pour la réussite du projet
de société en Islam, les detenteurs du pouvoir constituent le second pôle des
savants. Le pouvoir est un dépôt et nul ne peut l’assumer à des fins
personnelles. Comme tout dépôt, il implique une responsabilité. Les propos du prophète (PSL) sur l’exercise du pouvoir
sont d’une telle sevèrité que tout homme raisonnable devrait eprouver de la
frayeur à l’exercer :
“Tout homme auquel Allah accorde
le pouvoir sur un peuple et qui ne prend pas soin de ses gouvernés avec
honnêtété ne sentira jamais l’odeur du paradis”
Gouverner, c’est
être au service de ses administrés, être un bouclier contre l’injustice, le
désordre. Le devouement du dirigeant à l’endroit de ses administrés occupe une
place notable dans l’enseignement du prohète (PSL).
“Chaque fois qu’un prince prend
en charge les affaires des musulmans puis ne se depense pas à leur service et
ne veille pas loyalement à leur sauvegarde, il n’entrera pas avec eux au
paradis.”
L’Islam réconnait aux dirigeants un profond
respect tant qu’ils ne dérogent pas aux principes divins. Cela est une
récommandation du prophète (PSL), car aucune société ne peut se passer de la
discipline.
“Le musulman est tenu d’écouter
et d’obéir dans ce qu’il aime et dans ce qu’il déteste sauf quand on lui
ordonne de désobéir à Dieu. Quand on lui ordonne de désobéir à Dieu, il ne doit
ni écouter, ni obéir.”
L’Islam sans
prétendre à une “égalisation utopique des revenus” ; vise plutôt à reduire le
fosse entre riches et pauvres, tout en bannissant toute indifférence à la
misère humaine. Aucun dirigeant n’a le droit de se prélasser dans l’aisance,
voire dans la luxure, alors que ses administrés croupissent dans la misère.
Gare à l’ivresse du pouvoir ! Le pouvoir est un depôt trop précieux pour être
dilapidé.
«Bâtirez-vous sur
chaque colline un monument pour vous divertir ? Habiterez-vous des châteaux,
comme si vous deviez être immortels ?»
(coran 26 :
128-129).
Peut-on dire
d’un dirigeant accumulant d’enormes biens immobiliers, alors que les sans-abis
pillulent, qu’il est loyal ? Il est evident qu’un tel homme n’est pas de ceux
qui perdent le sommeil pour le désarroi de ses concitoyens.
Les difficultés
que rencontrent les pays musulmans sont dues en majeure partie de la conception
du pouvoir des gouvernants et de leur rôle. En la matière, nous pouvons nous
referer à cette affirmation d’un eminent penseur de l’Islam Sayyed Rouhollah
Moussawi : « le gouvernement et le pouvoir ne doivent servir à celui ou ceux
qui les detiennent de moyens pour s’enorgueillir, ou d’en abuser pour assurer
leurs propres intérêt au détriment des
droits de tout un peuple. Le gouvernement et ses fonctionnaires sont les
serviteurs du peuple et non pas ses patrons. Ce sont des serviteurs. » “Tant
que ces principes seront prservés les bouleversements sociaux qui entravent et
perturbent la paix sociale seront endigués. Gouverner est un devoir et non un
privilège.
Sur ceux
qui veulent agir selon la ………….. de
Dieu..
Resistance et
non conquête.” (Biographie du XX ème siècle R.Garaude, P.316 Edit. Tougui
1985).
Preserver spm
identité islamique ne doit pas être assimulé à une marche à réculons, ni à un
rejet categorique de tout ce qui ne nous ressemble pas vivre l’Isllam de nos
jours c’est ……………. pas faire revivre la cité musulmane de Médine dans ses traits,
mais faire jaillir les principes de justice et de sociabilité qui étaient son
opanage. C’est de l’assimulation de ces principes que l’Islam pourra de nouveau
jouer un rôle préponderant dans l’essor de l’humanité. Parmi les nombreux
griefs formulés contre l’Islam figure en
bonne place le sort fait aux femmes dans
les pays musulmans. Pour eviter toute controverse, il est jucicieux de voir le
regard que porte l’Islam sur la femme.
DROITS DES
FEMMES
Dans l’ordre d’apparition
dans la création , Dieu créa d’abord l’homme dont il lira la femme ; cela est
explicite dans le saint coran :
“C’est lui qui vous crée d’un seul être don’t il a tué son épouse
pour que celui-ci repose auprès d’elle…”
( coran 7 : 189. )
La femme est
donc apparue comme le complement naturel de l’homme. L’antériorité de l’homme
ne fait pas de la femme un être vassel de l’homme. En effet, dans le dessein de
Dieu, le couple humain doit être un foyer d’amour et de solidarité :
“Parmi ses slignes
: il a crée pour vous, tirées de vous, des épouses afin que vous reposiez
auprès d’elle, et il a établi l’amour et la bonté entre vous.”
( Coran 30 : 21
)
L’expression
coutumière de “douce moitié” n’est pas une vaine expression. D’autre part, dans
la théologie islamique la femme damnée n’a pas de fondement. L’Islam est loin
des sombres théorie qui font de la femme un être satanique, loin de la felicité
:
“Tous les
croyants, hommes et femmes, qui font le bien : voilà ceux qui entreront au
paradis. Ils ne seront pas lésés d’une pellicule de datte.”
Coran 4 : 124.
Il n’y a point
de discrimunation liée au sexe pour l’accès au paradis. Dans la vie courante,
l’Islam confère à la femme de nombreux avantages qui s’ils soont preservés
contrebuent fortement à l’harmonie du foyer conjugal. :
a) Dot : dans le droit sur ceux qui
veulent agir selon la juidance de Dieu.
Preserve à la
femme ses acquis. Bien que le divorce soit considéré comme un “echec
social”, il y’a des cas de force majeure ou il est la voie du dernier
recours. Dans cette situation encore, la femme n’est pas abandonnée comme un
vulgère objet don’t on aura usé à volonté jusqu’à satiété. La répudiation en
Islam suit une procédure preservant la dignité de la femme, tout en laissant la
voie ouverte à la réconciliation. En effet, en cas de répudiation, la femme est
astreinte à une periode d’attente qui couvre trois periodes menstruelles avec
la possibilité pour les conjoints de se réconcilier avant l’épuisement de ce
délai :
“les femmes
repudiées attendront trois periodes mensuelles avant de se remarier.”
( Coran 2 : 228
)
Pendant cette
periode d’attente, la femme doit bénéficier d’une prise en charge par son
epoux.
“Les femmes
répudiées ont droit à une pension convenable : la leur assurer est un devoir
pour ceux qui craignent Dieu.”
( Coran 2 : 241
)
Dans le pire
des cas, c’est à dire du divorce qui n’est pas consideré comme l’idéal, la
femme jouit d’une protection des biens acquis. Ce livre saint est explicite en
la matière :
“Si vous voulez echanger une épouse contre une
autre, et si vous avez donné un quisitar à l’une des deux, n’en reprenez rien.
Le reprendre serait une infamie est un péché évident”
( coran 4 : 20.
)
D’autre part,
la femme beneficient aussi d’une pension du fait de l’enfantement et du
l’allaitement de l’enfant concu dans le foyer conjugal :
“Si elles sont enceintes, pourvoyez à leurs
besoins jusqu’au moment de leur accouchement. Si elles allaitent l’enfant né de
vous, versé leur une pension”
( coran 65 : 6
)
En
bref, la femme à l’entière disponibilité de sa dot, et conserve les bons acquis
de son époux lors du mariage. Comme dejà precisé, il n’y a pas d’interdiction
formelle pour une femme d’exercer une activité professionnnelles ; c’est ainsi
qu’on nous a relaté qu’au temps du Khalifat d’Oumar, celui-ci avait confié la
gérance du marché à une femme. On peut donc conclure que la femme est loin
d’être une créature de mauvaise augure, et constitue à côté de l’homme le socle
de la société humaine.
Perspectives
Devant la
faillite des projets de développement en vigueur, le monde connaît de nos jours
de graves convulsions sociales. Les frustrations causées par la paupérisation
croissante ont suscite l’émergence de nombreux courants contestataires dont les
mouvements religieux.
La
floraison des sectes apocalyptiques refuges de nombreux désemparés, mais
surtout la montée au créneau des mouvements islamistes influent de plus en plus
sur la marche du monde.
Désormais
une prise en compte de la demande religieuse s’impose, et est incontournable
pour définir les orientations politiques actuelles.
Dans ce
débat, l’islam occupe une place prépondérante. En effet, les contestations les
plus meurtrières sont auréolées de
l’étiquette de l’islam à tort ou à raison. Ce qui fait de cette religion à
priori un épouvantail face au monde «libre».
Que
pouvons nous faire pour vivre dans un monde libre où il fait bon vivre ?
Une
guerre de civilisation telle que précounisée par certains penseurs en mal d’inspiration n’est pas de
bon augure. La répression aveugle n’est pas un extincteur pour le feu de la foi
; cela, les faits l’attestent si nous voulons faire une lecture avisée de
l’histoire. La réponse à la question suscite deux interrogations :
Que
doivent faire les musulmans ? Quelle attitude adaptée face aux musulmans ?
Nous nous épargnerons ainsi de la peine de
faire une procès dont le verdict pourrait diviser davantage qu’unir.
Appel aux musulmans
L’honnêteté
intellectuelle nous pousse à admettre que les assauts qu’essuie de nos jours
l’islam sont dus en partie au comportement des musulmans. En effet, le
soubassement de la gloire de l’islam demeure l’unité de la Ummah.
« Obéissez à Dieu et à son prophète. Ne
vous querellez pas sinon vous fléchirez et votre chance de succès s’éloignerait.
»
(Coran 8 : v
46)
Cette
parole divine est suffisamment explicite pour être commentée. Tous les
affrontements sanglants qui opposent de nos jours les musulmans sont des
événements fâcheux qui sonnent le glas de leur religion.
On ne
peut pas naviguer à contre courant des décrets divins et espérer récolter le
succès.
L’atrocité
de l’adversité entre les différents courants islamiques dessert à merveille une
religion qu’ils prétendent défendre.
L’horreur
des atrocités ferait pâlir les «croisés». La vie humaine et les lieux de culte
sont désacralises. Les lieux de culte ne sont plus des refuges pour les hommes
en quête de Dieu.
Ces querelles sont elles réellement alimentées
par des musulmans ?
On a de la peine à y croire. Le message du
Prophète (PSL) a rarement été autant galvaudé :
«Le fait
d’injurier le musulman est un acte de rébellion à Dieu, et le fait de le tuer
est un acte de mécréance. »
Cette parole du prophète de la miséricorde
serait elle abrogée ? Nous nous devons de réfléchir mûrement cette parole de
l’Imam Ruhollah Mussawi : « plus dangereux et plus triste que le nationalisme,
c’est semer la discorde entre sunnites et chiites, c’est suggérer des idées
discordantes parmi eux, les frères musulmans. »
Les
affrontements entre ces deux principales branches de l’islam constituent la
pire des gangrènes pour les musulmans.
Le saint
coran qui est le livre de la guidance pour les musulmans doit unir et non
diviser. A l’époque du prophète (PSL), l’hostilité qui régnait entre les deux
grandes tribus médinoises s’estompa par la ferveur du message coranique :
« Dieu a établi la concorde en vos cœurs
; vous êtes par la grâce de DIEU, devenus frères alors que vous étiez des
ennemies les uns pour les autres. Vous étiez au bord d’un abime de feu et il
vous a sauvé »
(Coran 3 : v 103).
Ce verset coranique évoque les conséquences
funestes de l’animosité entre frères : «être au bord d’un abîme de feu » est
loin de la félicite éternelle. Irresponsabilité ou ignorance ? Ce qui est
certain, le spectacle de la dissension qu’offre les musulmans est un argument
pour effaroucher les non musulmans. Il ne faut pas s’étonner notamment en
occident qu’être musulman est symptomatique du semeur de désordre, du refus de
la paix sociale. Il est désormais impérieux de renouer avec le message originel
de l’islam, afin que les musulmans ne soient pas les pestiférés de ce siècle.
« Muhammad est le prophète de Dieu. Ses compagnons sont violents envers
les impies, bons et compatissants entre eux »
(Coran 48 : v 29)
« Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions.
Votre retour à tous se fera vers Dieu. Il vous éclairera, alors au sujet de vos
différends.»
(Coran 5 : v
48).
Ces deux
versets du saint Corant montrent à suffisance le credo du mouvement islamique a
travers tous les âges. Les savants musulmans qui contrarient ce credo sont a
dénoncer ; et doivent venir a résipiscence afin de ne pas être des suppôts de
satan.
« La sédition est un mal qui
couve sous les cendres, malheur a celui qui l’attise »
Cette
parole du Prophète (PSL) est tombée en désuétude ; sinon comment expliquer la
dégenerescence actuelle du mouvement islamique. Les pays musulmans doivent
faire face aux vrais défis qui assaillent leurs populations. Parmi ces vrais
défis on peut citer l’analphabétisme, la malnutrition, les mauvaises conditions
sanitaires et surtout la sauvegarde des vies humaines.
Certes l’adversité extérieure doit être
dénoncée ; mais il faut aussi avoir le courage de s’autoflageller dans
l’accomplissement de ce que le Prophète (PSL) appelle le grand djihad , la
lutte contre les intrigues de sa propre personne.
Les tares
qui hantent le quotidien des pays musulmans ne rendent pas exportables un type
de société islamique. Cela ne tient pas de l’inaptitude de l’islam à gérer un
pays, mais plutôt à l’incompétence de ceux chargés de son application.
En effet,
en dépit de l’adversite exterieure, les dirigeants des pays musulmans doivent
avoir le courage d’amorcer une rupture avec les systèmes socio économiques préjudiciables
à l’harmonie sociale. La meilleure arme demeure en la matière une créativité
ancrée sur la foi en Dieu. Fustiger l’adversaire n’est pas une fin en soi ! Il
faut aller au delà. C'est-à-dire traduire en acte le modèle de société qu’on
prône.
Ainsi,
comme à sa genèse, l’islam fera plus d’adeptes sans le cliquetis des armes et
des propos incendiaires. La communauté musulmane s'étripe sous la férule de
savants psychopathes en déphasage avec les réalités de leur époque.
Le remède à la campagne de dénigrement menée
contre l’islam réside dans l’extirpation de ces mauvaises graines qui sont une
véritable "5eme" colonne dans les rangs des musulmans.
Toutes
les actions visant à triturer la communauté musulmane constituent une trahison
du message du Prophète Muhammad (PSL), et aboutissent inevitablement à
l’affaiblissement du courant islamique. Soyons raisonnables! Regardons la
réalité en face.
«Encouragez vous mutuellement à la piété et à la crainte révérencielle
de Dieu. Ne vous encouragez pas mutuellement au crime et à la haine, craignez
Dieu ! Dieu est terrible en son châtiment »
(Coran 5 : v
2)
L’entame
d’une nouvelle ère pour l’islam ne pourra se faire mieux qu’en respectant cette
exhortation de Ruhollah Moussawi :
«En islam, la race, la langue, la
nationalité et la patrie ne sont pas des questions à poser, tous les musulmans
qu’ils soient chiites ou sunnites, sont frères et égaux, et tous jouissent des
mêmes droits et privilèges islamiques. Si les peuples musulmans qu’on estime
environ à un milliard se traitent en frères, ils ne seront jamais atteints.»
Appel aux
hégémonies
La trame
de la marche de l’humanité nous révèle qu’aucune grande civilisation ne s’est érigée
ex-nihilo, toutes les grandes civilisations sont redevables des acquis de leurs
prédécesseurs. Ainsi, les humains sont inextricablement liés par l’histoire.
Une des
plus grandes erreurs consiste à mépriser une partie de l’humanité considérée
comme inopérante dans un système dont elle est partie. On ne peut créer de véritable
harmonie entre les peuples qu’en instaurant un vrai dialogue d’où sera exclus
tout à priori.
«C’est de la diversité de ses couleurs que l’arc-en-ciel tire sa beauté.
»
Cette parole du sage de
Bandiagara illustre à merveille ce que l’humanité gagnerait à se bâtir sur sa
diversité qui ne doit pas désunir. Le mépris de l’autre est une tare exécrable.
Roger Garaudy nous fait une
ébauche du socle sur lequel doit se faire ce dialogue des civilisations : « Un
véritable dialogue des civilisations n’est possible que si je considère l’autre
homme et l’autre culture comme une partie de moi-même qui m’habite et me révèle
ce qui me manque. » nous devons procéder à une révision de la conception
unipolaire de l’humanité notamment axée sur les inclinations des nations
``dominantes ″.
Une telle
révision ne peut se faire qu’après une relecture de l’histoire écrite entachée
par toutes sortes d’aberrations pour justifier l’injustifiable.
Le célèbre philosophe R.
Garaudy, l’un des plus grands visionnaires du siècle nous résume admirablement
cette situation :
« L’un
des grands malheurs de l’histoire écrite, c’est d’avoir été écrite par les
vainqueurs qui ont toujours voulu prouver que leur hégémonie était une
nécessité historique, c'est-à-dire qu’elle découlait nécessairement de la
supériorité de leur culture et de leur civilisation. Il en fut parfois ainsi,
mais le plus souvent la supériorité technique et militaire n’impliquait pas
nécessairement la supériorité de la culture et du projet humain porté par les vainqueurs.
C’est
ainsi que les grandes invasions européennes de l’Afrique et de l’Asie ne furent
pas moins destructrices de hautes valeurs humaines ».
L’honnêteté intellectuelle exige de remodeler
notre conception de l’histoire de l’humanité afin de l’orienter vers un devenir
radieux pour l’humain.
Les soubassements économiques et
philosophiques sur lesquels on veut échafauder notre monde actuel sont
déliquescents. Le Dieu ``capital`` est un Dieu impitoyable qui dévore les
hommes et la nature, au nom du développement. Le niveau actuel des découvertes
technologiques et scientifiques offre à l’humanité toutes les chances de la
prospérité.
Cependant la famine et les maladies
enregistrent des chiffres effroyables de victimes, le tout auréolé par celles
causées par les guerres savamment orchestrées pour maximiser les profits des
multinationales ou mieux asseoir la ``suprématie`` des nations fortement
industrialisées. La logique de domination et d’accaparement doit céder le pas à
celle de la concertation, d’un vrai dialogue base sur l’intérêt et la
sauvegarde de l’humanité.
Des
budgets faramineux sont alloués à la construction d’armements les plus
sophistiqués pouvant détruire toute vie sur la planète des milliers de fois,
cela au détriment des grands projets de développement humain.
Les grandes institutions internationales sous
la férule des multinationales qui sont en fait les vrais ``électeurs`` des
gouvernants, sont loin d’être innocentes dans le scénario chaotique que nous
vivons de nos jours. C’est ainsi que des cliques de malotrus sans vision
faisant le bonheur des marchands d’armes obtiennent la bénédiction de la
communauté internationale tout en martyrisant leurs peuples.
Combien de
minorités sont manipulées afin de déstabiliser des régions entières pour les
mettre à la merci des rapaces de la finance ? Un éveil des consciences est
nécessaire pour offrir à l’humanité un meilleur essor. Certes des voix
s’élèvent pour dénoncer les désastres engendrés par le système socio-économique
qui règne de nos jours.
Mais
il faut surtout l’émergence d’une nouvelle race de dirigeants hissés par la
volonté de populations conscientes de leur situation.
Ce n’est
qu’à ce prix que le mouvement du vrai changement enclenché pourra résister et survivre face à
une adversité farouche. Le monde est chroniquement malade, et le sort de tous les peuples est lie à son
rétablissement.
Nous
sommes tous comme embarqués sur un arche en dérive, si on y prend garde, il
coulera, noyant avec lui tous ses
passagers sans laisser aucun se saisir d’une bouée de sauvetage. Il est
temps pour l’occident de transcender son complexe de ``supériorité``puéril afin de n’être qu’une portion de cette
humanité, ne pouvant se revigorer que par son attachement et son respect du
tout
« Le
problème fondamental de la culture
aujourd’hui, c’est de mettre fin à la conception hégémonique de la culture
occidentale et de lui substituer une conception symphonique en interrogeant les
sagesses du monde non occidental. »
(R. Garaudy pour un dialogue des civilisations
page77)