En attendant le Mahdi ('aj)
Compilé, édité et traduit en français
par :
Abbas
Ahmad al-Bostani
Publication de la Cité du Savoir
Éditeur : Abbas Ahmad Al-Bostani
La Cité du Savoir
C. P. 712, Succ. (B)
Montréal, Québec, H3B 3K3
Canada
Site Web : www.bostani.com
E-mail permanent: abbas@bostani.com
E-mail alternatif 1: bostani5@hotmail.com
E-mailalternatif 2 : bostani5@yahoo.fr
D'après le livre de :
Sayyed Mohammad Redhâ al-Mutallaq
Première édition: Avril 2005
Copyrights: Tous droits réservés à l'éditeur
ISBN : 2-922223-34-5
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Tables des Matières
Suivre les traces de l'Imam al-Mahdî pendant son Occultation 5
1- Le Premier devoir 9
2-Le Deuxième devoir 15
3-Le Troisième devoir 16
4- La Quatrième Obligation 18
5- Le Cinquième devoir 22
6- Le Sixième devoir 23
7- Le Septième devoir 25
8- Le Huitième devoir 26
9- Le Neuvième obligation 27
10- Le Dixième devoir 29
11- Le Onzième devoir 30
12- Le Douzième devoir 32
13- Le Treizième devoir 34
14- Le Quatorzième devoir 38
15- Le Quinzième devoir 41
16- Le Seizième devoir 44
17- Le Dix-septième devoir 46
18- Le Dix-huitième devoir 48
19- Le Dix-neuvième devoir 49
20- Le Vingtième devoir 51
21- Le Vingt et unième devoir 54
22- Le Vingt-deuxième devoir 56
23- Le Vingt-troisième devoir 58
24- Le Vingt-quatrième devoir 59
25- Le Vingt-cinquième devoir 62
26- Le Vingt-sixième devoir 63
27- Le Vingt-septième devoir 64
28- Le Vingt-huitième devoir 68
29- Le Vingt-neuvième devoir 69
30- Le Trentième devoir 70
31- Le Trente et unième devoir 71
32- Le Trente-deuxième devoir 74
33- Le Trente-troisième devoir 76
34- Le Trente-quatrième devoir 78
35- Le Trente-cinquième devoir 80
36- Le Trente-sixième devoir 81
37- Le Trente-septième devoir 82
38- Le Trente-huitième devoir 83
39- Le Trente-neuvième devoir 84
40- Le Quarantième devoir 85
41- Le Quarantième et unième devoir 88
42- Le Quarante-deuxième devoir 89
43- La Quarante-troisième devoir 91
44- Le Quarante-quatrième devoir 94
45- Le Quarante-cinquième devoir 95
46- Le Quarante-sixième devoir 96
47- Le Quarante-septième devoir 98
48- Le Quarante-huitième devoir 100
49- Le Quarante-neuvième devoir 103
50- Le Cinquantième devoir 104
51- Le Cinquante et unième devoir 105
52-Le Cinquante-deuxième devoir 106
53- Le Cinquante-troisième devoir 107
54- Le Cinquante-quatrième devoir 108
55- Le Cinquante- cinquième devoir 111
56- Le Cinquante- sixième devoir 112
57- Le Cinquante- septième devoir 115
58- Le Cinquante- huitième devoir 116
59- Le Cinquante-neuvième devoir 117
60- Le Soixantième devoir 119
61- Le Soixante et unième devoir 123
62- Le Soixante-deuxième devoir 124
63- Le Soixante-troisième devoir 125
64- Le Soixante-quatrième devoir 127
130- Le Soixante-cinquième devoir 128
66- Le Soixante-sixième devoir 129
67- Le Soixante-septième devoir 130
68- Le Soixante-huitième devoir 132
60- Le Soixante-neuvième devoir 134
70- Le Soixante-dixième devoir 135
71- Le Soixante et onzième devoir 137
72- Le Soixante-douzième devoir 139
73- Le Soixante-treizième devoir 141
74- Le Soixante-quatorzième devoir 142
75- Le Soixante-quinzième devoir 143
76- Le Soixante-seizième devoir 144
77- Le Soixante-dix-septième devoir 146
78- Le Soixante-dix-huitième devoir 147
79- Le Soixante-dix-neuvième devoir 148
80- Le Quatre-vingtième devoir 149
81- Le Quatre-vingt-unième devoir 150
82- Le Quatre-vingt-deuxième devoir 151
83-Le Quatre-vingt-troisième devoir 152
84- Le Quatre-vingt-quatrième devoir 153
85- Le Quatre-vingt-cinquième devoir 154
86- Le Quatre-vingt-sixième devoir 155
87- Le Quatre-vingt-septième devoir 157
88- Le Quatre-vingt-huitième devoir 159
89- Le Quatre-vingt-neuvième devoir 160
90- Le Quatre-vingt-dixième devoir 161
91- Le Quatre-vingt-onzième devoir 162
92- Le Quatre-vingt-douzième devoir 163
93- Le Quatre-vingt-treizième devoir 167
94- Le Quatre-vingt-quatorzième devoir 168
95- Le Quatre-vingt-quinzième devoir 169
96- Le Quatre-vingt-seizième devoir 171
97- Le Quatre-vingt-dix-septième devoir 172
98- Le Quatre-vingt-dix-huitième devoir 173
99- Le Quatre-vingt-dix-neuvième devoir 175
Du'â' et Ziyârah de l'Imam al-Mahdi ('aj) 177
Du'â' al-'Ahd 179
Ziyârat (visite pieuse) Sâhib al-Zamân 219
Une autre Ziyârat Sâhib al-Zamân 235
La Prière de l'Imam al-Mahdi 237
Des Traits de la Fin du Temps et du Règne de l'Imam al-Mahdi('aj) 241
Des Traits de la Fin du Temps 243
Des Traits du Règne d'al-Mahdi .248
Le Dirigeant idoine et ses partisans 249
Subir les difficultés pour réaliser le succès 250
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Suivre les traces de l'Imam al-Mahdî pendant son Occultation
Le but de la création de l'homme c'est de le transcender, de le perfectionner et de l'élever au plus haut degré de l'honneur, de la dignité et de la proximité d'Allah. Pour atteindre à cette position sublime, il lui faut emprunter la «Voie droite» (al-Sirât al-Mustaqîm) et ne pas en dévier.
Or qu'est-ce que la «Voie droite», sinon l'Imam de l'époque, l'Imam contemporain, selon d'innombrables hadiths concordants?(1)
En effet selon ces hadiths il y a à chaque époque un Imam qui constitue la «Preuve d'Allah» auprès des hommes de cette époque et la Voie droite et de félicité dans les deux mondes. Ainsi, la seule voie qui conduit à la félicité à notre époque marquée par les épreuves, les calamités et les troubles, c'est l'Imam occulté et attendu, l'Imam al-Mahdî () ('aj)(2).
C'est lui la «Voie droite» d'Allah et «Sa Preuve» auprès de Ses créatures. Il vit derrière le voile de l'Occultation et brille comme le soleil derrière les nuages ténébreux.
L'Imam al-Mahdî ('aj) ne dit-il pas, en effet, lui-même: «Quant à savoir quelle est mon utilité, elle est comme celle du soleil lorsqu'il est occulté des vues par les nuages. Je suis en réalité une sécurité pour les habitants de la terre»(3).
La Voie droite et le seul moyen de parvenir à la félicité et au salut à notre époque, c'est de bien connaître l'Imam, de croire en lui, de l'aimer, et de lui obéir. Aussi faut-il se mettre sur cette Voie droite et ne pas y trébucher en y déployant tous nos efforts, et en y faisant preuve d'une réelle piété afin que nous puissions atteindre au but sublime à travers ce tremplin. Or, ce moyen ou cette Voie droite n'est rien d'autre que l'éducation de l'âme et la piété du coeur.
En effet, la piété (la crainte révérencielle d'Allah) est l'élément essentiel, la traduction par excellence et la matérialisation parfaite de la Voie droite. Elle en est l'incarnation de la quiddité, son essence, sa vérité, son fondement, son origine, son genre et sa matière.
N'est-ce pas à cette piété même qu'appelle l'Imam, la Preuve contemporaine d'Allah, al-Hujjat al-Mahdî, fils d'al-Hassan al-'Askarî , en disant:
Craignez Allah - à la Majesté sublime - et soutenez-nous pour vous sortir d'une sédition qui s'est prolongée pour vous.(4)
Craignez donc Allah, confiez-vous à nous et référez-vous à nous.(5)
La fin sera, par la Grâce d'Allah - qu'Il soit glorifié -, louable pour eux, tant qu'ils auront évité les péchés interdits.(6)
La Voie droite, c'est-à-dire l'Imam et la Preuve de l'Epoque, a, après Allah et le Prophète (P), des droits sur les croyants, droits que ceux qui aspirent à la félicité et à la guidance doivent acquitter, sans quoi, ils ne pourront jamais atteindre à celles-ci. Ce sont le respect scrupuleux de ces droits et leur acquittement qui constituent la crainte révérencielle d'Allah et la Voie droite, et qui nous conduiront vers le but de la Création, ou nous en rapprocheront.
Ces droits de l'Imam contemporain sont nombreux: les uns concernent les particuliers (les vertueux, les ascètes etc), les autres le commun des mortels. Et ce sont ces derniers droits, ceux qui doivent être acquittés par le commun des mortels, les croyants en général, que nous aborderont succinctement dans le présent ouvrage.
Il est à noter que tous les devoirs des croyants envers l'Imam, que nous mentionnons ici sont à même d'être établis par des preuves solides, instrumentales (transmission de Hadith) et rationnelles.
Chaque fois que c'était nécessaire, ces preuves ont été mentionnées brièvement, par souci d'abrégement qui caractérise notre exposé. Ceux qui recherchent plus de détails, peuvent se référer à des innombrables ouvrages spécialisés.
Nous avons mentionné dans ce livre 80 obligations (devoirs) envers l'Imam al-Mahdî ('aj), auxquelles se sont ajoutées 19 obligations annexes (complémentaires), soit au total 99 obligations principales et secondaires. En effet, parfois une obligation nécessitait des explications sous différentes rubriques, lesquelles sont considérées comme des branches de cette obligation, et ce sont ces branches que nous avons désignées sous le vocable: «obligations annexes».
1- Le Premier devoir
L'un des plus importants devoir des croyants vis-à-vis de l'Imam al-Zamân (l'Imam du Temps) -qu'Allah hâte son Issue - c'est de rechercher à le connaître et le reconnaître à travers des preuves instrumentales et rationnelles. Il est évident en effet que nous devons tous connaître les traits caractéristiques et les particularités de l'Imam qui fait autorité (auquel nous avons l'obligation d'obéir) pour qu'il n'y ait pas méprise ou confusion et que l'on ne suive pas comme Imam quelqu'un qui ne l'est pas.
Il y a de nombreux hadiths qui mettent en avant l'obligation de connaître l'Imam. Le plus célèbre d'entre ces hadith est celui rapporté du Prophète (P): «Quiconque meurt sans avoir connu l'Imam de son époque, mourra en jâhilite (polythéiste obscurantiste)».(7)
L'Imam al-Hassan al-'Askari (p), citant ses prédécesseurs, dit: «La terre ne sera jamais dépourvue d'une «Preuve» (Hujjah) d'Allah auprès de Sa créature et ce jusqu'au Jour de la Résurrection. Quiconque meurt donc sans connaître l'Imam de son époque mourra en jâhilite». Et l'Imam d'ajouter: «C'est une vérité évidente, tout comme le jour est évident». Lorsqu'on lui demanda: - Qui est l'Imam et la Preuve après toi? Il (p) répondit: - C'est mon fils Mohammad qui sera l'Imam et la Preuve après moi. Par conséquent quiconque mourra sans l'avoir connu, mourra en jâhilite».(8)
Il est clair que ce qu'entendent les Imams (p) par «la connaissance obligatoire de l'Imam de l'époque», c'est en avoir une connaissance suffisante pour les guider vers leur félicité dans le monde ici-bas et dans l'au-delà, et pour les éloigner de la voie de l'égarement et des doutes. Cette connaissance est de deux sortes:
1- La connaissance de la personnalité de l'Imam (p).
2- La Connaissance de la personne de l'Imam (p).
Pour accéder à cette connaissance il est nécessaire évidemment de consulter les uléma et leurs écrits sur ce sujet(9).
Mais schématiquement parlant, on peut accéder à la connaissance de la personnalité de l'Imam al-Mahdî par la connaissance des qualificatifs et des traits caractéristiques de l'Imamah et de tout Imam en général. Et lorsqu'on aura connu ainsi ces nobles traits propres à l'Imamah et à tous les Imams, on connaîtra par là-même la personnalité de l'Imam de l'Époque, car les 14 Infaillibles(10), dont le premier, celui du milieu et le dernier s'appellent tous les trois Mohammad, sont issus d'une même et seule lumière.
Il faut donc connaître d'une part, les mérites et les vertus communs à tous les Imams, et d'autre part les mérites et les vertus propres à l'Imam al-Mahdî ('aj), afin de pouvoir connaître et cerner la personnalité de ce dernier.
Quant à la connaissance de la personne de l'Imam al-Mahdî ('aj), elle s'acquiert par la connaissance précise de son prénom, de son nom, de ses surnoms et de sa généalogie, ainsi que de ses qualificatifs, ses traits caractéristiques, ses mérites et ses vertus, sans oublier surtout tous les traits circonstanciels de temps et de lieu qui lui sont liés et dont nous mentionnerons parfois un maximum et parfois un minimum de détails, selon les exigences de notre exposé.
Ainsi, ci-après on peut connaître le minimum requis des détails relatifs à l'Imamah et à l'Imam en général à travers le hadith suivant de l'Imam al-Sâdiq (p): «La moindre chose que l'on doit connaître de l'Imam, est qu'il est pareil au Prophète, sauf qu'il n'est pas prophète, qu'il est son héritier, que lui obéir équivaut à l'obéissance à Allah et à Son Prophète, qu'il faut se remettre et se référer à lui dans toute affaire, et s'en tenir toujours à ce qu'il dit. On doit savoir également que l'Imam après le Messager d'Allah, c'est 'Ali ibn Abî Tâlib, et après lui al-Hassan, puis al-Hussain, puis 'Ali ibn (fils de) al-Hussain, puis Mohammad ibn 'Ali, puis moi, et après moi, mon fils Mûssâ (Mûssâ ibn Ja'far, dit al-Kâdhim), et après lui, son fils 'Ali ('Ali ibn Mûssâ, dit al-Redhâ), suivi de son fils Mohammad (Mohammad ibn 'Ali, dit al-Taqî), suivi de son fils 'Ali ('Ali ibn Mohammad, dit al-Naqî), suivi de son fils al-Hassan (al-Hassan ibn 'Ali, dit al-'Askarî), suivi d'al-Hujjah, un fils d'al-Hassan (Mohammad ibn al-Hassan, al-Hujjah)».(11)
Concernant la connaissance des détails de la personne de l'Imam al-Mahdî, on doit savoir ceci:
Son prénom est celui du Messager d'Allah (P), son nom également. Son surnom est al-Mahdî. Il y a sur sa joue droite un beau grain de beauté noir. Il est jeune, de taille moyenne, le nez aquilin.(voir note en bas pour plus de détails sur la description physionomique et physique de l'Imam al-Mahdi-aj)(12)
Quant à la connaissance de ses particularités circonstancielles de temps et de lieu, ainsi que la connaissance de ses actes et paroles, on peut se référer aux hadiths qui indiquent que l'Imam Résurrecteur (Qâ'im) aura cinq signes obligatoires dont : sa réapparition aura lieu après que la terre aura été remplie d'injustice et d'oppression; lorsqu'on aura entendu les deux Appels; après l'apparition d'une main sur la lune; l'apparition du rocher et du bâton de Moise sur sa main, etc. comme nous allons le voir en détails plus loin.
Il y a bien d'autres signes que l'on peut connaître en consultant les ouvrages spécialisés(13).
2-Le Deuxième devoir
(annexe du 1e devoir)
Cette obligation consiste à demander à Allah, par le du'â' de nous faire connaître l'Imam al-Mahdî ('aj), car l'acquisition de cette connaissance dépend uniquement d'Allah et n'est pas de la compétence de l'homme. Celui-ci ne saurait l'obtenir uniquement par ses propres efforts et sa volonté, mais c'est une lumière qu'Allah projette dans le coeur de qui Il veut.
En effet, Mohammad ibn Hakîm rapporte: «J'ai demandé à Abî Abdullah (l'Imam al-Sâdiq): - De qui vient la connaissance? - Elle vient d'Allah. Les serviteurs n'y sont pour rien, m'a-t-il répondu».
Donc pour parvenir à la connaissance de l'Imam al-Mahdî, il est nécessaire de pratiquer continuellement le du'â', et notamment le du'â' mentionné dans le troisième devoir :
Allâhumma 'arrifnî nafsaka fa-innaka in lam tu'arrifnî nafsaka lam a'rif rasûlak-a
Allâhumma 'arrifnî rasûlaka fa-innaka in lam tu'arrifnî rasûlaka lam a'rif hujjatak-a
Allâhumma 'arrifnî hujjataka fa-innaka in lam tu'arrifnî hujjataka dhalaltu 'an dînî
3-Le Troisième devoir
(annexe 2 du 1e devoir)
Il est du devoir des croyants de réciter les du'â' prescrits par les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p), pour qu'Allah leur inspire la connaissance de l'Imam al-Mahdî (p).
Le plus important de ces du'â' nous semble celui recommandé par l'Imam al-Sâdiq (p), selon son compagnon Zurârah qui rapporte: «Lorsque j'ai entendu Abi Abdullah (al-Sâdiq) dire un jour: - "Al-Qâ'im (le Résurrecteur) fera une occultation avant sa résurrection", je lui ai demandé, - Et pourquoi (cette Occultation)? Il dit «il a peur», en pointant sa main vers son ventre avant d'ajouter. - Ô Zurârah! C'est lui l'Attendu et c'est lui dont on doutera de la naissance: les uns diront que son père est mort sans laisser de successeur, d'autres diront que sa mère était enceinte, d'autres encore affirmeront qu'il s'est occulté, d'autres diront qu'il était né des années avant le décès de son père, et c'est lui l'Attendu. En fait Allah veut éprouver les coeurs des Chiites. Et c'est là que les faux croyants seront sceptiques, ô Zurârah!» Zurârah ajoute: J'ai demandé alors: - Que je sois sacrifié pour toi! Si je vivais jusqu'à cette époque, que devrais-je faire? L'Imam a répondu: - Quand tu attraperais cette époque-là, accomplis le du'â' suivant:
Allâhumma 'arrifnî nafsaka fa-innaka in lam tu'arrifnî nafsaka lam a'rif rasûlak-a
Allâhumma 'arrifnî rasûlaka fa-innaka in lam tu'arrifnî rasûlaka lam a'rif hujjatak-a
Allâhumma 'arrifnî hujjataka fa-innaka in lam tu'arrifnî hujjataka dhalaltu 'an dînî
(O mon Dieu! Fais-moi Te connaître, car si Tu ne me fais pas Te connaître, je ne connaîtrais pas Ton Prophète!
(O mon Dieu! Fais-moi connaître Ton Messager, car si Tu ne me fais pas connaître Ton Messager, je ne connaîtrais pas Ta Preuve!
(O mon Dieu!
Fais-moi connaître Ta Preuve, car si Tu ne me fais pas connaître Ta
Preuve, je dévierai de ma Religion!)».(14)
4- La Quatrième Obligation
(annexe 3 du 1e devoir)
La connaissance et/ou la reconnaissance des signes précurseurs de la résurrection d'al-Mahdî ('aj) fait partie des devoirs des croyants, et comme nous l'avons déjà dit, elle si'inscrit dans le registre de la connaissance de la personne de l'Imam (p).
Il est important de savoir maintenant que lesdits signes sont très nombreux et se répartissent en deux catégories: les signes obligatoires et les signes non obligatoires. Selon les différents hadiths, les signes de la première catégorie, c'est-à-dire les signes obligatoires, sont au nombre de cinq, mais ces hadith divergent quant à savoir lesquels. Toutefois les cinq signes les plus cités sont les suivants:
1- La révolte d'al-Sufiyânî (khurûj al-Sufiyânî)(15)
2- La sortie d'al-Yamânî et son soulèvement(16)
3- Le Cri venant du ciel (al-çayhah ou al-nidâ')(17)
4- L'assassinat d'al-Nafs al-Zakiyyah(l'Âme Pure)
5- L'engloutissement (de l'armée) dans le désert(18)
Il est rapporté également que parmi les signes obligatoires, c'est l'apparition d'une main dans le Ciel.
Il est important de rapporter à ce propos, le hadith suivant de l'Iman al-Sâdiq (p): «Le Résurrecteur aura cinq signes: la sortie d'al-Sufiyânî, la sortie d'al-Yamânî, le Cri venant du ciel, l'assassinat d'al-Nafs al-Zakiyyah, et l'engloutissement dans le désert(19)».(20)
Toujours selon les différents hadiths, al-Sufiyâni sera roux, blond et bleu. Il n'aura jamais adoré Allah. Il ne sortira qu'au mois de Rajab de la même année où réapparaîtra l'Imam al-Mahdî (p). Il occupera plusieurs pays. Lorsqu'il apprendra, alors qu'il se trouvera en Irak, que le Mahdî (p) sera sorti à la Mecque, il expédiera contre lui une grande armée, laquelle sera engloutie dans le désert situé entre la Mecque et Médine. Mais avant sa sortie, il y aura la sortie d'al-Hassani et celle d'al-Yamâni (laquelle fait partie des événements obligatoires précédant la réapparition de l'Imam al-Mahdî ('aj). Il y aura également avant cette réapparition les deux Cris ou les deux Appels généraux qui seront entendus par tout le monde, et dont l'un sortira du ciel, l'autre de la terre. Le premier sera lancé par l'Archange Gabriel (Jibrâ'îl) au nom de l'Imam al-Mahdî ('aj) et de son père. Il criera notamment: «Sachez que la Véritè est avec 'Ali Ibn Abi Tâlib et ses Chiites», Appel que chaque peuple entendra en sa propre langue, et que même la vierge entendra à l'intérieur de sa maison. Le second Appel sera lancé par Iblis le maudit. De même, avant sa réapparition publique sera assassiné «l'homme à l'âme pure» (al-Nafs al-Zakiyyah). Il s'agit d'un homme de grande valeur qui compte au nombre des compagnons de l'Imam al-Mahdî (p), lequel l'enverra comme émissaire auprès des gens de la Mecque afin de leur demander leur soutien.
Ces détails et bien d'autres, sont exposés exhaustivement dans les monographies spécialisés, et il nous appartient de les bien connaître afin de nous acquitter de notre devoir envers l'Imam Contemporain.
La connaissance des signes de la réapparition de l'Imam attendu (p) est à même de nous aider à distinguer le Vrai du Faux, de nous faire connaître l'Imam de notre époque, et de nous rendre aptes à le rencontrer, à le reconnaître et à obéir à ses ordres.
Selon Zurârah, l'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Un crieur clamera dans le ciel: Untel est l'Emir (...) C'est 'Ali et ses Chiites qui sont les gagnants. - Et après cela qui va combattre le Mahdî (p)?, lui demandai-je. - Satan criera: "c'est Untel (il nomme un Omayyade) et ses partisans qui sont les gagnants", dit l'Imam (p). - "Qui saura lequel dit la vérité et lequel ment?", le questionnai-je. - "Ceux qui auront rapporté nos hadiths le reconnaîtront...", répondit l'Imam».(21)
5- Le Cinquième devoir
La cinquième obligation envers le Résurrecteur ('aj), c'est acquitter ses droits sur nous et accomplir les devoirs et les obligations que nous, croyants, avons envers notre Imam (p).
Inutile de rappeler que le droit de l'Imam est le plus important droit qu'il faut acquitter parfaitement, après celui d'Allah et celui du Messager d'Allah sur les croyants.
En effet, les Infaillibles (p) ont rappelé une vérité qu'il ne faut jamais perdre de vue: «Le Droit appartenant à Allah - le Très-Haut - nous revient (à nous les Ahl-ul-Bayt)».(22)
6- Le Sixième devoir
Il est du devoir des croyants aussi d'appeler les gens à leur Imam, de le leur faire connaître et de les orienter vers cette tâche.
Les preuves du caractère obligatoire de ce devoir sont nombreuses, dont l'obligation faite à chaque croyant de pratiquer «la commanderie du bien» (al-Amru bi-l-Ma'rûf), ainsi que le mérite spirituel du fait de guider les gens et de les amener vers la Vérité.
Ainsi tout croyant se doit d'inviter les gens à leur Imam selon ses connaissances et ses capacités, en leur faisant connaître ses traits caractéristiques physiques et moraux, les choses et les événements qui lui sont liés, ainsi que leurs devoirs envers lui, afin qu'ils en fassent l'exemple à suivre.
Il va de soi qu'appeler les gens à la guidance et les orienter vers la bonne voie, non par la simple parole, mais surtout par les actes, est plus efficace. Ainsi, celui qui se prête à cette tâche et à cet appel doit recourir, en plus du prêche de la bonne parole, à la sagesse pratique et scientifique en suscitant le désir des gens d'aller vers leur Imam et leur crainte de s'en détourner. Il faut qu'il use de la méthode de l'avertissement et de l'encouragement, la menace et l'incitation ou en un mot le bâton et la carotte, selon le cas. Il faut qu'il maîtrise également la méthode adéquate de l'utilisation des preuves et des arguments, pour convaincre les gens.
En effet, selon les Infaillibles (p): «Le 'âlem (savant religieux) qui apprend aux gens les aspects de leur religion et les appelle à leur Imam est meilleur que soixante-dix mille adorateurs».(23)
Le 10
ème Imam, 'Ali ibn Mohammad al-Hâdi (p) dit: «Sans les
uléma qui survivront après l'Occultation de votre
Résurrecteur et qui appelleront à lui et guideront vers lui en
défendant sa Religion avec les preuves d'Allah et en sauvant les faibles
serviteurs des filets d'Iblis et des pièges des Nwâçib (les
ennemis des Ahl-ul-Bayt - p-), il ne restera pas une âme sans qu'elle ne
renie la Religion d'Allah. Ces uléma-là qui tiendront les rênes
des coeurs des faibles des Chiites comme un commandant d'un navire tient son
gouvernail, seront les préférés d'Allah - Il est Sublime
-».(24)
7- Le Septième devoir
Ce septième devoir consiste à évoquer les mérites et les vertus de l'Imam attendu ('aj). Les hadiths qui indiquent qu'il est très recommandé d'évoquer les vertus de chacun des Infaillibles (p), dont al-Mahdî (p), sont nombreux. Ils invitent les croyants à faire connaître leurs mérites exceptionnels, à les diffuser et à les souligner à toutes occasions, et à traduire de la sorte en acte leur hostilité envers Iblis et ses partisans.
L'Imam Mûssâ al-Kâdhim (p) dit à cet égard: «Lorsque deux croyants se rencontrent et après avoir invoqué le nom d'Allah, évoquent nos mérites, nous les Ahl-ul-Bayt, il ne restera pas un petit morceau de chair sur le visage d'Iblis sans qu'il ne soit crispé, à tel point que son âme crie au secours à force de douleur».(25)
Pour sa part, l'Imam 'Ali ibn al-Hussain, al-Sajjâd (p) rappelle: «Quant au droit (sur toi) de celui qui t'a rendu des services, c'est de le remercier, d'évoquer son bienfait et de faire connaître ses mérites».(26)
8- Le Huitième devoir
Ce devoir consiste à participer activement et à assister régulièrement aux réunions et aux cérémonies qui commémorent les mérites et les vertus de l'Imam al-Mahdî (p). Une telle participation est le meilleur signe de l'amour du croyant pour son Maître (p).
En témoigne cette attestation de l'Imam Moussâ al-Kâdhim (p), rapporté par Maysar, un compagnon de l'Imam (p) : «L'Imam Abû Ja'far m'a demandé: - Est-ce que vous vous réunissez et vous parlez de ce que vous voulez? - Oui, par Allah, nous nous réunissons et nous parlons de ce que nous voulons, lui ai-je répondu. - Par Allah, que j'aime être parmi vous dans certaines de ces réunions! Par Allah, que j'aime votre parfum et vos âmes! Vous êtes dans la Voie (Religion) d'Allah et de Ses Anges. Apportez donc votre soutien par la piété et l'effort».(27)
9- Le Neuvième devoir
Un autre devoir du croyant envers l'Imam du Temps, c'est de tenir et d'organiser des cérémonies de commémoration à son sujet. De cette façon le croyant montre son amour sincère pour son Maître, l'Imam attendu (p). Donc tout croyant ayant les moyens de tenir de telles cérémonies évocatrices de son nom, de ses mérites et de ses vertus, n'a pas le droit de négliger de le faire.
Ecoutons ce que nous suggère l'Imam al-Sâdiq (p) à cet égard, lorsqu'il s'adresse à son compagnon Fudhayl: «Vous vous réunissez et vous rapportez des hadiths? - Oui, c'est ce que nous faisons, que je sois sacrifié pour toi! - J'aime beaucoup de telles réunions. Commémorez donc nos souvenirs, ô Fudhayl! Qu'Allah couvre de Sa Miséricorde quiconque commémore nos souvenirs! insista l'Imam al-Sâdiq (p)».(28)
Il est certain que ce genre de cérémonies et séances constituent une aide et un soutien à la Religion d'Allah et à Son Ami rapproché, Sa Preuve auprès de l'humanité. Elles pourraient conduire à la diffusion de la Religion vraie, à sa promotion et à sa propagation. Elles seraient parfois même obligatoires, lorsque la Religion et ses adeptes sont en danger et exposés à la déviation et à l'égarement.
N'hésitons donc pas une seconde à les tenir, lorsque nous en avons la possibilité et les moyens afin de conjurer un tel danger et sauver les égarés de la déviation et des ténèbres.
10 Le Dixième devoir
Ce devoir consiste à composer ou réciter, dans la mesure du possible, des poèmes élogieux, ou à écrire des livres laudatifs à l'égard de l'Imam, afin de mieux ressortir ses mérites et ses vertus, ou de mieux les faire percevoir par les croyants. Les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) ont beaucoup encouragé la composition et la récitation de poésie en éloge de leurs mérites.
Ainsi, l'Imam al-Redhâ (p) dit: «Il n'est pas un croyant qui récite un poème élogieux à notre égard sans qu'Allah ne lui construise au Paradis une ville sept fois plus grande que le monde, dans laquelle lui rendront visite tous les anges rapprochés et tous les Prophètes envoyés».(29)
11- Le Onzième devoir
Cette obligation consiste à obéir aux instructions et directives de l'Imam aussi bien à l'époque de sa réapparition que pendant son occultation où cette obéissance se matérialise par le fait de suivre son exemple dans l'application scrupuleuse de la Chari'a et des préceptes de la Religion d'Allah.
En d'autres termes, obéir à l'Imam al-Mahdî (p), pendant l'Occultation, c'est obéir à ses ordres et aux ordres de ses nobles ancêtres, ainsi aux lois et statuts légaux qu'ils ont promulgués et que l'on trouve dans les nombreux livres de Hadith disponibles.
Citons quelques hadiths à titre d'illustration, qui pourraient nous servir de point de repère et nous suggérer l'attitude à adopter à cet égard:
L'Imam 'Ali ibn al-Hussain (p) dit : «Sachez que les gens les plus détestables pour Allah sont ceux qui suivent les paroles d'un Imam sans suivre ses actes».(30)
L'Imam Ja'far ibn Mohammad al-Sâdiq (p) dit: «O masses de Chiites! Soyez pour nous un ornement et non une vilenie».(31)
et :
«Nous ne considérons un individu comme croyant que lorsqu'il aura suivi et aimé toute notre Cause. Or suivre et vouloir notre Cause, c'est fairemontre de piété. Ornez-vous-en donc - qu'Allah vous couvre de Sa Miséricorde -, et piégez avec elle (la piété) nos ennemis - qu'Allah vous ravive -».(32)
12- Le Douzième devoirLe croyant doit s'efforcer toujours de faire passer le désir de l'Imam de son époque avant son propre désir et rechercher son agrément à toutes époques et partout. Il faut qu'il réfléchisse à chaque affaire qui se présente devant lui ou dans laquelle il voudrait s'engager pour voir si elle est conforme à la volonté et à l'opinion de l'Imam ou non.
S'il voit qu'elle s'accorde avec les vues de l'Imam, il l'entreprend pour obtenir sa satisfaction et non pour satisfaire son propre désir, et s'il s'aperçoit qu'elle s'écarte de la ligne de son Imam, il la néglige pour contenter, là aussi, celui auquel il doit obéissance et dont il recherche l'agrément. De cette façon il opérera un rapprochement certain avec l'Imam, gagnera son amour et ses faveurs, et pourra espérer rejoindre le nombre de ses proches partisans.
Méditons à cet égard le hadith suivant de l'Imam al-Sâdiq (p), il pourra mieux nous inspirer l'attitude correcte que nous devrions adopter dans toute notre conduite dans la vie:
Un compagnon de l'Imam al-Sâdiq lui dit: «O Maître! Que de fois je t'entends parler de Salmân al-Fâricî! - Ne dis pas Salmân al-Fâricî, mais Salmân al-Mohammadi! Sais-tu pourquoi je l'évoque si souvent? lui dit l'Imam (p). - Non, lui répondis-je. Pour trois qualités qu'il possède: 1)- Parce qu'il faisait passer le désir du Commandeur des Croyants (l'Imam 'Ali - p -) avant son propre désir. 2)- Parce qu'il aimait les pauvres et qu'il les préférait aux nantis. 3)- Parce qu'il aimait la science et les savants. Oui, Salmân était un serviteur pieux, un Musulman monothéiste, et ne faisait pas partie des polythéistes».(33)
13- Le Treizième devoir
Les croyants ont le devoir de connaître et de reconnaître les rapporteurs de Hadith, les faqih (jurisconsultes) les uléma et les connaisseurs des récits hagiographiques des Ahl-ul-Bayt (p). Ce devoir est l'une des plus importantes obligations des croyants pendant l'époque de l'Occultation de l'Imam et même lors de sa réapparition.
Croire en ces uléma et les reconnaître est un devoir obligatoire. D'autre part, suivre un mujtahid est une obligation pour le commun des mortels des croyants. Ou en d'autres termes, un croyant doit être, pendant l'Occultation, soit mujtahid lui-même (docteur de la Loi), soit «précautionneux» (muhtât)(34), soit muqallid (suivre les décrets d'un mujtahid qualifié, concernant les branches de la Religion)(35).
De même que les Ahl-ul-Bayt ont ordonné aux rapporteurs de Hadith et aux uléma de guider les croyants et de les assister en matière des affaires d'ici-bas et de l'au-delà, de même ils ont ordonné aux croyants d'obéir aux uléma compétents et de suivre leurs opinions et jugements légaux. On a là une obligation incontestable et démontrable, mais la nature succincte de notre exposé ne nous permet pas ici de présenter tous les arguments qui corroborent cette affirmation, car se référer aux connaisseurs avérés (ahl al-khibrah) pour connaître ce qu'on ne sait pas est une obligation qui découle du bon sens, s'impose à la raison et s'accorde avec l'esprit de la Loi. Il suffit de nous référer au verset coranique suivant pour nous en convaincre:
«Interrogez les gens du Rappel (les uléma), si vous ne le savez pas».(36)
Il est indubitable que la référence aux connaisseurs experts, c'est-à-dire les uléma qui maîtrisent la compréhension du fonctionnement de la Charia est la seule voie conduisant à la félicité dans la Religion et dans la vie mondaine.
Les mujtahid réunissant les qualités et les compétences requises de cette position occupent évidemment une place de choix parmi les uléma. De là, leur obéir et suivre leurs avis juridiques constitue l'un des plus importants devoirs et obligations de tout croyant, lequel ne doit jamais le négliger. On pourrait même dire que cette obligation est à la tête de toutes les autres obligations, car c'est elle qui détermine et définit l'attitude du croyant vis-à-vis de la Preuve de l'époque et de l'Imam contemporain, et lui permet subséquemment d'ajuster sa conduite dans la vie ici-bas et par rapport à la Vie future.
On ne le répétera jamais assez: l'obéissance à al-Mahdî ('aj) ne se concrétise que par l'obéissance à son représentant pendant son Occultation. Or son représentant n'est autre que le mujtahid ou le faqih compétent et réunissant les qualités requises, qui guide la Communauté musulmane sous l'Occultation, et à qui on doit par conséquence allégeance et obéissance.
Allah dit à 'Ïssâ (Jésus) - que le salut d'Allah soit sur lui et sur notre Prophète et sa famille -: «Révère les uléma et connais leur mérites, car Je leur ai accordé préséance sur toutes Mes créatures, à l'exception des Prophètes et des Envoyés. Elle est pareille à la préséance du soleil sur les astres et à celle de la Vie future sur la vie terrestre, et comme ma préséance sur toute chose».(37)
Al-Hujjah ibn al-Hassan (le Mahdî - p -) écrit la lettre suivante, signée de sa main, à Is-hâq ibn Ya'qûb: «Concernant les événements qui surviennent, référez-vous aux rapporteurs de nos hadiths, car ils sont mon argument auprès de vous, et je suis l'Argument d'Allah auprès d'eux».(38)
L'Imam al-Hassan al-'Askari (p) dit: «Celui d'entre les faqîhs, qui se préserve (de tout péché), observe sa religion, ne suis pas ses passions, obéit aux ordres de son maître, le commun des mortels doit le suivre. Cette position est le privilège de certains faqihs des Chiites et non pas tous».(39)
14- Le Quatorzième devoir
Ce devoir consiste à rechercher dans les quatre coins du monde les amis rapprochés d'Allah, des uléma irfânî (mystiques, théosophes, ascètes) qui se sont détachés des artifices de ce monde pour se dévouer à l'amour d'Allah, à chercher Sa proximité, et à trouver les meilleures voies d'obtenir Son agrément. Il est nécessaire d'essayer de suivre l'exemple de tels adorateurs qui se sont fondus dans l'Essence d'Allah, qui vivent en communion avec leur Bien-aimé, qui se sont façonnés aux bonnes manières divines et qui ont atteint les plus hauts degrés de la connaissance d'Allah.
Il y avait parmi les uléma, les connaisseurs pieux, les rapporteurs des hadith d'Ahl-ul-Bayt (p) et les ouvriers d'Allah une élite qui s'était élevée aux sommets de la proximité d'Allah et que les croyants se doivent de connaître pour marcher sur ses traces, et se guider par la lumière de sa guidance. Or, à chaque époque il y a une branche de cette élite auguste, qui fleurit. Ceux qui veulent s'en inspirer et emprunter sa voie, n'ont qu'à se mettre à leur recherche.
C'est sans doute à cette constellation d'adorateurs que l'Imam al-Sâdiq (p) fait référence dans le hadith suivant: «Par Celui Qui détient dans Sa main mon âme, il y a sur la terre et dans ses quatre coins des croyants pieux pour qui le monde entier ne vaut même pas l'aile d'un moustique; et si la totalité de ce bas-monde avec tout ce qu'il renferme et arbore était une pièce d'or rouge autour du cou de l'un d'entre eux et que cette pièce tombait par terre, il ne s'en rendrait nullement compte, comme si rien n'était tombé de lui, à cause de son insignifiance pour lui».
Et évoquant quelques qualités des amis rapprochés d'Allah (awliyâ'Allâh), il (p) dit: «Quel manque quede manquer leur fréquentation et leur conversation! Quelle affliction que de les perdre! Quel soulagement de cette affliction que de les retrouver pour les fréquenter! Recherchez-les! Si vous les trouvez et que vous acquérez un peu de leur lumière, vous serez guidés par eux et gagnants dans ce monde et dans l'autre monde! Ils sont parmi les gens aussi rares que le soufre rouge. Leur ornement est le long silence, la discrétion (sur les secrets des autres), la Prière, la Zakât, le Pèlerinage, le Jeûne et la consolation des frères aussi bien dans la difficulté que dans l'aisance! Tel sont leur ornement et leur amour! Quels sont heureux et quel beau retour (vers Allah)! Ils sont les héritiers du Firdows (Paradis), leur demeure éternelle!».(40)
Dans le même registre, le Messager d'Allah (P) confie au Compagnon Usâmah: «O Usâmah! Ceux-là, les contrées de la terre les connaissent, et les lieux de prière de celle-ci les pleurent, s'ils venaient à les perdre. Fais-en donc ton trésor et ton épargne! Peut-être te sauveraient-ils des secousses de la vie ici-bas et des terreurs de la Résurrection! Gare à toi si tu délaisses ce qu'ils possèdent, au risque de voir ton bien trébucher et de tomber dans le Feu, et de compter parmi les perdants».(41)
Toujours sur le même sujet, l'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Lorsque l'amour d'Allah éclaire le coeur d'un serviteur, il le détourne de toute occupation et de toute évocation en dehors d'Allah. L'amoureux d'Allah est dans son for intérieur le plus dévoué de tout le monde à Allah, le plus véridique dans ses paroles, le plus fidèle à sa promesse, le plus sincère dans ses actes, le plus pur dans ses invocations, et son âme est la plus pieuse. Les anges s'enorgueillissent lorsqu'il s'entretient intimement (avec Allah) et se vantent de l'avoir vu. C'est par lui qu'Allah met son pays en valeur et c'est par considération pour lui qu'Il accorde Sa largesse à Ses serviteurs: Il accède à leur demande, s'ils Lui demandent en invoquant son intercession, et Il éloigne d'eux les malheurs par sa miséricorde. Si les créatures savaient qu'il est sa haute position auprès d'Allah et quelle place privilégiée il occupe près de Lui, elles ne rechercheraient la proximité d'Allah qu'en faisant intercéder en leur faveur la terre que ses pieds foulent».(42)
15- Le Quinzième devoir
L'un des devoirs des croyants à notre ère est de démentir quiconque prétendrait être le représentant particulier de l'Imam al-Mahdî ('aj) pendant la Grande Occultation.
En effet, les Chiites imamites croient que la représentation particulière pendant la Petite Occultation a pris fin avec la mort de son quatrième et dernier représentant particulier de cette période, al-Cheikh 'Ali ibn Mohammad al-Sammarî.
Selon les croyances du Chiisme imamite duodécimain sa représentation particulière se limitait uniquement à la période de l'Occultation mineure et ne touchait nullement l'Occultation majeure. Cette croyance est nécessaire chez le Chiisme imamite.
Quant à l'Occultation majeure, la représentation générale (par opposition à la représentation particulière) est possible, probable et même prouvée. Il y a bien des preuves et des arguments qui corroborent son existence.(43) Et ce sont les uléma engagés et réunissant les conditions requises pour la direction de la Communauté musulmane, telles qu'elles ont été définies par les Ahl-ul-Bayt (p) qui sont les représentants et les députés de l'Imam pendant la Grande Occultation.
Abû Mohammad al-Hassan ibn Ahmad dit: «J'étais à Madinat al-Salâm l'année où décéda le Cheikh 'Ali ibn Mohammad al-Sammarî (qu'Allah l'agrée). Quelques jours avant sa mort j'étais près de lui lorsqu'il montra aux gens la lettre que lui avait écrite l'Imam al-Mahdî (p) avec sa propre signature: «Au nom d'Allah le Clément, le Miséricordieux. Ô 'Ali ibn Mohammad al-Sammarî! Qu'Allah augmente la rétribution spirituelle de tes frères pour ta perte, car il ne reste que six jours seulement entre toi et ta mort. Prépare-toi-y et ne désigne personne dans ton testament pour te succéder après ton décès. Car la seconde Occultation commence et il n'y aura de réapparition qu'après la permission d'Allah - le Très-Haut, le Sublime - et ce après une longue période d'attente, lorsque les coeurs se seront endurcis et que la terre se sera remplie d'injustice. Mes Chiites verront venir des prétendants. Mais sache que quiconque clamera une telle prétention avant la sortie de Sufiyânî et le Cri est un menteur et un imposteur. Il n'y a de pouvoir ni de force que par Allah - Le Sublime, l'Immense -».(44)
La preuve de la députation particulière s'établit dans toutes époques par l'une des trois façons suivantes:
1-Un texte explicite de l'Imam et sa déclaration;
2-Un texte explicite du représentant particulier et sa déclaration;
3-Lorsque des choses et des événements extraordinaires et des signes de grâce apparaissent chez quelqu'un, lesquels indiquent clairement qu'il y a une sorte de communication particulière entre lui et Allah - Il est Puissant et Sublime - et entre lui et l'Imam (p), ce qui dénote qu'il a le soutien et l'appui de ce dernier (p).
Ainsi, chacun des représentants particuliers de l'Imam al-Mahdî (p) a été désigné et nommé pendant la Petite Occultation soit par un texte écrit par l'Imam lui-même, soit par son représentant particulier qui le précédait. Ils avaient tous des signes de grâce et des pouvoirs extraordinaires. Par conséquent, tant que les preuves irréfutables de la représentation particulière d'un prétendant ne sont pas établies d'une façon incontestable, une telle représentation doit être rejetée comme fausse. Il est donc illicite que quelqu'un clame une telle fausse représentation et il est également illicite que l'on y croie.
16- Le Seizième devoir
L'un des plus importants devoirs du croyant pendant l'Occultation est de déployer tous les efforts possibles -et de consentir tous les sacrifices nécessaires- en vue d'acquérir les nobles caractères et les hautes qualités morales pour la promotion desquels le Prophète de la Miséricorde (P) a été justement missionné, comme l'a affirmé lui-même: «Certes, j'ai été envoyé pour parfaire les nobles caractères».
Ces hautes qualités morales et les nobles caractères dont les Chiites (adeptes de l'Imam) contemporain doivent se doter sont nombreux, dont par exemple: le silence, la retenue, la science, la clémence, la courtoisie, la modération dans toutes choses, la conduite exemplaire, etc...
Jâbir demanda à l'Imam al-Bâqir (p) à cet égard: «O fils du Messager d'Allah! Quelle est la meilleure attitude que le croyant devra observer à cette époque-là (lors de l'Occultation)? L'Imam répondit: - Retenir sa langue et garder la maison».(45)
Or retenir sa langue signifie observer une attitude générale de retenue et garder la maison veut dire s'éloigner de tout ce qui pourrait conduire à la perversion, éviter les péchés, se méfier des caprices et s'abstenir des attraits de la vie.
Un compagnon de l'Imam al-Sâdiq (p) rapporte: «Abû Abdullah al-Sâdiq (p) m'a dit: Transmets mon salâm (salutations) à ceux (d'entre les croyants) dont tu voies qu'ils m'obéissent et écoutent ma parole, ainsi que ceci : Je vous recommande la crainte révérencielle d'Allah - Il est Puissant et Sublime - ainsi que la piété dans votre religion, l'effort pour Allah, la véracité dans la parole, la restitution du dépôt, la longue prosternation, et le bon voisinage. Car c'est tout cela que Mohammad (P) nous a apporté! Rendez le dépôt à celui qui vous l'a confié, qu'il soit bon ou pervers, car le Messager d'Allah ordonnait que l'on restitue le dépôt au complet et intact».(46)
L'Imam al-Sâdiq (p) poursuivit: «Nous aimons celui qui est sage, compréhensif, érudit, clément, courtois et serviable, patient, véridique et fidèle. Allah - Il est Puissant et Sublime - a doté spécialement les Prophètes des nobles caractères. Aussi, quiconque parmi vous les possède, qu'il en remercie Allah, et quiconque en est dépourvu, qu'il implore Allah - Il est Puissant et Sublime - de l'en armer. Je lui demanda alors: - Que je te sois sacrifié! Dis-moi quels sont ces nobles caractères! L'Imam (p) dit: - La piété, la satisfaction, la longanimité, la gratitude, la clémence, la véracité dans la parole, et la restitution du dépôt».(47)
17- Le Dix-septième devoir
(annexe 1 du précédent devoir)
De même qu'il est du devoir du Musulman de se doter et de développer en lui les qualités dignes d'un bon croyant pendant l'Occultation afin de pouvoir être agréé par l'Imam al-Mahdî ('aj) et espérer être au nombre de ses partisans, comme nous l'avons remarqué dans la précédente obligation, de même il est de son devoir aussi de prier Allah pour qu'Il lui accorde de telles qualités. Il doit par exemple faire le du'â' pour qu'Allah le dote de patience, de véracité, de sagesse et de savoir, qualité requise pour quiconque recherche la félicité dans ce monde et dans l'au-delà.
Le du'â le plus adéquat et qui sied le mieux à cet effet, est le célèbre Du'â' Makârim al-Akhlâq (Prière de demande en vue du perfectionnement moral) qu'on trouve dans Al-Sahîfah al-Sajjâdiyyah(48), ou dans Mafâtîh al-Jinân (pour la version française-arabe de ce du'â', voir: Anthologie des Clés des Paradis, Abbas Ahmad al-Bostani, La Cité du Savoir, Montréal, Qc, déc., 2002; ou L'Ethique Musulmane, Abbas Ahmad al-Bostani, Le Séminaire Islamique de Paris.).
Il est à noter qu'être muni des nobles caractères dépend avant tout d'Allah et sort du pouvoir du serviteur. Celui-ci doit certes s'efforcer et tout faire pour atteindre au perfectionnement moral, mais il faut aussi et surtout supplier Allah pour qu'Il lui permette d'accéder à cette position sublime. D'où l'importance primordiale du du'â'.
18- Le Dix-huitième devoir
(annexe 2 du 16e devoir)
De même, s'il est du devoir du croyant de tout faire pour s'acquitter des droits de l'Imam al-Mahdî (p) sur lui, il est de son devoir aussi d'implorer Allah, par le du'â, de lui permettre de s'acquitter de ces droits. Après tout le du'â' n'est-il pas l'arme du croyant, comme nous l'a appris le Prophète (P)?!(49)
Le Messager d'Allah (P) dit aussi: «Demandez à Allah - Il est Puissant et Majestueux - tout ce dont vous avez besoin, y compris et même la courroie de sandale, car s'Il ne facilite pas son obtention, on ne pourra pas l'avoir».(50)
19- Le Dix-neuvième devoir
Cette obligation consiste à acquitter les droits des croyants sur nous et elle est aussi importante que l'acquittement des droits de l'Imam ('aj) sur nous. Beaucoup de hadiths soulignent ce devoir et le considèrent comme déontique ou impératif. En fait les droits des croyants sur nous sont nombreux. Ils sont énumérés et détaillés dans les livres d'éthique.
Lorsqu'on demanda à l'Imam al-Sâdiq (p) quels sont les droits du croyant sur les autres, il répondit: «Il a soixante-dix droits».(51) L'un de ses principaux droits, c'est la subvention de ses besoins.
L'Imam al-Kâdhim (p) dit: «Quiconque subvient au besoin de l'un de nos adeptes, aura fait comme s'il avait satisfait nos besoins à nous tous».(52)
L'Imam Abû-l-Hassan (p) dit: «Celui chez qui un frère croyant vient pour un besoin, reçoit en fait une miséricorde qu'Allah - Il est Béni et Élevé - lui a envoyée. S'il subvient à son besoin, il l'aura aidé par amour pour nous et subséquemment par amour pour Allah. Et s'il l'éconduit, alors qu'il est en mesure de subvenir à son besoin, Allah lui enverra un serpent de feu qui le mordra dans la tombe jusqu'au Jour de la Résurrection...».(53)
En conclusion, l'acquittement des droits des croyants et la bienfaisance envers eux comptent parmi les meilleurs moyens de se rapprocher d'Allah - le Très-Haut - et de l'Imam al-Mahdî ('aj).
20- Le Vingtième devoir
L'une des plus importantes des obligations des croyants pendant l'Occultation de l'Imam al-Mahdî ('aj) est d'être hostiles à ses ennemis, donc aux ennemis d'Allah, puisque l'on ne saurait être ennemi de l'Imam attendu (p) sans être du même coup ennemi de Celui qui l'a envoyé, et c'est cette obligation qu'on appelle dans les branches de la Religion al-tabarrî (le désaveu des ennemis des Ahl-ul-Bayt - p -).
Elle peut même constituer un des signes de la sincérité de la foi du croyant en Allah et de la rectitude de sa foi. C'est seulement par son hostilité aux ennemis du Bien-aimé d'Allah, que le vrai croyant peut éprouver la véracité et la sincérité de sa foi.
Les ennemis de l'Imam al-Mahdî sont divers et de différents types. Il est difficile d'en traiter exhaustivement dans cet exposé succinct. Mais globalement et schématiquement, ses ennemis sont les mécréants, les hypocrites, les hérétiques, les détracteurs récalcitrants des Ahl-ul-Bayt (p) et leurs semblables qui persistent dans leurs fausses croyances et refusent d'entendre raison. De même, on peut classer parmi ses ennemis tous les pervers, les méchants et les libertins qui persévèrent dans leur perversité, leur méchanceté et leur libertinage et refusent d'y renoncer.
D'autre part, de même que l'hostilité des ennemis de l'Imam al-Mahdî (p) est de différents degrés, de même notre hostilité envers eux doit être proportionnelle. Le moindre degré d'hostilité du croyant envers les ennemis de l'Imam al-Mahdî (p) est l'hostilité de coeur, suivi de celui de l'hostilité pratique qui consiste à s'abstenir de traiter avec eux, de les fréquenter et de s'associer avec eux etc...
Dans la manifestation de notre hostilité envers ces ennemis, nous devons observer les règles et les conditions de la commanderie du bien et de l'interdiction du mal (al-amr bi-l-ma'rûf wa-l-nahy 'an al-monkar), sans transiger là-dessus.
Parmi les ennemis de l'Imam du Temps, figure Iblis - qu'Allah le maudisse -. Le croyant doit donc lui vouer sa pleine hostilité. La meilleure forme d'hostilité envers Iblis et ses partisans c'est de ne pas leur obéir et de s'opposer à eux, tout en déployant tous les efforts possibles pour se soumettre totalement aux ordres d'Allah et aux impératifs de l'Imam al-Mahdî (p).
On peut classer parmi les ennemis de l'Imam al-Qâ'im ('aj) les mauvaises habitudes et pratiques déviées et déviantes, introduites par ses ennemis. Elles peuvent être culturelles ou non culturelles. Culturelles, tels que les livres corrupteurs, les centres culturels qui promeuvent et propagent la perversion morale. Non culturelles, telles que les pratiques économiques déviationnistes comme l'intérêt usuraire, ainsi que tous les autres produits de la mécréance et de l'hérésie, que le croyant doit combattre pour être agréé d'Allah.
L'Imam al-Sâdiq (p), décrivant l'attitude à adopter par les Chiites vis-à-vis des gens, dit: «Ils ne doivent pas aimer celui qui nous déteste ni détester quiconque nous aime».(54)
L'Imam al-Bâqir (p) insiste sur ce même point: «Déteste celui qui déteste les descendants de Mohammad, lors même qu'il observe le jeûne et pratique les actes de piété».(55)
L'Imam
al-Sâdiq (p) dit encore d'une façon plus explicite: «Par
Allah, Allah n'a jamais donné à personne le choix de suivre
quelqu'un d'autre que nous (les Ahl-ul-Bayt). Ceux qui sont d'accord avec nous
doivent donc s'opposer à nos ennemis, et ceux qui s'accordent avec nos
ennemis sur une parole ou un acte, ne feront pas partie de nous ni nous
d'eux».(56)
21- Le Vingt et unième devoir
(annexe de la précédente obligation)
L'une des formes de la manifestation de l'hostilité à l'égard des ennemis d'Allah et de l'Imam al-Mahdî (p) est l'invocation de la malédiction sur eux. Le croyant ne doit donc pas négliger cette pratique très recommandée et qui constitue une bonne action dont la récompense ou le mérite spirituel est fréquemment souligné.
Et comme nous avons noté dans la précédente obligation, que la manifestation de l'hostilité peut revêtir différentes formes: hostilité de coeur, verbale et pratique, l'invocation de la malédiction est considérée comme le degré minima de l'hostilité pratique. Le croyant se doit donc de maudire les ennemis de l'Imam (p) et de prier Allah d'alourdir leurs supplices. Parmi ces ennemis passés figurent notamment les Omayyades et les Abbassides que nous avons le devoir d'inclure dans notre invocation de la malédiction sur eux.
L'Imam Mohammad ibn 'Ali al-Bâqir (p) dit: «Lorsque tu termines une prière obligatoire, ne pars pas avant de la faire suivre immédiatement de l'invocation de la malédiction sur les Omayyades».(57)
Le Prophète (P) dit: «Quiconque est incapable de nous soutenir (pratiquement), nous les Ahl-ul-Bayt et se contente de maudire nos ennemis dans son intimité, Allah fait parvenir sa voix à tous les anges qui se trouvent entre la terre et le Trône. Ainsi chaque fois qu'il maudit nos ennemis de la sorte, les anges l'aident en maudissant, eux aussi, ceux qu'il maudit, et puis ils le louangent auprès du Créateur : "Ö notre Allah! Prie sur Ton serviteur que voici! Il a fait tout son possible, et s'il pouvait faire plus, il l'aurait fait". Sur ce un Appel provenant d'Allah - Il est Exalté- sera entendu : "J'ai exaucé votre du'â' et j'ai prié sur son âme, tout en le plaçant auprès de Moi parmi les élus pieux"».(58)
22- Le Vingt-deuxième devoir
Ce devoir consiste à éviter de choisir comme amis ou de fréquenter ceux, parmi les croyants, qui bien qu'ils accomplissent leurs prières et les autres obligations religieuses, sont écartés de la voie, de la conduite et du cheminement de l'Imam al-Mahdî, qui ne parlent de lui et de sa venue que rarement, qui ne montrent que peu d'attachement à lui.
Le croyant qui aspire à s'approcher de son Imam ('aj) et à entrer en communion avec lui doit, autant que faire se peut, se détacher de ce monde et de ses attraits et artifices. De là, il a le devoir de réduire la fréquentation des gens qui sont dans l'apparence pratiquants, mais dont la pratique trahit plus une façade qu'une recherche sincère de la proximité d'Allah et de la perfection spirituelle. En fait, leur pratique décèle tantôt un souci de respectabilité sociale, tantôt un désir de voir Allah leur accorder plus de bienfaits et de facilités dans le monde présent, ce qui les éloigne du vrai but dans laquelle Allah nous a créés, à savoir la pure adoration d'Allah en vue de la perfection spirituelle et la préparation à la vie future éternelle.
D'autres, dans cette catégorie de pratiquants de façade, esquive la voie de l'Imam al-Mahdî (p) et ses exigences, car ils craignent les difficultés qui parsèment cette voie et les efforts continuels qu'elle requiert. Ils recherchent les sentiers faciles et agréables à leur goût, et ils sont portés sur les plaisirs de ce monde éphémère.
Celui qui a le désir de suivre de près les traces de l'Imam de l'époque (Sâhib al-Zamân), doit donc savoir choisir ses compagnons de route et se détourner de ces croyants de façade qui constituent pourtant la majorité des Musulmans, pour rechercher la compagnie de gens comme lui, dont la préoccupation majeure et le souci principal sont la préparation de la venue de l'Imam Attendu ('aj).
23- Le Vingt-troisième devoir
Cette obligation requiert du croyant qu'il se préparer martialement, de se tenir prêt, de préparer et de stocker les armes nécessaires pour soutenir l'Imam lors de son auguste réapparition. On reviendra plus loin sur ce type de préparation.
L'Imam al-Sâdiq (p) dit à ce propos: «Que chacun de vous prépare à la réapparition du Résurrecteur, ne serait-ce qu'une flèche, car lorsqu'Allah - Il est Exalté - voit cela dans son intention, il est à espérer, qu'Il prolongera sa vie jusqu'à ce qu'il le rejoigne».(59)
L'Imam Mohammad al-Bâqir (p) dit sur le même sujet: «Nos Chiites doivent se préparer à obéir aux ordres de l'Imam (p) et se tenir prêts tout le temps (tout au long de l'histoire). Quiconque réserve une monture à cet effet, Allah lui accordera une récompense spirituelle égale à deux fois le poids de cette monture, et quiconque prépare une arme dans ce but, Allah lui accordera une récompense spirituelle égale au poids de cette arme...».(60)
24- Le Vingt-quatrième devoir
Le croyant est tenu de rester mobilisé au service de l'Imam Attendu ('aj). Cette mobilisation (ribât, murabatah) peut prendre trois formes:
1- La préparation et la conservation de l'équipement militaire nécessaire dans l'espoir et le but de s'en servir pour défendre l'Imam (p) lors de sa sortie. Il s'agit ici, comme nous l'avons noté dans l'obligation précédente, de tenir prêts une arme et une monture (un moyen de transport approprié).
2- Comme l'indiquent les faqîh dans leurs écrits sur le jihâd, le croyant doit garder cette arme et ce moyen de transport aux frontières des territoires islamiques et dans les points de passage possible de l'ennemi, afin de défendre les frontières de la nation musulmane contre toute attaque, toute marche et toute agression ennemies. Le temps minimum de cette mobilisation est de trois jours et maximum de 40 jours, mais si le croyant prolonge ce délai au-delà de ses limites prescrites, il aura le mérite spirituel des combattants sur le chemin d'Allah (mujâhidine).
Ce type de mobilisation est recommandé aussi bien pendant l'Occultation que lors de la réapparition de l'Imam al-Mahdî (p).
Le Messager d'Allah (P), soulignant le mérite de ce genre de mobilisation, dit: «La mobilisation (engagement = ribât) d'une nuit pour la cause d'Allah vaut mieux que le jeûne et l'adoration nocturne d'un mois...».(61)
Et :
«Toute personne qui meurt verra tout de suite le crédit de ses bonnes actions arrêté (scellé), excepté l'engagé (murâbit) pour la Cause d'Allah, lequel verra son crédit augmenter jusqu'au Jour de la Résurrection et sera à l'abri du supplice de la tombe».(62)
3- Ce type de mobilisation, d'état d'alerte ou d'engagement du croyant vis-à-vis de l'Imam de son temps, signifie qu'il doit s'attacher à la corde de l'Imamat, et s'engager à le suivre et à lui apporter son soutien. C'est une obligation très importante pour tout croyant et toute croyante, et à la différence de sa première et de sa deuxième formes, elle ne peut être acquittée par délégation mais personnellement.
En relation avec ce devoir, l'Imam al-Sâdiq (p) dit: «Endurez les malheurs, aidez-vous mutuellement à accomplir les obligations, et attachez-vous solidement aux Imams».(63)
Dans le même registre, l'Imam al-Bâqir (p) expliquant la Parole d'Allah - Il est Puissant et Exalté -: «O vous qui croyez! Soyez patient, encouragez-vous mutuellement à la patience et tenez-vous en alerte»,(64) dit: «Endurez les obligations, soyez patients face à votre ennemi, et mettez-vous en état d'alerte concernant votre Imam attendu».(65)
Interprétant l'expression râbitû (attachez-vous à, engagez-vous), il dit: «cela signifie: restez engagés aux côtés de votre Imam».(66)
25- Le Vingt-cinquième devoir
Les croyants ont le devoir de croire que l'accès à l'Imam attendu ('aj) est ouvert et la voie menant à lui n'est pas fermée.
Certes, cet accès n'est ni chose courante, ni à la portée de tout le monde ni perceptible par n'importe qui. C'est l'Imam (p) qui choisit généralement ses interlocuteurs, et c'est au croyant de faire l'effort spirituel nécessaire pour pouvoir espérer avoir une telle opportunité. Cependant les témoignages de ceux qui ont eu ce privilège ne manquent pas dans l'histoire.(67)
En tout état de cause, le croyant doit savoir que la voie menant à l'Imam (p) lui est ouverte: il peut lui parler et lui demander ce qu'il veut, car il l'entend et le voit, et il répond aux sollicitations des croyants.
Mohammad ibn al-Faraj rapporte: «L'Imam 'Ali ibn Mohammad (al-Taqî) (p) m'a dit: «Si tu as une question à poser (à l'Imam occulté), écris-la sur un papier et mets ce papier au-dessous de ton tapis de prière. Puis attends une heure avant de retirer le papier, et tu verras en l'ouvrant la réponse à ta question, signée par l'Imam».(68)
26- Le Vingt-sixième devoir
(annexe du précédent devoir)
Les croyants doivent rester solidement et continuellement attachés à leur Imam et l'appeler au secours chaque fois qu'ils se trouvent en proie à des difficultés, des malheurs, des calamités, des maladies et même à des troubles et subversions qui pourraient affaiblir la religion et la foi des gens.
Dans toutes ces circonstances chaque croyant est tenu de l'appeler à la rescousse, comme Allah le leur demande: «Les plus Beaux Noms appartiennent à Allah, invoquez-Le donc par ces Noms!». (69)
Or, qu'est-ce que les Beaux Noms d'Allah, sinon les Ahl-ul-Bayt (p) eux-mêmes!
L'Imam al-Sâdiq (p) affirme: «Par Allah, c'est nous (les Ahl-ul-Bayt) qui sommes les Beaux Noms!».(70)
Quant à l'Imam al-Redhâ (p), il ne fait que confirmer les propos de son grand-père (p): «Lorsqu'un malheur vous frappe, faites appel à notre intercession auprès d'Allah - Il est Puissant et Sublime - Lequel dit Lui-Même: «Les plus Beaux Noms appartiennent à Allah, invoquez-Le donc par ces Noms».(71)
27- Le Vingt-septième devoir
(annexe du précédent devoir)
Le croyant doit recourir aux du'â' et autres moyens spirituels prescrits par les Imams (p) pour résoudre ses problèmes et obtenir la satisfaction de ses besoins. Parmi ces moyens, on peut retenir ici ce qui suit:
A)- La prière: on accomplit, la tête découverte, deux rak'ah de prière en plein air, ou mieux encore, sur le toit de la maison, la nuit du jeudi au vendredi ou du vendredi au samedi, et on récite après la prière, 595 fois (soit le nombre représentant l'Imam al-Mahdî - p -): «Yâ Hujjat al-Qâ'im» (Ô Preuve Résurrecteur).(72)
B)- Le du'â': il s'agit du du'â suivant que l'Imam al-Mahdî avait appris à un prisonnier:
«Allâhuma 'adhum-al-balâ'u wa barih-al-khâfâ'u wa-nkachaf-al-ghitâ'-u wa dhâqat-il-ardhu bi-mâ wasi'at-us-samâ'u, wa ilayka yâ rabb al-Muchtakâ, wa 'alayk-al-Mu'awwalu fî-ch-chiddati wa-r-rakhâ'i.
»Allâhumma çalli 'alâ Muhammadin wa Âle Muhammadin, al-lathîna amartanâ bi-tâ'atihim, wa 'ajjil Allâhumma farajahum bi-qâ'imihim, wa adh-hir i'zâzahu.
»Yâ Muhammadu, yâ 'Aliyyu, yâ 'Aliyyu, yâ Muhammadu! Akfiyânî fa-innakumâ kâfiyâya
»Yâ Muhammadu, yâ 'Aliyyu, yâ 'Aliyyu, yâ Muhammadu! Ih-fidhânî fa-innakuma hâfidhâya!
»Yâ Mawlâya, yâ Çâhib-az-Zamân-i! Yâ Mawlâya yâ Çâhib-az-Zamân-i! Yâ Mawlaya, yâ Çâhib-az-Zamân-i!
»Yâ Muhammadu, yâ 'Aliyyu, yâ 'Aliyyu, yâ Muhammadu! Unçurânî fa-innakumâ nâçirâya
»Al-ghuwth, al-ghawth, al-ghawth! Adriknî, adriknî, adriknî ! Al-amân-a, al-amân-a, al-amân-a!»
( Ô mon Dieu! L'épreuve s'est aggravée et ce qui était dissimulé ne l'est plus, le voile est levé, la terre est encombrée par ce que l'étendue du Ciel peut contenir. C'est à Toi que je me plains donc, Ô Seigneur, et c'est sur Toi que je compte dans la difficulté comme dans l'aisance.
(Ô mon Dieu! Prie sur Mohammad et sur la Famille de Mohammad, à qui Tu nous as ordonné d'obéir. Et hâte leur délivrance par la venue de leur annonciateur (Résurrecteur), et fais apparaître sa puissance.
(Ô Muhammad! Ô 'Ali! Ô 'Ali! Ô Muhamad! Contentez-moi, car vous êtes largement à même de me contenter!