LES NUITS
DE
PISHAWAR
AU NOM D’ALLAH, CELUI QUI FAIT
MISERICORDE, LE MISERICORDIEUX.
LOUANGE A
ALLAH, SEIGNEUR DES MONDES.
QUE LES PRIERES ET
QUE
Récemment,
le monde non-Musulman apprenait que l'Islam est divisé en deux écoles :
Chiite et Sunnite. Il y a tellement peu d’ouvrages chiites, dans les langues
autres que l'arabe et le Persan, que l'issue sur la vraie compréhension est
presque impossible. Ainsi, l’Occident ne connaisse l’Islam qu’à travers la
communauté sunnite d’Arabie Saoudite, d’Egypte, de
En fait, il est démontré que la source qui
fait autorité en ce qui concerne l’interprétation du message du Prophète
Muhammad (que la paix et les prières soient sur lui et sur sa famille) est son
cousin et beau-fils, Ali Ibn Abi Talib (que la paix soit sur lui !) et les
onze autres successeurs nommés après lui constituant les douze Imams. À
diverses époques, dans l'histoire, ce fait fut plus ou moins reconnu par le
monde musulman. Aussi, en 1959, par exemple, le Cheik Mahmud Shaltut, défunt
recteur de l'université d'Al Azhar au Caire et grand Mufti de l’école sunnite
décréta qu'en plus des quatre écoles sunnites de la loi musulmane (Hanafite,
Hanbalite, Malikite et Shafi'ite), l'école de Ja'farite semblait, également,
être acceptable pour la communauté musulmane. Un bref compte rendu de ce décret
vit jour à l'instigation de l'Imam Muhammad Chirri, directeur du centre
islamique de Detroit, au Michigan, dans son livre intitulé "les Chiites
sous l'attaque".
Le présent
ouvrage est constitué de la transcription d'un dialogue entre plusieurs savants
sunnites et Seyyed Muhammad Al-Musawi Chirazi, savant de 31 ans vivant en Iran.
Cette conférence dura dix nuits. Elle eut lieu à Peshawar, en Inde. Elle
commença le 27 janvier 1927. Les échanges effectués sont un modèle de respect
mutuel. Malgré le sérieux du sujet et une assistance composée de 200 personnes,
il n'y eut aucune infraction au code moral.
Son succès fut tellement manifeste qu'à la fin du dialogue, un savant
sunnite et cinq autres dignitaires parmi l’assistance reconnurent publiquement
leur conversion à l’école des Ahl-Bayt.
La seule condition préalable à ce dialogue fut
que seules les sources acceptées par les deux écoles soient citées. L’entretien
se tint en persan, généralement compris dans la ville de Peshawar. Il fut
transcrit par quatre journalistes et édité dans un journal, puis sous la forme
d’un livre, publié à Téhéran. Cet ouvrage est devenu, par la suite, une
autorité classique. La traduction actuelle est basée sur la quatrième édition,
celle de Téhéran en
Bien que le dialogue fut impromptu, l’érudition de Sultanul Wa’izin
Shirazi (dont le nom signifie « Prince des prêcheurs de Shiraz ») fut
telle que la transcription des dialogues sert de référence bibliographique
détaillée de centaines de traités sunnites, plus ou moins connus, dans lesquels
les bases du chiisme sont reconnues. Pour cette raison, plusieurs citations se
rapportent à l’école Hanafite présidée par Sulayman Balkhi Hanafi, Sibt Ibn
Jawzi Shafi'i de l’école Shafi'ite et ainsi de suite.
Bien que la thèse du livre soit acceptée de régions du monde sunnite,
celle-ci fut également source
d’hostilité et malheureusement mal interprétée et pervertie par des maisons
d’édition.
Vincent Lebas
INTRODUCTION
Dans son introduction à la quatrième édition
persane, l'auteur écrit: "... il est plutôt décevant que l'égoïsme de
certains savants aient atteint un seuil tel qu’ils soient dépassés eux-mêmes
par leurs engagements vis-à-vis leur propre croyance au point de s’interférer
aux grands travaux de leurs ancêtres, supputant qu’en altérant ou qu’en
effaçant certaines études, la vérité s’éclipserait.
Mais, puisque la situation de celui auquel
Dieu le Très Haut avait confié la sécurité et la conservation de la vérité (à
savoir Sultanul Wa’zain qui approchait de la fin de sa vie quand il écrivait)
était telle qu’elle ne lui permit pas d’écrire une introduction explicative à
son traité, la preuve de cette espièglerie est donnée dans l’exemple
ci-dessous.
A la page 301 du troisième volume du
Commentaire, compilé par Kashshaf sous la direction de Cheik Moustafa Al-Halabi
(2ème édition, 1319 de l’hégire, édités par le gouvernement de l'Egypte), il
existe des vers où Jarullah Zamakhshari, interprète du Kashshaf, avoue publiquement sa croyance dans
la légitimité des Chiites. Mais, dans l'édition de Istiqamah bi'l-Qahara en
1373 de l’hégire, les vers sus-mentionnés ont disparu. Ceci n’est qu’un faible échantillon de leurs actes
infâmes. Du même coup, quelques références que nous avons mentionnées dans cet
ouvrage ne se trouvent plus dans les nouvelles éditions. Pour cette raison,
certaines références ont été citées intégralement afin que vous puissiez les
lire."
Nous avons entendu que ces diffamations
perdurent aujourd’hui encore avec l’apparition de nouvelles éditions d’œuvres
anciennes grassement financées mais expurgées (œuvres de Bukhari, Muslim,
Tirmidhi etc.) puis offertes à des bibliothèques se doutant de rien afin de
remplacer des éditions certes anciennes mais complètes! C'est pour cette raison
que les références bibliographiques étendues dans l'original ont été maintenues au prix de rendre le livre plus long et moins
facile à lire.
[ Par exemple, voir le Tahrif! L’analyse des déformations des textes
islamiques comme ceux de Sahih Al-Bukhari, de Tirmidhi et de bien d'autres ]
Ainsi, cet ouvrage trouvera sa place dans
tous les départements d’études orientales ou dans toutes les écoles de religion
se souciant des problèmes œcuméniques dans le monde moderne. Il sera étudié avec la plus grande attention par de
sérieux étudiants en sciences politiques et histoire du monde qui tentent de cerner la présence de l’Islam qui émerge dans le
monde des affaires. Et elle sera bien sûr d’un grand intérêt à tous les
musulmans francophones qui souhaitent s’assurer des sources dont ils dépendent
pour comprendre l’Islam.
Parmi les
sujets traités en détail, on trouve les événements liés à la mort du Saint
Prophète, sa tentative de rédiger son testament qui fut empêchée par Umar et
l’élection d’Abu Bakr en catimini, ces derniers étant reconnus comme les deux
premiers successeurs (du Saint Prophète SAW) ou “califes” chez les Sunnites.
Est abordé aussi en détail l’événement de Ghadir Khum lors duquel les Shites
pensent qu’Ali a été désigné explicitement comme successeur par le Prophète. Ce
sont là des événements d’une importance inestimable pour la suite de l’histoire
et pour l’alignement des forces aujourd’hui.
D’autres
sujets abordés dans l’ouvrage portent sur la mauvaise interprétation des
hadices du Prophète (SAW), cités pour prétendre que tous les compagnons du
Prophète (SAW) étaient infaillibles, rendant ainsi légitime l’épouvantable
oppression dont furent victimes les gens par les différentes générations de
successeurs. Sont abordés aussi la prétendue présence d’Abu Bakr dans
Fondamentale à
tout cela, se pose la question de la transmission et de l’interprétation de la
loi et de la science Islamiques qui font autorité.
Celles-ci ont été énoncées chez les Sunnites par quatre principaux légalistes
aux deuxième et troisième siècles A.H. Ils avaient des avis contradictoires sur
des questions telles que l’autorisation de consommer du vin et la chair du
chien, l’autorisation d’épouser sa propre fille. Par opposition, la
transmission chez les Chiites a été constante et régulière et a même été citée
par les Sunnites dans le passé – un fait jusqu’ici ignoré, oublié ou
retranché.
Les caractères en gras correspondent aux
versets coraniques et aux sources employées, en italique aux hadices du Saint
Prophète (que la paix et les prières soient sur lui et sur sa famille !) et aux dialogues entre les savants.
TABLE DES
MATIÈRES
PREMIERE
SESSION, la nuit du jeudi 23 Rajab, 1345 de l’hégire.
1ère PARTIE
· Lien entre Sultanul Wa’izin Shirazi et le
Saint Prophète (SAW)
· Les descendants de Fatima (AS) sont la
progéniture du Saint Prophète (SAW)
· Pourquoi les Chiites regroupent-ils les
prières de Zuhr et Asr et de Magrib et
Icha
2ème PARTIE
·
Comment a-t-on découvert la tombe du « Chef
des Croyants », Imam Ali (AS)
·
La
profanation des tombes par les Bani Umayyades
·
Différends à propos du lieu de l’inhumation du
« Chef des Croyants »
DEUXIÈME SESSION, la
nuit du vendredi 24 Rajab, 1345 de l’hégire.
1ère PARTIE
· Fausse idée sur l'origine du Chiisme
· L’absurdité d'associer Abdullah ibn Saba au
Chiisme
· Qu’est-ce
que le Chiisme ?
· Autres mérites du Chiisme
· Les mérites de Salman Farsi, Abu Dharr
Ghifari, Miqdad ibn Aswad et ’Ammar ibn Yassir
· Pourquoi les Iraniens ont-ils adhéré au
Chiisme ?