LES  NUITS

 

 

                      DE

 

 

               PISHAWAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AU NOM D’ALLAH, CELUI QUI FAIT MISERICORDE, LE MISERICORDIEUX.

 

LOUANGE A ALLAH, SEIGNEUR DES MONDES.

 

QUE LES PRIERES ET LA PAIX SOIENT SUR NOTRE MAITRE, MUHAMMAD ET SUR SA SAINTE FAMILLE PURIFIEE.

 

QUE LA PAIX D’ALLAH SOIT SUR VOUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA PREFACE DU TRADUCTEUR

 

Récemment, le monde non-Musulman apprenait que l'Islam est divisé en deux écoles : Chiite et Sunnite. Il y a tellement peu d’ouvrages chiites, dans les langues autres que l'arabe et le Persan, que l'issue sur la vraie compréhension est presque impossible. Ainsi, l’Occident ne connaisse l’Islam qu’à travers la communauté sunnite d’Arabie Saoudite, d’Egypte, de la Turquie, de la plupart des Musulmans indiens etc. Cet ouvrage corrige ce déséquilibre de manière significative, car la légitimité de l'Islam chiite y est débattue et soutenue entièrement à partir  de sources orthodoxes sunnites. La légitimité  politique, juridique et spirituelle du courant de pensée chiite y  est discutée et rapportée en anglais à partir de sources largement ignorées des occidentaux.

 

  En fait, il est démontré que la source qui fait autorité en ce qui concerne l’interprétation du message du Prophète Muhammad (que la paix et les prières soient sur lui et sur sa famille) est son cousin et beau-fils, Ali Ibn Abi Talib (que la paix soit sur lui !) et les onze autres successeurs nommés après lui constituant les douze Imams. À diverses époques, dans l'histoire, ce fait fut plus ou moins reconnu par le monde musulman. Aussi, en 1959, par exemple, le Cheik Mahmud Shaltut, défunt recteur de l'université d'Al Azhar au Caire et grand Mufti de l’école sunnite décréta qu'en plus des quatre écoles sunnites de la loi musulmane (Hanafite, Hanbalite, Malikite et Shafi'ite), l'école de Ja'farite semblait, également, être acceptable pour la communauté musulmane. Un bref compte rendu de ce décret vit jour à l'instigation de l'Imam Muhammad Chirri, directeur du centre islamique de Detroit, au Michigan, dans son livre intitulé "les Chiites sous l'attaque". 

 

Le présent ouvrage est constitué de la transcription d'un dialogue entre plusieurs savants sunnites et Seyyed Muhammad Al-Musawi Chirazi, savant de 31 ans vivant en Iran. Cette conférence dura dix nuits. Elle eut lieu à Peshawar, en Inde. Elle commença le 27 janvier 1927. Les échanges effectués sont un modèle de respect mutuel. Malgré le sérieux du sujet et une assistance composée de 200 personnes, il n'y eut aucune infraction au code moral.  Son succès fut tellement manifeste qu'à la fin du dialogue, un savant sunnite et cinq autres dignitaires parmi l’assistance reconnurent publiquement leur conversion à l’école des Ahl-Bayt.

 

 La seule condition préalable à ce dialogue fut que seules les sources acceptées par les deux écoles soient citées. L’entretien se tint en persan, généralement compris dans la ville de Peshawar. Il fut transcrit par quatre journalistes et édité dans un journal, puis sous la forme d’un livre, publié à Téhéran. Cet ouvrage est devenu, par la suite, une autorité classique. La traduction actuelle est basée sur la quatrième édition, celle de Téhéran en 1971, l'année où décéda Sultanul Wa’izin, à l'âge de 75 ans. (Qu’Allah illumine son visage !)

 

Bien que le dialogue fut impromptu, l’érudition de Sultanul Wa’izin Shirazi (dont le nom signifie « Prince des prêcheurs de Shiraz ») fut telle que la transcription des dialogues sert de référence bibliographique détaillée de centaines de traités sunnites, plus ou moins connus, dans lesquels les bases du chiisme sont reconnues. Pour cette raison, plusieurs citations se rapportent à l’école Hanafite présidée par Sulayman Balkhi Hanafi, Sibt Ibn Jawzi Shafi'i de l’école Shafi'ite et ainsi de suite.

 

Bien que la thèse du livre soit acceptée de régions du monde sunnite, celle-ci  fut également source d’hostilité et malheureusement mal interprétée et pervertie par des maisons d’édition.

Vincent Lebas

 

 

INTRODUCTION

 

  Dans son introduction à la quatrième édition persane, l'auteur écrit: "... il est plutôt décevant que l'égoïsme de certains savants aient atteint un seuil tel qu’ils soient dépassés eux-mêmes par leurs engagements vis-à-vis leur propre croyance au point de s’interférer aux grands travaux de leurs ancêtres, supputant qu’en altérant ou qu’en effaçant certaines études, la vérité s’éclipserait.

 

  Mais, puisque la situation de celui auquel Dieu le Très Haut avait confié la sécurité et la conservation de la vérité (à savoir Sultanul Wa’zain qui approchait de la fin de sa vie quand il écrivait) était telle qu’elle ne lui permit pas d’écrire une introduction explicative à son traité, la preuve de cette espièglerie est donnée dans l’exemple ci-dessous.

 

  A la page 301 du troisième volume du Commentaire, compilé par  Kashshaf  sous la direction de Cheik Moustafa Al-Halabi (2ème édition, 1319 de l’hégire, édités par le gouvernement de l'Egypte), il existe des vers où Jarullah Zamakhshari, interprète du  Kashshaf, avoue publiquement sa croyance dans la légitimité des Chiites. Mais, dans l'édition de Istiqamah bi'l-Qahara en 1373 de l’hégire, les vers sus-mentionnés ont disparu. Ceci  n’est qu’un faible échantillon de leurs actes infâmes. Du même coup, quelques références que nous avons mentionnées dans cet ouvrage ne se trouvent plus dans les nouvelles éditions. Pour cette raison, certaines références ont été citées intégralement afin que vous puissiez les lire."

 

  Nous avons entendu que ces diffamations perdurent aujourd’hui encore avec l’apparition de nouvelles éditions d’œuvres anciennes grassement financées mais expurgées (œuvres de Bukhari, Muslim, Tirmidhi etc.) puis offertes à des bibliothèques se doutant de rien afin de remplacer des éditions certes anciennes mais complètes! C'est pour cette raison que les références bibliographiques étendues dans l'original ont été maintenues au prix de rendre le livre plus long et moins facile à lire.

[ Par exemple, voir le Tahrif! L’analyse des déformations des textes islamiques comme ceux de Sahih Al-Bukhari, de Tirmidhi et de bien d'autres ]

 

  Ainsi, cet ouvrage trouvera sa place dans tous les départements d’études orientales ou dans toutes les écoles de religion se souciant des problèmes œcuméniques dans le monde moderne. Il sera   étudié avec la plus grande attention par de sérieux étudiants en sciences politiques et histoire du monde qui tentent de cerner la présence de l’Islam qui émerge dans le monde des affaires. Et elle sera bien sûr d’un grand intérêt à tous les musulmans francophones qui souhaitent s’assurer des sources dont ils dépendent pour comprendre l’Islam. 

  Parmi les sujets traités en détail, on trouve les événements liés à la mort du Saint Prophète, sa tentative de rédiger son testament qui fut empêchée par Umar et l’élection d’Abu Bakr en catimini, ces derniers étant reconnus comme les deux premiers successeurs (du Saint Prophète SAW) ou “califes” chez les Sunnites. Est abordé aussi en détail l’événement de Ghadir Khum lors duquel les Shites pensent qu’Ali a été désigné explicitement comme successeur par le Prophète. Ce sont là des événements d’une importance inestimable pour la suite de l’histoire et pour l’alignement des forces aujourd’hui. 

  D’autres sujets abordés dans l’ouvrage portent sur la mauvaise interprétation des hadices du Prophète (SAW), cités pour prétendre que tous les compagnons du Prophète (SAW) étaient infaillibles, rendant ainsi légitime l’épouvantable oppression dont furent victimes les gens par les différentes générations de successeurs. Sont abordés aussi la prétendue présence d’Abu Bakr dans la Caverne aux côtés du Prophète (SAW) lors de son départ de la Mecque , pour lui octroyer une place d’honneur, la saisie injuste des terres de la fille du Prophète (SAW) par Abu Bakr, les erreurs et les faiblesses du Calife Umar qui reconnaissait dépendre d’Ali (AS) pour interpréter la loi Islamique (Charia) et dont le décret  mettant fin au Muta’ (mariage provisoire) allait à l’encontre des dires du Prophète (SAW) basés sur une bonne interprétation du Coran, la cruauté du Calife Uthman à l’égard des compagnons qui soutenaient Ali (AS), tels qu’Abu Dharr et la position paradoxale Ayesha, fille d’Abu Bakr et la plus jeune épouse du Prophète (SAW) qui mena une campagne militaire contre Imam Ali (AS), alors époux de Fatima (AS), fille du Prophète (SAW), dont elle était jalouse.

  Fondamentale à tout cela, se pose la question de la transmission et de l’interprétation de la loi et de la science Islamiques qui font autorité. Celles-ci ont été énoncées chez les Sunnites par quatre principaux légalistes aux deuxième et troisième siècles A.H. Ils avaient des avis contradictoires sur des questions telles que l’autorisation de consommer du vin et la chair du chien, l’autorisation d’épouser sa propre fille. Par opposition, la transmission chez les Chiites a été constante et régulière et a même été citée par les Sunnites dans le passé – un fait jusqu’ici ignoré, oublié ou retranché.    

 

  Les caractères en gras correspondent aux versets coraniques et aux sources employées, en italique aux hadices du Saint Prophète (que la paix et les prières soient sur lui et sur sa famille !) et aux dialogues entre les savants.            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES 

 

PREMIERE SESSION, la nuit du jeudi 23 Rajab, 1345 de l’hégire.

 

 

1ère  PARTIE

 

·   Lien entre Sultanul Wa’izin Shirazi et le Saint Prophète (SAW)

·   Les descendants de Fatima (AS) sont la progéniture du Saint Prophète (SAW)

·   Pourquoi les Chiites regroupent-ils les prières de Zuhr et Asr et de Magrib et  Icha

 

2ème  PARTIE

·  Comment a-t-on découvert la tombe du « Chef des Croyants », Imam Ali (AS)

·   La profanation des tombes par les Bani Umayyades

·  Différends à propos du lieu de l’inhumation du « Chef des Croyants »

 

 

 

DEUXIÈME SESSION, la nuit du vendredi 24 Rajab, 1345 de l’hégire.

 

 

1ère  PARTIE

·   Fausse idée sur l'origine du Chiisme

·   L’absurdité d'associer Abdullah ibn Saba au Chiisme

·  Qu’est-ce que le Chiisme ?

·   Autres mérites du Chiisme

·   Les mérites de Salman Farsi, Abu Dharr Ghifari, Miqdad ibn Aswad et ’Ammar ibn Yassir

·   Pourquoi les Iraniens ont-ils adhéré au Chiisme ?<